23/02/2026
Le cinéma à Quesnoy
Inventé en 1895, d’abord muet, puis parlant, puis en couleurs, le cinéma est entré progressivement dans les petites villes et les quartiers.
A Quesnoy il y eut 2 cinémas. Dans les 2 cas, il s’est agi d’une activité annexe d’un café. Cela se passait dans une arrière salle et on avait bâti une cabine de projection. Le cafetier était aussi souvent le projectionniste. Cela « faisait marcher le café » par les ventes de consommations avant et après la séance. On ne sait quand ces cinémas furent créés. Ils existaient avant la 2ème guerre mondiale. Rue Belle-Croix, c’était le REX, exploité par Léon Leplat. Rue de Lille, c’était le CINÉAL, annexe du café « au Grand Parc », tenu par Édouard Verkeyn, qui était aussi coiffeur.
Sous l’occupation allemande, une loi du régime de Vichy du 24 février 1941 a prescrit que chaque entrepris cinématographique devait obtenir une autorisation du ministère de l’information. Chaque maire recevait périodiquement des listes de films interdits. Mais le cinéma a continué de fonctionner.
Les années 1950, 1960, furent les périodes de prospérité, de fonctionnement régulier de ces cinémas. La promotion des films se faisait en vitrine par des grandes affiches et quelques photos du prochain film, afin de donner l’envie. Les habitants faisant leurs courses, les élèves sur le chemin des écoles, les découvraient, et cela assurait le succès. C’était des westerns, des films comiques ou sentimentaux. On connaissait les acteurs et actrices vedettes. Il y avait une séance le samedi soir, et 2 le dimanche, l’après-midi et le soir.
Dans les années 50, le jeudi, le patronage a organisé pour les enfants qui le fréquentaient quelques séances au Cinéal.
Le cinéma fit une entrée épisodique dans les écoles publiques, lors de séances organisées dans le temps scolaire, avant les vacances d’hiver et d’été. Les élèves étaient regroupés dans des salles communicantes. Plus de grande machinerie, le projecteur était devenu portable, tenant dans une simple mallette.
Des associations ont cherché une source de financement par le cinéma. Ainsi, à la fin des années 60, l’Amicale laïque , en accord avec l’exploitant auquel elle versait une redevance, a organisé au cinéma REX des séances spéciales. Elle faisait imprimer des cartes avec la date et le titre du film. Ces cartes étaient vendues au porte à porte et au cinéma. Le 1er film projeté au printemps 1966 fut « les fortiches ». Mais cela ne fut pas pérennisé car la vente des cartes était très prenantes, et le bénéfice pas extraordinaire.
Les cinémas de village ont ensuite subi la concurrence des grandes salles des villes proches, et aussi celle de la télévision. La désaffection des clients a entraîné leur fermeture, le CINÉAL en premier au milieu des années 60. Le REX a survie au début de la décennie 1970. La dernière exploitante du café et du cinéma fut Lætitia Pivot. Que devinrent ces cinémas après la dernière séance ? Comme dit Eddy Mitchell : « ils finiront en garage, parking, supermarché ». Les locaux du CINÉAL devinrent la boucherie Fretin-Rousselle, la salle servant d’atelier. Aujourd’hui c’est une maison d’habitation. Le café du REX fut transformé en restaurant, le Sainte-Cécile, longtemps exploité par Anita Dhalluin, aujourd’hui « le Soyeux ». La salle de cinéma fut utilisée comme salle de banquets et réceptions. Malheureusement nous n’avons retrouvé aucune photo de ces cinémas.
Nous serions friands des précisions pouvant être apportées à cet article, souvenirs, et photos.