Résistanceverte

Résistanceverte Outil d'action pour la qualité de vie et l'écologie libertaire à Saint-Étienne et dans sa région

19/06/2026
19/06/2026

« Les seules qui ont profité de cette crise sont les grandes compagnies pétrolières. » ➡️ https://l.reporterre.net/zZG

19/06/2026

LA PURGE IDÉOLOGIQUE SE POURSUIT CHEZ FRANCE TÉLÉVISION

Tout le monde a déjà suivi, en ligne ou à la télévision, la courte émission «Vu». Ce format d'utilité publique, qui a pris la suite du «Zapping», va disparaître dans quelques jours.

En 2018, «Vu» est lancé sur la chaine France 5, après la purge organisée par Bolloré sur Canal+. Le concept reste le même que le zapping : une r***e d'actualité intelligente et concise, qui permet de retenir les éléments importants du moment, mais avec une mise en perspective malicieuse destinée à aiguiser l'esprit critique. Par exemple, «Vu» pouvait mettre en parallèle une déclaration d'un homme politique – sur l'écologie ou l'égalité par exemple – et ses choix politiques réels – en général, l'inverse de ses promesses. Le format mettait en relief l'hypocrisie d'une situation, ou montrait l'état du monde, passait des extraits sur les guerres qui n'étaient pas montrées dans les grands Journaux Télévisés.

France télévision vient d'annoncer sa suppression pour des «raisons budgétaires», ce qui laisse sur le carreau quatre salarié·es en CDI et treize intermittent·es. Cette justification n'abuse personne, le budget de France Télévision dépasse les 3,3 milliards d'euros annuels, et cette petite capsule à succès ne coutait quasiment rien à produire. Surtout en comparaison d'émissions bien plus chères et moins regardées. C'est une manière d'éliminer un contenu qui donnait à réfléchir.

En juin 2025, c'est une autre émission de France Télévision qui était liquidée : «Slash», un format jugé «trop militant» par la direction. La présidence de la télé publique avait nommé un manager venu du groupe privé TF1, proche de Nicolas Sarkozy, pour surveiller et éliminer cette émission qui évoquait parfois les violences policières, l'écologie ou la défense des minorités. Ce format avait été ciblé par l'extrême droite dès 2022. À partir de l'automne 2023, il était devenu «impossible de placer un sujet sur la Palestine» selon un des journalistes témoignant auprès du média Off investigation. L'été dernier, le manager annonçait à l'ensemble de l'équipe qu'elle était virée sans sommation.

Le contrôle idéologique des médias de masse ne concerne pas que Cnews et l'empire Bolloré, qui avait notamment supprimé «Les Guignols des infos», ou la chaine BFM, tenue par le milliardaire Saadé, ami de Macron. Le service public, qui se prétend plus indépendant et dont la mission est d'informer la population, ne vaut guère mieux.

Dès son arrivée au pouvoir, en décembre 2017, Emmanuel Macron qualifie France Télévision de «honte de la République» lors d'une réunion à l'Élysée. Une «colère» présidentielle provoquée par deux émissions d'investigation phares : «Complément d'enquête» et «Envoyé Spécial» sur France 2, qui ont le tort de faire du vrai journalisme et de dévoiler les mensonges des puissants. Delphine Ernotte, directrice du groupe depuis 2015, supprime immédiatement certains créneaux et diminue le budget de Complément d'enquête. Une ex-députée macroniste avouera plus t**d que Macron «a exercé une pression terrible» sur la direction de France TV.

Une série de basses manœuvres sont ensuite exercées, par exemple des pressions sur les journalistes ou une baisse des financements suite à la suppression de la redevance télé en 2022… Delphine Ernotte a été dirigeante chez France Télécom et Orange au moment de la restructuration libérale du groupe, qui a provoqué une vague de suicides de salarié·es. Elle est nommée à la tête de France Télévision de manière opaque sous le mandat Hollande, pour recadrer l'entreprise. Une nomination dénoncée à l'époque par les syndicats de la maison. Ernotte collabore immédiatement avec la Macronie, et accepte par exemple la production des émissions de talk-shows politiques de France 5 par deux amis de Macron, en l'occurrence Xavier Niel et Renaud Le Van Kim. Tout récemment, elle vient de recruter le «conseiller discours» du chef de l’État à la direction du groupe audiovisuel public.

En 2021, Agnès Vahramian est nommée directrice de France Info. Elle est une Trumpiste, comme en atteste le partage de tweet pro-Trump sur son compte personnel. Fervente catholique, elle a commencé par animer des émissions religieuses. Elle a été dénoncée en interne pour son management violent, les employé·es déclaraient être terrorisé·es, humilié·es et insulté·es, et travaillaient en constante tension.

En 2022 Aurore Bergé, alors présidente du groupe Macroniste à l'Assemblée Nationale, est nommée au conseil d'administration de France Télévisions. À l'époque, les syndicats SNJ-CGT France Télévision alertent sur une «volonté de reprise en main politique» en ajoutant que «le loup est de la bergerie».

En mars 2025, Nathalie Saint-Cricq est nommée directrice de la rédaction nationale de France Télévisions. Elle prend donc les rênes de quasiment toute l'information publique en France. Cette même personne avait été surprise en direct à l'antenne en train de brandir à son confrère un bout de papier sur lequel était noté «JLM 1PB » – abréviation de Jean-Luc Mélenchon, un problème. Elle n'est autre que la maman de Benjamin Duhamel, présentateur de BFM qui officie aujourd'hui sur France Inter. Au début du mouvement contre la réforme des retraites, elle avait été invitée à un dîner secret à l’Élysée, afin de relayer les éléments de langage du pouvoir.

Nathalie Saint-Cricq est par ailleurs la conjointe de Patrice Duhamel, ancien directeur des programmes de France télévision, et frère d'Alain Duhamel. Ces liens de parenté peuvent être poussés jusqu'à Amélie Oudéa-Castera, qui fut ministre des Sports et des Jeux Olympiques ainsi que brève ministre de l'Éducation, et également cousine de Nathalie Saint-Cricq. Une consanguinité avec le pouvoir ainsi qu'un entre-soi bourgeois, pour une mainmise sur les médias publics.

Lors de la prise de fonction de Nathalie Saint-Cricq, les délégués syndical du SNJ-CGT France Télévision se déclaraient «révoltés de cette décision». Une journaliste avait surenchéri : «Que dire, si ce n’est que cette nomination est celle d’un clan qui se serre les coudes et qui se répartit les postes en circuit fermé ! Nathalie Saint-Cricq représente l’ostracisation, le contraire du pluralisme, et le management toxique très présent dans ces nominations».

Ajoutons à cela Sibyle Veil, énarque et amie de promotion de Macron, placée à la tête de France Inter, où elle a organisé une épuration, avec le licenciement de plusieurs humoristes pour des blagues sur Israël. Ou encore Prisca Thevenot, ancienne ministre, issue de la branche très à droite de la macronie, qui est quant à elle entrée au conseil d'administration de Radio France.

Le service public audiovisuel n'a plus grand chose à envier à l'empire Bolloré, sinon qu'il est financé par l'argent public, donc nos impôts. Maintenant que France Télévisions est en pleine purge, l'extrême droite n'a plus qu'à réclamer la privatisation du groupe, pour terminer le travail. La récente Commission d'enquête parlementaire sur "la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public" , diligentée par le groupe UDR, lié au RN, a été largement détournée par son rapporteur. Charles Alloncle s'en est servi comme d'une tribune d'extrême droite contre le service audiovisuel public.

La résistance antifasciste l'avait compris en 1944 : l'indépendance et la pluralité des médias est cruciale pour éviter le retour du pire. Quand tout le paysage médiatique est sous contrôle, les élections et la démocratie sont abolis de facto, et ce sont les milliardaires qui règnent. C'est pour cela que le programme du Conseil National de la Résistance avait imposé que les médias soient émancipés de la tutelle de l'argent, comme garantie contre le retour du totalitarisme.

Entre les épurations dans les médias publics et les empires médiatiques privés, c'est une conquête de plus issue de la résistance qui est en train de s'évaporer sous nos yeux.

---

Sources :

https://www.off-investigation.fr/macron-tv-la-tele-publique-au-garde-a-vous/

https://www.humanite.fr/medias/audiovisuel-public/france-television-supprime-vu-lancien-zapping-de-canal

https://contre-attaque.net/2025/03/20/mafia-mediatique/

19/06/2026
19/06/2026
19/06/2026

DES RIVERAINS PANIQUÉS ET DES ANIMAUX TUÉS PAR LES EXERCICES MILITAIRES

– Les entraînements militaires à la campagne provoquent des mouvements de panique et déciment des élevages –

Louise Michel disait que «plus l'homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent». Une citation qui s'applique au militarisme : les soldats obéissent aveuglément à leurs supérieurs et les guerres massacrent aussi les animaux. C'est ce que nous rappellent les dernières démonstrations de l'armée française.

L'opération Orion – acronyme d'«Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Interopérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices» – organisée du mois de février à la fin avril en France, était «le plus grand exercice militaire depuis la fin de la guerre froide». Pendant trois mois, des milliers de soldats français mais aussi ceux de plus de 14 pays européens, asiatiques et américains, des centaines de drones, de blindés et des dizaines d'avions de combat se sont entraînés sur notre sol, en condition de combat, simulant une véritable guerre. Dans les villes et les campagnes. Les chefs de l'armée ont imaginé un scénario pour conditionner les esprits à un conflit imminent. Pour eux, Orion devait incarner la «montée en puissance de la guerre invisible à l'affrontement de haute intensité», et parlaient «d'envoyer un message».

Ce déploiement militaire massif a eu lieu dans l'espace public, pour habituer les habitant·es à voir des soldats en situation de guerre. Un débarquement avec des navires de guerre et des parachutistes a par exemple été organisé à Saint-Nazaire. Cette mise en scène a coûté une fortune, alors que la France subit un plan d’austérité aussi violent qu’injuste.

Un argent investi pour conditionner la population. En 2025, le gouverneur de Paris déclarait déjà que «la visibilité des armées est primordiale», et invitait les soldats à garder leurs tenues militaires en-dehors de leur service, pour installer une ambiance.

➡️ Pollution et panique

Dès le début des exercices, en février, plusieurs riverains bretons ont dénoncé la pollution laissée dans leurs villages par les militaires, et la terreur qu'ils ont ressentie. Dans les colonnes de Ouest-France une habitante de la commune de Monterblanc, dans le Morbihan, expliquait avoir «eu la peur de [sa] vie !» En ouvrant les volets, elle «s’est retrouvée nez à nez avec des soldats et un char d’assaut. Ça tirait de partout…» Une autre, Pauline a découvert des dizaines de douilles sur un sentier, et déplorait : «Il serait judicieux que les militaires en exercice ramassent leurs déchets».

Dans la commune de Saint-Nolff, Jocelyne avait ramassé de nombreux restes de balles lors de sa promenade. Autant de déchets militaires qui vont polluer les sols durablement : «On peut imaginer que ces munitions mettront des années à disparaître». Dans le Morbihan, un habitant a même retrouvé la roue de sa voiture crevée par une douille de fusil d'assaut, qu'il a montrée à la presse. Il a dû changer ses deux pneus. L'armée voulait marquer les esprits, elle a laissé un souvenir impérissable à ces paisibles habitants.

➡️ La mort dans les troupeaux

En mai, une autre salve d’entraînement militaires a blessé et même tué, de manière inaperçue, dans les campagnes. En Mayenne, des agriculteurs ont retrouvé 5 cochons morts sur leurs exploitations. Des volailles se sont mutilées et tuées en se piétinant, prises par la panique, en plus des cadavres de pintades qui ont été découverts. 400 volailles sont ainsi mortes. En cause, le bruit des hélicoptères, des drones ainsi que l'utilisation de munitions d'exercices sur des terrains civils. Même les organisations agricoles classées à droite, la FDSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA) de la Mayenne, dénoncent «la communication extrêmement t**dive des services de l’État concernant les exercices militaires aériens».

Dans les pâturages, les vaches se sont retrouvées au milieu d'explosions et de scènes de combat. Plusieurs bovins, extrêmement stressés, se sont blessés et ont dû être euthanasiés sur deux exploitations. D'après un vétérinaire les bovins «peuvent partir en courant pour fuir, étant donné que le bruit leur fait peur et là, ils risquent tout simplement de glisser ou de tomber», entraînant une possible fracture de patte ou de bassin.

L'armée a causé plus de dégâts chez les agriculteurs en quelques exercices que les free party et les manifestations contre les mégabassines, mais ces informations n'ont pas fait plus de bruit au-delà de quelques lignes dans la presse locale.

➡️ La guerre est un abattoir pour les animaux

Ces nouvelles macabres sont autant d'occasions de rappeler que la guerre ne tue pas seulement les humains, et que les animaux y paient un très lourd tribut.

Durant la première guerre mondiale des dizaines de millions d'animaux ont été enrôlés, et entre 8 et 11 millions d'équidés sont morts, des dizaines de milliers de chiens ont péri, s'ajoutant à des dizaines de milliers de pigeons voyageurs, sans oublier des millions d'autres, bovins, animaux de compagnies, faune sauvage qui ont payé le prix fort. Les estimations s'élèvent à environ 14 millions de bêtes tuées pendant ce conflit entre humains.

Pendant la seconde guerre mondiale, ce sont près de 30 millions d'animaux qui ont été enrôlés : des chiens kamikazes chargés de dynamite ou démineurs, sauveteurs, messagers. Des animaux de transport : chevaux, mules, bovins, chameaux, dromadaires, et jusqu'aux pachydermes. Beaucoup y sont restés, un bilan partiel évoque la mort de 6 millions d'équidés. Autre fait méconnu, le massacre d'animaux de compagnie au Royaume-Uni. En 1939, 750.000 animaux domestiques sont euthanasiés, par crainte de pénurie alimentaire, au début des vagues de bombardements allemands. S'ajoutent à cela la faune sauvage et les troupeaux. La deuxième guerre mondiale aurait emporté 30 millions d'animaux, et a causé d'énormes dommages à l'environnement.

Hier comme aujourd'hui, le militarisme n'est pas seulement une barbarie pour les peuples, c'est un fléau majeur pour l'environnement et tous les êtres vivants.

---

Sources :

https://contre-attaque.net/2026/02/05/orion-conditionner-les-esprits-a-la-guerre-par-des-exercices-militaires-au-milieu-de-la-population/

https://www.ouest-france.fr/politique/defense/douilles-dans-la-nature-pneus-creves-lexercice-militaire-orion-laisse-des-traces-dans-lagglo-de-vannes-d297c200-1250-11f1-ae9f-ff086d305527

https://www.midilibre.fr/2026/06/02/des-cochons-morts-des-vaches-blessees-et-euthanasiees-le-passage-dhelicopteres-militaires-provoque-la-colere-des-agriculteurs-13399370.php

19/06/2026

Ils disent stop au détricotage du droit de l’environnement.

Le Syndicat des avocat·es de France, ainsi qu’une trentaine d’organisations ont saisi vendredi 19 juin le Conseil d’État afin d’obtenir la suspension sans délai et l’annulation d’un décret qui menace les recours environnementaux.

➡️ https://l.reporterre.net/qgP

19/06/2026

Les destructions sont irrémédiables. Les alternatives sont, elles, crédibles et plus que jamais nécessaires.  L'aménagement de la RN88 (maintenant D888) actuelle (notamment de la partie Rodez/Laissac où  68% des accidents mortels ont eu lieu depuis 2014) peut se faire bien plus rapid...

19/06/2026

Le 26 mai dernier, un homme de 19 ans est mort d'une hyperthermie alors qu'il travaillait sur le toit d'une maison. L'inspection du travail révèle qu'aucune mesure contre la canicule n'avait été mise en place par l'employeur. Un drame qui révèle à nouveau la responsabilité du gouvernement et...

Adresse

Libération
Saint Etienne
42000

Notifications

Soyez le premier à savoir et laissez-nous vous envoyer un courriel lorsque Résistanceverte publie des nouvelles et des promotions. Votre adresse e-mail ne sera pas utilisée à d'autres fins, et vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Partager