23/04/2026
DEVOIR DE MÉMOIRE
22 avril 1988 – 22 avril 2026 : 38 ans déjà.
Le 22 avril 1988 n’est pas une date comme les autres. C’est une date de lutte. Une date de vérité. Une date de sang.
À Fayaoué–Iaai, dans la gendarmerie, nos anciens se sont levés pour arracher un symbole : faire tomber le drapeau français et hisser le drapeau Kanaky. Ce geste n’était pas un hasard. C’était un acte politique. Un cri de dignité. Une affirmation claire : nous existons, nous sommes un peuple, et nous voulons être libres.
Mais la suite, nous la connaissons. La violence. La douleur. Le sacrifice.
Depuis 38 ans, cette histoire vit en nous. Elle n’est pas terminée.
C’est l’histoire d’un peuple qui refuse l’effacement.
C’est l’histoire d’un peuple qui refuse la domination.
C’est l’histoire d’un peuple qui continue de se battre pour son indépendance.
Aujourd’hui encore, alors que des discussions s’ouvrent avec l’État, une question demeure : allons-nous rester fidèles à ceux qui sont tombés ?
On ne peut pas honorer nos martyrs avec des compromis qui renient leur combat.
On ne peut pas parler de mémoire sans parler de vérité.
On ne peut pas construire l’avenir en oubliant pourquoi ils se sont levés.
Le devoir de mémoire, ce n’est pas des mots.
C’est un engagement.
C’est une position.
C’est un combat.
Être à la hauteur, aujourd’hui, c’est être des bâtisseurs.
Des bâtisseurs lucides.
Des bâtisseurs courageux.
Des bâtisseurs déterminés à rompre avec l’héritage colonial, jusque dans nos esprits.
La Kanaky ne se construira pas dans la peur.
La Kanaky ne se construira pas dans l’oubli.
La Kanaky se construira dans la résistance, dans l’unité, et dans la foi en notre peuple.
Oui, nous devons y croire.
Oui, nous devons tenir.
Oui, nous devons continuer.
Parce que l’indépendance n’est pas une option.
C’est notre horizon.
Kanaky, souviens-toi.
Kanaky, relève-toi.
Kanaky, avance.
Oleti ✊️ 🇳🇨
Kuanene Wea (MKF)
Photo: Gossanah 1988