21/03/2026
Une petite plante face à une méga-église.
Une victoire symbolique et juridique importante vient d’être remportée par les militant·es écologistes ardéchois·es contre le projet de basilique écocidaire et antidémocratique à Saint-Pierre-de-Colombier. Le Conseil d’État vient de renforcer la protection du Réséda de Jacquin, petite plante discrète devenue, au fil des années, un point d’appui central contre ce grand projet inutile imposé.
À Saint-Pierre-de-Colombier, village de quelques centaines d’habitants à peine, au cœur du parc naturel régional des Monts d’Ardèche, c’est une vallée entière qui est menacée par un projet de basilique gigantesque porté par la Famille Missionnaire de Notre-Dame, communauté religieuse traditionaliste solidement implantée. Un édifice conçu pour accueillir des milliers de pèlerins, accompagné d’infrastructures lourdes, en plein cœur d’un territoire encore préservé. Un projet si contesté que même le diocèse de Viviers et le Vatican s’y sont opposés.
Comme souvent, le projet s’est avancé avec une forme d’évidence autoritaire. Artificialisation des sols, pression sur les ressources, destruction d’habitats naturels le long de la Bourges : autant d’alertes minimisées, reléguées au rang d’obstacles techniques. Face à cela, une partie des habitant·es et des militant·es écologistes ont refusé de céder. Un collectif s’est formé : Les ami.es de la Bourges
Dès le début, habitant·es, associations locales et militant·es ont documenté les impacts : bétonnage massif, fragmentation des milieux, menaces sur plusieurs espèces protégées, dont le Réséda de Jacquin. La mobilisation s’est enracinée. Occupations, manifestations, ZAD, recours juridiques : une lutte multiforme, déterminée. En face, les tensions ont monté. Le conflit s’est durci, allant jusqu’à des affrontements physiques : par exemple, une religieuse qui plaque un manifestant. Ah, l'amour du prochain...
Sur le terrain juridique, les opposants ont pointé des manquements : études d’impact insuffisantes, sous-évaluation des enjeux écologiques, procédés antidémocratiques, mensonges... Sous cette pression, les travaux ont été suspendus plusieurs fois.
Même si le projet est actuellement à l’arrêt, pour l’instant, rien n’est sûr pour la suite. La décision récente du Conseil d’État ne met pas fin à la bataille et ne bloque pas définitivement le projet. Mais elle renforce un verrou majeur : la protection du vivant. Elle rend plus difficile le passage en force, elle consolide les arguments des opposants, elle rappelle que même dans un système souvent favorable aux aménageurs, des lignes de résistance existent.
À Saint-Pierre-de-Colombier, le réséda de Jacquin est devenu le symbole du vivant qui refuse d’être sacrifié sur l’autel du fanatisme, et d’une lutte qui refuse de plier. Face au béton, aux intérêts imposés et à l’entêtement des puissants, une chose demeure : même fragile, une petite plante peut résister. Et parfois, elle gagne du terrain.
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