11/07/2026
Et le problème est omniprésent...
[Sauvetage sécheresse 🐟🥵]
Vous êtes nombreux à nous signaler des assecs sur vos parcours. Si nous avons tous envie de sortir une épuisette ou effectuer une pêche électrique pour transférer les poissons ailleurs, chez nous, c’est souvent contre-productif, voici pourquoi :
🔹𝗦𝘁𝗿𝗲𝘀𝘀 𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝘁 : Le déplacement (manipulation + transport) de poissons déjà affaiblis par le manque d'oxygène et la chaleur est techniquement difficile et augmente fortement la mortalité.
🔹𝗥𝗶𝘀𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗿𝗲́𝗲𝗿 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗿𝗱𝗲𝗻𝘀𝗶𝘁𝗲́𝘀, 𝗲𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗵𝗲́𝗰𝗮𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲𝘀 : dans les zones qui conservent de l’eau, les poissons qui ont eu les bons réflexes comportementaux de gagner ces zones refuges sont déjà concentrés en grand nombre. Le risque est grand, en cas de mortalités de quelques spécimens déplacés et malmenés, de déclencher un emballement du processus avec la décomposition des cadavres dans l’eau, consommant l’oxygène et produisant des toxines. Un poisson affaibli est vulnérable. En le déplaçant, on risque également d'apporter des maladies et de contaminer les poissons en bonne santé dans le milieu d'accueil.
🔹𝗢𝗻 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗲𝘁 𝗼𝘂̀ ? Tous les milieux de notre département subissent de plein fouet la sécheresse et des températures d'eau excessives, y compris les grandes rivières (Azergues, Ardières, etc..). Déverser des milliers de poissons dans ces milieux surchauffés serait invivable pour tout le monde.
🔹𝗨𝗻𝗲 𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗶𝗺𝗽𝗼𝘀𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲 𝘀𝘂𝗿 𝟱 𝟬𝟬𝟬 𝗸𝗺 : Chez nous, ce sont près de 5 000 kilomètres de cours d'eau frappés massivement par la sécheresse. Il est techniquement et humainement impossible d'être partout (une pêche concerne quelque centaines de m ou qq km maximum sur une journée !).
🔹𝗗𝗲𝘀 𝗼𝗽𝗲́𝗿𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗰𝗵𝗿𝗼𝗻𝗼𝗽𝗵𝗮𝗴𝗲𝘀 : Ces opérations demandent beaucoup d’énergie et de bras pour un résultat très faible. C’est du temps que nos équipes ne passent pas sur le vrai problème : les travaux de restauration (reméandrage, ripisylve, suppression de plan d’eau, d’obstacle) qui, eux, protègent l'eau et les poissons à long terme, et la défense des milieux auprès des autorités.
🔹𝗨𝗻𝗲 𝗲́𝗽𝗲́𝗲 𝗱𝗲 𝗗𝗮𝗺𝗼𝗰𝗹𝗲̀𝘀 𝗲𝗻 𝘁𝗲𝗿𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻 : les sauvetages sécheresse valorisent ponctuellement le rôle des pêcheurs, mais envoient aussi un mauvais signal : "Ce n'est pas si grave que les rivières s’assèchent, puisque les pêcheurs viendront sauver les poissons ! ». Dans certains cas, avec des tronçons de rivière connaissant des infiltrations rapides, et/ou sous l’influence de prélèvements critiques tout en bénéficiant de zones refuges fraiches et abondantes, cela se justifie. Mais nous ne sommes pas dans ces situations particulières sur notre territoire.
🌿 La vraie solution chez nous ? Restaurer les milieux pour qu'ils résistent d'eux-mêmes du mieux possible ! En gérant les prélèvements, en effaçant les obstacles, les plans d’eau ou en replantant les berges, on maintient des poches de survie et on redonne aux poissons l'accès aux zones de refuge fraîches. Nos suivis scientifiques le prouvent : la faune d’une rivière restaurée résiste mieux aux sécheresses 🐟💪