26/06/2026
Voici notre contribution à la consultation publique concernant le projet de poulailler de 40 000 poules pondeuses au hameau de Fahy à Pommeuse (77515).
N'hésitez pas à participer à cette consultation en donnant votre avis, en exprimant votre inquiétude ou ... votre enthousiasme.
Il suffit d'écrire à La DRIEAT :
[email protected]
ou de déposer votre courrier en mairie de Pommeuse.
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"L’ADEVA, association de défense de l’environnement de la Vallée de l’Aubetin et ses environs, est née en 1991, à l’occasion d’un projet de contournement routier de Coulommiers passant au dessus de la Vallée de l’Aubetin. Depuis elle s’est investie dans d’autres sujets, tels que, parmi les principaux, la lutte contre l’exploration et l’exploitation des gaz de schistes, l’opposition à l’implantation d’une porcherie industrielle à Saints, aux déplacement des couloirs aériens, les projets bis, ter, etc … du contournement de Coulommiers, elle tente de sensibiliser à la protection de l’environnement, aux différentes problématiques de l’eau, s’investit depuis des années dans la promotion du projet Parc Naturel Régional Brie et 2Morin, dont fait partie le territoire de Pommeuse.
Aujourd’hui nous sommes amenés à prendre position dans la consultation proposée à l’occasion d’un projet de poulailler de 40 000 poules pondeuses situé tout près des hameaux du Charnois, et du Fahy, à Pommeuse,
Et nous constatons que la réponse donnée à la nécessité de multiplier les établissements produisant des œufs, est un projet conventionnel dont nous dénonçons les travers :
La taille excessive du poulailler a beaucoup de conséquences :
* La salmonellose étant un des principaux facteurs de risque identifiés dans les élevages de poules pondeuses en France notamment lorsque la taille d’exploitation est supérieure à 30 000 pondeuses et le passage des camions de livraison devant le sas sanitaire ou les entrées d’air du poulailler (huneau-Salaun et al.2009) ».
* L’implantation est trop proche des habitations, par suite exposées aux nuisances telles que odeurs, mouches, bruit, circulation d’engins … Il faut souligner que ces hameaux sont constitués pour une grande partie de maisons traditionnelles, anciennes, habitées depuis longtemps pour le calme et le caractère champêtre et bucolique de l’endroit.
* Ce projet ne suscite pas l’adhésion parmi les habitants, parce que trop proche des habitations, impactant leur cadre de vie, mais aussi parce que ce modèle industriel de production d’oeufs ne correspond pas à ce que les gens attendent. On se pose la question de savoir ce que « filière alternative d’élevage » veut dire (page4 fiche A) ?
De plus, la méfiance est partagée depuis l’installation du méthaniseur à proximité, qui diffuse régulièrement ses odeurs nauséabondes.
* Le bien être animal n’est pas garanti. Par exemple que devient un poulailler sous les 40 degrés auxquels nous devons nous habituer ? Quelles sont « les procédures adaptées » que « la centrale déclenchera en cas de chaleur excessive ou d’insuffisance de la ventilation »(fiche A page 14) ? Ne doutant pas de la bonne volonté des exploitants pour assurer le bien-être de leurs animaux, nous sommes convaincus de l’impossibilité d’atteindre cet objectif du fait de la concentration massive des animaux.
* La zone agricole se transforme en zone industrielle de fait, bien que la CACPB donne un avis favorable, «aux dispositions proposées dans le cadre d’un arrêt définitif de l’installation, …, à savoir le maintien d’un usage agricole » ; il convient de contredire les termes de « maintien d’un usage agricole », puisqu’il s’agit de l’industrialisation de cette zone agricole générant de nouveaux risques. (Annexe 9)
La qualité des œufs produits : pas de label, pas de bio, pas de production pour la diffusion/consommation environnante ou pour une diffusion auprès de la restauration scolaire, ehpad, etc...
L’insertion paysagère nous semble insuffisante, et n’est pas détaillée : nous avons bien noté que sur une petite partie au plus près des maisons seraient plantés des arbres, mais il ne semble pas être prévu de haies sur le pourtour. Des haies assez hautes et libres doivent être prévues le long des clôtures pour favoriser la biodiversité et une meilleure intégration. Sur le plan, il est mentionné « arbustes » alors que sont cités « 4 arbres/ha de parcours (fiche D p.2)… Arbres ou arbustes ? Est ce suffisant pour donner de l’ombre et rafraîchir ? Est-il possible de détailler les essences ? Ce point est crucial étant donné les vagues de fortes chaleurs auxquelles nous sommes désormais soumis.
L’artificialisation des sols se présente ici sous la forme d’une dalle de béton constituant le sol du poulailler, environ 3 600 m² sans compter les accès, etc... Comme pour les méthaniseurs pourtant présentés comme un procédé vertueux, une surface non négligeable de terre agricole est bétonnée sans doute à jamais à moins d’être bien certain que la démolition des bâtiments, en cas d’arrêt du site, comprenne la dalle de béton …
Mesures ERC : cette dénomination « Eviter Réduire Compenser » n’est pas abordée dans le projet semble t-il, alors qu’elle figure dans le projet du poulailler de Cerneux. On retrouve dans le projet de Pommeuse, certaines mesures de fonctionnement pouvant répondre à cet objectif ; toutefois, il serait bon, dans le cadre d’une création d’exploitation, de prévoir avec ambition un plan d’ améliorations et d’aménagements (économie circulaire).
Le phénomène de ruissellements agissant particulièrement sur la commune de Pommeuse du fait de sa topographie ne semble pas pris en compte (cartographie SMAGE). Quelles mesures seront prises ? Rappel d’un précédent malheureux :
Il y a quelques années a été autorisée la construction d’un lotissement, sans tenir compte des avertissements de l’association RENARD qui avait déjà pointé ce problème. Conséquence: coulées de boues dans les maisons de ce lotissement en octobre 2024.
Ce projet va entraîner d’une part un accroissement des ruissellements et d’autre part leur pollution.
L’ADEVA aurait répondu favorablement à cette consultation d’un projet de poulailler de poules pondeuses si :
- la production était labellisée, et pour le marché local en 1er lieu.
- la taille du poulailler était sensiblement moindre,
- l’insertion paysagère beaucoup plus fournie.
- le porteur de projet avait envisagé un lieu décentré et hors des zones de ruissellements."