21/10/2024
Ces jours-ci, à l ONU à Genève, suivi des droits humains en France par le Comité des Nations Unies. Aujourd'hui, 21 Octobre 2024, place et parole à la société civile.
Le Secours Catholique intervient en écho à son plaidoyer à l'occasion des jeux olympiques et paralympiques : les oubliés de la fête
Le rapport complet est disponible sur le site des Nations Unies :
https://tbinternet.ohchr.org/_layouts/15/treatybodyexternal/Download.aspx?symbolno=INT%2FCCPR%2FCSS%2FFRA%2F59961&Lang=en
Et voici mon intervention lors de la rencontre avec le Comité :
La France vient d’accueillir les Jeux olympiques et paralympiques en s’engageant pour une société plus inclusive. Mais ces Jeux ont mis en évidence la réalité de l’exclusion et ont été un catalyseur de pauvreté : pour les personnes expulsées de leur logement afin de laisser place aux sportifs et touristes, pour les personnes sans abri déplacées vers d’autres lieux et sans solution d’hébergement durable. Et l’on peut s’inquiéter aujourd’hui de ce que sont devenus celles et ceux ayant vécu le « nettoyage social » destiné à soigner l’image de la France et ayant subi des mécanismes de surveillance automatisés de l’espace public restreignant le droit à la libre circulation et stigmatisant certaines populations. Même constat pour les « petites mains » qui au-delà des horaires raisonnables et dans des conditions indignes ont été le révélateur des maux du marché du travail et des injustices qui le traverse.
En conséquence le Secours Catholique - Caritas France attire l’attention des membres du Comité sur les points suivants s’agissant de la France métropolitaine et de l’outre mer :
- Le droit à un hébergement nécessite des moyens conséquents, en particulier l’ouverture de places d’hébergement toute l’année. C’est un premier pas vers l’accès au logement décent et durable conditionné par une politique ambitieuse en la matière.
- Un travail digne suppose une rémunération suffisante et des conditions de travail acceptables. Le retour sur le marché du travail des personnes les plus éloignées de l’emploi doit être facilité par la formation.
- La traite des êtres humains revêt des formes diverses : exploitation au travail, exploitation sexuelle, contrainte à commettre des crimes ou délits, mendicité forcée …Nous demandons la mise en place d’un mécanisme national d’identification, d’orientation et de protection des victimes qui permettra à toute personne ou institution de faire en sorte que les personnes susceptibles d’être victimes de traite soient accompagnées dans le respect de la défense de leurs droits. De nouvelles formes d’emprise par l’usage de drogues et de médicaments sont à prendre en compte.
Nous exprimons notre préoccupation sur l’évolution des politiques concernant les personnes migrantes. Par ailleurs, de nombreux enfants, dont des mineurs non accompagnés, ne sont pas suffisamment protégés malgré les conventions internationales ratifiées par la France. Nous constatons aussi une détérioration de la santé mentale et le manque de moyens pour y faire face.
Enfin, nous rappelons que ce sont les personnes, les populations, et les pays les plus fragiles qui sont le plus impactés par la transition climatique et environnementale, et nous appelons la France à déployer une politique internationale exemplaire dans ce domaine.