Sainte-Croix Renaissance

Sainte-Croix Renaissance "Sainte-Croix Renaissance" est un collectif pour la sauvegarde de l'église Sainte-Croix de Provins S.C.R.

« Sainte-Croix Renaissance » poursuit sous la forme d’un collectif associatif l’action entreprise en 1979, sous l’appellation de « Provins Ville d’Art », pour la sauvegarde et la réhabilitation de l’église Sainte-Croix de Provins. a organisé en 2017 le colloque et l’exposition consacrés à deux éléments du patrimoine de cette église, ses vitraux du XVIe siècle et ses lambris peints de la même époqu

e. Exposition accueillie ensuite dans les murs de la Cité du Vitrail de Troyes. Dans le même but de défense et illustration de Sainte-Croix de Provins, le collectif a proposé une exposition du 13 au 31 octobre à l'hôtel Savigny puis du 2 au 7 novembre 2021 à la médiathèque de Provins sur le bestiaire sculpté du double collatéral nord de l’église, étonnant décor fantastique datant des années 1520. Cette exposition se poursuivra en ligne sur notre site : eglise-sainte-croix-provins.fr

Marie-Christine Lacour, l'une de nos éminentes membres du groupe de recherche Nicolas Pasques sur le patrimoine religieu...
09/06/2026

Marie-Christine Lacour, l'une de nos éminentes membres du groupe de recherche Nicolas Pasques sur le patrimoine religieux à Provins, a rédigé une notice particulièrement complète sur un retable de l'église Saint-Martin de Chalautre la Petite. Vous pourrez d'ores et déjà la lire sur notre page :

Ce retable est scellé au-dessus de l’autel saint Nicolas de l’église de Chalautre-la-Petite. Il est de bonne dimension. C’est un haut-relief de pierre daté du XVIe siècle. Il a eu pour commendataire Pierre Raoul, prieur commendataire de l’Hôtel-Dieu de Provins de 1537 à 1556.

Le retable est signalé dès 1878 dans le bordereau du « Ministère de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts », Inventaire générale des richesses d’art de la France pour le canton de Provins. « Fragment de retable en pierre polychrome » avec dorures aux dimensions de 0,45 m. de hauteur et 2,44 m. de longueur. La date de création est précisée sur l’entablement : deuxième quart du XVIe siècle, 1545. La base Palissy précise le statut juridique de protection et la typologie de l’œuvre. La date du classement en objet a lieu le 12 décembre 1905. Le retable appartient à la commune de Chalautre-la-Petite. Six Photographies du retable en N/B, toutes de Félix Martin-Sabon sont liées au dossier de protection.

Le retable garde des traces de polychromie. La curiosité de cette Cène, c’est que l’on ne compte que onze apôtres autour de Jésus, le douzième est absent bien que sa place soit matérialisée au bout de la table.

La base Palissy décrit, « Sous un entablement à caissons que supportent des colonnes doriques, est représentée la Cène. Les personnages qui y prennent part sont debout sauf celui qui est placé à la droite du Christ. Tous sont tête nue devant une longue [table] plate chargée seulement de quelques assiettes vides, les uns posant la main sur l’épaule du voisin, les autres sur la table. (Judas qui occupait la dernière place à gauche avait été sculpté, mais il a disparu) sur l’entablement une longue inscription en deux lignes que j’ai pu découvrir sous deux ou trois couches de badigeon successives, indique l’année où le travail a été exécuté 1545. Ce fragment de retable a une réelle valeur. ».

Ce retable est installé sur un socle orné de deux colonnades qui s’appuient sur une base portant des armes en relief.

Grace à une recherche récente, nous avons identifié les armes de Pierre Raoul qui figure en bas de la colonnade droite « de gu**les à quatre fasces d’argent, chargées de croisettes, de gu**le en chef un croissant d’or et deux hures de sanglier ».

L’écu de gauche, peu lisible, laisse deviner cinq étoiles et peut-être une croix de Saint-Jacques.

Pierre-Claude Rivot reprend, « en l’an 1545, il fit faire le retable du grand autel de l’église qui représente la Cène »2. Il décrit l’inscription au-dessus du haut-relief : « Vénérable et religieux et personne maitre pierre Raoul, prieur, et administrateur des Céans, natif de Blois, curé de la Chapelle vendômoise, a fait faire ce retable qui fut achevé au mois de septembre de l’an 1545 ». Il précise que cette pièce a servi ensuite de devant d’autel, en 1733 à l’Hôtel-Dieu. Enfin, le retable a été déplacée à la chapelle du Pressoir-Dieu en 1761. Avait-il encore les deux personnages mobiles qui indiquent que Pierre Raoul « est représenté à genoux au-devant de la table ainsi que Judas qui est aussi représenté dans la même posture ».

S’agit-il vraiment de Juda agenouillé avec le donateur ? C’est peu probable.

A quel moment ces deux pièces mobiles ont-elles disparu ?
- Marie-Christine Lacour (2026)

Icy gist honorable François Richard…Ainsi commence l’inscription qui court verticalement sur la dalle funéraire scellée ...
05/04/2026

Icy gist honorable François Richard…

Ainsi commence l’inscription qui court verticalement sur la dalle funéraire scellée sur la Maison des Arbalétriers, au Jardin Garnier de Provins, et dans laquelle ledit Richard est qualifié de « marchand boucher à la boucherie du Val de Provins ». Cette « boucherie », réunion d’étals formant une sorte de marché spécialisé dans la chair crue, se trouvait au XVIe siècle, époque où fut gravée cette tombe, à l’emplacement de ce qui fut ensuite le Café des Colonnes, puis notre actuel hôtel de ville. Sur la place en face de la halle s’élevait une fontaine, dont les eaux devaient servir au nettoyage des lieux commerciaux. Nul doute que ce François Richard, dont cette « lame » couvrit la dépouille, n’eût été un bourgeois fort à son aise, dont la pierre se blasonna même d’armoiries, à l’image d’un cerf, conformes à son « état ». Ce riche marchand était, au reste, paroissien de Sainte-Croix, dans ce quartier huppé qui refit somptueusement son église tout au long du XVIe siècle. Dans la chapelle du collatéral sud qui abrite à présent les deux statues déjà étudiées ici, la sainte Catherine et le saint Jean (vrai Jean et… fausse Barbe), une inscription encore visible dans le mur extérieur signale que Richard eut ici, autrefois, sa chapelle de famille. Il faut imaginer l’église de cette époque toute chargée intérieurement de sanctuaires privés. Aux XVIe et XVIIe siècles, l’histoire atteste des consécrations d’autels qui donnent l’idée d’une sorte d’église sépulcrale comparable, toutes proportions gardées, à ce que sont à Venise les Frari et San Zanipolo. Voici (orthographe modernisée) le texte de cette fondation de service religieux, par laquelle François Richard marque encore sa place dans ce qui fut l’église de sa sépulture : « François Richard a légué à la fabrique de céans dix livres tournois de rente perpétuelle à la charge de services solennels avec offertoire accoutumée (sic) par chacun an. Priez Dieu pour lui. 1574. » Notre collectif « Sainte-Croix Renaissance », qui s’est félicité de la mise à l’abri des deux statues du portail nord, souhaite maintenant que revienne dans l’église Sainte-Croix, d’où elle fut arrachée peut-être au moment où la révolution faisait de celle-ci une usine, cette dalle qui rejoindrait ainsi la plaque de fondation de messe. Ce transfert protégerait de l’érosion des intempéries une œuvre funéraire très fine, dont manque malheureusement, taillé pour les besoins d’on ne sait quel remploi, le tiers placé à droite. Œuvre mystérieuse, où l’on croit reconnaître, en effigie dédoublée, le même personnage priant représenté, à gauche, dans la partie intacte, avec ses yeux révulsés de mourant, à droite avec un regard vif : celui de la vie terrestre qu’il vient de dépouiller ou celui de la vie céleste dans laquelle il espère se réveiller au dernier jour ?

Pierre Bénard, jeudi saint 2026

Adresse

Eglise Sainte-Croix
Provins
77160

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