16/01/2026
Depuis la sortie de la Barbie autiste, tout le monde y va de son avis.
En premier lieu, une majorité de personnes autistes semble saluer l’initiative de Mattel et s’en réjouir.
Ensuite, il y a les personnes autistes à qui cela ne fait ni chaud ni froid, mais qui sont malgré tout sommées de donner un avis.
Il y a aussi les non-autistes qui donnent leur opinion alors qu’on ne leur a rien demandé, qu’ils soient pour ou contre.
Et enfin, il y a les associations représentées par des parents ou des familles d’enfants autistes, mais qui ne partagent pas réellement les axes de lutte portés par les personnes autistes elles-mêmes.
J’ai l’impression que c’est dans cette dernière catégorie que l’on trouve le plus de personnes en colère contre la poupée Barbie autiste.
Si j’étais mauvaise langue, je dirais que ce sont souvent des parents qui nient l’autodétermination de leur propre enfant, et que, par extension, nier celle de toutes les personnes autistes ne leur pose donc aucun problème.
Quid du fait que des personnes autistes ont participé à la création de cette poupée ?
Quid du fait qu’elle soit plébiscitée par les premières concernées, à savoir les petites filles autistes ?
Non.
Ils y voient de la stigmatisation, de la discrimination, au motif que l’autisme de cette poupée ne correspond pas à l’autisme de leur enfant.
Parce que, pour une fois, ce ne sont pas eux qui maîtrisent l’image de l’autisme, alors qu’ils sont habitués à contrôler celle de leur enfant, souvent sans son consentement.
Il existe bien sûr des personnes autistes qui n’aiment pas cette poupée. Et c’est normal.
On ne peut pas être unanimement d’accord au sein d’une communauté qui regroupe des millions de personnes.
Mais qu’une association qui ne représente pas les personnes autistes s’exprime par l’intermédiaire d’une femme, sa présidente, qui n’est pas autiste, et qu’elle aille jusqu’à déposer plainte contre Mattel, c’est inacceptable.
Les initiatives privées de cette qualité et de cette envergure sont encore trop rares.
Elles doivent être encouragées, pas stigmatisées.
S’il vous plaît, SOS Autisme, choisissez mieux vos combats.
Nous avons besoin d’être acceptés dans la société, pas invisibilisés.