16/08/2026
💧 L'AGRO-INDUSTRIE ET SES LUBIES ABSURDES
[À LIRE EN INTÉGRALITÉ !]
Rendements en chute libre, évaporation record… Le bilan des méga-bassines de l’été 2026, avec des exclusivité Bon Pote : https://bonpote.com/mega-bassines-secheresse-ete-2026/
***
[EXTRAIT]
« Ce n’est pas une surprise pour l’hydroclimatologue Florence Habets qui rappelle pour Bon Pote un point important : l’évaporation énorme dans ces réserves : « On a du mal à faire comprendre à quel point l’évaporation peut être conséquente. L’ordre de grandeur, c’est la consommation de plusieurs centaines de personnes qui s’évapore chaque jour dans chaque réserve ». L’hydrologue, qui travaille justement sur un projet de mesure de l’évaporation des réserves, partage par ailleurs les résultats d’une étude récente menée en Afrique du Nord et qui montre que ces réservoirs perdent une quantité d’eau considérable par évaporation, parfois jusqu’au double de leur capacité de stockage annuelle.
Ce qui donne un paradoxe : pour sécuriser l’accès à l’eau, les agriculteurs construisent davantage de bassines qui subissent des taux d’évaporation tels qu’elles contribuent in fine au manque d’eau. Dans ce contexte, certains souhaitent encore plus de bassines… Jusqu’à quand ?
[…]
# Un système non seulement injuste mais aussi inefficace
La situation serait peut-être acceptable si elle permettait des productions agricoles décentes. C’est loin d’être le cas. Dans les Deux-Sèvres, le préfet a récemment alerté sur une situation désastreuse pour l’agriculture locale, avec des rendements “catastrophiques» pour le blé, le maïs, les pois, les féveroles, le maraîchage, les vergers et le fourrage… Le président de la FNSEA locale annonce des pertes de 60 à 70% sur sa propre exploitation de maïs. En Poitou-Charentes, les récoltes de maïs sont nulles dans certains territoires. Suffirait-il de remplacer le maïs par du sorgho, comme on le lit souvent ? Cette enquête de Mediapart montre que les plants de sorgho du coin sont si petits qu’ils sont toxiques pour les vaches, alors qu’à l’échelle nationale les rendements ont décliné pendant cet été caniculaire.
Malgré tout, les bassines semblent encore et toujours présentées comme la solution unique et incontestable au chaos climatique qui nous frappe. L’Etat, à travers le préfet de Charente, s’est même opposé à la destruction des bassines jugées illégales et dont la destruction a été demandée par le rapporteur public dans le cadre d’une procédure judiciaire qui a démarré il y a plus de quinze ans.
Très contestable, la focalisation du débat sur les bassines empêche de mettre sur la table des solutions urgentes et validées par la recherche scientifique : réduire l’artificialisation des sols, protéger les zones humides, freiner l’eau, protéger les nappes phréatiques et réduire la vitesse de l’écoulement de l’eau et, bien sûr, végétaliser notre alimentation et diminuer de façon massive les émissions de gaz à effet de serre. »