Société d'histoire du radicalisme

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Moment d'Histoire :Le grand Victor Hugo écrivait cela si bien..."La formule républicaine a su admirablement ce qu'elle d...
13/10/2026

Moment d'Histoire :

Le grand Victor Hugo écrivait cela si bien...

"La formule républicaine a su admirablement ce qu'elle disait et ce qu'elle faisait; la gradation est irréprochable.

Liberté, Égalité, Fraternité. Rien à ajouter, rien à retrancher.
Ce sont là les trois marches du perron suprême.

La liberté, c'est le droit,

l'égalité, c'est le fait,

la fraternité, c'est le devoir.

Tout l'homme est là...

Les heureux doivent avoir pour malheur les malheureux; l'égoïsme social est un commencement de sépulcre; voulons nous vivre, mêlons nos cœurs, et soyons l'immense genre humain...

Tout ce qui souffre accuse, tout ce qui pleure dans l'individu saigne dans la société, personne n'est tout seul, toutes les fibres vivantes travaillent ensemble et se confondent, les petits doivent être sacrés aux grands, et c'est du droit de tous les faibles que se compose le devoir de tous les forts.

J'ai dit."
Victor Hugo, le droit et la loi. 1875

Moment d’Histoire : La mort de Victor Hugo, un deuil national sous tensionLe 22 mai 1885, Victor Hugo s’éteint dans sa m...
13/10/2026

Moment d’Histoire : La mort de Victor Hugo, un deuil national sous tension

Le 22 mai 1885, Victor Hugo s’éteint dans sa maison parisienne. Avec lui disparaît non seulement un géant de la littérature française, mais aussi le symbole vivant d'un siècle de luttes pour la liberté, la justice et la République. Sa mort déclenche une émotion populaire sans précédent, aboutissant à des funérailles nationales grandioses et à son entrée au Panthéon. Fixée dans la mémoire collective par le célèbre tableau de Léon Bonnat, l’image solennelle du poète sur son lit de mort fige l'instant : la France entière est en deuil.

Un testament spirituel et politique
Jusque dans son trépas, Hugo affirme ses convictions républicaines et sa distance critique vis-à-vis de l’Église catholique. Ses dernières volontés, d'une grande sobriété, résonnent comme un manifeste :

« Je donne cinquante mille francs aux pauvres. Je désire être porté au cimetière dans leur corbillard. Je refuse l’oraison de toutes les églises ; je demande une prière à toutes les âmes. Je crois en Dieu. »

La presse fracturée : Hommage unanime ou fait divers ?
Ces engagements idéologiques mettent immédiatement le feu aux poudres dans la presse de l'époque. Face à cet événement, deux France s'affrontent :

L'hommage à la Une : Une écrasante majorité de titres (Le Figaro, Le Petit Journal, Le Journal des débats, L’Intransigeant, La Justice...) bouleversent leurs éditions pour consacrer leur première page au poète disparu.

Le silence conservateur : À l'inverse, La Croix, L’Univers, Le Temps et Le Constitutionnel minimisent l'événement, reléguant la disparition du grand homme au rang de simple nouvelle ordinaire.

La bataille du Panthéon
La décision du gouvernement de faire du Panthéon — redevenu église Sainte-Geneviève sous le Second Empire — le tombeau de Victor Hugo exacerbe les tensions :

Les partisans de la laïcisation (L’Écho de Paris, L’Intransigeant, Le Siècle) soutiennent avec ferveur la désaffectation de l’édifice pour y accueillir la dépouille laïque du héros.

L'opposition catholique (La Croix, L’Univers, Le Gaulois) mène une véritable croisade contre ce qu'elle perçoit comme une profanation.

Les modérés (Le Figaro, Le Matin, Gil Blas) déplorent quant à eux une décision qu'ils jugent regrettable ou inutilement provocatrice.

L'apothéose et la division
Les funérailles nationales, marquées par la majestueuse veillée funèbre sous l’Arc de triomphe puis le transfert du corps, n’apaisent pas ces fractures. Le récit de la cérémonie cristallise l'antagonisme des gazettes. D'un côté, la presse républicaine et populaire décrit une cérémonie majestueuse, digne de l'illustre écrivain. De l'autre, la presse réactionnaire et conservatrice fustige l'événement, le qualifiant avec mépris de « kermesse », de « fête des fous » ou encore de « foire aux vanités ».

Message de Victor Hugo à la France d’aujourd’hui…Vous qui portez le lourd et magnifique fardeau de la France,Écoutez, pa...
13/10/2026

Message de Victor Hugo à la France d’aujourd’hui…

Vous qui portez le lourd et magnifique fardeau de la France,

Écoutez, par-delà le tumulte de vos assemblées et les clameurs partisanes, le souffle profond du peuple. Ce peuple, non point celui des coteries ou des cénacles, mais celui qui laboure, qui endure, qui espère et qui bâtit. Si la France vacille aujourd'hui, ce n'est point par manque de grandeur, mais par excès de querelles. Elle vous crie l’union. Elle vous demande la lumière de la raison contre les ténèbres de l’ambition.

Du haut de cet exil éternel où je veille, je vous parle du grand rêve que porte notre nation : celui de la fraternité, celui d’une République unie jusque dans ses différences. Que pèsent vos bannières de partis face au grand vent qui fait claquer l’étendard tricolore ? Que sont vos misérables luttes de pouvoir face à l’urgence de notre destin commun ?

Je vous observe, vous qui composez l'assemblée de ce temps : radicaux et sociaux-démocrates, écologistes et républicains, centristes, indépendants et humanistes. Vous êtes les enfants divers d'une même Histoire. Vous avez chacun votre vérité, mais une seule mère vous a donnés au monde. La guerre entre frères est un fléau ; la concorde est votre devoir absolu.

Laissez là, je vous en conjure, la politique des chiffonniers pour embrasser la politique des bâtisseurs ! À quoi bon se disputer des ruines quand l’avenir réclame un flambeau ? Ce siècle, qui est le vôtre, attend de vous des œuvres, non des invectives.

Accordez-vous ce temps, ces trois années qui viennent, comme une grande trêve de la vanité pour le salut public. Réunissez-vous pour relever ce qui chancelle, pour réparer ce qui souffre, pour fonder ce qui manque.
Ensemble, regardez le ciel : la nature s’alourdit et pèse sur vos consciences.
Ensemble, regardez les cœurs : la misère gronde et réclame justice.
Ensemble, regardez les berceaux : l'enfance exige de vous l'école qui éclaire et l'hôpital qui guérit.

Les extrêmes se repaissent de vos discordes. Faites taire vos divisions pour affamer la haine. Prouvez à l'univers que le génie de la France est de forger, avec mille voix discordantes, une harmonie invincible.

Soyez grands, car l'heure est immense ! La grandeur, je vous le dis, meurt de la tiédeur. Osez l’union pour graver une page digne de l’Histoire. Que diront vos fils si, au bord du gouffre, vous avez préféré vos rancunes à la patrie ? Mais quelle gloire éclatante si, au cœur de la tempête, vous vous élevez enfin en femmes et en hommes d’État !

Le temps presse. La France vous regarde. Agissez.

Soyez radicalement républicains et solidaires !
Soyez des républicains modérés, mais ne soyez jamais modérément républicains !

La République, toute la République, rien que la République !

Moment d'Histoire :La formule « L’Église chez elle et l’État chez lui », prononcée par Victor Hugo le 14 janvier 1850 à ...
13/10/2026

Moment d'Histoire :

La formule « L’Église chez elle et l’État chez lui », prononcée par Victor Hugo le 14 janvier 1850 à l’Assemblée nationale, exprime sa volonté d’une séparation nette entre les pouvoirs religieux et politiques.

Ce propos intervient lors des débats sur la loi Falloux, un projet législatif visant à réorganiser l’enseignement public en accordant une place importante à l’enseignement confessionnel.
Hugo, alors député, y défend une vision laïque de l’éducation, réclamant que l’instruction religieuse reste strictement cantonnée au domaine de l’Église.

Cette phrase devient par la suite un slogan emblématique de la laïcité, particulièrement lors de l’adoption de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, qui réalise le principe que Hugo appelait de ses vœux un demi-siècle plus tôt.

Au fil du XXᵉ et du XXIᵉ siècle, la citation est régulièrement mobilisée par diverses organisations laïques pour rappeler le principe d’égalité entre les croyances. Elle inspire également des travaux historiques, comme celui de Jean-Paul Scot, auteur de L’État chez lui, l’Église chez elle (2005), qui retrace la genèse de la loi de 1905.

Encore aujourd’hui, cette formule continue d’illustrer le combat républicain pour une émancipation laïque et une stricte distinction entre sphère religieuse et sphère publique.

Moment d'Histoire :Édouard Herriot et Édouard Daladier : deux hommes, deux visions du radicalismePour comprendre pleinem...
12/10/2026

Moment d'Histoire :

Édouard Herriot et Édouard Daladier : deux hommes, deux visions du radicalisme

Pour comprendre pleinement le parcours d'Édouard Herriot, il faut aussi s'intéresser à celui qui fut, pendant des années, son rival le plus sérieux : Édouard Daladier. Entre les deux hommes, les relations furent faites de désaccords, de rivalités et de rapprochements parfois inattendus. Durant l'entre-deux-guerres, leurs affrontements ont si souvent marqué la vie du Parti radical que la presse finit par parler de la « guerre des deux Édouard ».

Il faut dire que tout semblait les opposer. Herriot, professeur de lettres devenu une grande figure de la République, était un homme de culture, un orateur volontiers prolixe, qui aimait les discours, les débats et les grandes réunions républicaines. Sa bonhomie et son goût de la conciliation faisaient partie de son personnage. Daladier, lui, venait d'un tout autre milieu. Fils d'un boulanger de Carpentras, plus jeune que Herriot, il avait un tempérament rugueux, parlait peu et supportait mal les demi-mesures. On le surnommait le « Taureau du Vaucluse ». Là où Herriot cherchait volontiers à convaincre, Daladier préférait trancher.

Ces différences ne relevaient pas seulement du caractère. Elles traduisaient deux façons de concevoir l'action politique et, au fond, l'avenir du radicalisme français. Herriot croyait aux vertus du dialogue et aux compromis nécessaires à la vie parlementaire. Daladier, plus impatient, estimait que le parti devait affirmer plus nettement ses positions, notamment face à la droite.

Deux hommes pour un même parti

Au début de sa carrière, Daladier doit beaucoup à Herriot. En 1924, lorsque le Cartel des gauches arrive au pouvoir, ce dernier lui confie le portefeuille des Colonies. Mais la reconnaissance n'empêche pas l'ambition, et le jeune ministre ne tarde pas à contester l'autorité de celui qui l'a fait entrer au gouvernement.

À partir de 1926, les désaccords deviennent plus nets. Daladier reproche à Herriot ses rapprochements avec la droite et entend ramener le Parti radical vers une orientation plus franchement à gauche. Au congrès de 1927, il parvient à lui ravir la présidence du parti. Le geste est lourd de sens : l'ancien élève entend désormais jouer dans la même cour que son aîné.

La suite ressemble à une succession de bras de fer, de réconciliations et de nouvelles rivalités. Aucun des deux ne parvient durablement à écarter l'autre. Et, malgré leurs divergences, ils savent qu'ils ont besoin l'un de l'autre. Le Parti radical est alors une formation centrale de la vie politique française, traversée par des sensibilités diverses. Herriot et Daladier en incarnent, chacun à sa manière, deux composantes essentielles.

Au fil des années 1930, leurs rôles se précisent. Herriot conserve le prestige de l'ancien, celui dont la parole compte et dont l'autorité dépasse les querelles de personnes. À la présidence de la Chambre des députés, il reste une figure incontournable du régime parlementaire et un défenseur résolu des principes républicains, notamment de la laïcité.

Daladier, de son côté, s'impose davantage comme un homme de gouvernement. Les questions de défense et de sécurité prennent une place croissante dans son action. Ministre de la Guerre, puis président du Conseil, il se montre soucieux de l'autorité de l'État et de l'efficacité de l'exécutif. Son approche est plus directe, parfois brutale, et ses décisions lui valent autant de critiques que de soutiens.

En réalité, le radicalisme a besoin de ces deux hommes, même lorsque leurs affrontements donnent l'impression qu'ils cherchent à se détruire mutuellement.

Munich, ou le poids des choix impossibles

C'est à l'approche de la Seconde Guerre mondiale que leur rivalité prend une dimension particulièrement douloureuse. En septembre 1938, Daladier est président du Conseil lorsque sont signés les accords de Munich. Avec les dirigeants britannique et italien, il accepte, aux côtés d'Hitler, le démembrement de la Tchécoslovaquie, dans l'espoir d'éviter une nouvelle guerre européenne.

Le choix est lourd de conséquences. Pour Daladier, il s'agit de gagner du temps et d'éviter à la France un conflit auquel elle paraît mal préparée. Mais cette politique d'apaisement ne permettra pas d'empêcher la guerre. Herriot, profondément hostile aux régimes fascistes et attaché à la cause tchécoslovaque, ne peut que mesurer la gravité de la situation. La scène politique française est alors traversée par la peur, les hésitations et les divisions. Les deux hommes ne portent pas le même regard sur les événements, mais ils sont confrontés à une même question : comment défendre la paix sans céder devant les dictatures ?

Il serait trop simple, avec le recul, de réduire cette période à l'opposition entre un homme qui aurait eu raison et un autre qui aurait eu tort. Les décisions prises à la veille de la guerre s'inscrivent dans un contexte de grande fragilité militaire et diplomatique. Cela n'efface ni les responsabilités ni les erreurs, mais permet de comprendre les dilemmes auxquels les dirigeants de l'époque étaient confrontés.

1940 : la fin d'un monde

La défaite de 1940 vient bouleverser leurs destins et, avec eux, celui de toute une génération politique. Daladier, qui a quitté la présidence du Conseil en mars 1940, est arrêté sous le régime de Vichy. Il sera notamment traduit devant le procès de Riom, organisé par le pouvoir de Pétain pour faire porter à certains responsables de la Troisième République la responsabilité de la défaite.

Herriot connaît lui aussi les pressions du nouveau régime. Mis à l'écart de la vie politique et placé sous surveillance, il refuse de cautionner la disparition de la République. En 1944, il est déporté par les Allemands, avant de retrouver la liberté à la fin de la guerre.

Les deux hommes ont vieilli, leurs espoirs ont été durement éprouvés et la République qu'ils ont connue a disparu. À la Libération, ils retrouvent pourtant une vie parlementaire profondément transformée. Le paysage politique a changé, de nouvelles forces se sont imposées et le Parti radical n'occupe plus la place centrale qui fut la sienne avant-guerre.

Leur rivalité n'a donc pas véritablement de vainqueur. Herriot et Daladier auront passé une grande partie de leur vie à défendre des conceptions différentes du radicalisme, parfois jusqu'à l'affrontement. Mais ils appartenaient au même univers républicain, celui d'une France où le débat parlementaire, les partis et les compromis formaient le cœur de la vie politique.

C'est peut-être ce qui rend leur histoire si intéressante aujourd'hui. Derrière les querelles de personnes et les ambitions se dessine le destin d'un parti qui a longtemps joué un rôle essentiel dans la République. La « guerre des deux Édouard » fut bien davantage qu'un duel entre deux fortes personnalités : elle fut aussi le reflet des hésitations, des espoirs et des contradictions d'une époque qui s'achevait dans le fracas de la guerre.

Moment d’Histoire :Édouard Herriot (1872-1957) : de la chaire de professeur au sommet de la République Il est des hommes...
12/10/2026

Moment d’Histoire :

Édouard Herriot (1872-1957) : de la chaire de professeur au sommet de la République

Il est des hommes politiques dont le nom reste attaché à une ville, à un parti ou à une période de notre histoire. Édouard Herriot est de ceux-là. Pendant plus d'un demi-siècle, il a occupé une place importante dans la vie publique française, sans jamais renoncer à ce qui avait marqué ses premières années : le goût des lettres, l'attachement à l'école et la fidélité aux principes républicains.

Professeur de lettres devenu maire de Lyon, plusieurs fois président du Conseil et président de la Chambre des députés puis de l'Assemblée nationale, il a connu les grandes espérances de la Troisième République, les crises de l'entre-deux-guerres, la défaite de 1940 et le retour à la démocratie. Son parcours n'a pas été exempt d'échecs ni de contradictions. Mais il témoigne d'une époque où l'engagement politique s'inscrivait souvent dans la durée, avec une conception exigeante du service public et des institutions.

Pour comprendre Édouard Herriot, il faut revenir à ses débuts, lorsque rien ne le destinait encore à devenir l'une des grandes figures du radicalisme français.

Les racines intellectuelles et l'éveil politique (1872-1919)

Du monde de l'enseignement à la vie publique

Édouard Herriot naît à Troyes le 5 juillet 1872. Son père, ancien officier, appartient à une famille de condition modeste. Comme beaucoup de jeunes gens de sa génération, il doit ses premières réussites à son travail et à l'école républicaine. Élève brillant, boursier, il poursuit ses études à Paris avant d'intégrer l'École normale supérieure en 1891.

Il se tourne naturellement vers l'enseignement et la littérature. Agrégé de lettres, il enseigne d'abord à Nantes, puis rejoint le lycée Ampère de Lyon en 1895. Cette nomination va changer le cours de son existence. Il découvre une ville qui deviendra son principal ancrage politique et à laquelle il restera attaché jusqu'à la fin de sa vie.

Son intérêt pour les lettres ne se limite pas à l'enseignement. Il mène des travaux de recherche sur Juliette Récamier et son entourage, qui témoignent déjà de sa curiosité intellectuelle. La littérature, l'histoire et la culture classique resteront toujours présentes dans sa vie, y compris lorsqu'il accédera aux plus hautes responsabilités.

En 1899, il épouse Blanche Rebatel, issue d'une famille lyonnaise. Peu à peu, le professeur s'intègre à la vie intellectuelle et sociale de Lyon. Mais c'est surtout la politique qui va lui ouvrir un nouvel horizon.

L'affaire Dreyfus, un engagement décisif
À la fin du XIXe siècle, l'affaire Dreyfus divise profondément la France. Elle met en jeu bien davantage que le sort d'un officier injustement condamné : elle pose la question de la justice, de la vérité et de l'égalité des citoyens devant la loi.

Pour Édouard Herriot, les principes républicains ne peuvent rester de simples références dans les discours. Ils doivent se traduire dans les actes. Il prend parti pour Alfred Dreyfus et rejoint le camp de ceux qui refusent que les préjugés nationalistes et antisémites l'emportent sur le droit.

Cet engagement contribue à son entrée dans la vie politique. Il rejoint le mouvement radical, auquel il apporte sa culture, ses qualités d'orateur et une solide conviction républicaine. À ses yeux, la République doit être laïque, attachée à l'instruction publique et capable de faire progresser la société sans renoncer aux libertés.
Il ne s'agit pas encore d'une carrière nationale. C'est à Lyon que va se jouer l'essentiel de son destin politique.

Lyon, une ville qu'il marque de son empreinte
En 1905, à seulement 33 ans, Édouard Herriot devient maire de Lyon. Il conservera cette fonction, à quelques interruptions près, jusqu'à sa mort en 1957. Une telle longévité est exceptionnelle. Elle s'explique notamment par sa capacité à s'inscrire dans la vie quotidienne de la ville et à faire de la gestion municipale un véritable projet politique.

Pour Herriot, gouverner une ville ne consiste pas seulement à régler les affaires courantes. Il faut préparer l'avenir, améliorer les conditions de vie et donner à chacun les moyens de trouver sa place dans la société.

Il travaille notamment avec l'architecte Tony Garnier, dont les conceptions novatrices accompagnent la transformation de Lyon. Les abattoirs de La Mouche, devenus la Halle Tony Garnier, le stade de Gerland et l'hôpital de Grange-Blanche, aujourd'hui hôpital Édouard

Note de lecture : « Radicalisme et solidarisme au cœur de la République » Auteurs : Frédéric Leonzi & Éric Malmaison Édi...
04/10/2026

Note de lecture : « Radicalisme et solidarisme au cœur de la République » Auteurs : Frédéric Leonzi & Éric Malmaison Éditeur : Éditions Spinelle 2026

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