20/06/2026
Lettre ouverte à ceux qui n’aiment pas les chats et à ceux qui leur font du mal
On dit souvent que l’on reconnaît la grandeur d’une civilisation à la manière dont elle traite ses animaux. Aujourd’hui, c’est à vous que je m’adresse : vous qui n’éprouvez aucune affection pour les chats, et surtout vous qui, par geste ou par omission, transformez ce désamour en acte de cruauté.
Il est tout à fait légitime de ne pas aimer les chats. On peut craindre leur indépendance, être importuné par leur présence dans un jardin, ou simplement ne pas ressentir d'affinité pour leur caractère. L’affection ne se commande pas. Mais si l’amour est un choix, le respect, lui, est un devoir moral.
Un chat n’est pas un objet. C’est un être sensible, doté d'un système nerveux complexe, capable de ressentir la peur, l’angoisse et une douleur physique atroce. Lorsque vous posez un piège, que vous utilisez du poison, ou que vous le frappez, vous ne "réglez pas un problème de voisinage". Vous infligez une torture gratuite à un être qui n'a aucun moyen de comprendre votre haine, ni de se défendre contre votre force.
Qu’y a-t-il de glorieux à s’en prendre à un animal de quelques kilos ? Quelle satisfaction peut-on tirer de la souffrance d’une créature qui ne fait que suivre son instinct — celui de chasser, de se promener ou de chercher un abri ? La cruauté envers les animaux est souvent le premier signe d'un manque d'empathie plus profond. Elle est l'expression d'une lâcheté : celle de s'attaquer au plus faible, à celui qui n'a pas de voix pour porter plainte.
À ceux qui voient les chats comme une nuisance : il existe des solutions humaines. Des répulsifs naturels, des clôtures, ou simplement le dialogue avec les propriétaires ou les associations locales qui peuvent intervenir pour stériliser et réguler les populations. La violence n'est jamais une solution, elle est un aveu de faiblesse intellectuelle et morale.
N'oubliez pas que derrière beaucoup de chats dits "errants", il y a parfois une famille qui attend, un enfant qui pleure, ou simplement une vie qui mérite de s'éteindre de vieillesse et non dans l'agonie.
Nous ne vous demandons pas de les aimer. Nous ne vous demandons pas de les accueillir chez vous. Nous vous demandons simplement de les laisser exister. Le monde est assez vaste pour que les humains et les animaux cohabitent sans que le sang ne soit versé.
Le mépris pour la vie animale finit toujours par appauvrir l'âme humaine. Regardez ces animaux non pas comme des ennemis, mais comme des compagnons de voyage sur cette terre. Choisissez l'indifférence si vous ne pouvez choisir la compassion, mais, par pitié, déposez vos armes.
Pour eux, et pour votre propre humanité.
Albert Demonet-Kestler