31/05/2026
Un bras de fer (Ouest-France du 27 mai 2026) dans les vallées des traouïero ?
Il ne faut pas se tromper de responsables.
Si le trail devait comporter un passage dans les vallées, alors la solution était simple : solliciter d’abord les autorisations nécessaires en fonction des lieux. C’est précisément le rôle d’une municipalité à laquelle les organisateurs se sont adressé pour anticiper ce type de difficulté. Mais ils ne savaient pas que le maire ne veut pas respecter ses engagements signés par Yvon Bonnot au nom de la ville de Perros-Guirec en 1989. Des propriétaires l’ont simplement rappelé.
Préserver cette vallée, ce n’est pas être contre le sport ou une cause humanitaire, mais simplement reconnaître qu’un lieu fragile, exceptionnel et déjà très sollicité ne peut pas absorber indéfiniment une fréquentation toujours plus importante sans conséquences. Et par ailleurs, c’est une enclave de calme pour ceux qui veulent échapper à la foule sans cesse croissante du bord de mer. Un des rares endroits où il est interdit de se presser afin de pouvoir observer. Un luxe inouï qui ne supporte pas d’exceptions !
Ce ne sont pas les propriétaires qui ont défini seuls les règles de fréquentation : c’est d’abord le Conseil Départemental des Côtes d’Armor en 1989. C’est lui qui a proposé qu’il y ait un parcours pour les cavaliers et un autre pour les promeneurs (c’est le mot qui est employé dans la convention). Ensuite, les deux communes se sont chargées de faire respecter les règles de fréquentation des chemins. De leur côté, les propriétaires se sont engagés à laisser circuler promeneurs et cavaliers sur les chemins répertoriés.
Pendant des décennies, le système a fonctionné et les conventions ont été respectées spontanément par les usagers. Mais ces dernières années, pour développer le tourisme, Perros-Guirec a fait la publicité des vallées et surtout a organisé leur fréquentation de plus en plus anarchique (trails, VTT, coureurs, monétisation des vallées, etc.). Tout le monde constate maintenant que ça devient du n’importe quoi, ce qui dégrade cet endroit. Pourtant, les propriétaires cherchent depuis plusieurs années des interlocuteurs pour résoudre ce problème. Personne.
Alors quand Erven Léon est arrivé avec son grand projet touristique, son million de visiteurs à faire venir dans les vallées et le Conservatoire du Littoral pour financer le rachat et une mise au propre des vallées selon les visions marketing et publicitaires de son paysagiste attitré, les propriétaires ont effectivement vu rouge (et pas Roz®).
La morale de cet épisode : s’adresser uniquement à Erven Léon, c’est parler dans le vide. Il a fallu alerter l’association en question, la préfecture, les média, les réseaux sociaux, etc. pour obtenir que la convention de 1989 soit respectée, et encore pas par lui. En effet, Erven Léon, après avoir écrit aux propriétaires que le trail ne passerait pas dans les vallées, apporte maintenant son soutien aux trailers (Le Trégor du 21 mai 2026) ! Comprenne qui pourra. La seule chose dont on puisse être sûr, c’est que dans la bouche d’Erven Léon, la parole publique suscite la défiance.
Pourtant, les propriétaires, les habitants et les associations attendent une chose simple : que les déclarations du maire soient fiables et cohérentes. Car on sent bien qu’il est prêt à nous sacrifier tous sur l’autel de son très cher tourisme, maintenant qu’il est vice-président de LTC en charge justement … du tourisme.