28/05/2026
Communiqué de « 13onze15-Fraternité & Vérité »
MOHAMED BAKKALI ET LA JUSTICE BELGE ?
Au terme du procès des attentats du 13 novembre qui s'est déroulé du 8 septembre 2021 au 29 juin 2022, Monsieur Mohamed BAKKALI a été condamné en France à 30 ans de réclusion assortis d’une période de sûreté des deux tiers.
Précédemment, il avait été condamné à 25 ans de prison lors de l'attentat du Thalys survenu le 21 août 2015.
Transféré en Belgique en janvier 2023, il bénéficie d'un régime plus favorable : « En raison de son transfert en Belgique, l’exécution de ses peines est régie par la législation belge, de sorte que la peine de sûreté de deux tiers prononcée par la juridiction française n’est pas applicable », décision du Tribunal d'application des peines (TAP de Bruxelles).
Cette décision prise à Bruxelles nous meurtrit, après nous avoir assommés et stupéfaits. Décision cynique, incompréhensible pour nous, association de victimes et de proches de victimes.
Faut-il rappeler le rôle essentiel de Mohammed BAKKALI dans l'organisation des attentats du 13 novembre, dans une tâche implacable de logistique, réalisant le convoyage des auteurs des attentats ?
Ainsi exécutant sa peine en France, sa sortie n'aurait pu être réalisée au mieux qu'en 2035.
Mais par un tour de “passe passe” - encore une fois incompréhensible pour nous- il bénéficie d'un régime aménagé sans aucune mesure avec la gravité des actes commis et jugés en France.
Alors nous posons la question : comment est-ce possible ? Il est relaté dans le jugement que Mr BAKKALI a un comportement satisfaisant en prison en Belgique, en participant à une démarche de justice restaurative.
Mais nous, association de victimes, n'avons pas le même calendrier : cette décision du TAP survient 10 ans et 6 mois après les attentats du 13 novembre. Et pour cause de bonne conduite, il serait libérable après 10 ans de prison (incarcéré le 26 novembre 2015) ? Mais a-t-il parlé lors du procès du 13 novembre ? Lui qui savait tout sur l'organisation de ce funeste et mortifère projet ? Il en a permis l'aboutissement : 130 morts, près de 500 blessés.
Lors du procès V13, plus de 2500 parties civiles étaient présentes. Près de 200 d'entre elles ont témoigné pour raconter l'indicible, la terreur, le "rideau déchiré" de ce qui leur était arrivé le 13 novembre au soir. Et les familles endeuillées ont raconté leur douleur, ce soir là, les jours qui ont suivi, les mois et les années après l'assassinat de leur enfant, frère et sœur, ami, père, mère, ...
Toujours dans leurs propos, douleur et dignité s'opposaient au silence des accusés.
Aujourd'hui, devant cette décision cynique du TAP, le rideau se déchire davantage et nous vacillons malgré notre courage près de 4 ans après l'énoncé du verdict. Nous réfléchissons à la meilleure façon d'agir pour que la décision des juridictions françaises soit exécutée.