28/06/2026
ZÉRO DROGUE.
L'UFAL Réunion salue l'initiative des services de l'état pour le lancement hier vendredi 26 juin, de son grand plan de lutte contre les drogues et le narcotrafic.
Elle insiste néanmoins sur l'impérieuse nécessité d'accompagner les parents, complètement démunis face à la situation d'un enfant dépendant et qui ont eux-aussi, un rôle important à tenir dans ce combat.
L'UFAL insiste sur la nécessité d'impliquer toutes les associations familiales dans cette lutte vitale et regrette au passage l'absence de l'UDAF de la Réunion au rang des partenaires principaux du plan.
L’addiction aux stupéfiants d’un enfant est une épreuve bouleversante avec des répercussions particulièrement dévastatrices pour une famille modeste.
1. L'impact financier et le spectre de la précarisation avec les soins, les démarches, les transports vers les centres de soins, les consultations de spécialistes non conventionnés et les thérapies alternatives.
- L'endettement "invisible" qui obère les maigres économies pour payer les dettes de drogue de leur enfant (sous la menace de dealers) ou pour remplacer des objets volés à la maison (bijoux, appareils électroniques, argent liquide).
- Les frais juridiques éventuels si l'enfant commet des délits pour financer sa consommation.
2. L'impact professionnel et la perte de revenus :
- L'absentéisme et la baisse de productivité, les nuits blanches, les urgences à gérer (overdoses, gardes à vue, crises) qui entraînent retards, absences au travail pouvant conduire au licenciement.
- Le sacrifice du salaire d'un des parents (souvent la mère) qui doit réduire son temps de travail, voire démissionner, pour surveiller l'enfant, l'accompagner à ses rendez-vous médicaux ou s'occuper (protéger)du reste de la fratrie.
3. L'impact psychologique et relationnel :
- Le poids de la culpabilité et le capital social (le réseau d'amis, de collègues ou de professionnels sur qui s'appuyer) plus restreint chez les foyers modestes et accentuant l'isolement.
- La honte et le secret illusoire de l'addiction qui reste fortement stigmatisante.
- La peur du jugement et l'enfermement dans le silence, un isolement qui empêche de demander à temps l'aide nécessaire.
- Le foyer familial qui devient souvent une zone de conflit avec un climat de méfiance qui s'installe.
- Le sacrifice de la fratrie, des autres enfants du foyer qui sont souvent les "oubliés".
4. L'impact sur la santé des parents causé par le stress prolongé, l'épuisement, et le renoncement aux soins.
En résumé, avoir un enfant dépendant aux stupéfiants pour une famille modeste, n'est pas seulement un drame émotionnel.
C'est un facteur d'exclusion sociale et de basculement économique.
Ces familles sont des victimes involontaires d'une situation qui les dépasse et méritent à notre sens le regard bienveillant et le soutien de la société.
Cette dimension ne doit pas être négligée.