16/04/2026
Ce témoignage est à lire en intégralité sur le site de l'Anafé : https://anafe.org/
Une première audience, le coup de massue.
Dans ce contentieux, le magistrat siégeant au sein du tribunal judiciaire statue une première fois sur la prolongation du maintien en zone d’attente ou sur la libération de la personne après quatre jours d’enfermement. À ce titre, le juge contrôle « l’exercice effectif des droits » reconnus aux personnes enfermées[1]. Ce contentieux est souvent expéditif, et selon mes observations de ce jour-là, le temps accordé à chaque dossier était d’environ sept minutes. Parmi les personnes présentes dans la salle, se distinguait une famille : un père, une mère et leurs deux enfants âgés de quatre et neuf ans.
Lorsque vint le tour de la famille, il n’y avait que trois chaises devant le bureau de la juge, deux pour les personnes maintenues et une dernière pour l’avocat. Où allait s’asseoir les enfants ? La mère prit son enfant de quatre ans sur ses genoux et, alors que la famille cherchait dans la hâte où le plus grand pouvait bien s’asseoir, ils furent brusquement interrompus par la juge qui tout en pointant les bancs de la salle d’audience, éloignés du bureau, dit d’un ton péremptoire : « il n’a qu’à s’asseoir derrière, là-bas ». Là-bas ? Seul ? Outre la phrase, le ton qui s’y adjoint n’en fut que plus déroutant, un impératif sec. Dans un intervalle très rapide, le père prit son enfant sur ses genoux. Faint d’ignorance, la juge entama ses questions, sans expliquer ni son rôle ni l’objectif de cette audience.
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