11/12/2025
Texte exposé en conseil municipal du 10/12/2025 par Francois Nicolas, EELV
Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus,
Nous avons bien noté que vous rappelez dans vos documents que « le quartier du Château dispose de nombreux atouts : services publics, parcs et jardins, commerces, marché hebdomadaire ».
Nous partageons ce constat. Mais une question essentielle demeure :
Comment préserver réellement ces atouts si le marché est repoussé en dehors de la ZAC, avec seulement vingt places de stationnement ?
• Depuis quand considère-t-on que la place Odette Robert serait « partagée » ?
• Dans les documents remis aux usagers lors du diagnostic archéologique, le parking de 45 places est même désigné comme « place du Pays de Retz ».
Cette incohérence entretient la confusion.
1. Le marché : un service public, pas un détail d’aménagement
A ce jour, aucune réponse formelle n’a été apportée quant au maintien du marché dans des conditions viables. Pourtant, tout marché vivant repose sur un triptyque connu :
➡ Accessibilité
➡ Sécurité
➡ Convivialité
Le marché du Château est un service public, un levier d’aménagement du territoire, fréquenté majoritairement par des Rezéens du bassin de vie, parfois en voiture - même si l’on peut souhaiter réduire ces déplacements, jusqu’aux marches du monde rural.
Madame la Maire, Mesdames et Messieurs les élus, que répondez-vous aux 2 600 pétitionnaires qui demandent sa pérennité, marché et stationnement compris ?
La version papier est encore plus éloquente :
sur 1 104 signatures, seules 33 viennent de Bouguenais et 17 de communes proches ; la grande majorité est Rezéenne, et les habitants du Château sont les plus nombreux.
2. Où est passée la végétalisation ?
Vous évoquez un « ilot de fraîcheur ». Pourtant, aucune garantie concrète n’apparaît :
➡ Quelle surface végétalisée ?
➡ Quel calendrier ?
➡ Quels engagements de désimperméabilisation ?
La place Odette-Robert n’a jamais été construite dans son histoire : l’enfouir sous davantage de béton alors que les fouilles viennent d’être rebouchées en moins de dix jours est difficilement compréhensible.
3. Programmation et gouvernance : plusieurs zones d’ombre
Votre texte indique que le projet « anticipe une programmation qui n’existe pas ».
C’est problématique :
➡ aucune délibération du Conseil métropolitain n’a validé cette programmation,
➡ le rapport 2024 de LOMA n’est pas publié,
➡ le projet définitif n’a pas été voté.
Comment, dans ces conditions, demander aux habitants d’adhérer à une trajectoire encore floue ?
4. Un quartier transformé, mais pas entretenu
Vous écrivez : « pas d’intervention majeure depuis les années 1990 ». Pourtant :
• arrivée du tramway en 1992,
• destruction du Café de la Paix en 2007-2008,
• restructuration des commerces,
• agrandissement sud de la place François-Mitterrand.
La réalité, c’est plutôt un manque d’entretien sur des espaces devenus stratégiques.
5. Des données contradictoires
• Vous mentionnez « environ 9,9 ha ».
• Le rapport LOMA 2023 indique 97 719 m².
Quelles sont les données exactes ?
Nous notons certes des évolutions positives :
• passage de 175 à 160 logements neufs,
• réduction des équipements publics de 3 300 m² à 2 000 m².
Mais cela soulève d’autres questions :
➡ Que deviennent les 40 logements abandonnés de l’îlot 2 ?
➡ À qui appartiennent les locaux du 21 avenue de Bretagne et du 11 allée de Touraine ?
➡ Quels usages leur seront attribués ?
Conclusion : une demande simple et constructive
Les habitants du quartier du Château - que nous nous amusons à appeler avec humour les irréductibles de Rezantia — ne s’opposent pas au changement. Ils demandent simplement :
• un projet clair,
• cohérent,
• transparent,
• fondé sur des engagements publiés,
• et respectueux du marché et de la vie locale.
Tant que ces réponses n’auront pas été apportées, il sera difficile pour la population de comprendre et d’adhérer. Merci de votre écoute.