Sainte-Croix Renaissance

Sainte-Croix Renaissance "Sainte-Croix Renaissance" est un collectif pour la sauvegarde de l'église Sainte-Croix de Provins S.C.R.

« Sainte-Croix Renaissance » poursuit sous la forme d’un collectif associatif l’action entreprise en 1979, sous l’appellation de « Provins Ville d’Art », pour la sauvegarde et la réhabilitation de l’église Sainte-Croix de Provins. a organisé en 2017 le colloque et l’exposition consacrés à deux éléments du patrimoine de cette église, ses vitraux du XVIe siècle et ses lambris peints de la même époqu

e. Exposition accueillie ensuite dans les murs de la Cité du Vitrail de Troyes. Dans le même but de défense et illustration de Sainte-Croix de Provins, le collectif a proposé une exposition du 13 au 31 octobre à l'hôtel Savigny puis du 2 au 7 novembre 2021 à la médiathèque de Provins sur le bestiaire sculpté du double collatéral nord de l’église, étonnant décor fantastique datant des années 1520. Cette exposition se poursuivra en ligne sur notre site : eglise-sainte-croix-provins.fr

Icy gist honorable François Richard…Ainsi commence l’inscription qui court verticalement sur la dalle funéraire scellée ...
05/04/2026

Icy gist honorable François Richard…

Ainsi commence l’inscription qui court verticalement sur la dalle funéraire scellée sur la Maison des Arbalétriers, au Jardin Garnier de Provins, et dans laquelle ledit Richard est qualifié de « marchand boucher à la boucherie du Val de Provins ». Cette « boucherie », réunion d’étals formant une sorte de marché spécialisé dans la chair crue, se trouvait au XVIe siècle, époque où fut gravée cette tombe, à l’emplacement de ce qui fut ensuite le Café des Colonnes, puis notre actuel hôtel de ville. Sur la place en face de la halle s’élevait une fontaine, dont les eaux devaient servir au nettoyage des lieux commerciaux. Nul doute que ce François Richard, dont cette « lame » couvrit la dépouille, n’eût été un bourgeois fort à son aise, dont la pierre se blasonna même d’armoiries, à l’image d’un cerf, conformes à son « état ». Ce riche marchand était, au reste, paroissien de Sainte-Croix, dans ce quartier huppé qui refit somptueusement son église tout au long du XVIe siècle. Dans la chapelle du collatéral sud qui abrite à présent les deux statues déjà étudiées ici, la sainte Catherine et le saint Jean (vrai Jean et… fausse Barbe), une inscription encore visible dans le mur extérieur signale que Richard eut ici, autrefois, sa chapelle de famille. Il faut imaginer l’église de cette époque toute chargée intérieurement de sanctuaires privés. Aux XVIe et XVIIe siècles, l’histoire atteste des consécrations d’autels qui donnent l’idée d’une sorte d’église sépulcrale comparable, toutes proportions gardées, à ce que sont à Venise les Frari et San Zanipolo. Voici (orthographe modernisée) le texte de cette fondation de service religieux, par laquelle François Richard marque encore sa place dans ce qui fut l’église de sa sépulture : « François Richard a légué à la fabrique de céans dix livres tournois de rente perpétuelle à la charge de services solennels avec offertoire accoutumée (sic) par chacun an. Priez Dieu pour lui. 1574. » Notre collectif « Sainte-Croix Renaissance », qui s’est félicité de la mise à l’abri des deux statues du portail nord, souhaite maintenant que revienne dans l’église Sainte-Croix, d’où elle fut arrachée peut-être au moment où la révolution faisait de celle-ci une usine, cette dalle qui rejoindrait ainsi la plaque de fondation de messe. Ce transfert protégerait de l’érosion des intempéries une œuvre funéraire très fine, dont manque malheureusement, taillé pour les besoins d’on ne sait quel remploi, le tiers placé à droite. Œuvre mystérieuse, où l’on croit reconnaître, en effigie dédoublée, le même personnage priant représenté, à gauche, dans la partie intacte, avec ses yeux révulsés de mourant, à droite avec un regard vif : celui de la vie terrestre qu’il vient de dépouiller ou celui de la vie céleste dans laquelle il espère se réveiller au dernier jour ?

Pierre Bénard, jeudi saint 2026

Sainte-Croix sous le parapluie…tubulaireOn finit d’assembler, ce lundi 23 février, les pièces du « parapluie » destiné à...
26/02/2026

Sainte-Croix sous le parapluie…tubulaire

On finit d’assembler, ce lundi 23 février, les pièces du « parapluie » destiné à protéger, pendant la nouvelle phase de travaux qui commence, le chœur de l’église Sainte-Croix. C’est une quatrième superstructure sur cette partie de l’édifice, si l’on compte en outre la charpente portant une toiture d’ardoises, les berceaux en lambris peints de la Renaissance et, en place tout récemment encore, la voûte factice de plâtre de la fin du XIXe siècle qui masqua pendant plus de 130 ans lesdits lambris. On ne peut que se réjouir de voir ainsi la restauration de Sainte-Croix aller son train, sans interruption après les tranches récentes, et atteindre déjà le chœur (et le cœur) de l’église

Et lux facta est !Il a déjà été question sur ce site des deux statues du XVIe siècle, naguère surmontant le petit portai...
12/02/2026

Et lux facta est !

Il a déjà été question sur ce site des deux statues du XVIe siècle, naguère surmontant le petit portail nord de l’église Sainte-Croix, maintenant placées sur un autel de l’aile sud de la nef, où il est possible de les étudier.
Celle de gauche, de toute évidence, est une représentation de sainte Catherine d’Alexandrie, parfaitement reconnaissable, entre autres indices, à la roue demi-rompue qui est son attribut caractéristique.
La sculpture de droite était problématique. Immédiatement reconnue par M. Luc Duchamp, conservateur en chef du patrimoine, comme un saint Jean l’évangéliste, elle fut identifiée par d’autres, dont je fus, comme une sainte Barbe, privée de sa tour mais porteuse de la palme du martyre et du ciboire souvent présent dans l’iconographie de la sainte d’Héliopolis. Explication d’autant plus tentante que les images des saintes Catherine et Barbe sont fréquemment associées.
Examiné de près, le ciboire en question est en réalité une coupe dans laquelle barbote un reptile monstrueux en partie martelé. Or la légende de Jean l’apôtre comporte l’histoire d’une épreuve miraculeusement surmontée par celui-ci : condamné à boire du poison dans une coupe où l’on a fait tremper un animal venimeux, il ne ressent aucun effet du terrible breuvage.
D’autre part, la palme du martyre, étonnante dans la main de l’apôtre, n’exclut pas cependant l’interprétation johannique de la statue de Sainte-Croix. Certaines traditions présentent en effet comme un martyr le « disciple que Jésus aimait ». Et l’iconographie sacrée n’a pas ignoré cette légende, ainsi qu’en témoigne, communiqué par M. Duchamp, le Saint Jean l’évangéliste du peintre valencien Cristobal Llorens (début XVIIe), auquel nous ajouterons, pour aller dans le même sens, l’œuvre faisant partie de la Prédelle de la Visitation exposée au musée de la cathédrale de Segorbe (région de Valence).
La cause est donc entendue. C’est un Jean l’évangéliste qui fait pendant à sainte Catherine dans la chapelle de Sainte-Croix. Les traits fins du visage, légèrement féminins, pouvant être reliés à la tradition qui montre l’apôtre sous l’aspect d’un tout jeune homme.
Pierre Bénard

Pas de pause pour Sainte-CroixChacun a pu l’observer. Après la restauration de la nef et des bas-côtés, désormais access...
23/01/2026

Pas de pause pour Sainte-Croix

Chacun a pu l’observer. Après la restauration de la nef et des bas-côtés, désormais accessibles, les travaux reprennent à Sainte-Croix qu’assiègent de nouveaux échafaudages. On entreprend à présent la remise en état du transept, du clocher et du chœur, en deux tranches qui occuperont les années 2026 et 2027. Ne restera plus alors au programme que le double déambulatoire, avec la chapelle d’axe. La restauration du chœur comprendra celle des parties hautes, incluant les lambris peints, l’un des objets de notre exposition de 2017. Pour retrouver en place les verrières Renaissance, autre thème de cette exposition, il conviendra d’attendre l’extrême fin des travaux.

🎼Cantates dans Sainte-CroixIl y a quarante ans, notre groupe, sous l’appellation « Provins Ville d’Art » et qui comptait...
17/12/2025

🎼Cantates dans Sainte-Croix

Il y a quarante ans, notre groupe, sous l’appellation « Provins Ville d’Art » et qui comptait le pianiste virtuose György Cziffra dans son comité d’honneur, indiquait comme destin pour l’église Sainte-Croix le maintien de son affectation religieuse associé à une utilisation partielle comme auditorium. Nous prenions comme exemple le sort de la collégiale Saint-Frambourg de Senlis, sauvée de la ruine par Cziffra, devenue l’Auditorium Franz-Liszt dans le cadre de la fondation constituée en 1975.

Le samedi 13 décembre dernier, à l’initiative de l’association « Les orgues de Provins », dont l’objet inclut la sauvegarde de l’orgue de Sainte-Croix, les voûtes du double collatéral nord, brillamment illuminées, s’éveillaient au son de trois cantates de Bach interprétées par la mezzo-soprano Adélaïde Mansart, Pierre Farago à l’orgue et un orchestre d’étudiants en fin de cursus du Pôle supérieur d’enseignement artistique Paris-Billancourt, direction Raphaël Rochet.

Date importante ! Ce beau moment musical, qui donna l’occasion à un public nombreux de constater la qualité acoustique des travées XVIe siècle de l’aile nord de Sainte-Croix, inaugurait la fonction d’auditorium maintenant attachée à l’église restaurée.

« Sainte-Croix Renaissance » soutiendra toute démarche entreprise pour la restauration du grand orgue de Sainte-Croix, instrument digne d’intérêt du facteur Joseph Merklin (1898), dont on rêve d’entendre de nouveau les voix suscitées par son triple clavier.

Un deuxième rendez-vous musical est donné à Sainte-Croix pour le samedi 20 décembre, avec un concert de Noël offert par le Chœur du Montois et du Provinois.

L’église endormie depuis si longtemps, où de nouveau est exposée une crèche de Noël, semble rouvrir les yeux en musique.

Les travaux reprennent à Sainte-Croix - 1er décembreAprès la réouverture de la nef et de ses bas-côtés, l’église Sainte-...
02/12/2025

Les travaux reprennent à Sainte-Croix - 1er décembre

Après la réouverture de la nef et de ses bas-côtés, l’église Sainte-Croix se charge de nouveau d’échafaudages pour la suite du programme. On voit, sur cette photo communiquée par la Ville, les poutrelles et les plateformes s’élever dans l’espace correspondant à la première travée à l’ouest de l’ancienne chapelle Saint-Michel, laquelle s’ouvre, juste après le transept, à l’entrée de la galerie sud du déambulatoire. Transept, clocher, chœur et déambulatoire vont connaître à leur tour des travaux qui mèneront à une réouverture complète de l’édifice. Le chantier de restauration atteint maintenant les parties de l’église auxquelles appartiennent les lambris peints et les quatre verrières Renaissance objet de notre exposition de 2017. La clôture des travaux fera découvrir, au-dessus du chœur, les premiers, enfin libérés des ténèbres par la suppression de la voûte factice qui les dissimulait, et permettra de revoir enfin, dans leur splendeur retrouvée, aux baies du déambulatoire, les précieuses verrières du XVIe démontées et stockées depuis un demi-siècle.
- Pierre Bénard

Sainte Catherine et sainte Barbe sous les voûtes de Sainte-CroixJusqu’aux récents travaux, deux statues posaient sur des...
28/11/2025

Sainte Catherine et sainte Barbe sous les voûtes de Sainte-Croix

Jusqu’aux récents travaux, deux statues posaient sur des socles en encorbellement, sous deux coquilles en saillie, juste au-dessus du larmier traversant l’arc fleuronné qui domine le petit portail septentrional de Sainte-Croix. La roue de l’une des deux désignait assez clairement sainte Catherine. De l’autre, on ne savait que penser.

On se doutait bien que ces statues n’étaient pas à leur place. Les coquilles formant dais étaient beaucoup trop haut. Du reste, le dessin de Renoux dans le volume Du Sommerard (1822) montrait la place vide. Certes, l’exactitude n’est pas la qualité première d’une lithographie qui accroît fortement les proportions de l’ouvrage, installe deux dragons jumeaux sur les rampants de l’arc et même loge dans le gâble, au lieu des trois monstres mystérieux sur la nature desquels l’encre n’a pas fini de couler, un drôle de petit bonhomme assis en tailleur ! Mais Renoux ne serait pas allé jusqu’à représenter un mur nu là où il y aurait eu quelque chose. Dans la lithographie correspondante du volume des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France du baron Taylor (1854), on observe, du reste, la même absence. Ces statues, à une époque postérieure à 1854, avaient donc été installées pour meubler un peu un ensemble sauvagement dépouillé par la révolution. On les considérait avec perplexité et compassion, mal protégées du vent et de la pluie sur leur perchoir de fortune.

Les travaux sont venus et, enfin, le secours. Restaurées, nettoyées, les deux œuvres se sont révélées comme deux créations du XVIe siècle, contemporaines par conséquent de la partie du monument où elles étaient recueillies. Avec la palme du martyre, le livre et le fragment de roue, sainte Catherine est indiscutable. Elle est toute grâce sérieuse et douce majesté. L’autre sainte, dont l’identité, vue d’en bas, restait mystérieuse, arbore aussi la palme, et, de l’autre main, un ciboire… attributs qui permettent de conclure à une sainte Barbe, la sainte d’Héliopolis se trouvant très fréquemment associée à Catherine d’Alexandrie. Au-dessus du ciboire, assez endommagée, on peut conjecturer l’hostie qui fait partie de la représentation canonique. Qu’on se reporte à ce sujet à l’Iconographie de l’art chrétien de Louis Réau. Catherine et Barbe, soustraites aux intempéries, peuvent être admirées désormais sur un autel, dans la chapelle du bas-côté méridional contiguë au transept.

Reste l’énigme de l’origine de ces deux effigies. On ne saurait exclure a priori qu’elles proviennent… de Sainte-Croix.

Pierre Bénard

𝐎𝐧 𝐚 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́ 𝐥𝐚 « 𝐠𝐥𝐨𝐢𝐫𝐞 » 𝐝𝐮 𝐦𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞-𝐚𝐮𝐭𝐞𝐥 𝐝𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞-𝐂𝐫𝐨𝐢𝐱Dans la dixième acception du mot « gloire » chez Littré, on...
26/10/2025

𝐎𝐧 𝐚 𝐫𝐞𝐭𝐫𝐨𝐮𝐯𝐞́ 𝐥𝐚 « 𝐠𝐥𝐨𝐢𝐫𝐞 » 𝐝𝐮 𝐦𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞-𝐚𝐮𝐭𝐞𝐥 𝐝𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭𝐞-𝐂𝐫𝐨𝐢𝐱

Dans la dixième acception du mot « gloire » chez Littré, on trouve le sens de « représentation du ciel ouvert avec les anges, les personnages divins, etc. » Exemple pris dans Diderot, Salon de 1767 : « Il a le visage tranquille et tourné vers une gloire qui éclaire le côté supérieur gauche de la toile. »

Dans Les rues de Provins, notre historien local Emile Lefèvre, dans les pages qu’il consacre, au milieu du XIXe siècle, à l’église Sainte-Croix, parle d’ « une gloire en bois, doré par devant et brut par derrière », placée au-dessus du maître-autel « depuis quelques années ». Fâcheuse adjonction, selon lui, qui « masque la perspective et donne à l’autel de la Vierge un vis-à-vis par trop sans façon »…

Les récents travaux, qui ont abouti à la réouverture de la nef et des collatéraux, ont rendu au jour cette « gloire », longtemps exilée dans les parties hautes de l’église, dans l’ombre, dans l’oubli et les toiles d’araignée. L’avis d’Emile Lefèvre avait dû prévaloir. On avait remisé, sans trop de façons non plus, cette « gloire » dans les greniers, où elle pourrit longtemps.

En voici quelques vues. Comment dater ce meuble ? J’inclinerais à y voir une épave sauvée des dévastations révolutionnaires, récupérée et posée là au temps de la Restauration. Mais il faudra beaucoup de travail pour rendre à cette gloire, si l’on s’en avise, cette splendeur douteuse qui offusquait le bon Lefèvre.

Pierre Bénard

𝕵𝖔𝖚𝖗𝖓𝖊́𝖊𝖘 𝕰𝖚𝖗𝖔𝖕𝖊́𝖊𝖓𝖓𝖊𝖘 𝖉𝖚 𝕻𝖆𝖙𝖗𝖎𝖒𝖔𝖎𝖓𝖊Pierre Bénard guidera à l'occasion des Journées du Patrimoine des 20 et 21 du mois, ...
19/09/2025

𝕵𝖔𝖚𝖗𝖓𝖊́𝖊𝖘 𝕰𝖚𝖗𝖔𝖕𝖊́𝖊𝖓𝖓𝖊𝖘 𝖉𝖚 𝕻𝖆𝖙𝖗𝖎𝖒𝖔𝖎𝖓𝖊
Pierre Bénard guidera à l'occasion des Journées du Patrimoine des 20 et 21 du mois, deux visites de Sainte-Croix de Provins restaurée et rouverte, les samedi et dimanche à 15 heures.

08/09/2025

Relisons, en voyant Sainte-Croix naître une fois de plus sous la main de Jean-Pierre Djivanidès, le magnifique Eloge de la main d’Henri Focillon, récemment réédité chez Payot. Le texte de Focillon, paru en 1939, est d’ailleurs de la même année que l’ouvrage de Madame de Maillé sur les monuments religieux de Provins.

Adresse

Eglise Sainte-Croix
Provins
77160

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