16/06/2026
En 1683 Vauban confie à l’ingénieur Paul Louis MOLLART la construction de la grande batterie du côté de Léon que l’on nomme aujourd’hui, le fort du Mengant. L’ingénieur militaire des fortifications savait où il mettait les pieds.
Voici ce qu’il disait: « Compte-tenu de la largeur du Goulet et de la portée des canons, à cet endroit, c'est une nécessité d’avancer le fort de huit ou dix toises dans la mer, à compter de l'escarpement du rocher en avant, et de la revêtir d'un gros mur de maçonnerie.
L'espace occupé par les têtes de ce rocher est fort petit, étroit et extrêmement inégal avec de grandes profondeurs à proximité qui le serrent de fort près et qui même le coupent et le séparent.
C'est un lieu extrêmement battu des flots toutes les fois qu'il y a un peu de mer. Dans les temps les plus calmes, il y a des courants qui ne sont guère moins rapides que ceux du Rhône sous le pont Saint-Esprit. On peut dire d'ailleurs que la mer n'y est pas étale un moment, car entre le flot et le jusant, il n'y a pas un miserere de temps d'intervalle. Après y avoir pensé de toutes les façons, je n'y trouve que des difficultés presque insurmontables et beaucoup d’incertitudes ».
(Extraits de Vauban et Brest, Jean PETER, Jean MEYER).
En Juin 2026, le fort du Mengant résiste encore mais doit panser ses blessures. La maison Grevet est au pied du rempart ouest. Comme le mime si bien Jacques Dufilho (le chef mécano du film le crabe tambour), la Bretagne c’est le menton qui encaisse les coups face à l’Océan. Le Mengant, en a pris des uppercuts pour offrir aux canonniers une « demie-lune » avancée sur la mer.
Pour éviter que le rempart ne s’écroule comme une rangée de dominos, de grands travaux ont commencé, rythmés chaque jour par les horaires des marées. © Les Vigies du Minou