04/03/2026
☢️ La dissuasion nucléaire, une vision européenne dès 1964
Alors que le débat sur l’extension de la « garantie nucléaire » française à nos partenaires de l’Union européenne revient au cœur de l’agenda stratégique, il convient de revenir aux sources de la doctrine gaullo-pompidolienne.
Une solidarité de fait, théorisée dès l'origine
Lors de son discours à l’Assemblée Nationale le 2 décembre 1964, Pompidou, en sa qualité de premier ministre, soulignait une réalité géographique et stratégique immuable : la protection du sanctuaire national demeure indissociable de la sécurité de son voisinage immédiat. Loin d'être un repli isolationniste, la force de frappe française a été pensée dès ses prémices comme une contribution à la stabilité du continent.
La divergence stratégique du Traité de l'Élysée
L'histoire de la défense européenne est marquée par des tentatives de coopération profonde, souvent entravées par les alignements extérieurs. Dès janvier 1963, le Traité de l'Élysée visait à ancrer la coopération stratégique franco-allemande. Pourtant, l'influence des « gaullistes allemands », partisans d'une Europe de la défense souveraine analysée par Raymond Aron, s'est heurtée au choix de W***y Brandt de privilégier le bouclier américain.
Il semble que ce refus historique de se passer du parapluie américain explique en grande partie l'apparente stagnation des concepts de défense commune depuis le milieu des années 1960.
L'axe franco-britannique : l'héritage d'une alliance séculaire
L'actualité nous rappelle que la souveraineté européenne repose sur des fondations solides, au premier rang desquelles la coopération stratégique avec le Royaume-Uni. Si cette alliance s'enracine dans l'entente cordiale et le compagnonnage historique entre Churchill et de Gaulle, Georges Pompidou et Edward Heath en furent les continuateurs décisifs. En ouvrant la porte de la CEE au Royaume-Uni, ils transposèrent cette alliance historique dans le cadre de la construction européenne, posant les jalons d'un pilier de défense aujourd'hui indispensable.