10/04/2024
Restons fair-play, le combat continue.
Le collectif Jean Jaurès a pris acte des décisions de justice concernant les procédures en référé à propos de l’aménagement de la place Jean Jaurès prévoyant la suppression de 450 places de stationnement sur 485.
Hélas ces décisions ne nous sont pas favorables. Nous le regrettons mais nous sommes fair-play et nous les respectons.
Nous tenons avant tout à mettre les choses au point quant aux propos méprisants tenus par Madame le Maire dans son communiqué de presse n°54 du 3 avril.
Tout d’abord, le collectif des commerçants ne se réduit pas aux 10 noms qui apparaissent officiellement sur les plaintes en cours pour des raisons de simplifications procédurales voulues par les intermédiaires de justice, mais compte bien 106 membres à ce jour.
Les bassesses de la communication municipale pour minimiser la fronde à « quelques commerçants » ne trompent personne : ce ne sont pas 10 commerçants, mais bien 106 professionnels du centre-ville que la mairie ignore.
Mais surtout, ce qu’il faut garder à l’esprit c’est que la décision de justice rendue par le tribunal administratif n’a aucun rapport avec toute forme de pertinence, de bien-fondé et de bon sens du projet Jean Jaurès et que sur le fond il y a toujours des recours en attente de jugement.
Un référé est une procédure aléatoire qui se joue souvent à pas grand chose. Madame le Maire le sait pertinemment : on a vu au printemps 2023 à quelle vitesse elle a abandonné son projet immobilier prévu sur le terrain de sport Triboulet quelques jours avant l’audience en référé qui devait se tenir sous la pression d’une société de promoteurs qui se sentait flouée par les méthodes de la municipalité…
Nous savions que les chances d’aboutir par cette voie étaient faibles, mais nous devions passer par cette phase et nous n’avons aucun regret. Il ne s’agit que d’une étape dans une procédure longue qui connaîtra immanquablement de nombreux rebondissements dans les 2 prochaines années.
D’ailleurs, face aux aberrations de son projet, on constate déjà les premières reculades de la mairie qui selon les informations récemment parues dans la presse locale s’apprête à transformer le terrain de sport du lycée Triboulet en un parking définitif de 300 places après y avoir imaginé un complexe immobilier haut de gamme puis un parking provisoire pendant la durée des travaux…
A ce jeu de chaises musicales, les premiers à trinquer ce sont les élèves du lycée Triboulet, contraints de prendre des bus pour leurs cours d’éducation physique déplacés au lycée horticole route de Tain et sur d’autres sites.
Le lycée Triboulet est le seul établissement de d’Auvergne Rhône Alpes à être privé d’équipements sportifs depuis des années déjà et la situation n’est pas prête de s’arranger !
L’attractivité résidentielle, commerciale et touristique souhaitée par la municipalité ne résiste pas aux statistiques de l'INSEE : baisse continue du nombre d’habitants depuis 2015, 66 locaux commerciaux à vendre ou à louer, 232 appartements à vendre rien que sur le « Bon Coin » à ce jour... 2000 logements vacants à Romans (chiffre INSEE): beaucoup de riverains cherchent à fuir la ville. Ces résultats sont catastrophiques et augurent d'une baisse préoccupante de l'activité commerciale en centre-ville au profit de la périphérie.
Evidemment, nous avons toujours été sensibles et favorables à une végétalisation intelligente et raisonnable sur la base d’une réelle concertation aussi bien avec les résidents que les commerçants. Mais à ce jour, nous sommes atterrés par le nombre impressionnant d’arbres abattus dans tous les quartiers de la ville (quai Sainte Claire, chemin des bœufs, rond point Deval…).
D’autre part, nous sommes scandalisés par les insinuations de la ville, relayées par le Dauphiné Libéré (édition du jeudi 4 Avril) rapportant de prétendues intimidations d'élus et de partisans de ce projet, par les membres du collectif. Cela est d'autant plus déplorable que nos commerces ont été la cible de corbeaux, de lettres anonymes, de pressions en tous genres et d’appels au boycott de nos boutiques arborant des affichettes contre le projet Jean Jaurès par des élus municipaux. Certains allant même jusqu’à nous accuser des futures conséquences de ce projet non concerté : si la fréquentation du centre-ville baisse, cela ne sera pas à cause de notre opposition, mais à cause de la conception même du projet !
Loin de nous tirer une b***e dans le pied, nous vivons au quotidien au contact des usagers de la ville. Nous entendons ce qu’ils disent et pensent de la situation et ce n’est pas reluisant. Nous avons eu plus de 12.000 signatures sur notre pétition en deux mois, pas loin de 300 personnes lors de notre réunion publique du 30 novembre malgré des conditions locales exécrables. Et ce n’est rien de dire que le public est ressorti outré suite aux informations que nous avons diffusées !
Nous sommes 106 professionnels présents à Romans depuis des décennies et nous avons accumulé l’expérience nécessaire pour ressentir ce qui est bon ou nocif pour l’attractivité résidentielle, commerciale et touristique de notre centre-ville. Nous pensons avoir droit à un minimum d’écoute et de respect, nous souhaitions une véritable concertation, au lieu de cela nous subissons mépris et arrogance.
Nous prenons acte de la gravité de la situation. Merci à tous nos soutiens. Comptez sur nous, nous serons toujours là dans deux ans.