09/03/2026
Une alternative pour toutes et tous
Peut-être vous souvenez vous de ce magnifique documentaire, des cailloux dans la chaussure. Aux portes du Vercors, les habitants de Saint-Nazaire-en-Royans découvrent qu’une carrière de roches massives veut s’installer sur la petite montagne surplombant leur village ; le mont Vanille. Abasourdi par le gigantisme du projet, se sentant trahi par les élus, le village se mobilise. Et il y aura un changement de municipalité, puis un abandon du projet. Chacun prenant part à sa manière au destin de son village, c’est un paysage politique nouveau qui se dessine. Bousculant les rouages bien huilés d’un système, cette lutte raconte l’urgence de se mêler enfin de ce qui nous concerne.
Voici, à notre tour, notre histoire, celle d'une confrontation à une municipalité sortante si peu préoccupée par les conséquences d'une activité extractive et d'enfouissement de déchets, si peu à l'écoute des habitants, des habitantes.
En mai 2019, nous apprenions qu'une enquête publique a eu lieu concernant la réouverture de la carrière. Une petite dizaine de personnes, principalement situées au Tahun ont fait des dépositions. La municipalité avait bien publié l'arrêté mais n'avait pas communiqué plus largement à la population qui pouvait être impactée. Répondre à une règle de publication n'équivaut pas à un souci d'information. Le carrier ou la municipalité n'ont pas cru nécessaire de rencontrer les personnes sur le terrain, d'organiser une concertation préalable, de faire des réunions publiques. Une fois le projet su, les deux enquêtes publiques suivantes ont permis de récolter en tout plus de 600 contributions, prouvant que la population at des choses à dire quand elle est invitée à le faire.
Notre association a tenté de nouer un dialogue avec la mairie, mais ces prises de contact ne débouchèrent pas sur une réunion avec l'ensemble des conseillers municipaux. Souvent les membres d'une association par leur regard critique et inquiet développent rapidement des connaissances sur leur objet, dès lors nous aurions aimé en faire état à la municipalité . Malheureusement celle-ci a donné un avis favorable au projet sans consultation des travaux de notre association, sans connaitre véritablement le dossier. Un document récapitulatif écrit par l'Unicem, le syndicat du carrier, a été transmis au conseil municipal quelques mois après la décision, document qui venait dans un après coup plus justifier une décision que de l'étayer en amont. Mme le maire à plusieurs reprises a déclaré être en permanence en liaison avec l'entreprise Pigeon mais n'a pas souhaité connaitre les avis contradictoires, recueillir les savoirs locaux et les expertises que nous avions mandatées .
Ce rejet fut aussi concrétisé dans le refus de nous inscrire dans la liste des associations de notre commune. Nous sommes pourtant comme toute association reconnue par la préfecture, mais aussi reconnue en tant que membre de la FNE 44 partenaire de la Préfecture et du Département, et adhérent aux grandes associations environnementales, Eaux et Rivières de Bretagne, la LPO, Bretagne Vivante. Mais rien n'y fait, nous n'avons pas le droit au chapitre au niveau municipal puisqu'émettant un avis autre.
Certains membres de notre association ont reçu de la part des élus des invectives sur leur portable personnel, ces actes ont été notifiés au sous-préfet. Notre association a parfois été mise à mal par des déclarations de Mme la Maire dans la presse, mais nous ne parlerons pas ici de diffamation laissant la place aux possibles interprétations ou aux possibles erreurs de transcription.
Nous n'avons pas encore parlé ici du fond, de la raison du projet et de ses conséquences. Une part de la justification de ce projet de carrière est la difficile gestion de cet espace durant une période sans activité, des raves party y étaient organisés et des déchets ménagers étaient déposés à l'entrée . La reprise de l'activité semblait venir comme solution à défaut d'une intervention de la municipalité, ce qui relevait pourtant de sa compétence.
Dans le processus d'autorisation préfectorale, lors de la dernière commission, les élus du Département, de la Chambre d'agriculture, le représentant des maires, et les associations environnementales ont votés contre ce projet, soit 6 Voix. De l'autre coté , les carriers et les services instructeurs de la préfecture ont voté pour, soit 5 voix. La voix de Mme le Maire s'est ajouté à ces derniers provoquant une égalité et par une règle préfectorale, cette égalité se transforma en majorité entrainant un avis favorable à ce projet . Ainsi le choix de Mme Le Maire ne s'est pas orienté vers celles et ceux déjà implantés sur le territoire et qui émettaient des alertes mais sur celles et ceux qui défendaient une vision néolibérale en favorisant cette prise de marché. De plus, dans une telle incertitude, n'aurait il pas été préférable d'opter pour le principe de précaution.
Sur le fond, nous aurions bien sûr apprécié avoir une municipalité inquiète par le flux de camions engendré et l'insécurité routière inhérente, par les nuisances sonores, par les poussières, par les tirs de mines pouvant détériorer le patrimoine bâti, par la perte de la biodiversité, par l'atteinte à l'hydrologie sur ce site s'apparentant à un château d'eau naturel, par le rabattement des nappes et la disparition des sources, par le remblaiement avec des déchets du BTP pouvant polluer les eaux en aval, etc. Aucun acte de la mairie est venu pour tenter de pallier ces impacts, pour prendre différentes mesures de protection des personnes, de l'environnement, de l'économie locale et du patrimoine.
Dans le programme de la liste Ensemble pour notre commune, suite de la municipalité sortante , il n’est nullement fait mention de protéger de manière substantielle nos biens communs que sont l’eau et les sols . La protection du patrimoine est évoqué alors que ce projet de méga poubelle du BTP en cours va détériorer de manière pérenne et définitive la qualité des nappes et des sources pour des générations. Aucune mesure sur un autre bien commun, l’air, qui sera de plus dégradé par les poussières et cela associé aux émanations d’ammoniaque des fermes usines de la commune. On notera cependant, un point positif, l'objectif de plantation de 2km de haie par an, mais il faudrait aussi préserver les haies existantes . Tant de ces haies disparaissent. Dans la carrière, beaucoup de jeunes arbres ont été abattues.
La population est aussi très inquiète de la position de la mairie qui ne s'oppose pas au projet minier Taranis. Si une exploitation devait advenir, hormis les dégâts environnementaux propre aux lieux même de l'extraction, il y a à anticiper les effets conjoints de ces différentes pollutions. Aurons nous encore une eau potable dans notre secteur et à quel prix ? La réserve d'eau dans le lac du Tahun était une solution, ne plus mettre des pesticides dans les zones de captage en était une autre et essentielle. Là aussi notre association, comme celle voisine du Collectif Sans Pesticide qui fait un travail remarquable pour la santé des personnes, n'avons pas le soutien de la municipalité .
Dès le début de notre lutte, des élus de l'opposition ont pris part à notre cause, ont porté nos doléances .Un mouvement citoyen est née avec de nombreux membres ou sympathisants de notre association, mouvement maintenant concrétisé dans une une proposition électorale portée par la liste Une alternative pour toutes et tous. Il y a là d'une part une forte volonté de faire fonctionner la démocratie, ce qui a fait cruellement défaut durant ce mandat et n'a pas permis une concertation autour de ce projet, d'autre part, il y a dans ce programme un engagement à protéger les ressources en eau, à maintenir les zones humides, à s'opposer aux différentes formes de l'extractivisme: minier, forestier, agricole. ( l'extractivisme désigne l'accaparement et l'excès)
Notre position critique vis à vis de la municipalité sortante est nécessaire , elle participe au débat démocratique et surtout elle est un appel urgent, voire vital, à changer de modèle. Cependant afin de respecter la démocratie et votre liberté de décision, nous vous invitons à examiner les professions de fois et à assister aux réunions publiques.
Nous avons ici insisté sur la municipalité de Guémené Penfao, tout simplement parce qu'il y a là un enjeu majeur pour la carrière du Tahun, pour le projet Taranis et pour les autres projets sources de pollution . Mais pour beaucoup d'entre vous, vous n'êtes pas votant sur cette commune, aussi si vous la même chance d'être sur une commune où il y a une liste citoyenne avec un fort volet démocratique et environnemental, nous souhaitons sincèrement leur réussite . Ensemble n'hésitons pas de faire part à nos proches, amis, amies, de ces listes, de ce souffle de vie.