19/10/2025
Nous avons rendu hommage à Samuel Paty et Dominique Bernard ce matin au siège de l'association. Nous n'oublions pas .....
Discours de la présidente.
Aujourd’hui, nous sommes réunis pour parler d’un mot simple, mais essentiel : la liberté. Ce mot, qui résonne dans nos cœurs et nos consciences, est le socle de notre République.
Elle s’incarne dans le droit de penser, de s’exprimer, d’enseigner, de croire ou de ne pas croire. Mais cette liberté, si précieuse, n’est jamais acquise définitivement. Elle se défend, se cultive, parfois au prix du sang.
Mais cette liberté, Samuel Paty l’a payée de sa vie.
Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie, est devenu malgré lui un symbole de cette lutte. En octobre 2020, il a été assassiné pour avoir simplement exercé son métier : enseigner la liberté d’expression à ses élèves, en leur montrant des caricatures dans le cadre d’un cours sur la laïcité. Ce geste pédagogique, encadré et réfléchi, visait à éveiller les consciences, à ouvrir le débat, à former des citoyens éclairés.
Son meurtre a bouleversé la France. Il a révélé à quel point la liberté peut être menacée par l’obscurantisme, la haine et l’intolérance. Mais il a aussi suscité une vague d’émotion, de solidarité, et de réaffirmation des valeurs républicaines. Des milliers de voix se sont élevées pour dire : « Nous sommes tous Samuel Paty. »
La liberté ne peut survivre sans le courage de ceux qui la défendent. Enseigner, aujourd’hui, est un acte de résistance. C’est transmettre non seulement des savoirs, mais aussi des principes, des repères, une capacité à penser par soi-même. C’est refuser la peur, refuser le silence.
En honorant la mémoire de Samuel Paty, nous honorons tous les enseignants qui, chaque jour, font vivre la liberté dans leurs classes. Nous rappelons que la liberté d’expression n’est pas un luxe, mais une nécessité. Et que face à la barbarie, notre meilleure arme reste l’éducation.
Dominique Bernard n’est pas tombé par hasard. Il est tombé parce qu’il enseignait. Parce qu’il croyait en la puissance des mots, en la liberté de penser, en l’école comme rempart contre l’obscurantisme. Il est tombé parce qu’il incarnait ce que les fanatismes haïssent : la transmission, la nuance, le courage tranquille.
Son assassinat n’est pas une tragédie isolée. C’est une attaque contre ce que nous sommes, contre ce que nous voulons rester : une société éclairée, debout, solidaire. Et si nous baissons les yeux, si nous nous contentons de commémorer sans agir, alors nous trahissons sa mémoire.
Dominique Bernard a résisté. Il a protégé ses élèves. Il a fait front. À nous maintenant de prolonger ce geste. Par l’éducation, par la vigilance, par le refus des compromissions. Par le soutien indéfectible à celles et ceux qui enseignent, souvent dans l’ombre, parfois dans la peur, toujours avec dignité.
Ne laissons pas son nom s’effacer dans le marbre froid des hommages officiels. Qu’il vive dans nos luttes, dans nos choix, dans notre exigence. Dominique Bernard est mort en homme libre. Soyons dignes de lui. Soyons dignes d'eux !