L D H Poitiers

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L D H Poitiers La LDH regroupe les êtres humains qui choisissent librement de s'associer afin de réfléchir, dis

09/10/2026
09/10/2026

La Cour de cassation a validé mercredi 30 septembre la remise du militant « Gino » à l’Allemagne. La France avait refusé de le livrer à la Hongrie en 2025. En parallèle, la cour d’appel de Budapest …

09/10/2026
08/10/2026

📣 La répression des mobilisations lycéennes a franchi un seuil critique : mineur-es blessé-es par des tirs de LBD ou de gr***des, violences policières, arrestations massives…

La et ses partenaires soutiennent la mobilisation légitime de la jeunesse et demande dialogue, désescalade, respect des droits des mineur-es et fin de l’usage disproportionné de la force.

✍️ Signez l’appel pour protéger la jeunesse, défendre ses libertés d’expression et de manifestation et faire cesser la criminalisation des mobilisations : https://www.ldh-france.org/stop-violences-policieres/

La CGT, FAGE - Fédération des Associations Générales Etudiantes, FCPE - Fédération des Conseils de Parents d'Elèves des écoles publiques, Fsu - Engagé-es au quotidien, MRAP, SNPES PJJ FSU, Syndicat des Avocat·es de France, L'Union Étudiante, Union syndicale lycéenne, UNEF le syndicat étudiant, Union Syndicale Solidaires, SOS Racisme

08/10/2026

Pétition ASSEMBLÉE NATIONALE Stop à la répression des jeunes : l’école n’est pas un champ de bataille
­La répression policière qui s’abat sur les lycées a franchi un seuil critique.
Nous sommes toutes et tous choqués d’une telle répression qui brise des vies : un lycéen a eu la mâchoire fracturée à Saint-Ouen-L’Aumône par un tir tendu au lance gr***de ; un autre a perdu un œil à Tours sous l'impact d'un tir de LBD. Leur crime ? Avoir demandé, avec leurs camarades, des conditions décentes d'éducation. Nous ne pouvons attendre que d'autres jeunes soient mutilés pour agir.
Les témoignages se multiplient, de mineurs parfois très jeunes, matraqués et gazés, d’exactions brutales commises par les forces de l'ordre à leur encontre. Nous assistons, révoltés, à des scènes d'une violence inouïe : l'État déploie des a***s de guerre contre des mineurs, des équipements prétendument « sublétaux » mais qui fracassent, éborgnent et mutilent à vie. Le gouvernement organise des arrestations d'une ampleur inédite : en moins d’une semaine, 5 000 interpellations dont 2 000 pour la seule journée de jeudi 1er octobre.
C'est une négation pure et simple du droit fondamental de la jeunesse à la liberté d’expression, à protester et à s’organiser à cette fin, et ce alors qu’elle le fait pour demander des conditions dignes pour apprendre et disposer d’un avenir. Lycéen-ne-s et étudiant-e-s doivent pouvoir se mobiliser et manifester sans craindre pour leur sécurité.
En appliquant des doctrines délétères exposées dans son « Guide opérationnel des violences urbaines » (« Govu »), le gouvernement fait le choix grave d'assimiler les jeunes à des ennemis intérieurs à neutraliser par des a***s de guerre. Et on ne peut réduire un mouvement social à ses débordements.
Loin d’assurer l’apaisement, la logique répressive participe à l’augmentation des tensions et transforme les abords des établissements scolaires en zones d'affrontement, ce qui met aussi en danger le personnel éducatif.
Le droit de s'exprimer et de se réunir convoque des libertés fondamentales garanties par notre Constitution, par la Convention européenne des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et par la Convention internationale des droits de l'enfant de l’Onu. Il nous incombe de les défendre et de nous opposer à cet usage disproportionné et arbitraire de la force.
Nous, signataires, sommes du côté de la mobilisation légitime de la jeunesse de notre pays pour son avenir, et non de celui des LBD, des gr***des, des matraques et des arrestations de masse.
Nous demandons à l'Assemblée nationale et au gouvernement :
• la mise en place prioritaire d'un dialogue avec les jeunes mobilisés ;
• le traitement systématique des enfants pour ce qu'ils sont, des personnes à protéger comme le stipule la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide) ;
• l’application d’une politique de désescalade des tensions ;
• l'abolition définitive des pratiques de maintien de l'ordre liberticides, matérialisées notamment par l’instruction ministérielle sur les violences urbaines (le « Govu », qui doit être abrogé) : retrait immédiat des unités de la BAC et de toutes celles non formées à la gestion des rassemblements, les brigades équestres et les unités cynophiles ; l'interdiction stricte de l'usage des a***s de guerre sur les manifestations, du gaz lacrymogène de façon indifférenciée, ainsi que l'arrêt des interpellations massives et de la criminalisation de la jeunesse ;
• une réelle prise en compte de la parole des jeunes par la recherche de la démocratie éducative pour construire les politiques publiques.

L'État doit recréer de toute urgence les conditions permettant la libre expression civique des jeunes, ce d’autant plus que leur revendication d’un service public d’égale qualité pour toutes et tous est totalement légitime et nous la soutenons.
Aucun jeune ne doit risquer son intégrité physique ou sa liberté lorsqu’il fait entendre sa voix.
Stoppons l'escalade. Protégeons la jeunesse.
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07/10/2026

6 octobre 2026 – Tribune de Lucas Lévy-Lajeunesse "Face aux lycéens en colère, maintenir l’ordre n’autorise pas les policiers à punir, ni à se venger" parue dans Libération. Lire la tribune sur Libération
Lucas Lévy-Lajeunesse, membre du Comité national de la LDH

Lycéens et lycéennes mis en joue par des adultes porteurs de LBD, adolescentes tenues étranglées par des agents, mâchoire brisée, œil gravement blessé, mineur-e-s enfermé·es par milliers dans des cellules de garde à vue… Face aux insensibles qui répètent, en toutes circonstances, que la police doit bien se défendre, il faut d’abord rappeler des principes de base : se défendre n’est ni punir ni se venger, et les dégradations et les violences auxquelles les policiers font face ces derniers jours ne les exemptent en rien de respecter – c’est le minimum le cadre légal précisément prévu pour ces situations.

Les stratégies de désescalade, souvent plus efficaces que la méthode brutale, devraient dès que possible s’imposer aux pouvoirs publics : le choix de la force et de la mise en danger est inacceptable dès qu’il pourrait être évité. Mais Laurent Nuñez déclarait, en 2020, que « face à des émeutiers et des casseurs, on ne peut pas parler de désescalade » car « il y a désescalade quand une manifestation se passe bien ». Autrement dit : la désescalade, oui, mais seulement lorsqu’il n’y a même pas lieu de l’envisager.

Un public vulnérable
La loi prévoit que seule une absolue nécessité peut autoriser la police à employer la force (et à plus forte raison les a***s), de façon strictement
proportionnée. Ces critères sont d’autant plus exigeants lorsque le public est vulnérable. Selon la Convention internationale des droits de l’enfant, « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, […] l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».
Laurent Nuñez ne l’entend pas ainsi. Dans un télégramme concernant la « sécurisation des établissements scolaires » adressé ce mercredi aux plus hauts responsables policiers, le ministre indique que «l’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre». Le ministre incite donc les policiers à ne pas trop se laisser retenir par le souci de la légalité s’il leur semble utile de violenter des adolescent-e-s pour accomplir leur mission ! Quelle est cette mission !

Le respect des lois n’a rien de sacré au ministère de l’Intérieur. Gérald Darmanin affirmait en son temps que « la loi empêche le ministre de l’Intérieur de faire son travail » et il assumait de violer des décisions de justice. Bruno Retailleau déclarait quant à lui que « l’État de droit n’est pas intangible, ni sacré ». L’un et l’autre, et Laurent Nuñez à leur suite, ont donc laissé sans effet une décision du Conseil d’État qui les obligeait, sous un délai d’un an à partir d’octobre 2023, à faire respecter la règle sans cesse transgressée du port apparent d’un numéro de matricule individuel (RIO) par les policiers.

Une forme de jusqu’au-boutisme
Ce RIO doit aider à les identifier en cas de procédures administratives ou judiciaires. Mais alors que les unes et les autres restent souvent très insatisfaisantes en cas de faits de violences, elles pèsent déjà trop sur la police selon Laurent Nuñez. Il plaidait donc, en 2023, pour l’impossibilité de placer en détention provisoire des policiers soupçonnés de faits graves, revendiquant ainsi un régime dérogatoire qui ajouterait encore des obstacles à la conduite d’enquêtes visant les agents. Le ministre a depuis été encore plus loin en portant lui même la proposition de loi, votée sans vergogne en juillet par le dit «bloc centriste», prévoyant d’instaurer, en faveur des policiers qui utilisent leurs a***s, une présomption de légalité, y compris lorsqu’ils tuent. Alléger encore les procédures de contrôle : quel sens des priorités, alors que le caractère institutionnel des violences policières a été si amplement documenté ces dernières années !

Quel est alors l’«ordre public» visé ? Le 19 mars 2019, alors secrétaire d’État, Laurent Nuñez témoignait déjà d’une forme de jusqu’au-boutisme. Auditionné par des parlementaires à propos de la journée de manifestations qui, quelques jours plus tôt, le 14 mars, avait conduit au saccage du Fouquet’s (et, entre autres dégâts humains à Paris, à la mutilation d’un manifestant qui perdait son œil à cause d’un tir de LBD), Laurent Nuñez reconnaissait des « dysfonctionnements majeurs » dans la capitale. Lesquels ? « Certains services, expliquait-il, ont reçu pour instruction de faire un usage plus mesuré des LBD ». « Je précise un point, avait-il poursuivi. Samedi dernier [le 14 mars, jour de saccage du Fouquet’s], ce sont au total 213 tirs de LBD qui ont été recensés. En comparaison, on avait comptabilisé 2 900 tirs le 8 décembre dernier ». Or, le 8 décembre, les tirs de LBD avaient éborgné au moins quatre personnes à Paris. En prenant cette date pour référence et en considérant comme des «dysfonctionnements majeurs» des mesures sans lesquelles les mutilations auraient sans doute été encore plus nombreuses, Laurent Nuñez montrait que l’intégrité des personnes pèse peu à ses yeux au regard de celle des biens.

Au fondement du libéralisme politique
Enfin, alors que différentes études ont établi de façon solide l’existence systématique de contrôles policiers discriminatoires, Laurent Nuñez récuse ces faits et laisse ainsi prospérer ces pratiques. Mise en danger des personnes, allègement des procédures d’enquête en cas d’usage mortel des a***s, refus d’intervenir contre l’épanouissement d’un racisme institutionnel et, désormais, incitation à moins faire cas du cadre légal pour employer la force contre des lycéen-nes : on peine à comprendre en quoi cet ordre devrait être préférable au désordre…

Les principes de l’État de droit prévoient, d’une part, que les pouvoirs publics doivent toujours chercher à garantir au maximum les droits et libertés des individus et, d’autre part, que tout agent public doit inscrire son action dans le cadre de la loi. Ces idées sont au fondement du libéralisme politique. Dès lors, une question : dans quelle catégorie faut-il classer des politiques qui, assurément, ne relèvent pas de la gauche, mais ne semblent pas non plus correspondre aux principes d’une droite libérale attachée à l’État de droit ? Où classer le gouvernement d’un ministre qui, pour «maintenir l’ordre», laisse prospérer des pratiques racistes et multiplie les mesures visant à faciliter, pour la police, la possibilité de transgresser les lois et violenter les plus fragile.

07/10/2026

Les ONG européennes se mobilisent en faveur d’un important réseau de lutte contre le racisme, exprimant leur inquiétude face à la décision de la Commission de lui retirer son financement
Communiqué commun dont la LDH est signataire
Aujourd’hui, l’ECF se joint à plus de 180 organisations de la société civile de toute l’Europe pour exprimer sa solidarité avec le Réseau européen contre le racisme (ENAR), qui est confronté à une crise de financement.
Après plus de 20 ans de partenariat avec la Commission européenne, ENAR a été informé que sa subvention de fonctionnement pour la période 2026-2028 avait été résiliée, alors même qu’il avait réussi avec succès l’évaluation requise pour signer sa convention de subvention en juillet 2025. Cette décision pourrait contraindre le réseau à cesser ses activités d’ici la fin de l’année 2026.
La fermeture potentielle d’ENAR aurait des conséquences bien au-delà d’une seule organisation, affaiblissant l’infrastructure qui soutient la société civile antiraciste indépendante et la représentation des communautés racialisées à travers l’Europe. De plus, la décision de supprimer son financement suscite des inquiétudes pour toutes les organisations œuvrant à la défense de l’égalité et des droits fondamentaux.

Nous sommes solidaires d’ENAR !

03/10/2026

Halte à la brutalisation de la jeunesse

Communiqué LDH

Alors que les syndicats se mobilisaient mardi dans la fonction publique, les lycéennes et les lycéens, mobilisés depuis plusieurs jours, poursuivent et amplifient leur mouvement avec une même exigence : un service public de l’éducation financé à la hauteur des besoins, garantissant une éducation de qualité et les mêmes droits pour toutes et tous.

La seule réponse à cet engagement parfaitement légitime de jeunes citoyennes et citoyens a été la répression, des interventions violentes, des gardes à vue massives, dont des enfants de 14 ans ! La LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains) dénonce depuis plusieurs années un maintien de l’ordre brutal, qui ne respecte ni la liberté de manifestation ni la liberté d’expression, garanties pourtant par la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989 (Cide) ou la CEDH. Elle s’indigne de l’usage indiscriminé de gaz lacrymogène et d’a***s sublétales mutilantes (LBD, gr***des explosives), contraire au droit international, la France étant le seul pays d’Europe à utiliser ces dernières contre sa propre population, et là, contre ses enfants.

Elle rappelle qu’elle a attaqué devant le Conseil d’Etat la nouvelle instruction du ministère de l’Intérieur sur les « violences urbaines », qui semble avoir été mise en œuvre contre les lycéennes et lycéens et leurs parents présents, car son postulat est un usage de la force contre des délinquants, et non la nécessité de prévoir la gestion d’une mobilisation pour contenir les débordements, tout en respectant la liberté de manifester. Une telle stratégie est dangereuse.

En témoignent les violences rapportées lors des mobilisations lycéennes, qui doivent alerter. À Tours, un jeune homme a été hospitalisé après une blessure à la tête qui semble liée à un tir de LBD au visage. L’IGPN a été saisie sur ce cas et deux autres enquêtes IGPN sont d’ores et déjà ouvertes. D’autres blessures envers des jeunes ou des parents d’élèves ont été signalées dans plusieurs villes. Les témoignages et les vidéos documentant ces interventions se multiplient. Outre l’usage de la force, on relève également un recours important aux amendes forfaitaires, outil de disciplinarisation de la jeunesse.

La LDH demande que toute la lumière soit faite et rappelle que l’usage de la force à l’encontre de lycéennes et lycéens doit répondre aux exigences les plus strictes d’adaptation, de nécessité, et de proportionnalité. Une réponse violente des forces de l’ordre ne peut aboutir qu’à une escalade de tensions, ce qui met en danger, par effet retour, les personnels de l’éducation, ce qui n’est pas admissible. Elle rappelle que, de surcroît, lorsque des infractions graves sont commises (telles des violences sur le personnel des établissements), l’éducatif doit primer sur le répressif.

La mobilisation de cette jeunesse contre le manque de moyens et pour bénéficier d’une éducation effective doit trouver une réponse politique et non policière.

La LDH dénonce par ailleurs l’instruction du ministre de l’Intérieur selon laquelle « l’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre ». Cette instruction donne une justification inadmissible à ces violences policières quand il aurait fallu au contraire appeler à la retenue, particulièrement s’agissant d’enfants. Cette répression brutale est contraire aux principes d’un Etat démocratique.

La LDH va s’employer, avec ses partenaires, à documenter les violences commises, pour une saisine du Défenseur des droits.

La LDH affirme sa solidarité avec les victimes et sa disponibilité pour accompagner les familles et leurs conseils dans leurs démarches.

Paris, le 1er octobre 2026

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/10/morocco-whistleblower-reveals-how-authorities-used-a-web-of-surveillance-...
03/10/2026

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/10/morocco-whistleblower-reveals-how-authorities-used-a-web-of-surveillance-to-silence-journalists-and-activists/

Amnesty International France
Chaque année, Amnesty International analyse dans son rapport annuel la situation des droits humains dans le monde. Un an d’enquête, 144 pays analysés. Voici ce qu’il faut savoir sur les droits humains au Maroc et au Sahara Occidental en 2025.

Les autorités marocaines ont intensifié leur répression de la liberté d’expression et de la dissidence pacifique. Bien que le roi ait gracié certains prisonniers et prisonnières d’opinion les années précédentes, des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains et des personnes critiques à l’égard du gouvernement ont cette année encore fait l’objet de poursuites judiciaires, d’actes d’intimidation et d’une surveillance numérique. Les autorités ont réagi à des manifestations de grande ampleur dénonçant la crise économique, les inégalités et l’état des services publics par un recours excessif à la force, des arrestations arbitraires et des procès iniques. Des lois discriminatoires continuaient de compromettre les droits des femmes et des personnes LGBTI, notamment en condamnant les relations se*****es entre personnes de même sexe et en limitant l’accès aux services de santé se****le et reproductive, y compris à un avortement sécurisé. Une sécheresse imputable au changement climatique a mis à mal les droits à l’alimentation et à un niveau de vie suffisant.
Contexte

En octobre, le Conseil de sécurité [ONU] a adopté une résolution prolongeant d’un an le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental. Cette résolution appelait à des négociations en vue de permettre à la population du Sahara occidental d’exercer son droit à l’autodétermination. Elle considérait que le Plan d’autonomie présenté par le Maroc en 2007 demeurait une base sérieuse et crédible pour ce processus politique, et qu’une autonomie véritable sous souveraineté marocaine pourrait représenter une solution réaliste.

À la suite d’une vague de manifestations menées par des jeunes à travers le pays en septembre, le gouvernement marocain s’est engagé à mettre en œuvre des réformes répondant aux demandes des manifestant·e·s. Il a notamment annoncé une hausse du budget alloué à la santé et à l’éducation, qui est passé de 128 à 140 milliards de dirhams marocains (environ 15,1 milliards de dollars des États-Unis) pour 2026. Il a également promis de créer plus d’emplois pour les jeunes, notamment dans les zones rurales, ainsi que de mener des réformes politiques pour faciliter leur accès à des fonctions décisionnelles. Il s’est d’ailleurs engagé à ouvrir le dialogue avec les jeunes pour élaborer et mettre en œuvre ces réformes.
Liberté d’expression

Les autorités ont cette année encore cherché à réduire au silence des militant·e·s, des blogueurs et blogueuses et des voix critiques en s’appuyant sur des lois formulées en termes vagues qui érigeaient en infraction le blasphème, la diffamation, l’outrage envers les corps constitués et l’outrage à l’islam.

En janvier, Saïd Aït Mehdi, militant ayant critiqué la réponse des autorités au séisme qui avait frappé la province d’Al Haouz en 2023, a été condamné à trois mois d’emprisonnement pour « diffamation » et « outrage à fonctionnaires » pour avoir réclamé plus d’aide pour les populations touchées et une reconstruction plus rapide. En mars, la cour d’appel de la capitale, Rabat, a alourdi sa peine d’un an.

Également en mars, un tribunal de Casablanca a condamné le défenseur des droits humains et militant Fouad Abdelmoumni à six mois d’emprisonnement en son absence, en raison d’une publication sur Facebook qui évoquait l’utilisation du logiciel espion Pegasus par le Maroc.

Le 1er juillet, la défenseure des droits humains Saida el Alami a été placée en détention à Casablanca pour « outrage à corps constitué », « diffusion de fausses allégations » et « outrage à magistrat », en raison de son militantisme en ligne. Elle a été privée du droit à un·e avocat·e lors de sa première comparution devant le procureur. Elle a été jugée et condamnée en septembre à trois ans d’emprisonnement pour « diffusion de fausses informations », « outrage à institution publique » et « outrage à corps constitué ». Sa condamnation a été confirmée en décembre par la cour d’appel de Casablanca. Elle avait déjà été emprisonnée pour d’autres charges en 2022 et libérée en 2024 à la faveur d’une grâce royale.

Le 9 juillet, deux journalistes du média espagnol El Faradio et un militant de l’ONG espagnole Cantabria por el Sáhara ont été interceptés à un poste de contrôle de la police et placés en détention à Laâyoune, alors qu’ils essayaient d’entrer au Sahara occidental. Déclarés persona non grata sans aucune justification, ils ont été expulsés.

La militante féministe Ibtissame Lachgar a été arrêtée en août et inculpée d’« atteinte à l’islam » en raison d’une publication sur les réseaux sociaux où on la voyait vêtue d’un t-shirt arborant le slogan « Allah est lesbienne ». Elle a été condamnée en septembre à 30 mois d’emprisonnement assortis d’une amende. Le verdict et la condamnation ont été confirmés par la cour d’appel de Rabat en octobre.

En octobre également, le tribunal de première instance de Rabat a déclaré coupable une femme dont il était établi qu’elle avait besoin de soins de santé mentale et l’a condamnée à huit mois d’emprisonnement pour « outrage à la monarchie » et « participation à des rassemblements non autorisés », bien que son avocate ait demandé de façon répétée qu’elle soit soignée au lieu d’être jugée.

En octobre également, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice pour « slogans provocateurs » deux étudiants et le propriétaire d’un magasin d’impression à Rabat qui avaient fait imprimer des slogans propalestiniens sur des maillots.
Notre rapport présente le panorama le plus détaillé à ce jour des outils déployés par les autorités marocaines, tels que des logiciels espions de haute technologie, des systèmes d’écoute et des traceurs, pour espionner des journalistes et des défenseur·e·s des droits humains, entre autres. Le Maroc achète ses outils de surveillance à des entreprises basées en Israël, dans l’Union européenne et aux États-Unis, parmi lesquelles NSO Group, la compagnie italienne de logiciels espions Hacking Team (devenue depuis Memento Labs) et le réseau d’entreprises germano-britannique composé de Gamma Group et de FinFisher.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

Les autorités marocaines disposent d’un vaste appareil de surveillance combinant des outils numériques et analogiques leur permettant de suivre, surveiller et au bout du compte réduire au silence des journalistes, des militant·e·s et d’autres voix critiques à l’égard du pouvoir, a décl...

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Centre Social Des 3 Cités Place Léon Jouhaux
Poitiers
86180

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