23/03/2026
C'est le sport favori des salariés autour de la machine à café, et en salle des profs comme entre deux portes : dire du mal des absents à ceux qui les questionnent, et dont le plaisir favori est de "faire parler les autres pour colporter leurs propos".
Qui seront progressivement déformés, amplifiés.
- "Tu as entendu ce que X disait hier en salle des profs ? Je n'en croyais pas mes oreilles...figure-toi que..."
- "Ah bon ? Ça m'étonne de lui/d'elle. Ah je vais m'en méfier maintenant, tu as bien fait de me prévenir..."
- "Et attends (ne pars pas si vite !) Figure-toi que le Principal a dit que tu manquais d'autorité dans tes classes, il l'a dit à la cantonade hier."
- "Quoi ? Mais ça ne se fait pas, oh quel toupet ! Et ils ont dit quoi les collègues ?"
- "Rien, mais j'en ai vu qui rigolaient."
(Et bonne journée cher(e) collègue !)
Le quotidien est parfois fait de ces "petits meurtres entre amis" qui détruisent les solidarités, qui nuisent au collectif, qui tendent inutilement les relations entre adultes.
Les hauts fonctionnaires lors de leurs formations apprennent à "rester professionnels" au travail :
- taire leurs émotions,
- taire leurs impressions, leurs jugements entre collègues, pour bien travailler avec eux.
Une critique envers un collègue en son absence revient toujours comme un boomerang en pleine figure entre 6h et 72h plus t**d.
Avant de parler négativement d'un membre de ton établissement dans son dos, demande-toi :
- pourquoi ce collègue tient tant à te le faire critiquer,
- si c'est bien utile que tu le critiques,
- ce que ce collègue pourrait dire de toi ensuite à ses collègues,
- s'il/si elle ne joue pas la même scène avec d'autres collègues par plaisir de semer la zizanie...
Beaucoup de situations de sensation de harcèlement au travail s'expliquent ainsi. Un mot de trop sur une personne, raconté à la mauvaise personne.
On ne se fait pas toujours des amis au travail. Et le mieux est d'avoir envers chacun une parole impeccable, sans tomber dans les pièges tendus par les plus malfaisants : celles et ceux qui font parler/critiquer les autres.
Leurs victimes, et bientôt celles de toutes celles et ceux qu'ils/elles auront critiqués.
La prochaine fois que tu rencontres un collègue qui te demande ce que tu penses de tel ou tel collègue, ou de ton chef d'établissement, ou d'une de ses décisions... réfléchis bien avant de répondre.
Beaucoup de professeurs se demandent parfois pourquoi l'attitude de leur chef d'établissement change à leur égard.
On a oublié de leur dire que chaque chef d'établissement a "ses indics" en salle des profs. Curieusement des professeurs qui parviennent chaque année à obtenir "de bonnes classes" et "un bon emploi du temps".
Il y a même ceux qui viennent une semaine avant la rentrée de septembre pour "préparer leur classe" et en profitent pour passer par le bureau du chef d'établissement s'enquérir de leur emploi du temps, histoire d'être le premier/la première à faire réaliser un changement avant l'annonce officielle.
Et tout ça, c'est un ensemble de vécus raconté depuis 20 ans par une partie des milliers de professeurs qui nous ont contactés pour se reconvertir, lassés des ambiances toxiques au travail.
Plus le collectif est restreint, plus il est mis en danger par une seule personne toxique. Les professeurs des écoles sont les plus exposés aux mauvaises pratiques entre collègues.
La super force, c'est d'apprendre à ignorer ce qui ne (te) respecte pas.
C'est de décider un jour de fermer la porte aux pratiques qui peuvent (te) détruire en alimentant des conflits interminables.
C'est de décider un jour de ne pas répondre systématiquement, de ne pas t'encombrer du mal être de ceux qui, pour tenter d'en guérir, décident d'en contaminer les autres.
Le jour où tu choisis ce qui entre dans ton esprit, par la voix de ceux que tu côtoies, ce jour-là tu seras devenu(e) libre, serein(e). En paix avec toi-même et les autres.