11/06/2026
Quand la culture devient un champ de bataille idéologique !
Le FID Marseille a raison de défendre un principe essentiel : « un artiste n’est pas l’ambassade de son pays », comme l’a rappelé le cinéaste israélien Nadav Lapid, dont de nombreux réalisateurs n’ont pas souhaité la présence au festival et qui, face à la pression, a décidé de ne plus y participer.
« Pourtant, un artiste ne représente qu’une œuvre, dit-il. Rien d’autre. »
Céder à des campagnes de boycott fondées sur l’origine ou la nationalité revient pourtant à faire exactement l’inverse : juger l’artiste pour ce qu’il est, et ce qu'il est supposé incarner, et non pour ce qu’il crée. C'est bien la nationalité du réalisateur qui a été boycottée, d'autant qu'il est connu pour l'expression de son désaccord avec la politique de Benjamin Nétanyahou.
C’est une rupture claire avec la liberté de création.
Cette liberté est aujourd’hui fragilisée de toutes parts.
Certains festivals résistent, comme « Oh les beaux jours ! », qui a maintenu Joan Sfar. D’autres cèdent. Et parfois, l’atteinte vient directement des pouvoirs publics : à Castres, la pièce "Passeport" d’Alexis Michalik, qui revient sur le parcours d’Issa, réfugié érythréen laissé pour mort dans la jungle de Calais, a été écartée de la programmation après que le RN a pris la majorité politique.
Dans tous les cas, le mécanisme est le même : filtrer la création à l’aune de critères idéologiques. Qu’il s’agisse d’écarter un artiste pour ce qu’il est ou une œuvre pour ce qu’elle dit, c’est la même logique de tri.
Or le droit français est clair : la discrimination fondée sur l’origine, la nationalité ou la religion est prohibée, et la liberté de création est protégée. Ce qui est en jeu ici n’est pas une querelle culturelle, mais le respect des principes fondamentaux.
La Licra condamne fermement ces pratiques et rappelle qu’elles doivent, lorsqu’elles relèvent de la discrimination, donner lieu à des poursuites.