13/05/2026
LA GROAC'H DE L'ILE DU LOK
Un texte dont vous êtes le héros ou l'héroïne d'après la légende traditionnelle homonyme recueillie par Emile Souvestre. Commencez par lire le prologue qui suit puis rendez-vous aux paragraphes dont le numéro correspond à votre choix d'action.
PROLOGUE
Dans cette première partie, vous êtes Houarn un jeune homme du Léon promis à une jeune fille nommée Bellah. Orphelins tous les deux de bonne heure, vous avez été placés chez le même maître et avez grandi amoureux l'un de l'autre mais vous, Houarn, désespérez d'économiser un jour assez d'argent pour vous établir avec Bellah. Certes vous êtes un jeune homme courageux et dur à la tâche, mais vous ressemblez à la mer qui se plaint toujours.
– Si nous avions seulement de quoi acheter une petite vache et un pourceau maigre, répétez-vous, je louerais à notre maître un morceau de terre, le curé nous marierait, et nous irions demeurer ensemble.
– Oui, répondait Bellah, avec un gros soupir ; mais nous vivons dans des temps si durs ! Les vaches et les porcs ont encore renchéri à la dernière foire de Brest ; pour sûr, Dieu ne s’occupe plus de comment le monde va.
– J’ai peur qu’il ne faille attendre longtemps ! reprenait le jeune garçon, car ce n’est jamais moi qui finis les bouteilles, quand je bois à l’auberge avec des amis.
– Bien longtemps, répliqua la jeune fille, car je n’ai pu réussir à entendre le coucou chanter (présage de mariage pour les jeunes bretonnes qui demandaient au coucou combien d'années elle devait encore attendre avant de se marier. Quand l'oiseau leur répondait, le nombre de « coucous » représentaient le nombre d'années à attendre).
Un jour vous perdez patience et décidez de partir pour chercher fortune. Allez au paragraphe 1 qui suit pour l'annoncer à Bellah.
PARAGRAPHE 1
La jeune fille est bien affligée à cette nouvelle, et fait tout ce qu’elle peut pour vous retenir ; mais vous, Houarn, qui êtes un garçon résolu, ne voulez rien écouter.
– Les oiseaux, dit-il, vont devant eux, jusqu’à ce qu’ils aient rencontré un champ de grain, et les abeilles jusqu’à ce qu’elles trouvent des fleurs pour faire leur miel ; un homme ne peut avoir moins de raison que des bêtes volantes. Moi aussi, je veux chercher partout ce qui me manque, c’est-à-dire le prix d’une vache et d’un pourceau maigre. Si vous m’aimez, Bellah, vous ne vous opposerez pas davantage à un projet qui doit hâter notre mariage.
La jeune fille comprend qu’elle doit céder, et quoique le coeur lui tourne, elle vous dit :
– Partez, à la garde de Dieu, puisqu’il le faut ; mais, avant, je veux partager avec vous ce qu’il y a de meilleur dans l’héritage de mes parents.
Et elle vous emmène jusque dans sa chambre. Que voulez-vous faire ?
🙂La suivre, après tout, si elle veut une avance sur la nuit de noces, qui êtes-vous pour lui refuser, allez au paragraphe 5.
🙂Lui dire que vous ne mangez pas de ce pain-là et qu'il lui faudra attendre le mariage pour vous découvrir, allez au paragraphe 8.
PARAGRAPHE 2
Vous vous rendez donc au bord de la mer, chez un batelier, qui vous conduit à l’île du Lok.
Vous trouvez sans peine l’étang placé au milieu de cette île, et qui est entouré de gazons marins à fleurs roses. Alors que vous en faites le tour, vous apercevez, vers une des extrémités, à l’ombre d’une touffe de genêts, un canot couleur de mer qui flotte sur les eaux dormantes. Ce canot a la forme d’un cygne endormi, la tête sous son aile.
A demain pour la suite de vos aventures.
PARAGRAPHE 3
Bellah vous conduit à son armoire et en tire une clochette, un couteau et un bâton.
– Ces trois reliques, vous dit-elle, ne sont jamais sorties de la famille. Voici d’abord les deux clochettes de saint Kolédok ; elle sont reliées entre elles et ont un son qui se fait entendre, quelle que soit la distance, et qui avertit nos amis des périls que nous courons. Le couteau a appartenu à saint Corentin, et tout ce qu’il touche échappe aux enchantements des magiciens ou du démon. Enfin, le bâton est celui que portait saint Vouga, il vous conduit où vous voulez aller. Je vous donne le couteau pour vous défendre des maléfices, une clochette pour me faire connaître vos dangers, et je garde le bâton pour vous rejoindre si vous avez besoin de moi.
Vous la remerciez, pleurez un peu avec elle, comme il le faut toujours quand on se sépare. Que comptez-vous faire ?
🙂 Aller vers les montagnes des Monts d'Arrée, rendez-vous au paragraphe 9.
🙂 Aller au sud vers la Cornouaille et sa côte, rendez-vous au paragraphe 6.
PARAGRAPHE 4
Vous vous emportez.
– Bellah, comment vouliez-vous que je réagisse alors que je vous annonce que je pars et que vous m'amenez jusqu'à votre couche !
Votre promise vous regarde et continue de sourire avec des larmes dans les yeux au rappel de votre départ. Cela a pour effet de calmer immédiatement votre colère.
– Je ne vous ai pas amené jusqu'à ma couche, dit-elle. Simplement jusqu'à ma chambre !
Elle vous conduit à son armoire et en tire deux clochettes, un couteau et un bâton.
– Ces trois reliques, vous dit-elle, ne sont jamais sorties de la famille. Voici d’abord les deux clochettes de saint Kolédok ; elle sont reliées entre elles et ont un son qui se fait entendre, quelle que soit la distance, et qui avertit nos amis des périls que nous courons. Le couteau a appartenu à saint Corentin, et tout ce qu’il touche échappe aux enchantements des magiciens ou du démon. Enfin, le bâton est celui que portait saint Vouga, il vous conduit où vous voulez aller. Je vous donne le couteau pour vous défendre des maléfices, une clochette pour me faire connaître vos dangers, et je garde le bâton pour vous rejoindre si vous avez besoin de moi.
Vous la remerciez, pleurez un peu avec elle, comme il le faut toujours quand on se sépare. Que comptez-vous faire ?
🙂 Aller vers les montagnes des Monts d'Arrée, rendez-vous au paragraphe 9.
🙂 Aller au sud vers la Cornouaille et sa côte, rendez-vous au paragraphe 6.
PARAGRAPHE 5
Alors que Bellah vous amène dans sa chambre, le sang vous chauffe et vous l'embrassez amoureusement dans le cou. Elle vous repousse gentiment. Visiblement, elle n'a pas envie d'une nuit de noces prématurée. Vous vous le tenez pour dit.
– Que vous êtes bête Houarn ! vous dit-elle avec un sourire amusé devant ce que vous vous étiez imaginé. Je devrais être déçue que vous ayez si peu d'opinion à mon égard. Mais je vous aime trop pour vous faire rancune.
Vous voilà bien honteux ! Que souhaitez-vous faire ?
🙂 Partir sur le champ pour garder la tête haute et votre fierté, allez au paragraphe 7.
🙂 Vous disputez avec votre promise pour lui montrer que vous n'êtes pas du genre à vous laisser marcher sur les pieds, allez au paragraphe 4.
🙂 Ne pas insister et attendre de voir ce qu'elle veut, allez au paragraphe 3.
PARAGRAPHE 6
Vous descendez plein sud, jusqu’à la côte, et arrivez à Pont-Aven, qui est une jolie ville bâtie sur une rivière bordée de peupliers.
Là, comme vous vous asseyez à la porte de l’auberge, vous entendez deux saulniers qui causent en chargeant leurs mules et parlent de la Groac’h de l’île du Lok. Vous demandez ce que c’est ; ils vous répondent que l’on donne ce nom à une fée qui habite le lac de la plus grande île de l'archipel des Glénans, aussi riche, à elle seule, que tous les rois réunis. Bien des gens sont allés déjà dans l’île pour s’emparer de ses trésors, mais aucun n’est revenu.
– Je vais essayer à mon tour afin de tenter l’aventure, dites-vous aux saulniers.
Ces derniers tentent de vous en dissuader. Ils ameutent même tous les passants autour de vous en criant que des chrétiens ne peuvent laisser ainsi un homme courir à sa perte.
Vous remerciez de l’intérêt qu’on vous montre, et vous déclarez prêt à abandonner votre projet si l’assistance alentours accepte une quête dont le produit vous permettrait d’acheter une petite vache et un pourceau maigre. A cette proposition, les muletiers et tous les autres se retirent, en répétant que vous êtes un entêté et qu’il n’y avait aucun moyen de vous retenir.
Allez au paragraphe 2.
PARAGRAPHE 7
Vous voilà sur la route, quelle direction souhaitez-vous prendre ?
🙂 Aller vers les montagnes des Monts d'Arrée, rendez-vous au paragraphe 9.
🙂 Aller au sud vers la Cornouaille et sa côte, rendez-vous au paragraphe 6.
PARAGRAPHE 8
– Moi ? dites-vous. Avec vous dans votre chambre ? Mais pour qui me prenez-vous ? Je ne suis pas de ces gaillards qui « goûtent la viande sans l'avoir achetée ». Je vous prenais pour une fille honorable Bellah. Me voilà bien déçu !
– Que vous êtes bête Houarn ! vous répond-elle avec un sourire amusé devant ce que vous vous êtiez imaginé. C'est moi qui devrait être déçue que vous ayez si peu d'opinion à mon égard. Mais je vous aime trop pour vous faire rancune.
Vous voilà bien honteux ! Que souhaitez-vous faire ?
🙂 Ne pas insister et partir sous le coup de la colère et de la déception, allez au paragraphe 7.
🙂 Ne pas insister et attendre de voir ce qu'elle veut, allez au paragraphe 3.
PARAGRAPHE 9
Vous prenez la direction des monts d'Arrée, les « montagnes » du centre Bretagne. C'est une région si pauvre que dans tous les villages où vous passez, vous êtes poursuivi par des mendiants qui, parce que vos braies à vous sont entières, vous prennent pour un seigneur.
– Par ma foi, pensez-vous, ceci est un pays où je vois plus d’occasion de dépenser que de faire fortune : allons plus loin.
Vous descendez plein sud, jusqu’à la côte, et arrivez à Pont-Aven, qui est une jolie ville bâtie sur une rivière bordée de peupliers.
Là, comme vous vous asseyez à la porte de l’auberge, vous entendez deux saulniers qui causent en chargeant leurs mules et parlent de la Groac’h de l’île du Lok. Vous demandez ce que c’est ; ils vous répondent que l’on donne ce nom à une fée qui habite le lac de la plus grande île de l'archipel des Glénans, aussi riche, à elle seule, que tous les rois réunis. Bien des gens sont allés déjà dans l’île pour s’emparer de ses trésors, mais aucun n’est revenu.
– Je vais essayer à mon tour afin de tenter l’aventure, dites-vous aux saulniers.
Ces derniers tentent de vous en dissuader. Ils ameutent même tous les passants autour de vous en criant que des chrétiens ne peuvent laisser ainsi un homme courir à sa perte.
Vous remerciez de l’intérêt qu’on vous montre, et vous déclarez prêt à abandonner votre projet si l’assistance alentours accepte une quête dont le produit vous permettrait d’acheter une petite vache et un pourceau maigre. A cette proposition, les muletiers et tous les autres se retirent, en répétant que vous êtes un entêté et qu’il n’y avait aucun moyen de vous retenir.
Allez au paragraphe 2.