10/01/2026
BONNE ANNÉE ! 🥳
Voilà, ça c’était presque la ligne la moins "en re**rd" du post.
Comme toujours, ici il se passe mille trucs à la semaine, les journées s’imbriquent les unes dans les autres sans trop qu’on ait notre mot à dire et je n’arrive PAS, à mon grand désespoir - croyez-le - à maintenir cette page à flot.
MAIS. Parmi ces mille trucs, il faut absolument que je vous parle du tout dernier en date, et pas des moindres.
Comme vous le savez peut-être si vous nous suivez depuis un moment, Le Vieux Zoo est l’heureux propriétaire d’un tas de ferraille aux allures d’engin de torture médiévale, mais qui s’en différencie proprement par le fait qu’il sert plutôt à faire le bien : LA CAGE-TRAPPE.
Pour vous parler un peu d’elle, nous l’avons adoptée en novembre 2024 afin de mieux courir après Pana, devenue Lubie dans nos rangs (son post : https://bit.ly/histoire-de-lubie
), et depuis le campus de Villejean… elle a voyagé. Voyagé par monts et par vaux vers de multiples poilus perdus…
Jusqu’au der’ de la liste : Prim.
Cette petite chienne de bonne famille a vu le jour en septembre 2019 au sein d’un élevage de Berger Américain Miniature. Âgée de 9 mois, elle en intégrera alors un autre où elle sera reproductrice jusqu’à ses 4 ans. Fatiguée par ce rôle, elle est stérilisée après sa dernière portée et adoptée pour compagnie par une autre famille.
À ce moment-là, l’histoire devait plutôt bien se terminer…
Mais pas tant, finalement.
Six jours après son arrivée dans ce qui devait être sa maison pour la vie, des invités y font leur entrée. Encore secouée par son changement d’environnement récent, la petite prend peur face à ces inconnus et se faufile coûte que coûte entre les jambes de la personne se tenant dans l’encadrement de la porte. Elle fuit alors, droit devant, sans se retourner.
C’était en août 2023.
Non non, cherchez pas vos lunettes, vous lisez bien, on est pas dans mes rétrospectives !
Mais alors… que s’est-il passé entre août 2023 et janvier 2026 ?
Je ne peux pas tout vous conter, car il y a de vraies zones d’ombre, mais voilà ce que l’on sait de son périple :
Dans un premier temps, de manière similaire à beaucoup de ses copains dans la même galère, Prim est partie en étoile autour de son point de fugue. Aperçue dans plusieurs communes, elle était inattrapable : durant les premiers mois, son éleveuse et sa nouvelle famille la cherchaient de concert, l’apercevaient parfois, mais la poilue était déjà dans son tunnel de survie et fuyait systématiquement à leur appel.
Plus t**d, elle s’est fixée dans un jardin où se trouvaient des gamelles remplies fréquemment. C’était pour les chats, mais, la "faim" justifiant parfois les moyens et forte de sa dizaine de kilos, elle s’est dit : "ils vont pas capter qu’y a tromperie sur l’espèce, ça passe".
Une première tentative de trappage avait alors été mise en place par sa nouvelle famille en ce lieu, soldée malheureusement par un échec (probable dysfonctionnement du mécanisme : le piège s’est enclenché mais la chienne a pu sortir). Ensuite, les signalements se sont espacés, et les humains qui la cherchaient ont préféré faire leur deuil, la pensant décédée.
Peu à peu, son histoire est tombée dans l’oubli.
Pendant ce temps, Prim traînait, très régulièrement et bien vivante, sur la commune de Malestroit, à quelques kilomètres de son point de fugue. Mais vous le savez sûrement aussi bien que moi : l’indifférence tue. C’est "le chien qui traîne", on n’y peut rien, et puis il se laisse pas approcher alors bon, c’est pas nos histoires…
Jusqu’à ✨ Julie ✨
Venant de s’installer sur la commune, la présence de Prim l’a rapidement interpellée. Elle n’avait pas plus de solution que les autres, mais elle était déterminée à comprendre pourquoi ce petit tas de nœuds était livré à lui-même, se mettant en danger dans la circulation et vidant les poubelles. Alors très vite, elle se tourne vers les réseaux. Elle poste sur un groupe local et sur un second, dédié à la protection animale en Bretagne (coucou les copines).
La suite est assez logique.
Mon Poussin Préféré se dit : "bah tiens, c’est qu’on s’ennuie depuis la fac, est-ce que ça dirait pas à l’autre azimutée du Vieux Zoo de faire l'édition 2025 du chien sauvage d'A-Peu-Près-Noël par -3 °C ?"
Oui, j’avais d’autres trucs à faire (genre poster sur la page).
Le Poussin aussi (genre poncer un truc).
Non, j’ai pas oublié les orteils gelés en 2024…
Mais je sais pas dire non à un dossier pourri ! J’ai essayé hein, mais j’ai tenu quoi… une semaine ?
Donc voilà. Ensuite, c’était la cascade : Julie devient officiellement bénévole, le Poussin reprend son rôle de taxi-trappe et de motiveuse de troupes, moi… je stresse et j’écris des mails.
Rien ne s’improvise. Ce travail de terrain est rébarbatif mais il sécurise tout le monde : mairie, police, fourrière… les autorités locales sont prévenues de l’intervention et de sa nature. Bah ouais, c'est que c'est un peu régi par le code rural cette histoire, quand même. Remontée d’historique, repérage, planification, négociation… Le 24/7 habituel une fois que l’affaire se met en route (j’exagère vraiment presque pas).
En parallèle, je rentre en contact avec la personne de chez qui Prim a fugué et à qui elle appartient légalement. Choquée de la savoir en vie, très atteinte, elle explique son impuissance compréhensible face à la situation et son incapacité à reprendre Prim à l’issue du trappage. Elle se sent dépassée par la charge que représenterait un chien d’un naturel déjà anxieux, qui viendrait par-dessus le marché de passer deux ans dehors. Elle ne se sentait pas les épaules ni la compétence d’offrir un cadre épanouissant à un animal issu d’un parcours si particulier, et qui allait vraisemblablement avoir besoin d’une réhabilitation poussée.
Je préfère cette honnêteté, dans l’intérêt du chien.
Donc… ni une, ni deux, sans jugement, je propose alors de la prendre en charge au Vieux Zoo.
On a un espace de quarantaine stricte, de super vétos, la place et les compétences pour gérer ce type de profils sur du long terme. La cession légale a alors lieu et j’ai tous les éléments pour enclencher la suite.
Une fois tous les feux au vert, la trappe quitte Romillé via Poussin Taxi-Trappe, Julie la réceptionne à Malestroit pour qu’elle soit prête à être installée dès l’identification du point idéal. Elle nous attend avec une flopée de flyers. Une fois le deal effectué sur un parking de Géant Casino désaffecté pour l'ambiance, le Poussin, armée de son massicot (je vous dis qu'on est des professionnelles), débite du flyer à l’arrière du Rifter (parti trop tôt, voir plus bas).
On sait que la chienne est vue dans le centre et près du Weldom : on cible donc là en priorité. On en laisse dans les commerces, on distribue, on explique… Mission relou, mais là aussi nécessaire. On remercie immensément les Maltrais pour leur accueil très positif et les informations données à cette occasion.
Une photo du flyer est ensuite partagée sur les réseaux, et les signalements deviennent quasi quotidiens. Là encore, les riverains sont exemplaires, impliqués, respectent à la lettre les consignes de sécurité : tout est absolument idéal.
Alors que sa routine commence à se dessiner, on reçoit LE SMS : son lieu de repos est identifié de manière certaine. On peut alors se mettre à approvisionner un point de nourrissage.
En face de son spot œuvrent les champions toutes catégories de la bienveillance : l’équipe des Pompes Funèbres Gougeon (si vous vous ennuyez dans la vie, lancez-vous dans la protection animale, vraiment). En contact avec A. (que je ne sais pas si j’ai le droit de nommer publiquement), on a pu obtenir sans problème l’autorisation de poser le piège sur le parking. Terrain privé, à l’abri des regards : juste le top du top.
C’est dans ces conditions tout bonnement optimales que le protocole d’habituation a débuté. Le principe : poser la trappe désactivée, surveillée par une caméra pour identifier les heures de passage du chien, avec une gamelle-leurre d’abord posée à l’entrée du piège pour inviter le chien à l’analyse, qu’on pousse progressivement vers le fond à mesure qu’il se détend.
On n’active la trappe qu’une fois qu’il est bien à l’aise d’entrer et sortir, pour garantir le succès de l’opération - ce qu’on a plutôt intérêt à faire, car c’est une chance, pas deux. Ça peut prendre plusieurs semaines, c’est un jeu de patience doublé d'un ascenseur émotionnel très frustrant. Pour Prim cependant, rien n’était décidé à m***er et en 4 jours, c’était plié. Elle se croyait déjà au Louvre et admirait le fond de la trappe dès les premières nuits.
Nuit du 3 janvier, J+5, très bonne fenêtre : on active.
Problème : avec le gel, la batterie de la caméra se vide très rapidement et la batterie auxiliaire ne pourrait pas prendre le relais pour la même cause. On se réfugie donc chez Julie, à deux minutes du piège désormais enclenché, pour la charger "au cas où". En attendant, on guette les notifications.
19h56 : comme tous les soirs avec une régularité déconcertante, je me demande où elle planque sa montre-gousset… demoiselle se pointe en trottinant.
Elle trouve tout comme à son habitude, à l’exception des croquettes que l’on disperse habituellement partout, volontairement oubliées ce soir pour favoriser une entrée franche jusqu’au jackpot au fond du piège. Et de franchise, Prim n’a pas manqué : arrivée fort pressée, elle a carrément snobé la gamelle "d’appel" laissée à l’entrée.
La tension est à son comble. Elle est au fond, plus personne ne respire, on entend les cœurs battre… puis enfin, ÇA TOMBE. Et la voilà en sécurité !!!
Liesse. Après deux ans, c’est quand même dingue d’avoir réussi si vite !
De blague pourrie en aiguille, on fait notre session muscu avec Julie : le légendaire Poussin étant indisponible pour cause de fricotage avec une plaque de verglas (comprenez, le coup du Rifter...), c’est donc elle qui fera Taxi-Trappe pour chien qui pue par intérim.
Après un voyage sans encombre, Prim est arrivée vers 22h dans son box de quarantaine où l’attendaient une gamelle pleine, un lit bien isolé du sol et - saint Graal par les temps qui courent - du chauffage.
Après qu'elle ait dormi dix heures d’affilée, il a fallu se rendre à l’évidence. Si, dans d’autres cas, le toilettage est secondaire pour nos trappés, dans le sien, c’était prioritaire. Les nœuds, complètement collés à la peau et trempés d’urine par endroits, impactaient nettement sa mobilité et nécessitaient une attention urgente.
Dans ce genre de cas, c’est V., toiletteuse professionnelle habituée à nos profils sensibles, qui s’y colle. En douceur, Prim a été débarrassée de son sarcophage de poils : le soulagement a été palpable.
Autre passage obligé : le vétérinaire. Merci à l’équipe de la Clinique Vétérinaire des Lucines qui, comme toujours, a tout à fait géré la prise en charge de la louloute. Bénéficiant d’un créneau long, le bilan post-trappe s’est très bien déroulé. Après deux ans, sa santé est miraculeusement bonne.
Cette petite miette emmêlée a vraiment une bonne étoile au-dessus de la tête.
Une prescription d’antiparasitaires et une suspicion de cystite plus t**d, on reprend rendez-vous à la fin des 15 jours de quarantaine (soit le 16 janvier) afin d’en obtenir la levée officielle. Pour ça, on se tient au courant !
En attendant, on fait tranquillement connaissance avec celle que l’on appelle ici… Poisson.
Mais arrêtez de me fusiller du regard, c’est elle qui a choisi !
Comme il est plus facile d’associer un nouveau prénom à du positif que de déconstruire les affects négatifs liés à l’existant (auquel elle ne réagissait pas de manière positive), la règle ici, c’est : "nouveau prénom pour une nouvelle vie".
Disciplinées, on a fait une liste de prénoms en P, bien sûr. Pashmina, Pastel… Phée a eu pas mal de succès : mignon, mais un peu décalé avec cette orthographe. "Pompes Funèbres" y'avait bien un P, mais c'était d'un goût moyen... par contre le Gougeon, phonétiquement du moins... c't'un poisson. Et comme on est vraiment des gens super drôles, allez, pour la blague... on a mis Poisson. C’est un mot rigolo en plus, et puis c’est vrai que c’est un p’tit poisson argenté.
Ensuite, on soumet la liste au chien, évidemment…
Devinez sur quoi elle a tilté le plus ?
Voilà.
Bienvenue Poisson-Phée 🐠✨
-----------------------------------------
Pour nous soutenir :
La cagnotte de Poisson - https://www.helloasso.com/associations/le-vieux-zoo/formulaires/3
1€/mois sur teaming, pas si pire pour le portefeuille, le monde pour nous au bout du compte - https://www.teaming.net/levieuxzoo
Un petit don ou le parrainage d'un animal, c'est sur HelloAsso - https://www.helloasso.com/associations/le-vieux-zoo
*Les dons ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu égale à 66 % du montant versé, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Si vous souhaitez contribuer par virement direct, contactez-nous afin de recevoir un RIB et votre reçu fiscal. Cela se fait automatiquement sur HelloAsso. Merci 🧡*