05/08/2026
Le Héron pourpré dans les Pyrénées-Orientales
Les premiers migrateurs sont régulièrement notés sur le littoral au cours de la deuxième quinzaine de mars. Compte tenu de la propension du héron pourpré à migrer de nuit, les passages détectés ne concernent qu’un petit nombre d’individus souvent observés à l’unité ou en petits groupes. Les premiers mouvements de retour peuvent être observés dès juillet et les derniers nous quittent en septembre et quelques rares ret**dataires prolongent leur séjour jusqu’en en octobre voire novembre. Il s’agit, à cette époque, pour la plupart, d’oiseaux de première année. Lors des passages, de petits groupes d’oiseaux sont parfois aperçus en mer notamment face aux caps de la côte rocheuse. D’autres, peu nombreux, n’hésitent pas à franchir les Pyrénées par la Cerdagne.
Le Héron pourpré a niché au cœur des dernières grandes phragmitaies, en bordure des étangs de Canet et de Salses et en 1985, la population nicheuse était estimée à 15 à 17 couples. En 2012, grâce à un survol des roselières assuré par la Tour du Valat, 7 nids sont localisés dans les marais du Cagarell en bordure de l’étang de Canet et 5 nids dans les sagnes de Salses/Opoul. Le dernier indice probant pouvant laisser penser à une éventuelle reproduction est recueilli en bordure de l’étang de Canet en 2016. Depuis, malgré des recherches annuelles, il semble que ce héron ne se soit plus reproduit localement. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer cette disparition Il semble bien que la cause principale soit la lente dégradation des roselières. En effet, le Héron pourpré est strictement inféodé aux marais d’eau douce permanents, présentant de préférence de vastes roselières à Phragmites australis qui ont tendance à disparaître sous l’effet de plusieurs facteurs : sécheresses répétées, atterrissement, salinisation. Seules des mesures drastiques visant à restaurer ce type de milieu permettra d’envisager un retour de l’espèce.