01/07/2026
– Retour sur le Cabaret de l'Union « L'homme qui danse »
Un événement consacré aux liens entre la danse et le travail, en partenariat avec et au Ballet du Nord – Centre Chorégraphique National Roubaix - Hauts-de-France
Accueilli dans le grand studio du Ballet du Nord - CCN & Vous, le Cabaret de l’Union s’est ouvert sur une étape de travail de la proposition chorégraphique de Sylvain Groud "J’allais oublier". Cette création explore la question du « pourquoi danser », ce que peut la danse, nous invitant à réfléchir à ce que signifie le travail de la danse, mais aussi la manière dont elle peut constituer une ressource pour les travailleur.euses dans leur activité quotidienne.
Ce solo de danse s’est poursuivi avec un échange réunissant Philippe Verrièle (journaliste et critique de danse), Carole Baudin (ethnologue des techniques et du travail), et Sylvain Groud. Ensemble, ils ont interrogé les spécificités du travail artistique des danseurs et danseuses, tout en discutant du potentiel de la danse à enrichir les pratiques professionnelles, sans éluder les risques de son instrumentalisation dans certaines formes contemporaines d’organisation du travail.
Longtemps, Sylvain Groud a cru « qu'il fallait en baver pour danser », une vision qui fait écho aux propos du critique Philippe Verrièle décrivant le danseur comme un travailleur, « celui qui paye en liquide » par l'engagement physique qu'il consent, son corps étant à la fois son outil et sa matière de travail.
Nous avons pu découvrir ainsi la signature artistique de Sylvain Groud qui consiste à « danser les autres » : quitter le plateau pour aller à la rencontre de celles et ceux qui exercent des métiers souvent invisibles, observer leurs gestes quotidiens, les prolonger et les transformer en matière chorégraphique. « Tout geste est une mine d'or », affirme-t-il. Une femme de ménage lui a ainsi confié, après avoir vu ses gestes transposés sur scène : « Je ne savais pas que ce que je faisais était si beau. »
Carole Baudin a, de son côté, rappelé que le danseur, par sa pratique du corps, explore et exprime ce que les mots peinent parfois à dire. Le geste devient un langage à part entière. Selon elle, nombre de maux contemporains au travail trouvent leur origine dans l'appauvrissement de nos mouvements, dans des corps empêchés, contraints, privés de leur pleine amplitude. Une réflexion sensible qui fait de la danse une métaphore de l'élan vital.
Les échanges avec le public, riches et stimulants, ont mis en lumière les multiples résonances entre création chorégraphique, gestes professionnels et monde du travail.
Sylvain Groud quittera le Centre chorégraphique national à la fin de l'année. Son engagement artistique et humain aura marqué les esprits.
Région Hauts-de-France Ville de Roubaix Département du Nord