08/07/2026
On devrait collectivement être beaucoup plus en colère et inquiets de ce qui vient d’être voté dans la loi d’urgence agricole. Car c’est encore pire que le contenu de la loi Duplomb en ce qui concerne l’environnement, l’agriculture et notre santé.
La semaine dernière, le Sénat a adopté le projet de loi d’urgence agricole en première lecture. S’il a été pensé pour répondre aux mécontentements des agriculteurs, il a été largement remanié, notamment par la droite, au détriment de l’environnement et de notre santé :
▪️ Les Sénateurs ont voté la réintroduction, à titre dérogatoire, de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux néonicotinoïdes controversés par leurs actions néfastes sur la santé des humains et des pollinisateurs. Cette mesure de la “Loi Duplomb” avait été censurée l’été dernier par le Conseil Constitutionnel.
▪️ Le Sénat a adopté le doublement des volumes de stockage de l’eau à l’horizon 2035. Concrètement, cela veut dire plus de méga bassines, alors que nous sommes déjà dans une situation de crise de l’eau, avec 66 départements en restriction pour usage d’eau, avant même d’être au mois de juillet.
▪️ Dans une logique de “protection du foncier agricole”, le texte assouplit la compensation des atteintes à la biodiversité, lorsque celle-ci s’applique sur des terrains agricoles. En commission, les rapporteurs ont retiré l’intervention des autorités compétentes en matière d’urbanisme, et surtout le principe de « continuité hydrologique et écologique » prévu pour les mesures de compensation écologique. Parce qu’après tout, autant se priver des experts du sujet (??).
▪️ Dans la continuité de la destruction de la biodiversité, le texte renverse la protection des riverains face aux épandages de produits phytosanitaires : avant, la zone tampon de protection était sur la terre agricole, désormais elle sera sur le terrain attenant, pénalisant donc les riverains.
▪️ De plus, apparemment dans l’optique de répondre aux attaques des troupeaux, le Sénat renforce l’arsenal de lutte contre la prédation du loup. Rappelons que cette espèce reste classée protégée malgré l’amélioration de son statut.
▪️ Enfin, les sénateurs ont revu la définition des zones humides, que la droite sénatoriale estime trop nombreuses, afin d’en réduire le nombre. Ils ont aussi allégé les contraintes qui pèsent sur les zones humides fortement dégradées, alors que ces zones permettent la régulation du cycle de l’eau, la captation carbone, sont un réservoir de biodiversité, et permettent l’épuration de l’eau.
Je suis fatiguée de voir des Sénateurs, que nous n’avons même pas élus directement, saboter notre santé et le futur de notre environnement et de l’agriculture.
En attendant les résultats de la Commission Mixte Paritaire prévue le 16 juillet, je vais vous préparer un kit pour interpeler les grands électeurs en vue des Sénatoriales de septembre.
Histoire que les prochains Sénateurs défendent vraiment les intérêts de leurs citoyens.
Sources : Public Sénat et Gabriel Piot