28/05/2026
📌 [Brève] Le massacre de Mai 67 en Guadeloupe — 59 ans après
Les 26 et 27 mai 1967, à Pointe-à-Pitre, la répression d'une grève des ouvriers du bâtiment par les forces de l'ordre fait au moins huit morts identifiés. Jacques Nestor, militant du GONG, est tué le premier. Les tirs et rafles se prolongent toute la nuit, puis le lendemain.
En 2016, le rapport de la commission présidée par l'historien Benjamin Stora, remis à la ministre des Outre-mer, qualifie pour la première fois officiellement les faits de massacre : « ordonné sciemment sur le terrain et approuvé par le gouvernement sous la présidence du général de Gaulle ».
Le bilan reste à ce jour contesté. Huit morts nommément identifiés selon l'État en juin 1967 ; vingt-deux selon un document interne de la préfecture retrouvé par des journalistes ; quatre-vingt-sept selon une déclaration jamais documentée du ministre Georges Lemoine en 1985. L'historien Jean-Pierre Sainton écrit en 2023 que le chiffre officiel est « largement en dessous de la réalité », sans atteindre la centaine. La commission Stora n'a pu établir aucun bilan incontestable et constate que les archives ont été « constituées en omettant de rapporter ce qui s'était effectivement passé ».
Cinquante-neuf ans après, aucune information judiciaire n'a jamais été ouverte. Le 2 août 2023, une plainte avec constitution de partie civile a été déposée par l'association Anmwé 67, l'UGTG et des familles de victimes. Le dossier a été transféré au pôle « crimes contre l'humanité » du tribunal judiciaire de Paris. Selon le LKP, il serait depuis revenu à Pointe-à-Pitre et aurait été frappé d'une ordonnance de « refus d'informer en raison de la prescription ».
➡️ Lire la brève : https://www.index.ngo/actualites/le-massacre-de-mai-1967-en-guadeloupe-quand-les-forces-de-lordre-ouvraient-le-feu-sur-la-foule/
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