30/08/2026
L’ENA TOMBE DES NUES !
Commençons par remercier nos correspondants locaux qui passent leur temps à sillonner nos territoires pour tenter d’en prendre le pouls. Pas toujours facile de jongler entre toutes les actualités locales, de rendre compte de ce qu’il s’y passe et de cerner les enjeux liés à chaque événement.
Ceci étant dit, quelques correctifs s’imposent concernant l'article paru dans le Sud Ouest du 28 aout dernier intitulé "L'arrivée du radeau Rouget de l'Isle a ouvert l'université d'été du Parlement de l'Isle.
N°1 / Le Maire de Guîtres, Monsieur Hervé Alloy, n’était pas présent à la table ronde comme écrit dans l’article. Ce dernier a fait un discours de bienvenue et d’introduction puis s’en est allé, sans doute appelé vers d’autres affaires plus urgentes. Ce qui est bien dommage d’ailleurs car ses propos n’ont pas fait l’unanimité ni dans l’assistance ni auprès des intervenants.
Affirmer que le développement économique de la CALI devait rester LA priorité absolue des politiques locales est un point qui, justement, aurait mérité discussion.
Pour nombre des participants et intervenants, une telle affirmation relève d’un logiciel périmé, celui-là même qui nous a conduit dans la situation actuelle. Quel sens le développement économique prend-il quand les conditions d’habitabilité de la planète sont elles-même menacées ?!
La discussion n’a pas pu avoir lieu, faute d’interlocuteur.
N°2 / Votre serviteur ne s’est pas encore mis au naturisme ! Qui sait, à force de fréquenter les ouvrages d’Elisée Reclus, notre géographe anarchiste local, peut-être vais-je succomber à la tentation de faire cul nu dans l’Isle ! Pour Elisée Reclus, abandonner ses vêtements permettait de gommer les distinctions sociales, les faux-semblants et la pudibonderie bourgeoise de la fin du XIXe siècle. Nous n’en sommes pas encore là mais nous vous tiendrons informés de nos évolutions !
N°3 / Pas un mot sur le mouvement des droits de la Nature dans un article consacré à l’ouverture de l’université d’été du parlement de l’Isle : quel dommage, au sens premier du terme, qui appelle réparation ! Ce n’était pourtant pas la matière qui manquait proposée par nos deux modératrices ou par les intervenants, matière délivrée dans un langage simple et non technique.
« Faire de la rivière une citoyenne à part entière, avec des droits inaliénables, pour faire en sorte qu’elle continue de fournir ses services vitaux au plus grand nombre » aurait été une manière de dire les choses, parmi d’autres possibles.
"Donner des droits à la nature n'est pas un caprice d'écolo mais une question de santé publique et de justice sociale" ou bien encore "les droits de l'Homme devraient s'arrêter là où commencent ceux de la nature, pour bonheur du plus grand nombre et le malheur de quelques-uns !" Bref, ce ne sont ni les formules et ni les images qui ont manqué lors de cette soirée.
Au lieu de cette tentative de rendre intelligible la raison d’être du mouvement des droits de la nature, le tiers de l’article est consacré aux propos introductifs Mr le Maire, assez largement discutables voire à côté du sujet. Et pas un mot sur la dynamique locale en marche depuis 4 ans maintenant, portée par des élus locaux, des syndicats de rivières, des associations, des citoyens engagés !
Évidemment, en tant que correspondant local, on ne peut pas être à la pointe de tous les sujets mais force est de constater que cet article ne sert ni la cause ni ne rend hommage à l’ensemble des acteurs au service du territoire.
Morale de l’histoire :
1/ Il y a encore du chemin à faire pour rendre intelligible et socialement acceptable la question des droits de la nature. Ça tombe bien, nous sommes bien chaussés et aimons arpenter les sentiers rugueux de la connaissance et de l’engagement public !
2/ Quand des propos en total décalage avec l’époque et ses enjeux sont tenus en public, par qui que ce soit, nous avons le droit, voire le devoir de l’exprimer.
3/ Relire Elisée Reclus sur les bienfaits du naturisme…