11/07/2026
Il y a 84 ans, avait lieu le Shabbat noir de Salonique. Salonique abritait la plus importante communauté juive de Grèce. Au début de l’occupation allemande, celle-ci comptait environ 50 000 personnes, soit près de la moitié de la population de la ville.
Le 11 juillet 1942, les autorités allemandes contraignirent 9 000 Juifs de nationalité grecque, âgés de 18 à 45 ans, à se rassembler sur la place de la Liberté (Plateia Eleftherias). Ils y furent enregistrés en vue de leur affectation aux travaux forcés. Tout au long de cette journée, les soldats allemands les humilièrent publiquement et les soumirent à de violents sévices. Parmi eux, environ 2 000 hommes furent envoyés travailler au profit de l’armée allemande.
Pour obtenir leur libération, les autorités d’occupation exigèrent une importante rançon. La communauté juive de Salonique parvint à réunir les fonds nécessaires avec le soutien de la communauté juive d’Athènes. Elle fut également contrainte de céder le vaste cimetière juif de la ville.
En février 1943, les autorités allemandes regroupèrent les Juifs de Salonique dans deux ghettos : l’un situé à l’est de la ville, l’autre dans le quartier du Baron Hirsch, à l’ouest. La concentration de la population juive dans ce dernier secteur, à proximité de la gare, répondait à un objectif précis : préparer les déportations imminentes.
Entre mars et août 1943, plus de 45 000 Juifs de Salonique furent déportés vers le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. La majorité d’entre eux furent assassinés dans les chambres à gaz dès leur arrivée.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, moins de 2 000 Juifs vivaient encore à Salonique. En moins de deux ans, entre 1941 et 1943, cette communauté ancienne, prospère et culturellement florissante avait été presque entièrement anéantie.