Les différentes espèces de Vautours étaient jadis présentes dans tous les secteurs favorables à leur développement en Europe, notamment dans les zones de moyenne montagne des Préalpes du sud. Suite à l’utilisation massive de poisons contre les prédateurs (Ours, Loup, Lynx), au tir direct, à la disparition des ongulés sauvages et à l’amélioration de la gestion sanitaire des troupeaux domestiques, l
es derniers vautours disparurent à la fin du 19ème siècle dans les Baronnies. Grâce à l’interdiction du poison, à la protection des rapaces, au retour de la faune sauvage, aux modifications des lois sur l’équarrissage et à l’évolution des mentalités à partir des années 1970, les conditions de vie pour les rapaces nécrophages ont de nouveau été favorables. En Europe, seule l’Espagne présentait à cette époque une population viable de Vautours. A partir de là, deux options se présentaient aux ornithologues et autorités compétentes en la matière :
- attendre un retour naturel et spontané des Vautours dans les Préalpes du sud
- accélérer le processus naturel de recolonisation en procédant à la réintroduction
La première option, certes plus « naturelle » laissait courir le risque de voir les conditions d’accueil favorables aux Vautours en Espagne notamment se dégrader, avec comme conséquence probable un retour spontané difficile sinon impossible. Par ailleurs, les Vautours sont des espèces peu prolifiques, les couples ne pondant qu’un oeuf (ou rarement deux, pour le Vautour percnoptère) par an. De plus, leurs capacités de colonisation de sites éloignés de plusieurs centaines de kilomètres sont très faibles, et en supposant que tout se passe bien, il aurait fallu probablement plusieurs décennies, voir plusieurs siècles pour que des Vautours nichent de nouveau ici. Pour toutes ces raisons, c’est donc la deuxième option : la réintroduction, qui a été choisie. Elle permet en particulier de multiplier les zones de présences, et d’assurer la pérennité des espèces réintroduites.