02/04/2026
Migrations
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur l’état catastrophique du centre de rétention de Rouen
Dans un récent rapport, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur de graves dysfonctionnements observés au sein du centre de rétention administrative d’Oissel. Au vu de la gravité de la situation, notamment au niveau sanitaire, l’autorité a fait un signalement au ministre de l’intérieur.
Manuel Sanson (Le Poulpe)
31 mars 2026 à 15h59
31 mars 2026 à 15h59
LesLes contrôles se suivent et se ressemblent. En pire. En septembre 2025, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), autorité administrative indépendante dirigée par Dominique Simonnot, s’est de nouveau penché sur les conditions d’accueil au sein du centre de rétention administrative (CRA) d’Oissel, en périphérie de Rouen (Seine-Maritime). Et le constat n’est pas fameux, la situation s’étant aggravée depuis son dernier passage en 2019.
Au menu d’un rapport publié il y a quelques jours, des maux bien connus, entre forces de l’ordre en sous-effectif, violences interpersonnelles récurrentes, pathologies en santé mentale ou addictions non prises en charge, vie sociale et activités quasi inexistantes ou encore manque d’hygiène, d’intimité, et promiscuité forcée. Une triste réalité que Le Poulpe avait déjà largement chroniquée lors de ses précédentes enquêtes (ici et là).
Mais fin 2025, la situation est devenue tellement préoccupante qu’avant même la publication officielle de son rapport, le CGLPL s’est fendu d’un courrier qui a atterri dès le 4 décembre 2025 sur le bureau du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Cette option est offerte au Contrôleur lors du constat de graves manquements à l’occasion d’un contrôle.
Illustration 1Agrandir l’image : Illustration 1
Le centre de rétention administrative d'Oissel. © Photo Sameer Al-Doumy / AFP
Dans sa missive jointe au rapport définitif, Dominique Simonnot pointe ainsi « certains constats opérés, qui relèvent de graves atteintes aux droits des personnes retenues », qui nécessitaient d’être portés sans délai à la connaissance du ministre.
« La situation s’est fortement dégradée depuis la visite précédente en 2019 : les conditions de rétention sont désormais indignes et le respect de l’intégrité physique et psychique des personnes retenues n’est pas garanti, pas plus que l’exercice effectif de leurs droits », tranche ainsi le CGLPL.
« Indignité »
« Les personnes retenues au CRA d’Oissel encourent un risque important d’atteintes à leur intégrité physique et psychique, en particulier du fait des incidents et violences qui surviennent régulièrement en zone de rétention et dont une bonne part est directement imputable au caractère anxiogène de leurs conditions de prise en charge elles-mêmes : locaux inadaptés, absence d’intimité, promiscuité, absence d’activités, etc., autant de facteurs qui favorisent la vulnérabilité psychique et l’émergence de multiples incidents – violences interpersonnelles, vol, racket, dégradations », appuie l’organisme de contrôle.
« Les personnes rencontrées par les contrôleurs font état d’un fort sentiment d’insécurité, bien qu’aucun témoignage n’ait porté sur des comportements violents ou inappropriés de la part des policiers », note encore Dominique Simonnot à la suite des remontées d’informations effectuées par l’équipe composée de cinq contrôleurs.
Le même courrier précise que pendant leur contrôle, « des violences et des vols nocturnes ont eu lieu, dont une rixe nocturne ayant fait plusieurs blessés graves et entraîné des extractions médicales, dépôts de plaintes et [la] mise à l’écart de plusieurs retenus ».
« L’absence de sectorisation du quartier des hommes ne permettant pas de séparer des retenus en cas de mésentente, il arrive que des hommes soient momentanément mis à l’écart dans le quartier [des] femmes, ce qui cause des troubles supplémentaires. Dans le quartier des femmes, une chambre dédiée aux familles était occupée par un couple lors de la visite, suscitant des craintes chez d’autres femmes retenues », rapporte également le CGLPL.
Des sanitaires infestés de vers […], des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque.
Extrait du rapport
« S’agissant des conditions matérielles de prise en charge, outre leur indignité, le contrôle a mis en lumière le caractère particulièrement inadapté des locaux du CRA, initialement conçus pour un accueil de courte durée, alors que la durée moyenne de séjour ne cesse de s’allonger – inférieure à douze jours en 2019, elle était de 30,81 jours lors de la visite », souligne aussi la missive.
Selon l’organisme public, l’indignité des conditions de détention réside dans « l’absence totale d’intimité imputable à la configuration des locaux et dans les graves carences observées concernant l’équipement et l’hygiène » desdits locaux.
Plusieurs « dysfonctionnements » ont ainsi pu être constatés au cours de la visite de contrôle : « un lavabo bouché, une salle de bains sans électricité, des sanitaires infestés de vers en raison vraisemblablement d’une forte humidité et du manque d’aération, des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque ».
Dans le même registre, les contrôleurs ont aussi observé que le ménage des chambres, pourtant officiellement confié à un prestataire, ne peut être effectué qu’en l’absence de leurs occupant·es, « alors qu’elles sont occupées presque en permanence ».
Produits d’hygiène interdits
La situation en matière d’hygiène apparaît également très dégradée du fait de l’interdiction qu’ont les retenu·es de disposer de leur propre brosse à dents et, plus largement, de tout produit d’hygiène. L’établissement fournit uniquement des mini-brosses à dents et des produits en dosettes.
« Ce manque d’hygiène généralisé favorise la propagation des maladies et peut être regardé comme étant à l’origine de diverses affections dont se plaignent certains retenus, [affections] dont le personnel soignant indique en outre qu’elles pourraient être réglées par l’utilisation de produits d’hygiène plus adaptés », pointe encore le courrier adressé à Laurent Nuñez.
« L’absence quasi totale d’activités contribue également à l’indignité des conditions de détention », tacle le CGLPL, confirmant des éléments déjà mis en lumière par Le Poulpe. Selon les règles en vigueur, l’utilisation de stylos est interdite et très peu de livres sont disponibles. Le terrain de football extérieur est ouvert de manière limitée et aléatoire, tout comme l’accès à la table de ping-pong.
La seule activité largement ouverte aux retenu·es est la télévision. « Au sein de l’unité des hommes, une salle de télévision a été transformée en salle de prière à l’usage des personnes de confession musulmane, culte majoritairement représenté au sein du CRA, ce qui est contraire au principe de laïcité et prive de son but initial la salle d’activité et ne la rend pas accessible à tous », note toutefois le courrier adressé au ministre.
À lire aussi
Dans les centres de rétention, la crainte de voir les associations expulsées
29 mai 2025
Dans la synthèse du rapport définitif, le CGLPL, tout en soulignant « l’engagement des professionnels de la PAF [police aux frontières – ndlr] », semble, dans sa conclusion, renvoyer la b***e vers les hautes sphères du ministère de l’intérieur : « La direction a été attentive aux constats des contrôleurs bien que certaines des problématiques rencontrées dépassent sa compétence. Aussi, les difficultés rencontrées, qui doivent se résoudre rapidement, nécessitent le soutien des échelons hiérarchiques. »
Pour rappel, hormis le CRA d’Oissel et sa situation plus que préoccupante, le CGLPL avait également, en 2024, pointé du doigt les atteintes à la dignité des conditions d’hébergement à la maison d’arrêt de Rouen-Bonne-Nouvelle. À Rouen, prison et rétention
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur l’état catastrophique du centre de rétention de Rouen
Dans un récent rapport, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur de graves dysfonctionnements observés au sein du centre de rétention administrative d’Oissel. Au vu de la gravité de la situation, notamment au niveau sanitaire, l’autorité a fait un signalement au ministre de l’intérieur.
Manuel Sanson (Le Poulpe)
31 mars 2026 à 15h59
31 mars 2026 à 15h59
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Au menu d’un rapport publié il y a quelques jours, des maux bien connus, entre forces de l’ordre en sous-effectif, violences interpersonnelles récurrentes, pathologies en santé mentale ou addictions non prises en charge, vie sociale et activités quasi inexistantes ou encore manque d’hygiène, d’intimité, et promiscuité forcée. Une triste réalité que Le Poulpe avait déjà largement chroniquée lors de ses précédentes enquêtes (ici et là).
Mais fin 2025, la situation est devenue tellement préoccupante qu’avant même la publication officielle de son rapport, le CGLPL s’est fendu d’un courrier qui a atterri dès le 4 décembre 2025 sur le bureau du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Cette option est offerte au Contrôleur lors du constat de graves manquements à l’occasion d’un contrôle.
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Le centre de rétention administrative d'Oissel. © Photo Sameer Al-Doumy / AFP
Dans sa missive jointe au rapport définitif, Dominique Simonnot pointe ainsi « certains constats opérés, qui relèvent de graves atteintes aux droits des personnes retenues », qui nécessitaient d’être portés sans délai à la connaissance du ministre.
« La situation s’est fortement dégradée depuis la visite précédente en 2019 : les conditions de rétention sont désormais indignes et le respect de l’intégrité physique et psychique des personnes retenues n’est pas garanti, pas plus que l’exercice effectif de leurs droits », tranche ainsi le CGLPL.
« Indignité »
« Les personnes retenues au CRA d’Oissel encourent un risque important d’atteintes à leur intégrité physique et psychique, en particulier du fait des incidents et violences qui surviennent régulièrement en zone de rétention et dont une bonne part est directement imputable au caractère anxiogène de leurs conditions de prise en charge elles-mêmes : locaux inadaptés, absence d’intimité, promiscuité, absence d’activités, etc., autant de facteurs qui favorisent la vulnérabilité psychique et l’émergence de multiples incidents – violences interpersonnelles, vol, racket, dégradations », appuie l’organisme de contrôle.
« Les personnes rencontrées par les contrôleurs font état d’un fort sentiment d’insécurité, bien qu’aucun témoignage n’ait porté sur des comportements violents ou inappropriés de la part des policiers », note encore Dominique Simonnot à la suite des remontées d’informations effectuées par l’équipe composée de cinq contrôleurs.
Le même courrier précise que pendant leur contrôle, « des violences et des vols nocturnes ont eu lieu, dont une rixe nocturne ayant fait plusieurs blessés graves et entraîné des extractions médicales, dépôts de plaintes et [la] mise à l’écart de plusieurs retenus ».
« L’absence de sectorisation du quartier des hommes ne permettant pas de séparer des retenus en cas de mésentente, il arrive que des hommes soient momentanément mis à l’écart dans le quartier [des] femmes, ce qui cause des troubles supplémentaires. Dans le quartier des femmes, une chambre dédiée aux familles était occupée par un couple lors de la visite, suscitant des craintes chez d’autres femmes retenues », rapporte également le CGLPL.
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Extrait du rapport
« S’agissant des conditions matérielles de prise en charge, outre leur indignité, le contrôle a mis en lumière le caractère particulièrement inadapté des locaux du CRA, initialement conçus pour un accueil de courte durée, alors que la durée moyenne de séjour ne cesse de s’allonger – inférieure à douze jours en 2019, elle était de 30,81 jours lors de la visite », souligne aussi la missive.
Selon l’organisme public, l’indignité des conditions de détention réside dans « l’absence totale d’intimité imputable à la configuration des locaux et dans les graves carences observées concernant l’équipement et l’hygiène » desdits locaux.
Plusieurs « dysfonctionnements » ont ainsi pu être constatés au cours de la visite de contrôle : « un lavabo bouché, une salle de bains sans électricité, des sanitaires infestés de vers en raison vraisemblablement d’une forte humidité et du manque d’aération, des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque ».
Dans le même registre, les contrôleurs ont aussi observé que le ménage des chambres, pourtant officiellement confié à un prestataire, ne peut être effectué qu’en l’absence de leurs occupant·es, « alors qu’elles sont occupées presque en permanence ».
Produits d’hygiène interdits
La situation en matière d’hygiène apparaît également très dégradée du fait de l’interdiction qu’ont les retenu·es de disposer de leur propre brosse à dents et, plus largement, de tout produit d’hygiène. L’établissement fournit uniquement des mini-brosses à dents et des produits en dosettes.
« Ce manque d’hygiène généralisé favorise la propagation des maladies et peut être regardé comme étant à l’origine de diverses affections dont se plaignent certains retenus, [affections] dont le personnel soignant indique en outre qu’elles pourraient être réglées par l’utilisation de produits d’hygiène plus adaptés », pointe encore le courrier adressé à Laurent Nuñez.
« L’absence quasi totale d’activités contribue également à l’indignité des conditions de détention », tacle le CGLPL, confirmant des éléments déjà mis en lumière par Le Poulpe. Selon les règles en vigueur, l’utilisation de stylos est interdite et très peu de livres sont disponibles. Le terrain de football extérieur est ouvert de manière limitée et aléatoire, tout comme l’accès à la table de ping-pong.
La seule activité largement ouverte aux retenu·es est la télévision. « Au sein de l’unité des hommes, une salle de télévision a été transformée en salle de prière à l’usage des personnes de confession musulmane, culte majoritairement représenté au sein du CRA, ce qui est contraire au principe de laïcité et prive de son but initial la salle d’activité et ne la rend pas accessible à tous », note toutefois le courrier adressé au ministre.
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29 mai 2025
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Pour rappel, hormis le CRA d’Oissel et sa situation plus que préoccupante, le CGLPL avait également, en 2024, pointé du doigt les atteintes à la dignité des conditions d’hébergement à la maison d’arrêt de Rouen-Bonne-Nouvelle. À Rouen, prison et rétention
Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur l’état catastrophique du centre de rétention de Rouen
Dans un récent rapport, le Contrôleur général des lieux de privation de liberté alerte sur de graves dysfonctionnements observés au sein du centre de rétention administrative d’Oissel. Au vu de la gravité de la situation, notamment au niveau sanitaire, l’autorité a fait un signalement au ministre de l’intérieur.
Manuel Sanson (Le Poulpe)
31 mars 2026 à 15h59
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Au menu d’un rapport publié il y a quelques jours, des maux bien connus, entre forces de l’ordre en sous-effectif, violences interpersonnelles récurrentes, pathologies en santé mentale ou addictions non prises en charge, vie sociale et activités quasi inexistantes ou encore manque d’hygiène, d’intimité, et promiscuité forcée. Une triste réalité que Le Poulpe avait déjà largement chroniquée lors de ses précédentes enquêtes (ici et là).
Mais fin 2025, la situation est devenue tellement préoccupante qu’avant même la publication officielle de son rapport, le CGLPL s’est fendu d’un courrier qui a atterri dès le 4 décembre 2025 sur le bureau du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Cette option est offerte au Contrôleur lors du constat de graves manquements à l’occasion d’un contrôle.
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Le centre de rétention administrative d'Oissel. © Photo Sameer Al-Doumy / AFP
Dans sa missive jointe au rapport définitif, Dominique Simonnot pointe ainsi « certains constats opérés, qui relèvent de graves atteintes aux droits des personnes retenues », qui nécessitaient d’être portés sans délai à la connaissance du ministre.
« La situation s’est fortement dégradée depuis la visite précédente en 2019 : les conditions de rétention sont désormais indignes et le respect de l’intégrité physique et psychique des personnes retenues n’est pas garanti, pas plus que l’exercice effectif de leurs droits », tranche ainsi le CGLPL.
« Indignité »
« Les personnes retenues au CRA d’Oissel encourent un risque important d’atteintes à leur intégrité physique et psychique, en particulier du fait des incidents et violences qui surviennent régulièrement en zone de rétention et dont une bonne part est directement imputable au caractère anxiogène de leurs conditions de prise en charge elles-mêmes : locaux inadaptés, absence d’intimité, promiscuité, absence d’activités, etc., autant de facteurs qui favorisent la vulnérabilité psychique et l’émergence de multiples incidents – violences interpersonnelles, vol, racket, dégradations », appuie l’organisme de contrôle.
« Les personnes rencontrées par les contrôleurs font état d’un fort sentiment d’insécurité, bien qu’aucun témoignage n’ait porté sur des comportements violents ou inappropriés de la part des policiers », note encore Dominique Simonnot à la suite des remontées d’informations effectuées par l’équipe composée de cinq contrôleurs.
Le même courrier précise que pendant leur contrôle, « des violences et des vols nocturnes ont eu lieu, dont une rixe nocturne ayant fait plusieurs blessés graves et entraîné des extractions médicales, dépôts de plaintes et [la] mise à l’écart de plusieurs retenus ».
« L’absence de sectorisation du quartier des hommes ne permettant pas de séparer des retenus en cas de mésentente, il arrive que des hommes soient momentanément mis à l’écart dans le quartier [des] femmes, ce qui cause des troubles supplémentaires. Dans le quartier des femmes, une chambre dédiée aux familles était occupée par un couple lors de la visite, suscitant des craintes chez d’autres femmes retenues », rapporte également le CGLPL.
Des sanitaires infestés de vers […], des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque.
Extrait du rapport
« S’agissant des conditions matérielles de prise en charge, outre leur indignité, le contrôle a mis en lumière le caractère particulièrement inadapté des locaux du CRA, initialement conçus pour un accueil de courte durée, alors que la durée moyenne de séjour ne cesse de s’allonger – inférieure à douze jours en 2019, elle était de 30,81 jours lors de la visite », souligne aussi la missive.
Selon l’organisme public, l’indignité des conditions de détention réside dans « l’absence totale d’intimité imputable à la configuration des locaux et dans les graves carences observées concernant l’équipement et l’hygiène » desdits locaux.
Plusieurs « dysfonctionnements » ont ainsi pu être constatés au cours de la visite de contrôle : « un lavabo bouché, une salle de bains sans électricité, des sanitaires infestés de vers en raison vraisemblablement d’une forte humidité et du manque d’aération, des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque ».
Dans le même registre, les contrôleurs ont aussi observé que le ménage des chambres, pourtant officiellement confié à un prestataire, ne peut être effectué qu’en l’absence de leurs occupant·es, « alors qu’elles sont occupées presque en permanence ».
Produits d’hygiène interdits
La situation en matière d’hygiène apparaît également très dégradée du fait de l’interdiction qu’ont les retenu·es de disposer de leur propre brosse à dents et, plus largement, de tout produit d’hygiène. L’établissement fournit uniquement des mini-brosses à dents et des produits en dosettes.
« Ce manque d’hygiène généralisé favorise la propagation des maladies et peut être regardé comme étant à l’origine de diverses affections dont se plaignent certains retenus, [affections] dont le personnel soignant indique en outre qu’elles pourraient être réglées par l’utilisation de produits d’hygiène plus adaptés », pointe encore le courrier adressé à Laurent Nuñez.
« L’absence quasi totale d’activités contribue également à l’indignité des conditions de détention », tacle le CGLPL, confirmant des éléments déjà mis en lumière par Le Poulpe. Selon les règles en vigueur, l’utilisation de stylos est interdite et très peu de livres sont disponibles. Le terrain de football extérieur est ouvert de manière limitée et aléatoire, tout comme l’accès à la table de ping-pong.
La seule activité largement ouverte aux retenu·es est la télévision. « Au sein de l’unité des hommes, une salle de télévision a été transformée en salle de prière à l’usage des personnes de confession musulmane, culte majoritairement représenté au sein du CRA, ce qui est contraire au principe de laïcité et prive de son but initial la salle d’activité et ne la rend pas accessible à tous », note toutefois le courrier adressé au ministre.
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Pour rappel, hormis le CRA d’Oissel et sa situation plus que préoccupante, le CGLPL avait également, en 2024, pointé du doigt les atteintes à la dignité des conditions d’hébergement à la maison d’arrêt de Rouen-Bonne-Nouvelle. À Rouen, prison et rétention
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Au menu d’un rapport publié il y a quelques jours, des maux bien connus, entre forces de l’ordre en sous-effectif, violences interpersonnelles récurrentes, pathologies en santé mentale ou addictions non prises en charge, vie sociale et activités quasi inexistantes ou encore manque d’hygiène, d’intimité, et promiscuité forcée. Une triste réalité que Le Poulpe avait déjà largement chroniquée lors de ses précédentes enquêtes (ici et là).
Mais fin 2025, la situation est devenue tellement préoccupante qu’avant même la publication officielle de son rapport, le CGLPL s’est fendu d’un courrier qui a atterri dès le 4 décembre 2025 sur le bureau du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez. Cette option est offerte au Contrôleur lors du constat de graves manquements à l’occasion d’un contrôle.
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« La situation s’est fortement dégradée depuis la visite précédente en 2019 : les conditions de rétention sont désormais indignes et le respect de l’intégrité physique et psychique des personnes retenues n’est pas garanti, pas plus que l’exercice effectif de leurs droits », tranche ainsi le CGLPL.
« Indignité »
« Les personnes retenues au CRA d’Oissel encourent un risque important d’atteintes à leur intégrité physique et psychique, en particulier du fait des incidents et violences qui surviennent régulièrement en zone de rétention et dont une bonne part est directement imputable au caractère anxiogène de leurs conditions de prise en charge elles-mêmes : locaux inadaptés, absence d’intimité, promiscuité, absence d’activités, etc., autant de facteurs qui favorisent la vulnérabilité psychique et l’émergence de multiples incidents – violences interpersonnelles, vol, racket, dégradations », appuie l’organisme de contrôle.
« Les personnes rencontrées par les contrôleurs font état d’un fort sentiment d’insécurité, bien qu’aucun témoignage n’ait porté sur des comportements violents ou inappropriés de la part des policiers », note encore Dominique Simonnot à la suite des remontées d’informations effectuées par l’équipe composée de cinq contrôleurs.
Le même courrier précise que pendant leur contrôle, « des violences et des vols nocturnes ont eu lieu, dont une rixe nocturne ayant fait plusieurs blessés graves et entraîné des extractions médicales, dépôts de plaintes et [la] mise à l’écart de plusieurs retenus ».
« L’absence de sectorisation du quartier des hommes ne permettant pas de séparer des retenus en cas de mésentente, il arrive que des hommes soient momentanément mis à l’écart dans le quartier [des] femmes, ce qui cause des troubles supplémentaires. Dans le quartier des femmes, une chambre dédiée aux familles était occupée par un couple lors de la visite, suscitant des craintes chez d’autres femmes retenues », rapporte également le CGLPL.
Des sanitaires infestés de vers […], des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque.
Extrait du rapport
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Plusieurs « dysfonctionnements » ont ainsi pu être constatés au cours de la visite de contrôle : « un lavabo bouché, une salle de bains sans électricité, des sanitaires infestés de vers en raison vraisemblablement d’une forte humidité et du manque d’aération, des murs lézardés par des fuites anciennes et une saleté incrustée dans l’ensemble de la structure, particulièrement dans les toilettes à la turque ».
Dans le même registre, les contrôleurs ont aussi observé que le ménage des chambres, pourtant officiellement confié à un prestataire, ne peut être effectué qu’en l’absence de leurs occupant·es, « alors qu’elles sont occupées presque en permanence ».
Produits d’hygiène interdits
La situation en matière d’hygiène apparaît également très dégradée du fait de l’interdiction qu’ont les retenu·es de disposer de leur propre brosse à dents et, plus largement, de tout produit d’hygiène. L’établissement fournit uniquement des mini-brosses à dents et des produits en dosettes.
« Ce manque d’hygiène généralisé favorise la propagation des maladies et peut être regardé comme étant à l’origine de diverses affections dont se plaignent certains retenus, [affections] dont le personnel soignant indique en outre qu’elles pourraient être réglées par l’utilisation de produits d’hygiène plus adaptés », pointe encore le courrier adressé à Laurent Nuñez.
« L’absence quasi totale d’activités contribue également à l’indignité des conditions de détention », tacle le CGLPL, confirmant des éléments déjà mis en lumière par Le Poulpe. Selon les règles en vigueur, l’utilisation de stylos est interdite et très peu de livres sont disponibles. Le terrain de football extérieur est ouvert de manière limitée et aléatoire, tout comme l’accès à la table de ping-pong.
La seule activité largement ouverte aux retenu·es est la télévision. « Au sein de l’unité des hommes, une salle de télévision a été transformée en salle de prière à l’usage des personnes de confession musulmane, culte majoritairement représenté au sein du CRA, ce qui est contraire au principe de laïcité et prive de son but initial la salle d’activité et ne la rend pas accessible à tous », note toutefois le courrier adressé au ministre.
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29 mai 2025
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Pour rappel, hormis le CRA d’Oissel et sa situation plus que préoccupante, le CGLPL avait également, en 2024, pointé du doigt les atteintes à la dignité des conditions d’hébergement à la maison d’arrêt de Rouen-Bonne-Nouvelle. À Rouen, prison et rétention