02/09/2026
« La rapidité actuelle des changements, la vitesse à laquelle se créent des situations nouvelles correspondent plus au pas de l’homme, impétueux et irréfléchi, qu’à l’allure pondérée de la nature. »
Ces mots vous semblent familiers ? convenus ? Pourtant ils ont été écrits en 1962, par une femme, écrivaine, lanceuse d’alerte, biologiste marine entre autres. Elle interroge le « silence des oiseaux », les conséquences irréfragables de l’épandage des pesticides sur la nature et à travers elle, sur les êtres qui l’habitent : insectes, animaux, plantes et… humains ; offrant une « nouvelle occasion de constater que dans la nature, tout est lié »
Rachel Carson s’appuie sur de nombreux travaux scientifiques pour donner l’alerte : cancers pédiatriques, exposition in utero, effet cocktail, perturbation endocrinienne, résistance des nuisibles aux biocides… face à tous ces risques qu’elle évoque avec clairvoyance et lucidité (et désormais confirmés), elle ne demande pas l’interdiction des pesticides mais une utilisation raisonnable et raisonnée. Son intervention crée un incroyable mouvement citoyen face à un ensemble solide de preuves.
Rachel Carson aura subit des attaques intenses de la part des industriels du secteur, aidés par des scientifiques et des médias peu scrupuleux. Ses travaux sont finalement validés par le conseil scientifique du président Kennedy en août 62, appliquant ce qui allait devenir « le principe de précaution » car les démonstrations de la justesse de ses analyses arriveront plus t**d (et aujourd’hui encore).
Un cancer l’emporte à 56 ans, avant que l’EPA ne voir le jour et finisse par interdire le DDT (et de nombreuses substances après lui) et alors que la tempête médiatique fait rage. Le Time Magazine, après avoir déploré en 1962 les "simplifications excessives et les erreurs pures et simples », fait son mea culpa en 2020 et la nomme parmi les 100 femmes les plus influentes du XXè siècle.
Plus de 60 plus t**d, ce livre est d’une incroyable modernité, d’une grande justesse et un indispensable de notre bibliothèque.
Dans « Science infuse », nous voulons rendre hommage aux chercheur(e)s comme Rachel Carson qui, envers et contre tout, essaye de transmettre leur savoir. Parce que faire avancer la science, c’est aussi lui permettre d’infuser dans les moindres recoins de la société.