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Association Les Papillons L'association Les Papillons entend lutter contre toutes les formes de maltraitances faites aux enfant

La loi dite intégrale a été adoptée en première lecture à l'assemblée nationale. Je veux d’abord saluer cette avancée. P...
15/10/2026

La loi dite intégrale a été adoptée en première lecture à l'assemblée nationale. Je veux d’abord saluer cette avancée. Pour les femmes victimes de violences, ce texte ouvre des perspectives indispensables : une justice mieux organisée, des parcours de victimes mieux accompagnés, une reconnaissance plus forte des violences. Ces avancées sont nécessaires. Elles sont le fruit de combats, de colères et de paroles que l’on n’a plus réussi à faire taire.

Mais je suis aussi un homme qui connaît le prix du silence. Un enfant qui a appris trop tôt que les adultes pouvaient ne pas voir. Un président d’association qui, chaque semaine, reçoit les mots de ceux qui n’arrivent pas à dire.
Alors je regarde ce texte avec espoir. Et avec lucidité.

Oui, l’entretien individuel obligatoire des élèves pour repérer les violences est une avancée majeure. Oui, désigner un adulte référent dans chaque établissement, mieux protéger les enfants victimes d’exploitation se****le, renforcer leur accompagnement et leur accès aux soins, ce sont des pas dans la bonne direction.

Mais ne confondons jamais une porte ouverte avec un enfant mis en sécurité. Faire parler un enfant sans avoir les moyens de le protéger, c’est risquer de lui faire vivre une seconde trahison. Qui écoutera sa parole ? Qui saura reconnaître un appel au secours derrière quelques mots maladroits ? Qui agira ? Avec quels moyens, quels professionnels, quelle continuité dans la protection ?

Un référent sur le papier ne suffit pas. Un entretien obligatoire ne suffit pas. Une loi, même ambitieuse, ne suffit pas si les moyens humains ne suivent pas et si la parole recueillie ne déclenche pas une réponse adaptée.

Je le dis sans nier les avancées : la protection de l’enfance doit être plus qu’un chapitre d’une loi fusse-t-elle intégrale ! Elle doit devenir une priorité qui ne recule jamais devant les contraintes budgétaires, les habitudes administratives ou le confort des institutions.

Je salue ce qui avance. Je refuse de taire ce qui manque. Les enfants ne demandent pas une loi parfaite. Ils ont besoin d’adultes qui ne les abandonnent plus. Ils ont besoin d'être notre priorité.

Il y a des combats qui ne peuvent pas se mener uniquement derrière un bureau. Il faut aller à la rencontre. Regarder les...
13/10/2026

Il y a des combats qui ne peuvent pas se mener uniquement derrière un bureau. Il faut aller à la rencontre. Regarder les gens. Leur parler. Et parfois, simplement, leur donner les mots qui leur manquaient pour comprendre.

Hier, j'étais à Balma, près de Toulouse, sur le site d'AXA, pour parler du harcèlement scolaire. Il y a quelques mois, j'étais sur le site de Pessac. Deux rencontres, une même conviction : informer, c'est déjà protéger.

Sur cette photo, il y a quelques lignes de mon introduction. Mais derrière ces mots, il y a des enfants qui ont peur d'aller à l'école. Des enfants qui sourient pour cacher leurs blessures. Des enfants qui se taisent parce qu'ils ne savent pas comment raconter l'indicible. Et des adultes qui, parfois, n'ont jamais appris à reconnaître ce silence.

Alors je parle. Je raconte. Je transmets. Pas pour donner des leçons, mais pour ouvrir les yeux. Pour qu'un jour, un regard s'att**de, qu'une question soit posée, qu'une main se tende avant qu'il ne soit trop t**d.

C'est aussi cela, pour moi, le mécénat. Une entreprise nous donne les moyens d'agir. Je ne veux pas seulement recevoir. Je veux rendre. Être utile en retour. Partager ce que mon histoire, mon engagement et les milliers de paroles recueillies par Les Papillons m'ont appris.

Hier, il y a eu de l'écoute, des questions, des échanges sincères. Et cette émotion particulière qui naît lorsque les consciences s'éveillent, lorsque les certitudes vacillent, lorsque l'on comprend que derrière un comportement, un silence ou une souffrance, il y a peut-être un enfant qui appelle au secours.

Si une seule personne repart avec un regard différent, si un seul enfant est mieux compris, alors ces heures ont déjà du sens. Parce que protéger les enfants ne commence pas le jour où l'on découvre le pire. Cela commence bien avant. Cela commence quand on accepte enfin de regarder.

Merci aux équipes d'AXA Balma pour ce beau moment de partage. Et merci de faire de ce mécénat bien plus qu'un soutien : une rencontre, une transmission, une force qui circule.

Il y a des moments où l’on sait que quelque chose est en train de basculer. C'est ce moment Je reviens de Paris. Deux jo...
08/10/2026

Il y a des moments où l’on sait que quelque chose est en train de basculer. C'est ce moment

Je reviens de Paris. Deux jours de rendez-vous.
Deux jours de discussions. Deux jours à entendre des mots qui, parfois, vous obligent à mesurer le chemin parcouru. Je ne peux pas encore tout vous raconter. Pas maintenant. Mais je peux vous dire une chose :
ce qui arrive pour Les Papillons est immense.

À partir de novembre, puis pendant plusieurs mois, vous allez entendre parler de nous comme jamais auparavant. Des opérations majeures.
Des engagements puissants. De nouveaux mécènes. Des partenaires qui vont nous permettre d’aller beaucoup plus loin. Et surtout… une visibilité que nous n’avons encore jamais connue.

Je pourrais vous parler de chiffres, de projets, de noms. Mais ce n’est pas cela qui me bouleverse le plus. Ce qui me bouleverse, c’est ce que tout cela va permettre. Pour l'association et donc et surtout, pour les enfants, pour que leurs silences se fissurent.

Quand on a commencé Les Papillons, nous avions une idée. Aujourd’hui, cette idée est en train de devenir quelque chose de beaucoup plus grand que nous. Et, pour moi, personnellement, il y a quelque chose de vertigineux à regarder ce chemin.

Parce que derrière chaque boîte, derrière chaque courrier, derrière chaque enfant, il y a une raison pour laquelle je continue. Alors oui… Je suis fier, terriblement fier. Mais surtout, je suis reconnaissant.

À celles et ceux qui nous font confiance depuis le début. À celles et ceux qui viennent de nous rejoindre. À celles et ceux qui vont bientôt écrire avec nous la suite de cette histoire. Merci.

Merci à nos mécènes. Vous ne financez pas simplement une association. Vous nous donnez les moyens de continuer à changer des destins.

Bientôt, vous comprendrez pourquoi j'ai écrit ce post et, vous n’êtes pas prêts. Moi, je sais. Et ce qui arrive pour les Papillon va être immense.

J’ai beaucoup pensé aux derniers mots de Judith Godrèche, à cette idée simple, mais terriblement dérangeante : une victi...
05/10/2026

J’ai beaucoup pensé aux derniers mots de Judith Godrèche, à cette idée simple, mais terriblement dérangeante : une victime n’est pas une victime parfaite.

Et moi, je le sais. Parce que j’ai longtemps cru qu’il fallait être irréprochable pour avoir le droit de parler. Ne pas être en colère. Ne pas se tromper. Ne pas avoir de failles. Comme si la souffrance nous obligeait à devenir meilleurs que les autres. Comme si la moindre imperfection pouvait effacer ce qu’on nous avait fait.

Mais une victime reste un être humain. Elle peut être en colère. Contradictoire. Se tromper. Avoir honte. Avoir aimé malgré tout. Avoir pardonné.
Ne jamais pardonner. Elle peut même ne pas comprendre elle-même ce qu’elle a vécu.
Et rien de tout cela ne change ce qui lui est arrivé.

J’ai mis des années à comprendre que survivre ne ressemble pas à ce que les autres imaginent.
On ne sort pas d’une violence avec un mode d’emploi. On avance comme on peut. Parfois debout. Parfois en morceaux. Parfois avec une colère immense. Parfois en faisant semblant de ne plus avoir mal.

Pourquoi demande-t-on tant aux victimes pour leur accorder ce que nous devrions leur donner sans condition : le droit d’être crues, écoutées et protégées ? Un enfant victime n’a pas à être sage pour mériter notre attention. Une femme victime n’a pas à être parfaite pour mériter notre écoute. Un homme victime n’a pas à être fort pour avoir le droit de dire qu’il a souffert.

La victime parfaite n’existe pas. Et heureusement. Parce que derrière chaque victime, il n’y a pas un symbole. Il y a un être humain, avec ses cicatrices, ses contradictions, sa colère, ses silences. Et parfois, après des années de survie, son immense courage de dire enfin : moi aussi.

Alors cessons de chercher la victime parfaite.
Écoutons simplement la victime.

Regardez bien ce titre. Et maintenant, regardez autour de vous :  votre enfant, votre petit-fils. Votre élève, l'enfant ...
02/10/2026

Regardez bien ce titre. Et maintenant, regardez autour de vous : votre enfant, votre petit-fils. Votre élève, l'enfant que vous accompagnez au sport, celui que vous confiez à une nourrice, celui qui va au catéchisme ou qui dort chez son meilleur ami, sa famille...

À qui le confions-nous, vraiment ? Cette question me brûle. Parce qu’un nouveau faits divers vient de tomber. Encore. Un couple. Une assistante maternelle. Des enfants. Des violences se****les.
Hier c'était le principal d'un collège. La semaine dernière, un animateur périscolaire. Demain un prêtre, un entraîneur, un parent, un frère.... Partout où il y a des enfants, il y a un agresseur en puissance.

Et c’est cela que nous refusons de regarder en face. Nous cherchons le monstre. Nous imaginons qu’il doit avoir un visage, une attitude, quelque chose qui devrait nous alerter. Mais le monstre a tous les visages. Le visage de celui que tout le monde apprécie, de celui à qui l’on dit bonjour chaque matin, à qui l’on confie son enfant les yeux fermés.

Je ne dis pas qu’il faut avoir peur de tout le monde. Je dis que nous devons enfin avoir peur de notre aveuglement. Combien d'articles faudra-t-il encore lire ? Combien d’enfances faudra-t-il encore briser ? Combien de vies faudra-t-il encore réparer ? Qu’est-ce qui ne va pas chez nous pour que les violences se****les faites aux enfants soient à ce point partout… et que nous continuions à les regarder comme des faits divers ?

Je n’ai pas la réponse. Mais après 30 ans de silence, je sais une chose : le silence protège toujours mieux les agresseurs que les enfants.
Alors ne faites pas que lire mon texte. Regardez autour de vous. Écoutez les enfants.

Et demandez-vous enfin ce que nous sommes prêts à faire pour qu’ils soient réellement en sécurité.

Ils commencent à arriver. D’abord quelques-uns. Puis davantage. Puis chaque jour un peu plus.Les courriers Papillons.Et ...
30/09/2026

Ils commencent à arriver. D’abord quelques-uns. Puis davantage. Puis chaque jour un peu plus.
Les courriers Papillons.

Et cette année encore, ils arrivent plus tôt. Et cette année encore, ils sont plus nombreux que l’année dernière. Le mois de septembre n’est même pas terminé. Les sensibilisations continuent dans les écoles. Les boîtes s’installent. Les enfants découvrent qu’ils peuvent écrire. Alors, ils écrivent.

Ils écrivent ce qu’ils n’arrivent pas à dire, ce qu’ils gardent enfoui, ce qui leur fait mal, ce qui leur fait peur. Ils écrivent ce qu’un adulte n’a pas vu, ce qu’ils n’ont jamais osé raconter. Certains courriers sont terribles. D’autres semblent, en apparence, moins graves. Mais il n’y a pas de petit mot.

Parce que derrière chaque courrier, il y a un enfant. Un enfant qui, parfois après des semaines ou des mois de silence, trouve enfin le courage de déposer quelques mots dans une boîte. Un enfant qui nous fait confiance.

Alors oui, on peut nous critiquer. On peut nous attaquer. On peut chercher à nous empêcher de nous déployer. L’Éducation nationale peut dresser autant d’obstacles qu’elle le souhaite. Notre meilleure réponse n’est pas dans les polémiques. Elle n’est pas dans les communiqués. Elle n’est même pas dans nos discours.

Elle est là. Dans tous ces mots qui arrivent chaque jour. Dans ces écritures parfois tremblantes. Dans ces phrases qui traversent le silence pour venir jusqu’à nous. Notre meilleure réponse, ce sont eux. Ces enfants qui écrivent parce qu’ils ont compris qu’ici, quelqu’un les lira.

Alors nous continuerons. Nous lirons. Et nous agirons. Parce qu’une confiance d’enfant, ça ne se commente pas. Ça se mérite.

Et ça ne se trahit jamais.

On apprend que le principal adjoint d'un collège de Maurepas a été mis en examen au printemps pour le viol présumé d’un ...
28/09/2026

On apprend que le principal adjoint d'un collège de Maurepas a été mis en examen au printemps pour le viol présumé d’un élève de 14 ans et pour détention d’images pédopornographiques. Les faits de viol visés par l’enquête concernent 2025 et 2026.

Et pendant ce temps, l’Éducation nationale nous explique comment elle va libérer la parole des enfants victimes. Le ministre nous prévient que les résultats de son questionnaire pourraient être « sismiques », parce que le phénomène est massif.

Mais moi, je pose une question. Le séisme, il est où ? À Maurepas ? Dans cet enfant de 14 ans ?
Dans tous ceux qui, partout en France, subissent des violences se****les ? Le séisme est déjà là.
Et pendant que certains directeurs et directrices académiques cherchent comment empêcher l'association Les Papillons de se déployer, nos boîtes aux lettres essaient, elles, d’endiguer ce séisme.

Depuis la rentrée, les sensibilisations qui accompagnent le déploiement de notre dispositif se poursuivent commencent. Et les mots arrivent. De plus en plus. Y compris des endroits où des inspecteurs académiques avaient déployé des trésors de mensonges et de diffamations pour nous empêcher de tendre la main aux enfants.

Alors je pose une deuxième question : En nous empêchant d’agir, qui l’Éducation nationale croit-elle protéger du séisme ? Les enfants ? Ou les adultes ? Parce que pendant qu’on discute de questionnaires, de procédures et de la manière de faire parler les enfants, eux nous écrivent déjà.
Ils écrivent ce qu’ils vivent, ce qu’ils subissent. Ils écrivent ce qu’ils n’ont jamais réussi à dire.

Le séisme n’attend pas novembre. Il est déjà dans les écoles. Il est déjà dans les vies.
Et nos boîtes aux lettres Papillons ne cherchent pas à le créer. Elles cherchent à empêcher qu’il emporte encore des enfants.

Bienvenue en France, Saint-Père. Que votre avion soit béni. Que vos discours soient beaux. Que les cloches de Nôtre Dame...
25/09/2026

Bienvenue en France, Saint-Père. Que votre avion soit béni. Que vos discours soient beaux. Que les cloches de Nôtre Dame sonnent. Que les caméras soient allumées. Et surtout… que personne ne vienne troubler la fête.

Car vous arrivez dans un pays où une Commission indépendante a estimé à 330 000 le nombre de personnes victimes de violences se****les dans l’Église alors qu’elles étaient mineures depuis 1950.

330 000..... Des enfants. Des enfances volées Des vies brisées. Des silences. Des familles.
216 000 victimes lorsqu’on ne compte que les prêtres et les religieux. 330 000 en intégrant les laïcs liés à l’Église.

Et derrière ces chiffres, il y a des prénoms. Des visages. Des corps d’enfants désarticulés. Et des adultes qui, parfois soixante ans plus t**d, tremblent encore en prononçant le mot « Église »
Alors, Saint-Père, soyez le bienvenu. Vous pourrez prier à Notre-Dame. Prier à Lourdes, prier avec les jeunes, avec les évêques.
Mais peut-être faudrait-il aussi écouter ceux qui n’ont jamais été entendus.

L’Église de France a reconnu en 2021 sa responsabilité institutionnelle et la dimension systémique des violences. Elle a reconnu que certains fonctionnements avaient permis qu’elles se perpétuent et empêché qu’elles soient dénoncées et sanctionnées.

Alors ma prière, aujourd’hui, sera simple :
Que la vérité ne soit plus une menace. Que la reconnaissance ne soit plus une bataille. Que la justice ne soit plus une faveur. Que la réparation ne soit plus un parcours du combattant. Et que la protection des enfants passe enfin avant la protection de l’institution. Amen ? Non. Pas encore. Parce qu'une prière ne réparera jamais ce que le courage, la justice et la vérité n'auront pas réparé.

Bienvenue en France, Saint-Père.
Ici, les cloches sonnent. Mais sous les cloches, il y a encore des voix. Et certaines attendent toujours qu’on les entende.

"60 milliards engloutis par les associations ». Ce  titre transforme le monde associatif en gouffre financier. Mais derr...
23/09/2026

"60 milliards engloutis par les associations ». Ce titre transforme le monde associatif en gouffre financier. Mais derrière les chiffres, il y a des missions d’intérêt général, des bénévoles, des salariés, des enfants.

Faisons donc un peu de journalisme. Du vrai !
L’Inspection générale des finances a recensé 53 milliards d’euros de financements publics aux associations en 2023. Mais ce chiffre ne correspond pas à 53 milliards de « subventions » : il inclut notamment des financements des collectivités, des opérateurs de l’État, de la commande publique et des dépenses fiscales. 49 % provenaient des collectivités territoriales. Le secteur associatif représente 1,9 million de salariés et près de 13 millions de bénévoles.
Alors cessons de présenter indistinctement les associations comme de l’argent « englouti ».

Et je ne parle pas pour pour défendre l'association Les Papillons. Depuis sa création, nous avons choisi de ne pas dépendre des subventions publiques. En 2026, elles représentent moins de 3 % de notre budget. Et ce sera encore moins en 2027. Notre indépendance est un choix assumé. Parce que lorsque les finances publiques se tendent, les associations sont souvent parmi les premières à subir les coupes.

Je ne défends donc pas mon association. Je défends les associations. Celles qui font vivre le sport, la culture, le social, la solidarité, la protection de l’enfance, l’insertion, le handicap, l’environnement... Celles qui emploient des salariés et prennent en charge des missions d’intérêt général, parfois là où les politiques publiques ne suffisent plus.

Aux Papillons, nous employons notamment des psychologues et faisons vivre près de 600 boîtes aux lettres. Nous recueillons la parole des enfants et agissons lorsqu’elle révèle une situation préoccupante.

Regardons les chiffres. Mais surtout, regardons ce qu’il y a derrière. Une association n’« engloutit » pas forcément de l’argent. Elle transforme des moyens en action.

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer. Et aujourd’hui, je pense à ma mère que ce...
21/09/2026

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer. Et aujourd’hui, je pense à ma mère que cette maladie a emporté.

Je pense à une phrase. Une phrase prononcée quelques jours seulement après que j’ai enfin libéré ma parole, après trente années de silence.
« Je te crois. Parce que je m’en suis toujours douté. » Cette phrase aurait pu être un soulagement. Elle a été un cataclysme.

Parce que si elle s’en était douté, pourquoi ne m’avait-elle pas protégé ? Pourquoi ? Je venais de parler. Et soudain, je découvrais qu’elle avait toujours su. La colère est arrivée, immense.
Une colère à laquelle je n’ai jamais pu demander de réponse.

Parce que quelques jours plus t**d, Alzheimer a emporté une immense partie de sa mémoire.
En une nuit, ma mère est retournée à l’époque où j’avais deux ans, une époque où rien de tout cela ne m’était encore arrivé. Et dans cette mémoire qui reculait, année après année, j’ai forcément été le premier à disparaître.

Je suis resté avec ma colère, avec mes questions, avec cette phrase. Et puis mon action avec l'association Les Papillons a tout apaisé. Alors, quelques mois avant sa mort, je suis allé la voir dans le centre spécialisé où elle vivait.
Elle ne savait plus qui j’étais. Mais je me suis approché d’elle. Et je lui ai murmuré à l’oreille que je ne lui en voulais plus parce que j'avais fait quelque chose de tout ça.

Je ne savais pas si mes mots arrivaient encore quelque part. Mais j'avais besoin de boucler cette boucle. Puis, lentement sa main est montée. Elle est venue se poser sur ma joue. Les infirmières qui étaient là m’ont regardé.
Elles m’ont dit qu’elle n’avait jamais fait ça.
Jamais.

Alors je me suis accroché à ce geste. Pour la première fois depuis longtemps, je n’ai plus eu besoin de réponse.
J’ai simplement posé ma joue contre sa main.
Et j’ai laissé ma mère me toucher. Peut-être qu’elle ne savait plus qui j’étais. Peut-être que, quelque part au fond de son brouillard, elle le savait encore. Je veux croire que oui.

Ma mère est morte d’Alzheimer. Mais j’aime penser qu’au milieu de tout ce que la maladie lui avait volé… il restait peut-être encore un endroit où elle savait que j’étais son fils

Adresse

33 Boulevard De L'atelier
Perpignan
66240

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