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09/06/2026
01/06/2026

LES DISPARUS D'ALGÉRIE : LE SILENCE DEVANT LE MUR

“Seules les victimes auraient éventuellement le droit de pardonner. Si elles sont mortes, ou disparues de quelque façon, il n'y a pas de pardon possible” (Jacques Derrida)

Le 8 mai 2026, Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, se rendait à Sétif pour participer aux commémorations organisées par les autorités algériennes autour des événements du 8 mai 1945. Lors de cette visite officielle, l’accent fut mis sur la répression exercée par l’armée française. En revanche, aucune évocation ne fut faite des victimes européennes tombées dans les violences qui précédèrent ces événements, ni de la souffrance des familles frappées par cette tragédie. Pas un mot pour cette autre mémoire, pourtant elle aussi inscrite dans l'histoire tragique de l'Algérie française.
Dès lors, une question demeure : pourquoi certaines mémoires bénéficient-elles de la reconnaissance officielle de la Nation quand d’autres semblent encore condamnées à l’ombre et à l’oubli ?
Trois semaines plus t**d, le 29 mai, la ministre était présente dans les Pyrénées-Orientales pour inaugurer notamment le musée du Mémorial de Rivesaltes. À cette occasion, Louis Aliot, maire de Perpignan, et Suzy Simon-Nicaise, présidente du Cercle algérianiste, exprimèrent le souhait qu’elle profite également de son déplacement pour se recueillir devant le Mur des Disparus, érigé à Perpignan en mémoire des milliers de civils disparus en Algérie dont les familles n’ont jamais retrouvé la trace.
Ce geste n'aurait rien eu d'un acte politique. Il aurait simplement constitué un hommage de compassion et de respect envers des victimes qui n’ont jamais retrouvé ni sépulture ni justice, et envers des familles condamnées depuis plus de soixante ans à vivre dans l'attente, l'incertitude et l'absence.
Car les morts ont leurs tombes… Les disparus, eux, n'ont que les larmes de ceux qui les cherchent encore.
Ce vœu ne fut cependant pas exaucé. Une fois encore, le Mur des Disparus demeura seul face au silence.
Et pourtant, derrière chacune des pierres qui le composent, derrière chacun des noms qui y sont gravés, il y a un visage, une famille, une vie brisée. Il y a surtout une tragédie humaine dont l'Histoire n'a jamais totalement rendu compte et dont la mémoire semble encore embarrasser les consciences officielles.
C'est à ces oubliés de l'Histoire, à ces hommes, à ces femmes et à ces enfants disparus dans le chaos des derniers mois de l'Algérie française, à leurs familles qui attendent toujours des réponses, que cet article est consacré.

• LES DISPARUS D'ALGÉRIE : LES OUBLIÉS DE L’HISTOIRE

Il y a plus de soixante ans, l'une des plus grandes tragédies de l'histoire française contemporaine sombrait dans le silence.
Lorsque s'acheva la guerre d'Algérie, des milliers de familles basculèrent dans une nuit dont elles ne sont jamais réellement sorties. Des hommes, des femmes, parfois de très jeunes gens, furent enlevés, engloutis par le chaos des derniers mois de la présence française. Ils disparurent sans laisser de trace, emportant avec eux leurs visages, leurs voix et leurs destins.
Derrière eux ne restèrent que des parents hagards, des épouses sans réponses, des enfants condamnés à grandir dans l'attente.
Car il existe une souffrance plus déchirante encore que la mort : celle de ne jamais savoir… Ne jamais connaître la vérité… Ne jamais pouvoir se recueillir sur une tombe… Ne jamais pouvoir refermer le livre d'une existence.
Le drame des disparus d'Algérie est d'abord celui-là.
Au lendemain des accords d'Évian du 18 mars 1962, alors que la paix était officiellement proclamée, une autre tragédie commençait. Les enlèvements se multiplièrent. Dans les villes comme dans les campagnes, des Européens furent arrêtés, emmenés, parfois sous les yeux de leurs proches, puis engloutis dans un univers dont ils ne revinrent jamais.
À mesure que les semaines passaient, les familles s'adressaient aux autorités civiles, aux responsables militaires, aux élus, aux organisations humanitaires, au clergé... Elles écrivaient, suppliaient, imploraient. Elles voulaient savoir.
Où étaient-ils ?… Étaient-ils vivants ?… Pouvait-on encore les sauver ? À ces questions, elles ne recevaient que le silence… Un silence administratif… Un silence politique… Un silence qui allait durer des décennies.
Pourtant, de nombreux témoignages et diverses déclarations publiques allaient alimenter l'espoir que certains disparus étaient encore détenus plusieurs années après les événements. Des informations faisaient état de captifs maintenus dans des camps ou des lieux de détention isolés. Souvent prouvées, ces révélations eurent un effet terrible sur les familles : elles ravivaient sans cesse une espérance qu'aucune certitude ne venait confirmer ni démentir.
Ainsi commença pour des milliers de proches une interminable attente… Une attente qui dura des années… Puis des décennies. La guerre était terminée pour le monde. Elle ne l'était pas pour eux.
Que de cris ont dû déchirer les nuits algériennes !… Que d’appels au secours ont dû monter de ces camps oubliés, de ces prisons sans nom, de ces lieux d’effroi où des hommes, des femmes, des enfants, attendaient encore qu’une main se tende vers eux, qu’un drapeau se souvienne d’eux, qu’une patrie prononce enfin leur nom.
Combien de regards se sont tournés vers l’horizon, vers cette mer qui séparait leur supplice de la France ? Combien ont attendu jusqu’à leur dernier souffle l’arrivée d’un secours qui ne vint jamais ?
Pendant des années, un silence immense recouvrit leur détresse. Un silence plus cruel encore que les chaînes. Un silence plus lourd encore que les murs. Un silence capable d’effacer les visages, d’effacer les noms, d’effacer jusqu’au souvenir même de ceux qui avaient disparu.
Et pourtant, ils étaient là. Ils respiraient encore. Ils souffraient encore. Ils espéraient encore. Ils vivaient dans l’attente obstinée d’un miracle.
Dans l’obscurité de leurs cellules, derrière les barbelés, au fond de camps perdus dans l’immensité du désert, ils regardaient passer les saisons. Les années s’écoulaient lentement, interminablement. Les plus faibles tombaient. Les autres continuaient d’attendre...
Attendre une visite de la Croix Rouge… Attendre un signe… Attendre la France.
Et tandis que leurs familles vieillissaient dans l’angoisse, tandis que des mères consumaient leur existence à guetter un retour impossible, tandis que des épouses demeuraient suspendues entre l’espoir et le deuil, eux continuaient de lutter contre l’oubli.
Car la pire des morts n’est peut-être pas celle qui arrête le cœur. La pire est celle qui efface jusqu’à la mémoire. La pire est celle qui transforme un être aimé en absence. La pire est celle qui condamne une mère à ne jamais savoir où repose son enfant.
Que sont devenus ces disparus ?… Où ont-ils rendu leur dernier souffle ?… Qui a fermé leurs yeux ?… Qui a entendu leurs dernières paroles ?… Qui a recueilli leur ultime pensée pour ceux qu’ils aimaient ?
Autant de questions demeurées sans réponse. Autant de blessures que le temps n’a jamais refermées. Car il existe des douleurs qui survivent aux générations. Des douleurs qui traversent les décennies comme un feu souterrain. Des douleurs qui ne demandent ni vengeance ni haine, mais seulement la vérité… Seulement la justice de la mémoire… Seulement le droit de savoir.
Aujourd’hui encore, leurs familles portent ce fardeau. Aujourd’hui encore, des noms gravés sur la pierre attendent que l’Histoire leur rende ce que l’oubli leur a volé. Aujourd’hui encore, des enfants devenus vieux continuent de chercher un père qui n’est jamais revenu. Et lorsque le soir descend sur le Mur des Disparus, lorsque les visiteurs s’éloignent et que le silence reprend possession des lieux, il semble parfois que ces noms murmurent encore.
Ils ne réclament ni gloire ni honneurs… Ils demandent simplement qu’on se souvienne… Qu’on se souvienne qu’ils ont vécu… Qu’ils ont aimé… Qu’ils ont espéré… Qu’ils ont attendu… Et qu’ils ont disparu.
Alors, tant qu’un seul de leurs noms sera prononcé, tant qu’une seule fleur sera déposée devant leur mémoire, tant qu’un seul cœur continuera de battre au souvenir de leur destin, ils ne seront pas tout à fait morts. Car l’oubli est la seconde tombe. Et la mémoire est la dernière patrie des disparus.
C’est là qu’ils demeurent désormais. Dans les larmes de leurs enfants. Dans la fidélité de leurs proches. Dans le recueillement de ceux qui refusent d’effacer leur histoire.
Et peut-être aussi, dans cette part secrète de l’âme humaine où vivent éternellement ceux que l’on a perdus, mais que l’on n’a jamais cessé d’aimer.
José CASTANO

29/05/2026

Perpignan le 28 mai 2026
La présidente à Madame la Ministre,
LETTRE OUVERTE À MADAME ALICE RUFO Ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants
Le 8 mai dernier, à Sétif, vous avez choisi de défiler aux côtés des autorités algériennes au sein d’une manifestation où les slogans accusatoires contre la France tenaient lieu de discours officiel. Ce jour-là, pas un mot de votre part pour les victimes françaises massacrées en mai 1945. Pas un mot pour les Européens assassinés parce qu’ils étaient français. Pas un mot pour les musulmans restés fidèles à la France. Pas un mot non plus pour les Français d’Algérie — Européens et Harkis — enlevés, torturés, disparus ou massacrés par le FLN pendant et après la guerre d’Algérie. Cette absence de vérité et cet effacement sélectif des victimes ont profondément blessé tous ceux qui refusent une mémoire amputée de l’Histoire française. Demain 29 mai 2026, vous serez officiellement présente à Perpignan. Je vous invite alors à accomplir un geste de lucidité, de justice et de dignité nationale : venir vous recueillir devant le Mur des Disparus érigé par le Cercle algérianiste dans le jardin du Centre de Documentation des Français d’Algérie. Sur ce mémorial figurent plus de 2 400 noms de disparus de toutes origines et de toutes confessions : hommes, femmes, enfants et vieillards. Plus de 2 000 d’entre eux furent enlevés puis assassinés par le FLN après le 19 mars 1962, date pourtant présentée comme celle du cessez-le-feu. Plus de 600 disparurent notamment lors des massacres du 5 juillet 1962 à Oran. Ces victimes françaises n’ont jamais bénéficié de la compassion médiatique, diplomatique ou politique accordée à d’autres mémoires. Leurs familles attendent encore vérité, reconnaissance et justice. Madame la Ministre, il n’est pas possible de parler d’apaisement mémoriel tout en ignorant systématiquement une partie des morts de cette tragédie algérienne. Il n’est pas acceptable que des représentants de la République française s’inclinent devant une mémoire officielle algérienne criminalisant exclusivement la France, sans jamais rappeler les crimes commis contre les Français d’Algérie — Européens et Harkis — . En venant au Mur des Disparus, vous pourriez reconnaître que toutes les victimes méritent respect, considération et mémoire. Ce serait un acte de courage politique. Ce serait surtout un acte de vérité.
Suzy Simon-Nicaise Présidente nationale du Cercle algérianiste CERCLE ALGÉRIANISTE NATIONAL, FÉDÉRATION DES CERCLES ALGÉRIANISTES • 1 RUE GÉNÉRAL DERROJA • 66000 PERPIGNAN [email protected] • 04 68 53 94 23 • www.cerclealgerianist

« Si j’avais le pouvoir d’oublier, j’oublierais. Toute mémoire est chargée de chagrins et de troubles » (Ch. Dickens)   ...
28/05/2026

« Si j’avais le pouvoir d’oublier, j’oublierais. Toute mémoire est chargée de chagrins et de troubles » (Ch. Dickens)

ENFANTS BRISÉS
(Une tragédie au cœur des derniers jours de l’Algérie française)

« Des mots qui pleurent et des larmes qui parlent » (Abraham Cowley)

Qu’elle était trompeuse, presque insolente de pureté, l’aurore de ce dernier dimanche de mai 1962 à Oran… Le ciel, d’un blanc irréel, semblait tendu comme un linceul de gaze sur une ville déjà condamnée. Une poussière d’or flottait dans l’air, fine et silencieuse, comme si la lumière elle-même hésitait à se poser sur tant de misère. Telle une plume blanche, un nuage solitaire se courbait au dessus de la ville, cette ville, hier si gaie, si propre, si belle qui, aujourd’hui, avait le visage gris des malades incurables, des cancéreux à quelques jours de leur mort.
Avec le mois de Mai étaient revenus les cortèges immaculés des premiers communiants, et dans cette époque de violence et de haine, il n’y avait rien de plus émouvant que ces enfants graves et recueillis, rayonnants de foi et vêtus de la blancheur des lys.
Parmi eux, se trouvait Frédérique Dubiton, amputée d’une jambe et qu’on portait dans le cortège des communiantes. Elle avait été l’une des premières victimes du « boucher d’Oran », le général Katz, commandant le secteur autonome d’Oran qui avait donné la consigne à ses troupes essentiellement constituées de « gens sûrs » — en l’occurrence de gendarmes mobiles — « de tirer à vue sur tout Européen qui aurait l’audace de paraître sur une terrasse ou un balcon lors d’un bouclage ». (1)
Que dire de ceux qui ont permis cela ? Que dire de ces mains qui ont armé, de ces voix qui ont commandé, de ces regards qui ont détourné les yeux ? Il faut les nommer pour ce qu’ils sont : non pas des hommes, mais les artisans d’une cruauté sans visage, des exécutants dociles d’une violence qui dévore tout, jusqu’à l’enfance elle-même. Tirer sur des balcons, cribler des murs, faucher des vies sans défense… quelle lâcheté plus abyssale ? Quelle déchéance plus totale ?
Les premières victimes du « boucher d’Oran » furent deux adolescentes de 14 et 16 ans : Mlles Dominiguetti et Monique Echtiron qui étendaient du linge sur leur balcon. Elles furent tuées par les gendarmes. Les projectiles d’une mitrailleuse lourde de 12/7 traversèrent la façade et fauchèrent dans leur appartement, Mme Amoignan née Dubiton, dont le père était déjà tombé sous les b***es d’un terroriste du FLN, ainsi que sa petite fille, Sophie, âgée de deux ans et demi et sa sœur, Frédérique, âgée de treize ans qui, atteinte à la jambe, eut le nerf sciatique arraché et dut être amputée…
Une mère atteinte. Une enfant de deux ans et demi arrachée au monde avant même d’en comprendre la douleur. Et Frédérique, treize ans… treize ans !… frappée, mutilée, condamnée à porter dans sa chair la signature infâme de cette cruauté.
La violence des hommes s’était abattue sur ces corps d’enfant. Déjà, l’inhumanité avait laissé sa marque indélébile. Une jambe arrachée à la vie, à la course, à l’insouciance, amputée, comme on retranche sans remords ce qui gêne. Elle, petite fille, avait été livrée à la mécanique froide des ordres aveugles et des consciences mortes.
Et cette question, lancinante, insoutenable : Comment ceux qui ont fait cela peuvent-ils encore se dire hommes ?
Et malgré tout — malgré l’indicible — on voulut lui laisser sa robe blanche car, la lui refuser cela aurait été ajouter une cruauté de plus à l’horreur. Elle n’aurait pas compris, elle, petite victime innocente, quelle nouvelle punition on lui imposait après tant de souffrances imméritées.
Alors, toute parée, superbe dans ces blancheurs d’étoffe qui l’entouraient comme d’un rayonnement de candeur, Frédérique, se sentait enveloppée d’amour, réchauffée par les sourires lumineux des badauds qui lui témoignaient leur tendresse et l’astre radieux, semblait une pluie d’or qui ruisselait de ses mains fines.
Mais l’innocence elle-même était cernée…
Des hommes armés encadraient ces enfants parce que leur quartier était bouclé par suite d’une perquisition générale. On n’avait pas le droit d’en sortir, sinon avec ces charmants messieurs. Des regards soupçonneux posés sur des visages encore vierges de toute faute. Quelle image plus monstrueuse ? Quelle absurdité plus révoltante ? Ces petites filles parées de blanc, se rendant vers l’aumônerie du lycée, ridiculisaient par leur innocence la faconde de ces matamores qui les accompagnaient d’un air soupçonneux. Pensez donc, si elles allaient emporter sous leurs voiles les tracts et les armes de l’OAS ! Et pendant que ces enfants avançaient, dociles, silencieux, c’est toute une humanité qui reculait.
On massa les communiants, place de la Bastille, avec les mitrailleuses braquées sur eux. Et le chanoine, sur le devant de son église, les bénits en disant :
« Aujourd’hui, pour venir ici vous avez dû franchir les armées ; vous avez franchi les armées de Satan ! Ne l’oubliez jamais ! Que cela vous reste comme le symbole, l’exemple de ce que vous devrez toujours être prêts à faire : franchir les armées du démon pour venir à la maison de Dieu. »
Après cette déclaration, le chanoine fut arrêté…
Comme on a raison de cacher aux enfants la vue des laideurs humaines. Le triomphe de la force, la victoire de l’injustice, sont des secousses trop violentes pour eux. Ils doivent croire longtemps que Dieu intervient en faveur des belles causes, que le Mal ne peut prévaloir contre l’amour et le sacrifice. Quand l’âme a pris ce pli de foi dans l’enfance, rien après ne l’efface plus. Ces petits êtres vêtus de blanc, ont été dépouillés trop jeunes de leur tunique d’illusions. Ils ont vu que leurs prières d’enfants purs ne touchaient pas le ciel, que la tendresse de leurs parents ne pouvait pas les protéger contre les abus de la force, qu’une b***e bien dirigée ou qu’un couteau trop vif valait plus que cent cœurs vaillants… et de ce jour, ils sont restés tristes de cette certitude.
Ah… lorsque viendra pour nous le sommeil sans rêve, puisse-t-il au moins nous épargner le souvenir de ces jours où l’humanité, en pleine lumière, a choisi de se renier elle-même.
José CASTANO

Jean-Louis MartinezeSrsdotonpca8ig0g3a73761 g7ms9rc65tcf68cmig051tg068u2122g2ua  · LA TUERIE GAULLISTE DU LUNDI 26 mars ...
28/05/2026

Jean-Louis Martinez
eSrsdotonpca8ig0g3a73761 g7ms9rc65tcf68cmig051tg068u2122g2ua ·
LA TUERIE GAULLISTE DU LUNDI 26 mars 1962,

Ce funeste Lundi .26 MARS 1962 à ALGER, rue d'Isly, devant la Grande Poste, c’est le carnage gaulliste impardonnable :

Christian Fouchet, représentant Charles de gaulle à Alger depuis le cessez-le-feu du 19 mars 1962, ordonne d'ouvrir le feu sur ses propres compatriotes, venus sans arme et en famille pour demander la levée du bouclage inhumain du quartier Pieds-Noirs de Bab-el-Oued

(bilan : 80 morts et 200 blessés dont plusieurs succomberont par la suite).

L'huile sur toile (1m21 sur 0,80m) que j'ai peinte il y a quelques années, fige les lieux du drame à 15H02, soit 12 petites minutes après l’ouverture du feu par les Tirailleurs musulmans du 4ème RTA sur une foule d’Algérois désarmée, drapeau tricolore en tête et chantant la Marseillaise et les Africains (voir l’horloge en haut et à gauche du tableau) ;

Le personnage en treillis à gauche du tableau, représente le servant du fusil mitrailleur du 4ème RTA qui s’est appliqué à arroser longuement les manifestants. Il s’agit d’Amrati Mohamed (ancien Bellouniste rallié) dont j’ai récupéré la photo du buste sur internet ;

Au sol et autour de ce monstre, la multitude de douilles percutées du fusil mitrailleur AA 52 ;

Le personnage à droite du tableau représente un jeune Pied-Noir algérois déployant une seule couleur du drapeau BBR : le rouge du sang des victimes étendues sur l’asphalte ;

Au centre du tableau, je me suis appesanti sur la Grande Poste pour rappeler aux ignorants, nombreux de l’autre côté de la Méditerranée, que ce bijou, marqué par le sang des Pieds-Noirs, a été édifié entre 1911 et 1913 par les architectes Français VOINOT et TOURDOIRE et que son style néo-mauresque a été voulu dans un souci de rapprocher les communautés.

C’est à ses pieds que le lundi 26 mars 1962, le pouvoir gaulliste donna aux Français d’Algérie, le funeste signal sanglant du départ avec la valise ou de rester sur sa terre natale dans le cercueil.

Merci à la M-A-F-A ,de temps en temps remettre l'église au centre du village fait un bien fou!!!
22/05/2026

Merci à la M-A-F-A ,de temps en temps remettre l'église au centre du village fait un bien fou!!!

12/05/2026

CERCLE ALGÉRIANISTE
NATIONAL
SÉTIF, COMMÉMORATION DU 8 MAI 1945 :
EMMANUEL MACRON PIÉTINE LES MORTS FRANÇAIS ET SE SOUMET AU MENSONGE D’ÉTAT ALGÉRIEN
En envoyant Madame Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées et aux Anciens combattants, participer aux cérémonies de Sétif, Emmanuel
Macron a une nouvelle fois choisi d’avaliser le récit mémoriel imposé par le régime algérien.
Par cette présence officielle, la France cautionne implicitement le chiffre devenu dogme de « 45 000 morts algériens » lors des événements de
mai 1945, alors même qu’aucun travail historique sérieux ne l’a jamais confirmé.
Une fois encore, le pouvoir français s’aligne sur une version unilatérale de l’Histoire fondée sur l’exagération, la victimisation sélective et
l’effacement volontaire des victimes françaises.
Car ce que le régime algérien refuse de rappeler — et que le président Macron choisit lui aussi de taire — ce sont les massacres commis à Sétif,
Guelma et dans les campagnes environnantes contre des civils européens et des musulmans restés fidèles à la France.
Le 8 mai 1945, alors que la France célébrait la victoire contre le nazisme, des groupes nationalistes transformèrent les manifestations en
émeutes insurrectionnelles d’une extrême violence. Hommes, femmes et enfants furent assassinés dans des conditions atroces. Au total, 108
civils européens furent massacrés parce qu’ils étaient français ou considérés comme tels.
Depuis quatre-vingts ans, la propagande indépendantiste puis étatique algérienne s’emploie à faire disparaître ces victimes de l’Histoire afin de
ne retenir qu’un récit exclusivement accusatoire contre la France.
Personne ne conteste ensuite la dureté de la répression menée par l’armée française. Mais les travaux historiques les plus sérieux situent
aujourd’hui le nombre de victimes algériennes entre 4 000 et 8 000 morts, très loin des chiffres extravagants et des accusations de « génocide
» désormais propagés par le régime algérien et relayés en France par certains partis politiques, notamment LFI et les Verts, toujours prompts à
reprendre sans nuance la rhétorique victimaire et accusatoire d’Alger contre notre pays.
Cette inflation mémorielle vise à entretenir une culpabilisation permanente de la France afin de masquer les échecs politiques et démocratiques
de l’Algérie indépendante et d’empêcher toute lecture équilibrée de l’Histoire.
Les médias oublient également de rappeler qu’en 1945 le Parti communiste français, alors membre du gouvernement du général de Gaulle,
soutint activement la répression et réclama lui-même de « passer par les armes les instigateurs de la révolte ».
Mais derrière cette repentance permanente se cache aussi une volonté plus large : faire oublier les crimes du FLN.
Faire oublier les attentats visant des civils.
Faire oublier les enlèvements et disparitions d’Européens en 1962.
Faire oublier les massacres de populations restées françaises.
Faire oublier surtout l’abandon puis l’extermination des Harkis.
Sur ces drames-là, aucun représentant français n’exige de l’Algérie la reconnaissance de ses propres crimes.
Pire encore, Madame Alice Rufo a préféré défiler aux côtés des autorités algériennes au sein d’une manifestation nourrie de slogans violemment
accusatoires contre la France, sans jamais avoir un mot pour les victimes françaises de Sétif ni pour les Français d’Algérie et les Harkis massacrés
pendant et après la guerre d’Algérie.
Cette posture constitue une humiliation supplémentaire infligée aux mémoires françaises d’Algérie et, au-delà, à la mémoire nationale ellemême.
À force de repentance et de concessions symboliques, Emmanuel Macron légitime une vision falsifiée de l’Histoire où certaines victimes
auraient droit à la compassion officielle tandis que d’autres seraient condamnées à l’effacement.
En persistant dans cette politique de repentance unilatérale, le chef de l’État tourne le dos à une partie de l’histoire française et abandonne
moralement les Français d’Algérie ainsi que les Harkis.
Cette politique d’abaissement mémoriel constitue une faute historique et politique majeure.
Le Cercle algérianiste refuse que les morts européens et harkis soient rayés de la mémoire collective pendant que la République française se
couche devant les exigences d’un régime autoritaire qui entretient depuis plus de soixante ans la haine de la France afin de préserver sa propre
légitimité intérieure.
Nous n’accepterons jamais cette mémoire amputée, cette repentance à sens unique et cette humiliation permanente infligée à ceux dont le seul
tort fut d’être français.
Suzy Simon-Nicaise
Présidente du Cercle algérianiste

30/04/2026

TEMOIGNAGE
Par Jacques Mazart
ACEP-ENSEMBLE N°277 avril 2011

Après "L'Algérie du temps des Français, c'était le paradis" cri du cœur d'Aït Ahmed à Christine Clerc, j’ai lu avec une certaine délectation en tant que pied-noir, l'interview de Boualem Sansal dans le Figaro du 9 septembre 1999. Quelle réponse à tous nos détracteurs ! Certes, c'est d'une très courageuse honnêteté, mais c'est trop t**d ! Le destin et le sort de l'Algérie actuelle et de ses habitants me sont totalement indifférents.

Et pourtant, en 1962, révolté par la haine gaullo-coco-socialiste, j'ai essayé de rester ! J’aimais viscéralement l’Algérie ; les musulmans avaient été mes camarades d’école, de jeu, mes compagnons de chasse, de combat et de travail.
Vétérinaire dans la Mitidja depuis 1959, ma profession et une invraisemblable baraka qui me suivait depuis mes 21 mois de zone opérationnelle ont été mes seules protections.

Mais tous mes confrères n'ont pas eu cette chance. Nous avons tous accompli notre métier à nos risques et périls, consciencieusement, sans distinction aucune entre nos clients et bien souvent en faisant du "social" à nos frais.

Je m'attendais l'indépendance à une Algérie bancale, unijambiste. Ce ne fut Même pas un cul de jatte ! Je ne parlerai pas de I ‘insécurité, de la perquisition de ma villa, de mes voisins "enlevés", de cousins "disparus", de la peur qui nouait mes tripes la nuit jusqu'au lever du soleil. L'été 1962 j'étais tout seul la nuit et sur les routes le jour.



Après le départ forcé des colons, très attachés dans l'ensemble à leur terre, plutôt Paternalistes, mais sûrement moins "rapetouts" que nos actuels capitaines d'industrie, j’assistais au naufrage de l’agriculture, accéléré par l’incapacité, la fatuité et la corruption du F.L.N. Les comités de gestion pillaient ce qu'ils pouvaient, les ouvriers, faute de paye se servaient, des commandos armés se volaient respectivement les derniers tracteurs, à qui les rodéos de la campagne des labours, chère à Ben Bella, donnèrent le coup de grâce'

Je rencontrais un jour deux musulmans de mon âge, bacheliers agricoles, nantis de plus de bonne volonté que d'expérience...et de moyens : quatrième comité de gestion en quatre mois, à la tête de deux mille hectares. Tout avait été pillé, vendu, même des arbres centenaires, rasés avant leur arrivée !
En six mois, même pas le temps d'une gestation, l'Algérie nouvelle n'était plus qu'une fausse couche !

Ceux qui avaient cru aux promesses du F.L.N. en la manne pétrolière, les ouvriers, qui en attendant un lopin de terre, attendaient la paye, ceux qui avaient occupé les commerces européens vacants, sans clientèle, les propriétaires terriens (plus de la moitié de la Mitidja, et oui !) musulmans affolés, les autres, ceux qui m'avaient dit restes, tu es un enfant du pays, nous avons besoin de toi, tu vas voir l'Algérie va devenir "ouarda" comme une rose", tous ceux-là commençaient à faire grise mine.



En janvier 1963 : "Oui nous avons besoin de toi, mais tu es jeune, tu as une femme et une petite fille - à leur retour nous avons cru d'ailleurs que les pieds-noirs revenaient ! - mais vas t'en, pars donc avant qu'il ne soit trop t**d, nous allons à la ruine, pourquoi veux-tu partager notre misère ?"
Je n'aimais certes pas le drapeau vert et blanc, mais j'eus du mal à prendre la décision. J'étais pied-noir depuis quatre générations, j'espérais sans y croire, une accalmie, une embellie. Mais l'Algérie n'avait plus d'avenir...

Bien que tenu très secret par prudence, mes clients musulmans pressentaient mon départ. Un jour de marché je les vis tous venir, même les paysans les plus récalcitrants, me régler leurs dettes jusqu'au dernier sou. J'avais risqué ma vie pour leurs bêtes, c'était mon métier, j'avais sans qu'ils le sachent permis d'épargner pas mal de vies musulmanes ; ils avaient protégé la mienne, je le savais. Nous étions quittes.
Je tirais un trait sur l'Algérie, sur presque un siècle de présence de ma famille. J'ai maintenant 68 ans, plus de racines, peut-être quelques radicelles... Je suis peut-être "intégré".
J'ai encouragé ma fille à s'expatrier, mes petits enfants ont une double nationalité - pas l'algérienne ! - ils pourront choisir leur patrie.
J'écris quelques lignes pour eux parfois, pour leur expliquer qu'être pied-noir, c'était comme être basque, auvergnat ou normand, avec en plus à l'époque un grand pays à construire où chacun pouvait apporter sa pierre.
Le responsable du désastre algérien ? bien plus que le F.L.N. imbécile, incapable et suffisant, plus que le peuple algérien, fataliste, pris pendant 8 ans entre le marteau et l'enclume, esclave terrorisé ensuite, le vrai responsable historique, il faudra bien l'admettre un jour, est au cimetière de Colombey et son âme en enfer, je I'espère !
Jacques Mazart

11/04/2026

CERCLE ALGERIANISTE
La présidente le 7 avril 2026,
A l’attention de sa Sainteté le Pape...
Très Saint Père,
À l’occasion de votre prochaine visite en Algérie, je me permets de vous adresser cette lettre au nom d’une mémoire blessée, trop souvent reléguée au silence, et d’une inquiétude toujours vive. Durant la guerre d’Algérie, des milliers de civils, parmi lesquels de nombreux chrétiens, ont été victimes d’assassinats, d’attentats, de massacres, d’enlèvements et de disparitions restés pour beaucoup sans réponse. Ces hommes, ces femmes et ces enfants n’étaient ni combattants ni acteurs politiques : ils furent les victimes d’une violence aveugle, souvent dirigée contre des populations sans défense. Le massacre d’Oran du 5 juillet 1962, où des centaines d’Européens furent assassinés ou enlevés dans un climat de chaos et d’abandon, demeure une plaie ouverte dans la mémoire collective. De nombreux témoignages évoquent un nombre de victimes bien supérieur aux chiffres officiels, possiblement plus d’un millier de disparus, dont beaucoup ne furent jamais retrouvés. Des récits concordants font état de lynchages et de sévices d’une extrême cruauté, perpétrés en divers lieux de la ville, dans des conditions qui continuent de hanter les consciences. De même, les massacres d’El Halia et de Philippeville, en août 1955, constituent un épisode emblématique de violences extrêmes contre des civils. Des familles entières furent attaquées, massacrées avec une brutalité meurtrière, laissant une trace durable dans les mémoires et contribuant à une spirale de violences dont les populations civiles furent les premières victimes. Ces faits, aujourd’hui établis, rappellent une vérité difficile : de nombreux civils innocents ont été la cible de violences commises par les indépendantistes algériens, notamment par des acteurs aujourd’hui honorés comme « martyrs » de la nation. Pour les familles des victimes, cette réalité crée une fracture mémorielle profonde : ceux qui sont célébrés dans une mémoire officielle peuvent être associés à des souffrances irréparables. Ne pas le reconnaître entretient une mémoire incomplète et rend plus difficile toute réconciliation. C’est pourquoi votre intention de vous recueillir en premier lieu devant le monument des martyrs algériens suscite une incompréhension sincère chez les Français d’Algérie et sans doute au-delà. Non par refus de reconnaître les souffrances du peuple algérien, mais parce qu’un tel geste, sans regard porté sur toutes les victimes, risque d’apparaître comme partiel, donc partial. Or, l’Église, par sa vocation universelle, est appelée à embrasser toutes les douleurs sans distinction. À cette mémoire blessée s’ajoute aujourd’hui une inquiétude concrète : celle du sort des chrétiens encore présents en Algérie. Depuis plusieurs années, des lieux de culte ont été fermés, des communautés empêchées de se réunir librement, et la pratique religieuse entravée par un cadre restrictif. Des fidèles témoignent de difficultés croissantes à vivre leur foi malgré les principes affichés de l’Etat algérien. Et comment ne pas rappeler que depuis l’indépendance de l’Algérie de très nombreux cimetières chrétiens sont profanés ou carrément rasés. Il convient de rappeler que la présence chrétienne sur cette terre remonte aux premiers siècles du christianisme. L’Afrique du Nord fut l’un de ses grands foyers, terre de figures majeures comme Saint Augustin. Cette ancienneté confère à cette présence une profondeur historique qui ne saurait être marginalisée. Très Saint Père, votre parole est attendue là où les équilibres sont fragiles. Votre visite peut être l’occasion d’affirmer une mémoire complète, une justice sans exclusion et le respect effectif de la liberté religieuse. Un geste, une parole, une prière pour toutes les victimes — ainsi qu’un appel à la protection des chrétiens d’aujourd’hui — seraient un signe fort de justice et de réconciliation. Car il ne peut y avoir de réconciliation véritable sans mémoire partagée. Ne peut-il y avoir de paix des mémoires sans vérité entière ? Votre parole est tant attendue là où certaines douleurs demeurent encore tues. Dans cet esprit, nous espérons sincèrement que votre visite saura porter cette exigence de vérité et d’équilibre. Je vous prie d’agréer, Très Saint Père, l’expression de mon profond respect.
Suzy Simon-Nicaise Présidente nationale du Cercle algérianiste

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Port-Vendres
66660

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