25/10/2025
Une bien triste histoire qui concerne la maison de Béthune, et qui démontre la folie révolutionnaire…
🧑⚖️ Journée européenne de la justice : un procès hors norme 🧑⚖️
En cette journée européenne de la justice, nous avons beaucoup hésité sur le document à mettre en lumière, parmi la grande variété d'affaires incroyables que nous conservons 😧🤯
Notre choix s'est finalement porté sur un procès de la période révolutionnaire 🇫🇷
Celui-ci a retenu notre attention car le témoin à charge n'était autre... qu'un perroquet 🦜 Oui, oui, vous avez bien lu : un certain Jacot est appelé à comparaître le 4 floréal an II (23 avril 1794) devant le tribunal révolutionnaire d'Arras 😲
⏳ Revenons aux débuts de cette affaire. Au printemps 1794, Louis-Auguste de La Viefville et sa fille Isabelle-Claire-Eugénie-Françoise de Béthune-Saint-Venant résident dans leur hôtel particulier arrageois, rue du Saumon. De son perchoir installé près d'une fenêtre, le perroquet de la famille, dénommé Jacot, aurait lancé : "Vive l’empereur ! Vive le roi ! Vive nos prêtres ! Vivent les nobles !" 🫢
🤬 En ces temps troubles, ce discours ne plaît pas à tous et le commissaire Galand, secrétaire général du département et homme de confiance de Lebon, est alerté des singuliers propos de la bête. Le 27 germinal an II (16 avril 1794), Marguerite Farinaux, lingère du marquis, et Caroline Pitre, garde-d’enfant attachée à la maison de Béthune, sont arrêtées. Jacot est quant à lui conduit auprès du commissaire Galand qui "l’interroge".
Le 3 floréal (22 avril), Louis-Auguste de La Viefville et sa fille sont transférés à la prison des Baudets, où se trouvent déjà Marguerite Farinaux et Caroline Pitre. Tous quatre sont officiellement accusés :
"𝖉’𝖊̂𝖙𝖗𝖊 𝖉𝖊𝖘 𝖙𝖗𝖆𝖎𝖙𝖗𝖊𝖘 𝖆̀ 𝖑𝖆 𝖕𝖆𝖙𝖗𝖎𝖊, 𝖉𝖊𝖘 𝖊𝖓𝖓𝖊𝖒𝖎𝖘 𝖗𝖊́𝖘𝖎𝖘𝖙𝖆𝖓𝖙𝖘 𝖆𝖚 𝖌𝖔𝖚𝖛𝖊𝖗𝖓𝖊𝖒𝖊𝖓𝖙 𝖗𝖊́𝖕𝖚𝖇𝖑𝖎𝖈𝖆𝖎𝖓, 𝖊𝖙 𝖉’𝖆𝖛𝖔𝖎𝖗 𝖈𝖍𝖊𝖗𝖈𝖍𝖊́ 𝖆̀ 𝖕𝖗𝖔𝖛𝖔𝖖𝖚𝖊𝖗 𝖑𝖊 𝖗𝖊́𝖙𝖆𝖇𝖑𝖎𝖘𝖘𝖊𝖒𝖊𝖓𝖙 𝖉𝖊 𝖑𝖆 𝖗𝖔𝖞𝖆𝖚𝖙𝖊́ ; 𝖑𝖔𝖚𝖎𝖘-𝖆𝖚𝖌𝖚𝖘𝖙𝖊 𝖊𝖙 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈̧𝖔𝖎𝖘𝖊 𝕷𝖆𝖛𝖎𝖊𝖋𝖛𝖎𝖑𝖑𝖊, 𝖆𝖞𝖆𝖓𝖙 𝖎𝖓𝖘𝖙𝖗𝖚𝖎𝖙 𝖊𝖙 𝖈𝖔𝖓𝖘𝖊𝖗𝖛𝖊́ 𝖙𝖗𝖊̀𝖘 𝖘𝖔𝖎𝖌𝖓𝖊𝖚𝖘𝖊𝖒𝖊𝖓𝖙 𝖚𝖓 𝖕𝖊𝖗𝖗𝖔𝖖𝖚𝖊𝖙, 𝖖𝖚𝖎 𝖗𝖊́𝖕𝖊́𝖙𝖔𝖎𝖙 : 𝖛𝖎𝖛𝖊 𝖑’𝖊𝖒𝖕𝖊𝖗𝖊𝖚𝖗, 𝖛𝖎𝖛𝖊 𝖑𝖊 𝖗𝖔𝖎, 𝖛𝖎𝖛𝖊𝖓𝖙 𝖓𝖔𝖘 𝖕𝖗𝖊̂𝖙𝖗𝖊𝖘, 𝖊𝖙 𝖛𝖎𝖛𝖊𝖓𝖙 𝖑𝖊𝖘 𝖓𝖔𝖇𝖑𝖊𝖘 ; 𝖊𝖙 𝖈𝖆𝖗𝖔𝖑𝖎𝖓𝖊 𝕻𝖎𝖙𝖗𝖊 𝖊𝖙 𝖒𝖆𝖗𝖌𝖚𝖊𝖗𝖎𝖙𝖙𝖊 𝕱𝖆𝖗𝖎𝖓𝖆𝖚𝖝, 𝖊́𝖙𝖆𝖓𝖙 𝖑𝖊𝖘 𝖈𝖔𝖒𝖕𝖑𝖎𝖈𝖊𝖘 𝖉𝖊𝖘𝖉𝖎𝖙𝖘 𝖑𝖔𝖚𝖎𝖘-𝖆𝖚𝖌𝖚𝖘𝖙𝖊 𝖊𝖙 𝖋𝖗𝖆𝖓𝖈̧𝖔𝖎𝖘𝖊 𝕷𝖆𝖛𝖎𝖊𝖋𝖛𝖎𝖑𝖑𝖊, 𝖓’𝖆𝖞𝖆𝖓𝖙 𝖕𝖆𝖘 𝖉𝖊́𝖈𝖑𝖆𝖗𝖊́ 𝖖𝖚𝖊 𝖈𝖊 𝖕𝖊𝖗𝖗𝖔𝖖𝖚𝖊𝖙 𝖊𝖝𝖎𝖘𝖙𝖔𝖎𝖙 𝖉𝖆𝖓𝖘 𝖑𝖆 𝖒𝖆𝖎𝖘𝖔𝖓 𝖉𝖊 𝖈𝖊𝖘 𝖉𝖊𝖗𝖓𝖎𝖊𝖗𝖘".
Sans surprise, ils sont jugés coupables à l’unanimité et condamnés à l’exécution capitale. Le placard de jugement ci-dessous est affiché dans Arras et trois des prévenus sont guillotinés le 4 floréal an II, reconnus coupables de haute trahison par le tribunal révolutionnaire d’Arras 🧑⚖️
❓ Certaines sources affirment que le sort de Jacot a été sujet à de longues discussions : fallait-il aussi punir le perroquet de la peine de mort ? Le député Armand Guffroy prétend qu’il a été finalement confié à Marie-Élisabeth Régniez, épouse de Joseph Lebon, afin qu’elle lui inculque une éducation plus républicaine et lui enseigne à crier "Vive la Nation !". On ignore si elle y est parvenue 🤔
👉 Pour en savoir plus sur cette affaire : https://cutt.ly/mr9Ra7WC
📸 Illustration : Placard du jugement du 4 floréal an II prononcé contre Louis-Auguste de La Viefville, Isabelle-Claire-Eugénie-Françoise de Béthune, Marguerite Farinaux et Caroline Pitre. Archives départementales du Pas-de-Calais, 4 L 103.