03/08/2026
✊Un communiqué d'un des syndicats du Snam: le SAMNA (Snam Nouvelle-Aquitaine)
🟡 Incendies, canicule: les annulations de concerts se succèdent, à une période où le besoin de culture est plus vital que jamais
🟡 Accès garanti à l'activité partielle
🟡 Un plan d'urgence
🟡 Refinancement des dispositifs en faveur de l'emploi
Tout d’abord, le SAMNA-CGT exprime tout son soutien aux sinistré·es et sa profonde reconnaissance envers toutes celles et ceux qui combattent les incendies, portent assistance aux personnes évacuées et organisent la solidarité au plus près des zones touchées.
Depuis plusieurs jours, les feux de forêt qui ont ravagé la région ont entraîné l'annulation en série de festivals et de manifestations culturelles, à la suite de l'arrêté préfectoral du 26 juillet 2026, rédigé comme une interdiction générale des manifestations culturelles et sportives. Cet arrêté a été abrogé le 29 juillet et remplacé par un texte plus précis, tandis que le maire de Bordeaux annonçait avoir obtenu de la préfète le maintien des activités culturelles et sportives dans sa commune. Cette confusion est compréhensible au regard de la situation, mais compromet l'indemnisation des artistes et des technicien·nes.
Si nous ne contestons pas la nécessité d'annuler certaines manifestations dans l'intérêt général, il n'est pas acceptable que les artistes en supportent les conséquences sans compensation.
Pour les musicien·nes, intermittent·es et salarié·es précaires du spectacle, ces annulations signifient la disparition immédiate de revenus déjà fragilisés par des années de politique néolibérale et de restrictions budgétaires, et par la multiplication des épisodes de canicule. Comme les contrats de travail sont souvent signés au dernier moment, ils peuvent être annulés du jour au lendemain, sans recours, sans protection sociale et, dans la plupart des cas, sans accès à l'activité partielle, étant donné que les récents arbitrages du ministère du Travail concernant les saisonniers ne sont pas adaptés aux musicien·nes.
Cette situation s'inscrit dans un contexte budgétaire désastreux pour la culture, conséquence des politiques d'austérité, des cadeaux fiscaux consentis aux grandes entreprises et aux plus riches, ainsi que des réductions de moyens accordés aux collectivités territoriales. Aux incendies s'ajoutent ainsi les violentes coupes dans les subventions aux structures et aux compagnies artistiques, mais aussi la baisse des dotations, voire des prélèvements comme le DILICO, qui frappent les collectivités locales, premiers financeurs du spectacle vivant.
Résultat : les agendas des musicien·nes se vident.
Face à cette situation, le SAMNA-CGT exige :
• l'accès immédiat à l'activité partielle pour tous les contrats de travail impactés, y compris ceux dont l'exécution n'avait pas encore commencé, avec une prise en charge à 100 % par l'État, rétroactive et fondée sur les promesses d'embauche formalisées avant la première canicule ;
• un plan d'urgence régional pour soutenir les festivals, les lieux, les artistes et les technicien·nes touché·es par les annulations liées aux incendies et aux canicules ;
• le refinancement des dispositifs en faveur de l'emploi comme les FONPEPS ou le GIP Cafés-Cultures, afin de limiter les conséquences des destructions d’emploi des musicien·nes.
Les artistes musicien·nes de Nouvelle-Aquitaine ne sont pas des variables d'ajustement des budgets publics ni des aléas climatiques. Leur travail est essentiel à la vie culturelle, sociale et économique de notre région.
Nous rappelons enfin que la CGT revendique un refinancement immédiat des services publics, notamment des services de secours et de lutte contre les incendies.
Fragilisés par des décennies de politique austéritaire et de néolibéralisme, ces services essentiels doivent pourtant aujourd'hui être à la hauteur des besoins de la population et de l'environnement, dans un contexte d'urgence lié au changement climatique.
La CGT Spectacle appelle à la mobilisation du 21 au 26 septembre. Soyons présent·es.
Bordeaux, le 3 août 2026