12/04/2026
LA GAZETTE DU RÉSEAU EUROPÉEN STEVENSON - avril 2026
FINANCIAL TIMES
Dans un très long article paru le 14 février 2026 dans le Financial Times, Annabel Abbs-Streets
fait le récit de son voyage Sur le chemin de Stevenson, dans les Cévennes en France.
Elle compare les deux voyages, celui de l’écossais, semblant, selon les normes actuelles, d’une préparation hasardeuse. Il est parti sans carte ni boussole, alors que le temps devenait mauvais, «noir et glacial». Il faisait froid et sombre, sur une route non balisée connue pour ses loups. Sans surprise, il s'est souvent perdu.
En revanche, le voyage de la journaliste et de son époux a été méticuleusement organisé par le voyagiste Macs Adventure, avec des sacs à dos légers, un GPS sur les téléphones portables, des panneaux indicateurs à chaque tournant, une chambre réservée pour chaque nuit et une baguette emballée pour le déjeuner.
Les bagages sont transférés pour eux d'auberge en auberge. Ils ne se perdront jamais. Stevenson affirme que c'est le poids et l'encombrement de son sac de couchage (coût : 80 francs et deux verres de bière) qui l'ont incité à acheter un âne (coût : 65 francs et un verre de brandy), qu'il a baptisé Modestine.
En revanche, actuellement, il faut réserver les ânes longtemps à l’avance, tout comme les rares hôtels capables de les accueillir, avec leurs écuries et leurs pâturages.
À partir du Monastier sur Gazeille, le paysage change de jour en jour, voire d'heure en heure. Les pâturages immaculés parsemés de narcisses blancs parfumés et d'orchidées violettes laissent place à des champs dénudés de terre volcanique noire, à des étendues ondulantes de seigle bleu-vert ou au vert tendre et discret des lentilles du Puy.
Plus loin, le chemin plonge à travers des forêts de pins ombragées parsemées de rochers mégalithiques recouverts d'une épaisse mousse vert émeraude, avant de revenir vers des bordures d'orchidées, de trèfles et de roses sauvages. Dans le « Gévaudan sauvage », décrit par Stevenson comme « montagneux, inculte... l'un des pays les plus misérables du monde... comme le pire des Highlands écossais, mais en pire », le paysage est austère : le massif granitique du Mont Lozère est dépourvu d'arbres, sombre, austère, avec pour seuls éléments des broussailles, de la bruyère battue par les vents, des affleurements granitiques et des menhirs qui se dressent dans une brume flottante. Lorsque le brouillard se lève, la vue est magnifique : des kilomètres de collines, de vallées et de forêts, vierges de routes, d’éoliennes ou de poteaux, un monde intact à perte de vue.
L’article célèbre ainsi la diversité des paysages et dessine le portrait d’un voyage vécu comme une parenthèse enchantée, une suspension du temps, où marcher devient une façon d’habiter le monde.