14/04/2026
J’ai tellement de peine pour cet enfant
Un enfant de 9 ans a été retrouvé nu, dénutri, incapable de marcher, vivant au milieu de ses excréments. Il a été enfermé par son père durant des mois dans une camionnette, stationnée dans une rue au pied de chez lui, au milieu de nos vies.
Et la seule question qui devrait tous nous hanter, ce n’est pas “comment un père a pu faire ça ?”, même si elle est légitime. Non. Pour moi la vraie question c’est : Comment avons-nous tous laissé faire ? Comment, dans un village, dans une rue, personne n’a vu ? Comment des voisins ont pu entendre des bruits… et accepter l’explication d’un “chat” ? Comment un enfant disparaît “du jour au lendemain”… et que cela ne déclenche rien ?
Comment un enfant peut être déscolarisé… sans qu’aucun système ne vérifie réellement où il est, s’il va bien, s’il est simplement vivant ? Comment un père peut choisir le confort d’une vie d’adulte… au point de reléguer son enfant dans une camionnette ? Comment peut-on en arriver à convaincre un enfant que ce qu’il vit est normal… qu’il “n’y a pas le choix” ?
Mais au-delà de l’horreur individuelle, ce drame est une accumulation de défaillances. Défaillance du père face à sa nouvelle conjointe. Défaillance sociale. Défaillance institutionnelle. Défaillance collective en somme.
Parce que ce drame n’est pas invisible. Il est ignoré. Il est expliqué, minimisé, rangé, repoussé jusqu’au jour où il devient insoutenable. Un enfant n’a pas disparu dans une forêt. Il n’a pas été caché à l’autre bout du monde. Il était là.
À côté. À portée de regard. Et pourtant, il était seul.
La question n’est plus de s’indigner quelques jours. On n'en parle déjà plus aujourd'hui. La question est : qu’est-ce qu’on change, concrètement, pour que plus jamais un enfant ne puisse être enfermé pendant des mois… à quelques mètres de nous ? On se l'est déjà posé cette question pour d'autres faits divers. On se l'est posé pour Marina. On se l'est posé pour Tony. On se la pose et puis on préfère changer de sujet
Parce que tous ces faits divers, ce ne sont pas seulement les histoires d’enfants et de leurs bourreaux. C’est l’histoire de nos aveuglements.