APE Saint-Mandrier

APE Saint-Mandrier Association pour la Protection de l'environnement et l'amélioration du cadre de vie de la presqu'île de Saint-Mandrier

𝗝𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗮𝗻𝘁𝗶-𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀, 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝘀𝗲 𝗵𝗲𝘂𝗿𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗹𝗼𝗰𝗮𝘂𝘅À l’occasion de la Journ...
07/06/2026

𝗝𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗶𝗮𝗹𝗲 𝗮𝗻𝘁𝗶-𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀, 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝘀𝗲 𝗵𝗲𝘂𝗿𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗹𝗼𝗰𝗮𝘂𝘅

À l’occasion de la Journée mondiale anti-croisières, des citoyens, des associations et des collectifs se mobilisent partout dans le monde. L'objectif ? Alerter sur les lourdes conséquences environnementales, sanitaires et sociales d’une industrie qui, derrière ses images de rêve, cache une réalité beaucoup moins séduisante.

Fausse note en Méditerranée. Le navire de croisière « Harmony of the Seas », un nom qui évoque l'harmonie avec les océans. Pourtant, lorsque le panache s'élève au-dessus du navire, c'est une autre réalité qui apparaît : celle d'un modèle touristique dont l'empreinte environnementale reste difficile à concilier avec les discours sur la transition écologique. Il est temps de changer de partition et de siffler la fin du tourisme de masse carboné (Photographie du Harmony of the seas battant pavillon des Bahamas en route pour La Spezia prise le 2 juin 2026 à 19h15 au large de Saint-Mandrier).

Sur notre littoral méditerranéen, et plus particulièrement dans le Var, une contradiction flagrante éclate au grand jour : comment concilier les déclarations officielles d'urgence climatique avec le soutien continu au développement du tourisme de croisière ?

𝟭. 𝗨𝗻 𝗱𝗲́𝘀𝗮𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗶𝗿 𝗲𝘁 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗲𝗿

Les navires de croisière figurent parmi les moyens de transport touristique les plus polluants au monde et les plus émetteurs de gaz à effet de serre par voyageur.

Une qualité de l'air dégradée : Leur consommation massive de carburants fossiles rejette des particules fines, des oxydes d’azote et de soufre directement dans l’air de nos villes portuaires.

Une Méditerranée asphyxiée : Notre mer, semi-fermée et ultra-vulnérable, subit de plein fouet l'intensification de ce trafic : pollution de l’eau, rejets d’eaux usées, artificialisation des infrastructures portuaires et nuisances sonores sous-marines qui perturbent gravement les mammifères marins.

𝗣𝗼𝘂𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁, 𝗹𝗲𝘀 𝗲𝘀𝗰𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲𝗻𝘁 𝗱’𝗮𝘂𝗴𝗺𝗲𝗻𝘁𝗲𝗿 :

+15 % de passagers en 2025 à Toulon (source : Port de Toulon).
Projets d’extension des terminaux à Marseille et Nice, malgré les alertes des scientifiques.

𝟮. 𝗟𝗲 𝗺𝘆𝘁𝗵𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲́𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀

Le modèle des croisières est souvent défendu au nom de l'« attractivité économique ». Pourtant, de nombreuses études invitent à fortement relativiser ces bénéfices locaux.

En réalité, le tourisme de masse lié aux croisières exerce une pression considérable sur nos territoires côtiers. Les gains économiques réels restent limités pour les habitants, tandis que ce sont les collectivités qui doivent supporter les coûts financiers liés aux infrastructures, à la gestion des flux de voyageurs et aux atteintes directes à la santé et à l'environnement. Le seul nombre de passagers accueillis ne peut plus servir d'indicateur de réussite.

𝟯. 𝗨𝗻 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻 𝘂𝗿𝗴𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗵𝗲́𝗿𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

On ne peut pas affirmer vouloir réduire les émissions de gaz à effet de serre, protéger la biodiversité marine et, en même temps, investir massivement pour accueillir des navires toujours plus gigantesques. Cette transition écologique ne peut plus se limiter à des discours : elle exige des actes et de la cohérence.

Soutenir l’expansion des croisières tout en prétendant lutter contre le dérèglement climatique constitue une contradiction que les citoyens sont de plus en plus nombreux à dénoncer.

𝗘́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗿𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮̀ 𝗾𝘂𝗮𝗶 : 𝗧𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝗟𝗮 𝗦𝗲𝘆𝗻𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝗺𝗲𝗿 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗲́𝗹𝗲́𝗿𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗱𝗲́𝗹𝗮𝗶 !

L’urgence n’est plus seulement écologique, elle est aussi réglementaire. Le règlement européen UE 2023/1805 AFIR impose aux ports du réseau transeuropéen de déployer des infrastructures de raccordement électrique à quai pour couvrir 90 % de la demande des grands navires d'ici 2030.

Bien que notre métropole appartienne au « réseau global », ce qui lui permet de négocier des délais supplémentaires, la santé des riverains et la préservation de la rade ne peuvent plus attendre. Si un premier poste pour navire de croisière est opérationnel à Toulon depuis cette année, aucun n’est encore prévu à La Seyne-sur-Mer : le compte n'y est pas face à l'ampleur du trafic à la hausse.

L’APE demande donc aux décideurs toulonnais et seynois de s'engager fermement, sans chercher d'échappatoires réglementaires, à rendre nos infrastructures 100 % conformes aux exigences de l'AFIR.

𝗟'𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗹'𝗔𝗣𝗘 : 𝗥𝗲𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗿 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗱𝗲̀𝗹𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗶𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

L’APE appelle aujourd’hui les citoyens, les élus locaux et les pouvoirs publics à engager une réflexion ambitieuse et courageuse sur l’avenir du tourisme maritime :

Fixer des limites claires au développement des croisières et au flux de touristes carbonés.
Renforcer les réglementations environnementales et sanitaires.
Favoriser un tourisme de valeur locale, ancré dans le territoire et respectueux du vivant.

Il ne s’agit pas d’opposer frontalement le tourisme et l’environnement, mais de poser une question essentielle : le développement des croisières est-il réellement compatible avec l’avenir que nous voulons pour notre littoral méditerranéen et pour les générations futures ?

Agissons ensemble : En cette journée symbolique, l'APE invite chacun à s'informer, à débattre et à se mobiliser pour défendre une Méditerranée vivante et préservée. Parce que protéger la mer, c'est aussi avoir le courage politique de repenser les modèles économiques qui la menacent.

𝗘́𝗰𝗵𝗮𝗽𝗽𝗲́𝗲 𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗗𝗿𝗮𝗴𝘂𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻. 𝗨𝗻 𝘃𝗼𝘆𝗮𝗴𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗲, 𝗺𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗲́𝗹𝗲́𝗴𝗮𝗻𝗰𝗲 !Avis aux curieux, passionnés de nature et...
06/06/2026

𝗘́𝗰𝗵𝗮𝗽𝗽𝗲́𝗲 𝗰𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮̀ 𝗗𝗿𝗮𝗴𝘂𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻. 𝗨𝗻 𝘃𝗼𝘆𝗮𝗴𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗲, 𝗺𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗲́𝗹𝗲́𝗴𝗮𝗻𝗰𝗲 !

Avis aux curieux, passionnés de nature et amateurs d'histoire locale ! Hier, nous avons eu la chance de découvrir deux magnifiques expositions qui viennent tout juste d'ouvrir leurs portes à Draguignan. C'est l’occasion rêvée de planifier une belle escapade d'une journée en Dracénie pour faire d'une pierre deux coups !

𝗘́𝘁𝗮𝗽𝗲 𝟭 : 𝗟'𝗲𝘅𝗽𝗹𝗼𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗮𝘂 𝗠𝘂𝘀𝗲́𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗕𝗲𝗮𝘂𝘅-𝗔𝗿𝘁𝘀

On commence la journée avec l'exposition « Les roches rouges – Éclosion artistique dans l’Estérel à l’aube du XXe siècle » (visible jusqu’au 31 octobre 2026).

À la fin du XIXe siècle, grâce à l'arrivée des lignes de chemin de fer et des premiers guides touristiques, le massif de l’Estérel est devenu le terrain de jeu favori des peintres d'avant-garde.

Ces photos pour vous donner une idée de la magie de ces toiles qui immortalisent des paysages si familiers et proches de chez nous : la baie d'Agay, Anthéor, Le Dramont ou le cap Roux.

Admirer les œuvres de grands maîtres comme Henri-Edmond Cross, Valtat ou le chef-d'œuvre de Georges d'Espagnat, c'est prendre une claque visuelle où le rouge flamboyant des roches défie le bleu de la mer. Une magnifique reconnexion avec la géologie rhyolitique et la lumière de notre Var !

𝗘́𝘁𝗮𝗽𝗲 𝟮 : 𝗗𝗲𝘂𝘅 𝘀𝗶𝗲̀𝗰𝗹𝗲𝘀 𝗱'𝗲́𝗹𝗲́𝗴𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗖𝗵𝗮𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗹'𝗢𝗯𝘀𝗲𝗿𝘃𝗮𝗻𝗰𝗲

Changement de décor à quelques pas de là, dans le cadre architectural unique de la Chapelle de l'Observance, qui inaugurait hier sa grande exposition estivale : « L’été à la mode, histoire de la mode estivale 1780-1980 ».

Cette exposition propose un voyage surprenant à travers deux siècles d'histoire de la mode, de l'Ancien Régime jusqu'aux années 1980. 50 costumes historiques d'époque y racontent l'évolution de la silhouette féminine.

C'est aussi l’histoire de l'émancipation des femmes, passant des contraintes du corset et des crinolines à la libération des corps et à l'avènement des premiers bains de mer.

Les broderies et impressions composent un herbier imaginaire où se mêlent roses stylisées, marguerites, fleurs de verger et feuillages délicats. Comme dans une prairie fleurie imaginaire, aucune espèce n'est reproduite fidèlement, mais l'ensemble évoque la diversité et l'harmonie du monde végétal.

𝗟𝗲 𝗰𝗹𝗶𝗻 𝗱'œ𝗶𝗹 𝗻𝗮𝘁𝘂𝗿𝗲 : En observant de près les tissus, les amoureux de la nature apprécieront la délicatesse des motifs printaniers et floraux qui ornent ces robes de promenade et de jardin. Un véritable art de vivre estival, léger et bucolique.

Votre programme pour une journée réussie :

Matin : Immersion sauvage et colorée dans l'Estérel au Musée des Beaux-Arts.
Midi : Déjeuner en terrasse dans le centre historique de Draguignan.
Après-midi : Flânerie poétique et historique au frais, sous les voûtes de la Chapelle de l'Observance.

Une belle journée culturelle et locale en perspective, à tester sans hésiter !

𝗙𝘂𝗺𝗲́𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀, 𝗷𝗮𝘂𝗻𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀 𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲𝘀, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗧𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻, 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗶𝗰𝗮 𝗙𝗲𝗿𝗿𝗶𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗳𝘂𝗺𝗲𝗿 (𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗿𝗮𝗶...
04/06/2026

𝗙𝘂𝗺𝗲́𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗶𝘀𝗲𝘀, 𝗷𝗮𝘂𝗻𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗲𝘁 𝗽𝗿𝗼𝗺𝗲𝘀𝘀𝗲𝘀 𝘃𝗲𝗿𝘁𝗲𝘀, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗿𝗮𝗱𝗲 𝗱𝗲 𝗧𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻, 𝗖𝗼𝗿𝘀𝗶𝗰𝗮 𝗙𝗲𝗿𝗿𝗶𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗲𝗻𝗳𝘂𝗺𝗲𝗿 (𝗮𝘂𝘅 𝗳𝗿𝗮𝗶𝘀 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗮𝗯𝗹𝗲)

Ce matin encore, le spectacle était grandiose au large et en petite rade de Toulon. Le ferry Pascal Lota de la Corsica ferries battant pavillon italien, faisait son entrée, majestueux, traînant derrière lui un nuage de fumée conséquent. Oh, rassurez-vous, la fumée n’était pas noire ! Elle était grise, jaunasse. Une nuance subtile qui pour certain.es changerait sans doute tout pour nos poumons, mais absolument rien au sentiment général sur notre santé : on se moque ouvertement de nous.

Arrivée à 7h30 du Pascal Lota de la Corsica Ferries en rade de Toulon, panache habituel de polluants dans sa traînée. « Les signes visibles de la pollution qu'il convient de supprimer dans les meilleurs délais », Josée Massi, octobre 2025. A terre, plus loin, au même moment un panache de brûlage complète l’image des pollutions atmosphériques quotidiennes auxquelles nous sommes soumis : Allez les sportifs, Respirez-soufflez, respirez-soufflez…

𝗨𝗻 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗿𝗶𝗲𝗿 𝗳𝗲𝗿𝗺𝗲... 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲́ 𝗹𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗼𝗿𝘁𝗲 ?

Pour comprendre l'ironie de la situation, il faut rembobiner le film jusqu’au 3 octobre 2025. Ce jour-là, la maire de Toulon, Josée Massi, s'emparait parait-il de son plus beau stylo pour adresser un courrier teinté de fermeté à Pierre Mattei, président de Corsica Ferries.

Dans cette missive largement relayée par Nice-Matin, l'édile exigeait :

La suppression pure et simple des panaches de fumée noire.
Le branchement systématique des navires équipés à l’électrification à quai.
Un calendrier précis des mesures prises par la compagnie.

Madame la Maire enfonçait le clou en qualifiant ces fumées de « signes visibles de la pollution qu’il convient de supprimer dans les meilleurs délais. » Les signes ou la pollution ? Elle rappelait également une règle d'or : chaque navire connectable doit se connecter. Sauf cas de force majeure, bien entendu.

Le Pascal Lota de la Corsica Ferries à quai du port de Toulon sans aucun branchement, puis quittant la rade pour gagner le large en direction de la Corse panache habituel de polluants dans sa trainée. (Photographie prises le 2 juin 2026 à 7h35)

La force majeure a bon dos. Avant-hier encore, le même navire était photographié à quai au port de Toulon. Diagnostic ? Zéro connexion à la borne électrique. Le navire tournait sagement sur ses propres moteurs auxiliaires. À croire que la "force majeure" à Toulon est devenue une routine quotidienne comme le montre le faible nombre de connections annuel.

𝗟'𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗿𝗶𝗳𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮̀ 𝗾𝘂𝗮𝗶 : 𝗹𝗲 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱 𝗯𝗹𝘂𝗳𝗳 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗶𝗲𝗿

C’est là que le bât blesse et que le portefeuille du contribuable commence à brûler. L'électrification des quais de Toulon n'est pas un miracle de la nature, c'est un investissement public colossal. Des millions d’euros issus de nos impôts ont été injectés pour doter le port de bornes électriques high-tech, censées transformer Toulon en modèle de transition écologique maritime.

La promesse était belle, particulièrement pendant les campagnes électorales : « Votez pour nous, et vous respirerez un air pur grâce aux branchements à quai ! »

Quelques mois plus t**d, le constat visuel et olfactif est implacable. Les bornes sont là, l'argent public a été dépensé, mais les navires continuent de fumer. Qu'elle soit noire mazout ou gris souris, la fumée reste le symbole d'une transition qui patine. Les promesses électorales se seraient-elles évaporées en même temps que les derniers scrutins ?

𝗟𝗲 𝗷𝗲𝘂 𝗱𝗲𝘀 𝗻𝘂𝗮𝗻𝗰𝗲𝘀

On imagine déjà les éléments de langage de la compagnie ou de la municipalité de Toulon ou de Saint-Mandrier : « Mais regardez, la fumée est grise, pas noire ! Des efforts ont été faits ! ». Jouer sur les nuances de couleurs pour masquer l'inaction est un art dans lequel certains excellent.

En attendant que le "calendrier précis" exigé par la mairie sorte enfin des tiroirs, les habitants de la rade, eux, continuent d'admirer le paysage : un port aux bornes électriques esseulées qui décorent les quais, et des ferries qui continuent de cracher leur doux parfum de fioul en toute impunité.

Alors, Mesdames, Messieurs, présidente et vice-présidents de TPM, simple coup de communication préélectorale ou réelle volonté politique ? Pour l'instant, les actes n'ont pas l'odeur de la rose, mais bien celle des particules fines.

𝗘𝗱𝗴𝗮𝗿 𝗠𝗼𝗿𝗶𝗻 (𝟭𝟵𝟮𝟭–𝟮𝟬𝟮𝟲), 𝗟’𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗲́𝘀𝗶𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗮𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗲𝘅𝗶𝘁𝗲́𝗛𝗼𝗺𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗮̀ 𝘂𝗻 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗰𝗼...
30/05/2026

𝗘𝗱𝗴𝗮𝗿 𝗠𝗼𝗿𝗶𝗻 (𝟭𝟵𝟮𝟭–𝟮𝟬𝟮𝟲), 𝗟’𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗲́𝘀𝗶𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗮𝗿𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗹𝗲𝘅𝗶𝘁𝗲́

𝗛𝗼𝗺𝗺𝗮𝗴𝗲 𝗮̀ 𝘂𝗻 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹’𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗼𝗴𝗶𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗲𝗻𝘀𝗲́𝗲 𝗽𝗼𝗲́𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

En ce mois de mai 2026 caniculaire, le monde vient de perdre l’un de ses plus grands esprits : Edgar Morin, sociologue, philosophe et anthropologue français, s’est éteint à l’âge de 104 ans. Son œuvre monumentale, marquée par une pensée complexe et humaniste, a profondément influencé notre rapport au monde, à la nature et à la poésie. À travers ses écrits, il a su lier écologie, éthique et imagination, offrant des clés pour repenser notre place dans l’univers et notre responsabilité envers le vivant.

Pour l’APE, qui défend la préservation des écosystèmes méditerranéens et la beauté du vivant, l’héritage de Morin résonne avec une actualité brûlante. Son approche holistique, où science, art et philosophie se rencontrent, nous rappelle que la protection de la nature ne peut se réduire à des solutions techniques ou politiques : elle exige aussi une révolution de l’imaginaire.

L’écologie comme pensée complexe

Edgar Morin a été l’un des premiers à souligner que les crises écologiques ne pouvaient être comprises isolément. Dans son œuvre majeure, « La Méthode » (6 volumes, 1977–2004), il développe une théorie de la complexité, où tout est lié : l’humain, la société, la nature. Pour lui, la crise écologique est avant tout une crise de pensée : nous devons sortir des logiques réductrices pour embrasser une vision systémique du monde.

Dans « Terre-Patrie » (1993), il appelle à une conscience planétaire :

« Nous devons apprendre à penser la Terre comme une communauté de destin. L’écologie n’est pas une discipline parmi d’autres, mais une révolution culturelle qui nous invite à repenser notre rapport au temps, à l’espace et au vivant. »

Pour Morin, l’écologie est indissociable de l’éthique : protéger la nature, c’est aussi protéger l’humain de lui-même. Cette idée est à la base des actions de l’APE, qui défend une approche intégrée de la préservation des milieux naturels, comme les herbiers de posidonie ou l’ensemble des écosystèmes littoraux de Saint-Mandrier.
La poésie comme langage du vivant

Edgar Morin a toujours vu dans la poésie un moyen de dépasser les limites de la raison pure. Dans « Le Paradigme perdu : la nature humaine » (1973), il explore comment l’art et la poésie permettent de réenchanter le monde, de retrouver un lien sensible avec la nature, souvent perdu dans la modernité.

Pour lui, la poésie est une forme de résistance :

« La poésie est une rébellion contre l’ordre du monde tel qu’il est, une quête de l’harmonie perdue entre l’humain et le cosmos. » (« Introduction à la pensée complexe », 1990).

Cette vision est bien celle de l’APE, qui, à travers ses actions, cherche à sensibiliser par l’émotion : que ce soit en observant une guêpe poliste ventiler son nid sous un soleil précoce, en écoutant le chant d’une cigale en mai, ou en admirant les fleurs de la nigelle de Damas. La beauté du vivant est un levier pour promouvoir l’action écologique.

L’héritage de Morin pour l’APE

Les idées d’Edgar Morin résonnent particulièrement avec les valeurs de notre association :

L’écologie comme lien : Comme lui, nous croyons que la protection de la nature passe par une compréhension globale des écosystèmes. Les banquettes de posidonie, les plages de Saint-Mandrier ou les jardins de la presqu’île ne sont pas des éléments isolés, mais des maillons d’un tout interconnecté.

La poésie comme outil de mobilisation : Ses réflexions sur l’art et la nature nous inspirent à mêler science et émotion dans nos actions. Une photo de guêpe poliste, de fleur de sauge de Jérusalem ou un enregistrement de cigale ne sont pas que des observations : ce sont des appels à l’émerveillement et à la protection.

L’urgence d’agir : Morin nous rappelle que « l’ère planétaire exige une réponse planétaire » (« La Voie : Pour l’avenir de l’humanité », 2011). Face aux défis écologiques, chaque geste compte, chaque voix compte.

« La poésie est la respiration de l’univers. », Edgar Morin, « Les Stars » (2001).

Un héritage à vivre au quotidien

Edgar Morin nous laisse un message simple mais profond : « La complexité n’est pas une fatalité, mais une chance. » En ces temps de crises écologiques, son œuvre nous invite à agir avec intelligence, sensibilité et audace.

Edgar Morin nous invite à ne jamais séparer le combat environnemental de la culture et de l'éducation. Dans son ouvrage clé pour les générations futures, « Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur » (1999), rédigé à la demande de l'UNESCO, il insistait sur la nécessité d'enseigner la condition humaine et notre ancrage terrestre.

À l’APE 83430, nous continuerons à nous inspirer de sa pensée pour continuer à défendre la biodiversité de Saint-Mandrier et au-delà, en mêlant rigueur scientifique, engagement citoyen et émerveillement poétique. Comme il l’écrivait :

« Le futur n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire. »

Et vous, comment imaginez-vous l’écologie de demain ?

Partagez vos réflexions, vos observations ou vos coups de cœur littéraires en commentaire. Ensemble, continuons à penser et agir pour un monde où nature et humanité ne font qu’un.

Alors, si vous partagez nos valeurs et notre volonté de protéger durablement la presqu’île,

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Ensemble, nous pouvons encore faire bouger les lignes.

Pour aller plus loin : Ses œuvres clés sur l’écologie et la poésie

Voici quelques-unes de ses références essentielles pour approfondir sa pensée :

« La Méthode » (6 tomes, 1977–2004) : Une œuvre fondatrice sur la complexité, où il développe une approche systémique du monde.

« Terre-Patrie » (1993) : Un plaidoyer pour une conscience écologique mondiale.

« Introduction à la pensée complexe » (1990) : Une entrée accessible dans sa philosophie, où il explique comment penser le monde dans sa globalité.

« Le Paradigme perdu : la nature humaine » (1973) : Une réflexion sur l’unité entre l’humain et la nature, et le rôle de l’art dans cette relation.

« La Voie : Pour l’avenir de l’humanité » (2011) : Un appel à repenser notre avenir commun face aux crises écologiques et sociales.

𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲𝘀𝗾𝘂’𝗶̂𝗹𝗲Avec le retour des belles journées ensoleillées, les paysages d...
26/05/2026

𝗤𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗮 𝗰𝗵𝗮𝗹𝗲𝘂𝗿 𝗿𝗲́𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝘂𝗹𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲𝘀𝗾𝘂’𝗶̂𝗹𝗲

Avec le retour des belles journées ensoleillées, les paysages de Saint-Mandrier-sur-Mer se métamorphosent en phase avec la semaine de la nature dédiée à la biodiversité. La chaleur naissante, loin de flétrir notre flore, agit comme un coup de baguette magique. Dans la garrigue, au détour des sentiers du littoral ou au cœur de nos jardins, les bourgeons éclatent.

Voyageons ensemble à la découverte de ces espèces qui colorent notre quotidien, entre espèces autochtones provençales, parfaites adaptées à notre climat méditerranéen, et plantes exotiques venues d’ailleurs, la nature nous rappelle sa résilience et sa diversité.

𝗟𝗲𝘀 𝗔𝘂𝘁𝗼𝗰𝗵𝘁𝗼𝗻𝗲𝘀 : 𝗹'𝗮̂𝗺𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗺𝗮𝗾𝘂𝗶𝘀 𝗽𝗿𝗼𝘃𝗲𝗻𝗰̧𝗮𝗹

𝗟𝗲𝘀 𝗘𝘅𝗼𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 : 𝘂𝗻 𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗻𝗼𝘀 𝗷𝗮𝗿𝗱𝗶𝗻𝘀 𝗺𝗮𝗻𝗱𝗿𝗲́𝗲𝗻𝘀

Grâce au microclimat particulièrement doux de la presqu'île, de nombreuses plantes venues des quatre coins du globe ont trouvé à Saint-Mandrier une seconde patrie. Elles dynamisent nos jardins de formes et de couleurs étonnantes.

𝗩𝗼𝘆𝗮𝗴𝗲 𝗲𝗻 𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗦𝘂𝗱 & 𝗖𝗮𝗻𝗮𝗿𝗶𝗲𝘀

𝗘𝘀𝗰𝗮𝗹𝗲 𝗲𝗻 𝗢𝗰𝗲́𝗮𝗻𝗶𝗲 (𝗔𝘂𝘀𝘁𝗿𝗮𝗹𝗶𝗲 & 𝗡𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗹𝗲-𝗭𝗲́𝗹𝗮𝗻𝗱𝗲)

𝗘𝘀𝗰𝗮𝗹𝗲𝘀 𝗱'𝗔𝗺𝗲́𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝗱'𝗔𝘀𝗶𝗲

Cette coexistence entre flore locale et espèces acclimatées illustre aussi les évolutions des paysages méditerranéens sous l’effet des échanges horticoles, des transformations climatiques et des pratiques de jardinage.

Mais elle rappelle surtout l’importance de préserver les espaces naturels encore présents sur la presqu’île. Car derrière chaque fleur se cache souvent tout un équilibre écologique fragile entre espèces où interagissent insectes, oiseaux, plantes et microfaune.

Observer cette diversité végétale, c’est déjà mieux comprendre la richesse du vivant qui nous entoure… et la nécessité de le protéger face à l’artificialisation croissante des paysages méditerranéens.

Ensemble, célébrons la beauté de la nature et protégeons-la pour notre plaisir et celui des générations futures !

𝗖𝗼𝗻𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝗮𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲𝗻𝘁, 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗹𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘅 Ce 19 mai 2026, Emmanuel Macron a de n...
24/05/2026

𝗖𝗼𝗻𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝗮𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲𝗻𝘁, 𝗻𝗼𝘀 𝗽𝗹𝗮𝗴𝗲𝘀 𝗽𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗽𝗿𝗶𝘅

Ce 19 mai 2026, Emmanuel Macron a de nouveau relancé le débat sur la consigne des bouteilles en plastique lors d'un conseil de planification écologique. « Je pense qu'il faut maintenant bouger », a déclaré le chef de l'État, demandant au gouvernement « d’engager les concertations pour définir les actions concrètes qui nous permettront d'atteindre l'objectif de recyclage en 2030 ». La réponse des collectivités n'a pas t**dé : l'AMF, France urbaine et Intercommunalités de France ont aussitôt publié un communiqué commun réaffirmant leur « opposition totale » à ce qu'elles appellent une « fausse consigne » et une « aberration environnementale et financière ». « On va se battre », a prévenu le vice-président de l'AMF.

Ce n'est pas la première fois. Ce débat dure depuis dix ans. Et pendant qu'il dure, les bouteilles en plastique continuent de s'accumuler sur nos plages.

𝗟𝗮 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗶̂𝗻𝗲 : 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗶𝗳𝗳𝗿𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗼𝗻𝗱𝗮𝗺𝗻𝗲𝗻𝘁

Les objectifs sont pourtant clairs et juridiquement contraignants. Selon une directive européenne, transposée en France par la loi antigaspillage (Agec), le taux de collecte pour le recyclage des bouteilles en plastique devait atteindre 77 % en 2025 et 90 % en 2029. La réalité est sévèrement en deçà, il dépasse tout juste les 50 %. Pire, ce taux a reculé ces dernières années du fait d'une mise en circulation des bouteilles en plastique toujours plus importante.

Un écart qui n'est pas marginal : il représente 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘇𝗮𝗶𝗻𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗰𝗵𝗮𝗾𝘂𝗲 𝗮𝗻𝗻𝗲́𝗲 𝗻'𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗿𝗲𝗰𝘆𝗰𝗹𝗮𝗴𝗲, 𝗲𝘁 𝗳𝗶𝗻𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝘂𝗲𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝗳𝗼𝘀𝘀𝗲́𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝗶𝘃𝗶𝗲̀𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗶𝗻 𝗳𝗶𝗻𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗺𝗲𝗿.

Plus globalement, la France fait partie des mauvais élèves en Europe dans la collecte et le recyclage des plastiques usagés dans leur ensemble. Le taux de plastique recyclé s'élève à environ 25 %, alors qu'il devait atteindre 50 % dès l'an passé selon la réglementation européenne.

Le Règlement Européen sur les Emballages et Déchets d’emballages (PPWR), entré en vigueur le 12 février 2025, confirme ces cibles européennes. Un manquement qui a 𝗰𝗼𝘂̂𝘁𝗲́ 𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗱𝗲 𝟭,𝟱 𝗺𝗶𝗹𝗹𝗶𝗮𝗿𝗱 𝗱'𝗲𝘂𝗿𝗼𝘀 à la France vis-à-vis de l'Union européenne en 2025 rapporte le journal Les Echos.

Avec la consigne, les états s’attaquent aux déchets sauvages et à la pollution plastique. En avril 2026, 19 pays européens (20 si l’on inclut le Groenland) ont un système de consigne pour les bouteilles en plastique et les canettes (Source : Fair Resource Fondation).

Comparons avec nos voisins européens :

En Allemagne, le Pfand, système de consigne sur les bouteilles plastiques et les canettes, existe depuis les années 1990. Son taux de collecte dépasse aujourd'hui 98,5 %. Les bouteilles abandonnées sur les trottoirs ont quasiment disparu du paysage.

En Autriche, le système de consigne a été lancé au 1er janvier 2025. L'objectif d'ores et déjà fixé est d'atteindre 80 % de collecte dès 2025 et 90 % en 2027, deux ans avant l'échéance européenne de 2029.

En avril 2026, 19 pays européens disposent d'un système de consigne opérationnel pour les bouteilles plastiques et les canettes. L'Espagne, la Pologne, le Portugal et le Royaume-Uni ont déjà prévu de l'instaurer avant 2027. Dans tous ces pays, les taux de collecte atteignent ou dépassent aisément les 90 %.

La France, elle, n'a toujours rien décidé. Ici encore il est certainement urgent d’attendre ?

𝗔𝗺𝗼𝗿𝗰𝗲 : 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗹𝗲 𝗹𝗼𝗯𝗯𝘆𝗶𝗻𝗴 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝘃𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲 𝗹'𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁 𝗴𝗲́𝗻𝗲́𝗿𝗮𝗹

Derrière l'opposition des collectivités se trouve une structure très active : Amorce, association créée en 1987, qui se présente comme un réseau de collectivités territoriales spécialisé dans la gestion des déchets et de l'énergie. Cette association mène depuis des années un lobbying intense contre la consigne des bouteilles plastiques, au nom des intérêts financiers des centres de tri municipaux, qui perdent une recette précieuse si le PET est retiré du bac jaune.

Ce lobbying est d'ailleurs officiel : 𝗔𝗺𝗼𝗿𝗰𝗲 𝗮 𝗲́𝘁𝗲́ 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗮𝗶𝗻𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝟮𝟬𝟭𝟵 𝗱𝗲 𝘀'𝗶𝗻𝘀𝗰𝗿𝗶𝗿𝗲 𝗮𝘂 𝗿𝗲𝗴𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗱'𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁𝘀, comme le révélait à l'époque La Lettre, une obligation légale pour toute organisation qui cherche à influencer les décisions publiques en faveur d'intérêts sectoriels. Par la voix de son directeur général, Nicolas Garnier, Amorce a exprimé dès aujourd’hui son opposition à la consigne des bouteilles plastiques.

La question ne serait qu'une querelle nationale si elle ne nous touchait pas directement à Saint-Mandrier et dans la métropole toulonnaise. Elle nous touche, et pas qu'un peu.

𝗟𝗮 𝗺𝗲́𝘁𝗿𝗼𝗽𝗼𝗹𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝗲 : 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘂𝘅 𝗲𝘁 𝗰𝗼𝘁𝗶𝘀𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗮̀ 𝗔𝗺𝗼𝗿𝗰𝗲

M. Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier-sur-Mer et co-président de la métropole Toulon Provence Méditerranée, n'est pas un observateur neutre dans ce dossier. Dès 2019, il prenait clairement position dans Nice-Matin (article du 27 novembre 2019, « Bouteilles en plastique : pourquoi ce maire varois pense que le projet de consigne doit être abandonné »). Il est par ailleurs président d'Amorce, tiens donc.

Carton rouge des membres d’Amorce contre la consigne… mais carton vert à la pollution plastique ?
Pendant que certains élus s’opposent depuis des années aux dispositifs ayant fait leurs preuves ailleurs en Europe, les déchets plastiques continuent d’envahir la Méditerranée et nos plages (Source : Facebook).

Sept ans plus t**d, rien n'a changé dans la position de la collectivité. Et le 9 février 2026, Jean-Pierre Giran, encore alors président de la Métropole TPM, a signé l'adhésion officielle de la métropole à Amorce pour l'année 2026, pour un montant de 11 004,72 € (décision n° 26/55, publiée au registre des actes de la métropole). Soit plus de 11 000 euros d'argent public versés à une association de lobbying dont l’un des combats est précisément d'empêcher la mise en place de la consigne.

Le conflit d'intérêts est flagrant : le maire de Saint-Mandrier préside Amorce, l'association qui fait le forcing contre la consigne ; la métropole dont il est co-président cotise à cette même association ; et la France reste en dehors des 19 pays européens qui ont décidé d'agir.

Les élections municipales de mars 2026 ont certes renouvelé une partie des étiquettes politiques au sein de la métropole. Mais au regard de la composition du bureau métropolitain et des postures publiques observées, il est peu probable que la ligne change sur ce sujet, sauf pression citoyenne forte.

𝗠. 𝗩𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁, « 𝗲𝘅𝗽𝗲𝗿𝘁 𝗻𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝗮𝗹 𝗱𝗲𝘀 𝗾𝘂𝗲𝘀𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗲𝗻𝘃𝗶𝗿𝗼𝗻𝗻𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗹𝗲𝘀 » : 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗰𝘁𝗲𝘀 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗵𝗮𝘂𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 ?

Gilles Vincent est présenté par la presse spécialisée comme « considéré comme un spécialiste national des questions environnementales », une réputation construite notamment sur ses responsabilités à la tête du Sittomat, le syndicat mixte intercommunal de transport et de traitement des ordures ménagères de l'aire toulonnaise. Il en est président depuis août 2020. Il préside parallèlement Amorce depuis plus de douze ans, cumulant ainsi les deux postes qui, dans ce dossier de la consigne, définissent précisément sa ligne.

La contradiction est dans les chiffres. Sous sa présidence, le Sittomat a lancé en mars 2022 l'extension des consignes de tri des emballages plastique sur l'aire toulonnaise, présentée comme une avancée majeure. Et de fait, sur les dix mois de l'année 2022, les emballages plastique collectés ont augmenté de près de 50 % par rapport à l'ensemble de l'année 2021, une performance réelle, saluée comme telle. Mais le résultat national, lui, raconte une autre histoire : le taux de collecte pour recyclage des bouteilles en plastique atteignait 61,1 % en 2021, et a même reculé à 60,3 % en 2022. Autrement dit, l'extension des consignes de tri dans le bac, la solution défendue par Amorce contre la consigne, n'a pas suffi à faire progresser la France vers les objectifs légaux. Ce mauvais résultat a mis fin à trois années de progression ininterrompue, éloignant encore davantage la France de l'objectif de 77 % en 2025.

Dans une interview accordée à TPBM en janvier 2021, M. Vincent déclarait que « c'est un travail de longue haleine, commune par commune », une formule qui résume peut-être trop bien l'ambition réelle : avancer lentement, pendant que l'Allemagne affiche 98,5 % de collecte et que dix-neuf pays européens ont déjà décidé d'agir.

« 𝗖'𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗰𝗮𝗻𝗱𝗮𝗹𝗲𝘂𝘅, 𝗹𝗮𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲 » : 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗠. 𝗩𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁 𝗮𝗰𝗰𝘂𝘀𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗵𝗮𝗯𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘁𝗼̂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝘀𝗮 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲

Il y a dans l'article de Var-Matin du 16 avril 2025 une phrase qui résume à elle seule toute la contradiction de la position de Gilles Vincent. Interrogé sur les résultats d'une étude commandée par le Sittomat, qui révèle que deux emballages sur trois retrouvés dans les poubelles d'ordures ménagères auraient pu être triés mais ne l'ont pas été, le maire de Saint-Mandrier et président du Sittomat déclare : « C'est scandaleux, lamentable. »

Scandaleux et lamentable : ce sont les habitants qui sont visés. Les touristes qui ne trient pas. Les commerçants qui ne jouent pas le jeu. Les copropriétés qui refusent d'installer des bacs. Et même les rumeurs, qualifiées «d’ évidemment fausses », selon lesquelles tout finit à l'incinérateur de toute façon.

Le verre fait l'objet d'une indignation particulière. « On parle pourtant là d'une matière recyclable à l'infini », s'agace M. Vincent. « Au lieu de ça, le verre finit à l'usine d'incinération de Lagoubran, où il est chauffé à 930 degrés et ne fond pas, avant d'être refroidi. Bref, on consomme de l'énergie pour rien, en plus de ne pas assez trier. » Et de préciser que par rapport à 2018, les volumes d'emballages recyclables retrouvés dans les ordures sont en augmentation.

𝗟𝗲 𝘁𝗮𝗯𝗹𝗲𝗮𝘂 𝗲𝘀𝘁 𝘀𝗲́𝘃𝗲̀𝗿𝗲. 𝗘𝘁 𝗹𝗲 𝗿𝗲𝘀𝗽𝗼𝗻𝘀𝗮𝗯𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲́ 𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗹𝗮𝗶𝗿 : 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗶𝘁𝗼𝘆𝗲𝗻.

Mais posons la question autrement. Si, après sept ans de présidence du Sittomat, après des millions investis en communication et en colonnes d'apport volontaire, après l'extension des consignes de tri en 2022, les résultats sont non seulement insuffisants mais en dégradation depuis 2018, qui porte la responsabilité de l'échec du système ? Le citoyen qui ne trie pas, ou le système qui ne lui donne pas les bons outils ?

La réponse de M. Vincent à cette question révèle tout : « Il nous faut communiquer davantage. On a lancé une grande campagne avec des affiches impactantes. » Plus d'affiches. Plus de colonnes. Et si les habitants persistent à mal trier : « On donnera l'ordre de ne plus ramasser leurs poubelles. ». La menace comme aveu d'impuissance.

Ce que l'article de Var-Matin ne dit pas, c'est que l'échec particulièrement visible sur le verre est précisément l'argument le plus fort en faveur de la consigne. Dans les pays qui l'ont adoptée, Allemagne, Danemark, Pays-Bas, le taux de collecte du verre et des bouteilles plastiques dépasse 95 % non pas parce que les citoyens sont plus vertueux, mais parce que le système crée une incitation économique directe : on rapporte sa bouteille et on récupère son dépôt. Pas besoin d'ambassadeurs du tri. Pas besoin de menaces de ne plus ramasser les poubelles. La consigne fait le travail que les affiches ne font pas.

M. Vincent sait tout cela. Il préside Amorce depuis douze ans. Il connaît les chiffres européens. Et pourtant, face à un système qui échoue par sa propre évaluation, sa réponse est davantage de communication, et son engagement reste de bloquer la consigne au niveau national.

La métropole toulonnaise se trouve, selon ses propres termes, dans « la moyenne basse » des territoires qui trient le mieux en France. La France est, selon les données européennes, dans la moyenne basse des pays qui collectent les bouteilles plastiques en Europe. Le point commun entre ces deux classements, c'est la même stratégie : le bac volontaire, sans incitation économique, sans consigne.

« la moyenne basse » de la métropole + « la moyenne basse » de la France, même stratégie, même résultat !

𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗺𝗲́𝘁𝗿𝗼𝗽𝗼𝗹𝗲 𝘁𝗼𝘂𝗹𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘀𝗲 : 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗶 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝗱𝗲́𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲 𝗽𝗮𝘀

L'article de Nice-Matin intitulé « Pourquoi le tri sélectif ne fonctionne toujours pas dans la métropole toulonnaise » (nicematin.com) pose la question frontalement. Les chiffres officiels de la métropole elle-même apportent des éléments de réponse troublants.

Selon le rapport annuel sur le prix et la qualité du service public de prévention et de gestion des déchets 2023, adopté par le Conseil métropolitain le 19 décembre 2024, la métropole TPM a collecté 256 162 tonnes de déchets en 2023, dont 66 % d'ordures ménagères destinées à l'incinération. Ce chiffre mérite d'être lu attentivement : deux tiers des déchets collectés sur le territoire finissent brûlés dans l'unité de valorisation énergétique de Lagoubran. Seuls 47 % des tonnages collectés correspondent à de la matière recyclée, réemployée ou réutilisée.

La métropole se félicite d'un recul de 5 % des déchets collectés grâce aux efforts de tri, une progression réelle, qu'il convient de saluer. Mais elle ne dit pas l'essentiel : ces résultats restent très en deçà des objectifs nationaux et européens, et le taux de recyclage effectif des bouteilles plastiques n'y figure pas de façon isolée.

Ces opérations représentent un coût total de 79,3 millions d'euros de dépenses, financées par 84 millions d'euros de recettes issues de la Taxe et des redevances, soit une charge annuelle très significative pour les contribuables de la métropole. Une charge qui, paradoxalement, justifie aux yeux d'Amorce et de ses membres le refus de la consigne : si les bouteilles en plastique quittent le bac de tri pour des points de collecte dédiés, les recettes des éco-organismes versées aux collectivités diminuent mécaniquement.

En avril 2025, Gilles Vincent a posé la première pierre d'un nouveau centre de tri à La Farlède, représentant un investissement de près de 35 millions d'euros, présenté comme la réponse structurelle aux insuffisances actuelles. Ce centre, dont l'ouverture est prévue courant 2026, permettra effectivement d'améliorer les performances de tri. Mais il consolide aussi le modèle du bac que défend Amorce contre la consigne, un investissement qui engage la trajectoire de la métropole pour les vingt prochaines années, dans la direction exactement opposée à celle que choisissent les dix-neuf autres pays européens.

L𝗟'𝗲́𝗾𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝘀𝘁 𝗰𝗹𝗮𝗶𝗿𝗲 : 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗼𝗻 𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗿𝗶, 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗼𝗻 𝗮 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁 𝗮̀ 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗯𝗼𝘂𝘁𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗹𝗮𝘀𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲 𝗯𝗮𝗰, 𝗲𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗼𝗻 𝗮 𝗱𝗲 𝗿𝗮𝗶𝘀𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗲 𝘀'𝗼𝗽𝗽𝗼𝘀𝗲𝗿 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲. 𝗟𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗳𝗹𝗶𝘁 𝗱'𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁𝘀 𝘀𝘁𝗿𝘂𝗰𝘁𝘂𝗿𝗲𝗹 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗱𝗲́𝗻𝗼𝗻𝗰̧𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘁 𝗮𝗿𝘁𝗶𝗰𝗹𝗲 𝗻'𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗼𝘀𝘁𝘂𝗿𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 : 𝗰'𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗿𝗲́𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗶𝗻𝘀𝗰𝗿𝗶𝘁𝗲 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘅 𝗱'𝗶𝗻𝘃𝗲𝘀𝘁𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗰 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗺𝗲́𝘁𝗿𝗼𝗽𝗼𝗹𝗲.

𝗖𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘃𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗻𝗼𝘀 𝘆𝗲𝘂𝘅 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗠𝗮𝗻𝗱𝗿𝗶𝗲𝗿

Les grandes discussions nationales ont un visage local très concret. Les bénévoles de l'APE qui ramassent des déchets sur les plages de la presqu'île connaissent bien ce visage : des bouchons, des fragments de bouteilles, des emballages PET décolorés par le soleil, échoués dans la laisse de mer ou coincés entre les rochers, flottant dans les eaux du port. Ce plastique vient de partout, des plages, des ruisseaux, des égouts lors d'épisodes pluvieux intenses, mais il finit toujours ici, sur nos littoraux.

Les plages et les eaux des ports de la presqu'île témoignent chaque année de l'ampleur de la pollution plastique. Ces déchets ne disparaissent pas : ils se fragmentent en microplastiques, qui entrent dans la chaîne alimentaire marine et humaine.

Les microplastiques issus de la dégradation de ces bouteilles sont aujourd'hui retrouvés dans les poissons et autres productions de notre rade, dans les herbiers de posidonie que nous protégeons, dans le sang des habitants du littoral méditerranéen. La pollution plastique n'est pas qu'un problème esthétique, c'est un problème de santé publique.

𝗟𝗲 𝗿𝗲𝘁𝗼𝘂𝗿 𝗱𝘂 𝘃𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗶𝗴𝗻𝗲́ : 𝘂𝗻𝗲 𝗲́𝘃𝗶𝗱𝗲𝗻𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱 𝘀𝗼𝗻 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲

Il serait incomplet de parler de consigne sans évoquer ce que beaucoup d'entre nous ont connu et que les plus jeunes ont du mal à imaginer : la bouteille en verre consignée. Pendant des décennies, ramener ses bouteilles vides chez l'épicier ou au supermarché était un geste naturel, universel, intégré dans le quotidien de chaque foyer. On récupérait quelques centimes, le commerçant renvoyait les bouteilles au brasseur ou au limonadier, qui les lavait et les remplissait à nouveau. Simple, efficace, circulaire.

Ce modèle n'a pas disparu partout. En Allemagne, au Danemark, en Belgique ou aux Pays-Bas, les bouteilles en verre réemployables représentent encore une part significative du marché des boissons. Une bouteille en verre consignée peut être réutilisée entre 20 et 50 fois avant d'être recyclée, contre une utilisation unique pour une bouteille plastique. Le bilan environnemental est sans appel : moins de matières premières extraites, moins d'énergie dépensée à la production, moins de déchets générés, et une empreinte carbone sur l'ensemble du cycle de vie très largement inférieure à celle du plastique à usage unique, même recyclé.

L'État français a d'ailleurs lancé en 2025 une expérimentation ReUse sur le verre dans quatre régions pilotes, Bretagne, Normandie, Pays-de-la-Loire et Hauts-de-France, associant brasseurs, grandes surfaces et collectivités pour tester un circuit court de collecte et de lavage des bouteilles. Les premiers résultats sont encourageants. Mais l'expérimentation reste limitée géographiquement, et la région PACA, le Var et notre presqu'île n'en bénéficient pas.

La logique du verre consigné et celle de la consigne plastique pour recyclage ne sont d'ailleurs pas opposées : elles sont complémentaires. Le verre réemployable est la solution idéale pour les boissons locales, les circuits courts, la restauration, les marchés et les épiceries de proximité. La consigne plastique pour recyclage s'impose pour les formats nomades et les circuits de grande distribution où le verre ne peut pas encore être substitué. Les deux approches constitueraient une politique cohérente et ambitieuse de réduction des déchets d'emballages, exactement ce que la directive européenne PPWR exige de la France d'ici 2030.

À Saint-Mandrier, plusieurs artisans et producteurs locaux sont déjà sensibles à cette démarche. L'APE encourage les initiatives allant dans le sens du réemploi du verre et appelle à ce que la métropole toulonnaise soutienne activement l'extension de l'expérimentation ReUse à notre territoire.

𝗖𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗹'𝗔𝗣𝗘 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲

Le débat relancé ce 19 mai 2026 par Emmanuel Macron est peut-être l'occasion d'enfin sortir de l'ornière. L'APE soutient depuis longtemps la mise en place d'un système de consigne pour les bouteilles en plastique et les canettes, et demande :

1. Que la Métropole Toulon Provence Méditerranée rende publique sa position sur la consigne et explique à ses administrés pourquoi elle verse 11 000 euros à une association de lobbying anti-consigne.

2. Que les élus de la métropole et du département s'engagent dans la concertation annoncée par le gouvernement en faveur d'un dispositif ambitieux, aligné sur les pratiques des 19 pays européens qui ont déjà agi.

3. Que les objectifs de réduction des plastiques soient déclinés localement en actions concrètes : campagnes de collecte, interdiction des plastiques à usage unique dans les événements publics, soutien aux initiatives de réemploi.

4. Que la Métropole TPM soutienne activement l'extension de l'expérimentation nationale ReUse verre à notre territoire, en favorisant des partenariats avec les producteurs locaux, les restaurateurs et les commerces de proximité pour développer un circuit de collecte et de lavage des bouteilles en verre réemployables, et retrouver ainsi un modèle que nous avons collectivement abandonné trop vite.

L'APE continuera à documenter, photographier et signaler la pollution plastique sur les plages de la presqu'île, et à rappeler que chaque bouteille ramassée sur nos galets est la preuve d'un système qui dysfonctionne et d'une décision politique qui t**de.

Adresse

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Saint-Mandrier-sur-Mer
83430

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