22/08/2024
**Lettre ouverte aux différents élus locaux**
Monsieur/Madame élu(e) de la République,
Je suis Matthieu LEMOINE, Vice-Doyen Étudiant de la Faculté de Médecine de REIMS et donc, porte-voix de ses étudiants.
Je me permets de vous contacter ce jour afin de vous sensibiliser et vous demander de l’aide sur un événement récent ayant un impact futur énorme sur les hôpitaux français.
En effet, cette année 2023-2024 a vu naître une réforme du second cycle des études de médecine surnommée « R2C », celle-ci ayant été appliquée de façon assez brutale aux étudiants, a généré un stress conséquent à ceux-ci, en motivant un grand nombre à redoubler volontairement une des années précédant le concours afin d’éviter de faire partie de la promotion « crash-test » de cette réforme.
Les promotions de 6ème année étant habituellement d’environ 9000 étudiants, celle-ci n’est donc pourvue que de 7500 étudiants, ce qui signifie qu’il y aura 1500 internes de moins dans les hôpitaux français cette année, amplifiant les tensions hospitalières dans les années à venir.
Dans ce cadre, le ministère a récemment publié au journal officiel le nombre de postes d’internes disponible dans chaque spécialité et chaque subdivision, réduisant drastiquement les places de spécialités prisées telles que l’ophtalmologie ou la dermatologie par exemple. Cela crée un décalage énorme dans les possibilités de carrière de nos étudiants ayant des notes qui leurs auraient permis sur une autre année, d’avoir la spécialité souhaitée et méritée.
Il y a d’ores et déjà des étudiants français qui cherchent à aller faire leur spécialité à l’étranger, ce qui va davantage amplifier le manque de médecins en France. Cette détresse est générale à l’échelle du pays et mobilise, comme vous pouvez le constater sur une pétition lancée par une étudiante https://www.change.org/p/demande-urgente-de-réouverture-de-postes-pour-l-internat
De plus, au niveau local, ce manque de postes va faire venir des étudiants parisiens n’ayant pas pu avoir leur spécialité dans leur région, à Reims. Le problème étant que ces étudiants étant à 1 heure de Paris, ils repartent chez eux après leur formation, au détriment d’étudiants de ma faculté qui ont l’envie de rester dans notre bassin champardennais ou de l’Aisne et qui vont être obligés de quitter notre région. Il est dommage que ces réformes et décisions délétères puissent encore appauvrir le nombre de médecins dans notre si belle région.
Ainsi, je voulais vous demander, s’il vous serait possible de communiquer sur ce sujet aux différentes institutions (ARS, ministère…) afin de soutenir ces étudiants de votre électorat qui ont pour beaucoup, à cœur de participer au développement médical local.
Je reste bien évidemment à votre disposition pour tout échange sur le sujet avec vous.
Respectueusement,
Matthieu LEMOINE, Vice-Doyen Étudiant de la faculté de médecine de Reims