07/10/2025
Ce 4 octobre 2025, les Cafés Géo de Saint-Malo ont accueilli Isabelle Sourbès-Verger, géographe et directrice de recherche au CNRS. Devant un public curieux, pour un sujet peu traité par les médias, elle a, avec aisance, deux heures durant mis en perspective les enjeux et les avancées du domaine spatial dans lequel les grandes puissances investissent et collaborent parfois discrètement. Aujourd’hui les évolutions des activités dans l’espace sont orientées vers l’extension progressive des orbites proches de la Terre et les projets d’installation de bases sur la Lune, voire sur Mars. L’étude comparée des politiques spatiales, de leurs ambitions nationales, y compris leur soutien à la montée en puissance des entrepreneurs privés, met en lumière leurs implications internationales.
Cela fait quelques années que les États-Unis évoquent la mise en place progressive d’un système Terre-Lune au sein duquel s’établiraient de nouvelles relations avec notre satellite naturel à l’horizon 2035. La Chine quant à elle, a lancé en mai 2025 sa mission spatiale Tianwen-2, qui a pour but d’aller chercher des échantillons sur un astéroïde. Ce projet s’inscrit dans un portefeuille spatial chinois très étoffé, avec des missions vers la Lune et vers Mars, de nombreux satellites pour observer la Terre, une station spatiale similaire à la station spatiale internationale, des plans pour installer une base sur la Lune.
Déjà, la multiplication des constellations au voisinage proche de la Terre, entre 300 et 1500 km, marque une nette accélération de l’occupation de l’espace extra-atmosphérique. Des États de plus en plus nombreux (Chine, Japon, Corée du Sud, Inde et U.E) annoncent des projets spatiaux en parallèle des ambitions des acteurs privés souvent subventionnés par ceux-ci . Le Traité de 1967 posait que l’exploration et l’utilisation de l’espace étaient l’apanage de l’humanité toute entière. Cinquante-cinq ans plus t**d, ces principes sont moins prégnants alors que la relation de l’homme à sa planète est désormais une préoccupation croissante et que les modalités de notre relation à l’espace peuvent devenir plus belliqueuses.