CRLDH Tunisie

CRLDH Tunisie Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme a été fondé à Paris en 1996.

À 83 ans, Ahmed Néjib Chebbi met sa santé fragile en danger pour protester contre la privation du droit à l’information....
03/10/2026

À 83 ans, Ahmed Néjib Chebbi met sa santé fragile en danger pour protester contre la privation du droit à l’information. Sahbi Atig est en grève de la faim contre l’interdiction de visites directes avec sa famille. Ils s’ajoutent à de nombreux autres détenus — opposants, journalistes, avocats et militants — qui ont choisi cette forme extrême de protestation au cours des derniers mois.

Au-delà des dossiers et des accusations invoqués, une même réalité apparaît : l’isolement, les restrictions arbitraires, l’atteinte aux droits de la défense et l’épuisement des détenus deviennent des instruments de répression.

Le CRLDHT exige le respect des visites familiales, l’accès à l’information et aux soins, les droits de la défense, la fin de l’isolement abusif et la libération de toutes les personnes emprisonnées pour leurs opinions, leur expression, leur engagement politique pacifique, leur travail journalistique ou leur défense des droits humains.
Protéger la vie et la dignité des détenus n’est pas une faveur : c’est une obligation.

30/09/2026

Le lundi 28 septembre 2026, la cour d’appel de Médenine a aggravé la peine prononcée en première instance contre Abdallah […]

LA LETTRE DU CRLDHT – AOÛT 2026 - Un numéro spécialLa Lettre du mois d’août 2026 est un numéro spécial, plus dense et di...
07/09/2026

LA LETTRE DU CRLDHT – AOÛT 2026 - Un numéro spécial
La Lettre du mois d’août 2026 est un numéro spécial, plus dense et diversifié. Elle revient sur les principales urgences politiques, sociales et humaines en Tunisie, tout en ouvrant la réflexion sur les transformations profondes du pays et plusieurs enjeux internationaux.

Édito : Quand le pouvoir n’assure plus les fonctions élémentaires de l’État
Eau, électricité, médicaments, santé, emploi : la crise touche désormais les besoins les plus élémentaires. L’éditorial interroge la responsabilité d’un pouvoir qui concentre tous les leviers de décision mais continue d’attribuer ses échecs aux « comploteurs » et aux « ennemis ».
https://crldht.com/edito-quand-le-pouvoir-nassure-plus-les-fonctions-elementaires-de-letat/

Violences faites aux femmes et féminicides : protéger avant qu’il ne soit trop t**d
Les nouveaux féminicides rappellent les limites des dispositifs de protection malgré les avancées législatives. L’article appelle à passer de la réaction après les drames à une véritable politique de prévention et de protection des femmes menacées.
https://crldht.com/violences-faites-aux-femmes-et-feminicides-proteger-avant-quil-ne-soit-trop-t**d/

Prisons tunisiennes : l’urgence de protéger des vies
Canicule, surpopulation, manque d’eau et difficultés d’accès aux soins aggravent dangereusement les conditions de détention. L’article rappelle que l’État est responsable de la santé et de la vie de toutes les personnes privées de liberté.
https://crldht.com/prisons-tunisiennes-lurgence-de-proteger-des-vies/

L’actualité des mouvements sociaux et des mobilisations en Tunisie – Été 2026
L’été 2026 a connu une forte multiplication des protestations autour de l’eau, de l’électricité, des salaires, de l’emploi et des services publics. Une question se pose désormais : ces colères dispersées peuvent-elles converger en un mouvement national ?
https://crldht.com/lactualite-des-mouvements-sociaux-et-des-mobilisations-en-tunisie-ete-2026/

Ben Guerdane : quand la frontière se ferme, la mer devient un horizon
Le naufrage d’août 2026 est replacé dans la réalité économique et sociale de Ben Guerdane : chômage, économie frontalière affaiblie et absence de perspectives. Le drame migratoire commence souvent à terre, lorsque partir devient le seul horizon.
https://crldht.com/ben-guerdane-quand-la-frontiere-se-ferme-la-mer-devient-un-horizon/

Tunisie : gouvernance, confiance et droits économiques et sociaux – Les ressorts d’une crise multidimensionnelle
La crise tunisienne n’est pas seulement économique : elle est aussi institutionnelle, sociale et politique. L’article montre combien le redressement du pays dépend du rétablissement de la confiance, de l’État de droit et du dialogue économique et social.
https://crldht.com/tunisie-gouvernance-confiance-et-droits-economiques-et-sociaux-les-ressorts-dune-crise-multidimensionnelle/

« Emmenez l’hurluberlu à l’asile ! »
À partir de la manifestation de Nafas du 20 août, l’article analyse la radicalisation des slogans et la rencontre entre revendications démocratiques et colère sociale. L’arrestation de Seifeddine Arfaoui illustre en parallèle la poursuite de la répression par la voie judiciaire.
https://crldht.com/emmenez-lhurluberlu-a-lasile/

Ceuta : quand les vies migrantes deviennent variable d’ajustement des jeux de pouvoir
Le drame de Ceuta révèle les conséquences humaines des politiques d’externalisation des frontières européennes. L’article défend une autre approche des migrations, fondée sur le droit d’asile, la protection des personnes et le respect de leur dignité.
https://crldht.com/ceuta-quand-les-vies-migrantes-deviennent-variable-dajustement-des-jeux-de-pouvoir/

Le racisme transformé en « honneur national »
L’article alerte sur la banalisation d’un racisme désormais présenté au nom de la souveraineté, de l’identité ou de la sécurité nationale. Il rappelle que défendre les migrants et combattre le racisme, c’est aussi défendre l’égalité et l’État de droit en Tunisie.
https://crldht.com/le-racisme-transforme-en-honneur-national/

Le CEDETIM, soixante ans de fraternité militante au service de la solidarité internationale
La Lettre rend hommage aux soixante années de combats anticolonialistes, démocratiques et internationalistes du CEDETIM. Une histoire étroitement liée à la solidarité avec les démocrates tunisiens et à celle du CRLDHT.
https://crldht.com/le-cedetim-soixante-ans-de-fraternite-militante-au-service-de-la-solidarite-internationale/

Une offensive sans précédent contre la Cour pénale internationale : vers le démantèlement de la justice pénale internationale ?
Les sanctions et pressions américaines contre la CPI font peser une menace directe sur la justice pénale internationale. Au-delà de la Cour elle-même, une question essentielle est posée : le droit peut-il encore limiter la puissance des États ?
https://crldht.com/une-offensive-sans-precedent-contre-la-cour-penale-internationale-vers-le-demantelement-de-la-justice-penale-internationale/

Ce numéro spécial d’août 2026 veut ainsi conjuguer l’urgence et la réflexion, la Tunisie et les enjeux internationaux. Un même fil relie ces contributions : la défense des libertés, de la dignité humaine, de la justice sociale et de l’État de droit.

Le fossé entre le pouvoir et la réalité vécue par les Tunisiens ne cesse de se creuser. La population fait […]

04/09/2026
بيان منظمات المجتمع المدني حول الاعتداء على المعطلين من أصحاب الشهائد العلياتونس في 02 سبتمبر 2026تابعت المنظمات الوطنية...
02/09/2026

بيان منظمات المجتمع المدني حول الاعتداء على المعطلين من أصحاب الشهائد العليا
تونس في 02 سبتمبر 2026

تابعت المنظمات الوطنية والجمعيات الممضية أسفله بقلق شديد ما جدّ، يوم أمس الثلاثاء الأول من سبتمبر 2026، من تدخل أمني لفضّ تحرك المعطلين عن العمل من أصحاب الشهائد العليا بالقصبة ثم أمام المسرح البلدي، وما رافقه من إيقافات وتعنيف وهرسلة واستعمال للقوة، قبل اقتياد عدد من المعتصمين والمعتصمات إلى محطات النقل وإجبارهم على مغادرة العاصمة نحو جهاتهم.
وتزداد خطورة ما حصل بالنظر إلى أن المعتصمين تلقوا، وفق الشهادات المتوفرة، تطمينات بإمكانية مواصلة اعتصامهم إلى حين عقد جلسة صباحية للنظر في مطالبهم، قبل أن تتم مباغتتهم ليلاً بتعزيزات أمنية وفض الاعتصام بالقوة.

وإذ ندين بأشد العبارات هذا التعامل الأمني، وما رافقه من عنف جسدي ولفظي وإهانات وسحل وإيقافات، فإننا نعتبر أن ما حصل يمثل انتهاكاً لحقوق المحتجين وكرامتهم وحقهم في الاحتجاج السلمي والتعبير عن مطالبهم الاجتماعية، ونطالب بفتح تحقيق جدي ومستقل لتحديد المسؤوليات في كل التجاوزات المسجلة.

كما نعلن تضامننا المبدئي والمطلق مع المعطلين من أصحاب الشهائد العليا، ونؤكد دعمنا الكامل لحقهم في الاحتجاج السلمي والمطالبة بالتشغيل والكرامة وتنفيذ القانون عدد 18، ونرفض أي محاولة لتجريم هذا الحق أو التعامل مع أصحابه باعتبارهم تهديداً أمنياً.

ونعتبر أن ما حدث يمثل سابقة خطيرة في التعاطي مع المطالب الاجتماعية، ومؤشراً واضحاً على تنامي المقاربة الأمنية في إدارة الاحتجاجات، وعلى استبدال الحلول السياسية والاجتماعية والأطر التفاوضية بالتدخل الأمني والقوة، فالمؤسسة الأمنية لا يمكن أن تكون بديلاً عن السلطة السياسية في معالجة البطالة أو تنفيذ القوانين، كما لا يجوز استعمالها للتغطية على عجز السلطة التنفيذية عن تقديم الحلول أو الوفاء بالتزامات الدولة.

ونحمّل السلطة المسؤولية المباشرة عن تردي الاوضاع الاقتصادية و الاجتماعية وتفاقم البطالة في غياب أي رؤى تنموية أو إجراءات واقعية، وعن تعطيل تنفيذ القانون عدد 18، وعن تحويل مطلب قانوني واجتماعي إلى مسألة أمنية، كما نطالب بالكشف عن الجهة التي أصدرت التعليمات بفض الاعتصام واستعمال القوة وترحيل المحتجين، وترتيب المسؤوليات القانونية والإدارية والسياسية على ضوء نتائج التحقيق، ونؤكد أن القانون عدد 18 ليس موضوعاً للمماطلة أو التأجيل المفتوح، وأن السلطة التنفيذية مطالبة بتنفيذه واتخاذ الإجراءات الترتيبية اللازمة لإدخاله حيز التطبيق، بما في ذلك إصدار الأوامر الترتيبية وإحداث المنصة الإلكترونية والشروع في الانتدابات وفق آجال واضحة ومعلنة.

وبناء عليه، نطالب بـ:.
*فتح تحقيق مستقل وشفاف في أعمال العنف والإيقافات وتحديد المسؤوليات.
*وقف المقاربة الأمنية في معالجة ملف المعطلين والمطالب الاجتماعية.
*الكف عن المماطلة في تنفيذ القانون عدد 18 والشروع الفوري في استكمال إجراءات تطبيقه.
*فتح حوار جدي ومباشر مع ممثلي المعطلين وتحديد آجال واضحة وملزمة للاستجابة لمطالبهم.
*ضمان حق الاحتجاج والتجمع السلمي وعدم التعرض للمحتجين أو ملاحقتهم بسبب ممارستهم لهذا الحق.
*تحمل السلطة التنفيذية لمسؤوليتها السياسية والقانونية عن إدارة هذا الملف وعن النتائج المترتبة عن سياسة التعطيل والانغلاق.

كما يجدد الممضون تشديدهم على أن العنف لن يحل أزمة التشغيل، والإيقافات لن تنشئ مواطن شغل، والمقاربة الأمنية لن تعوض غياب القرار السياسي، ويؤكدون أن ما حصل لن يثني المعطلين عن المطالبة بحقوقهم، ولن يؤدي إلى عزلهم، بل من شأنه أن يعزز التضامن بين المنظمات النقابية والحقوقية والمدنية وسائر القوى الاجتماعية المدافعة عن الحقوق والحريات.

المنظمات الممضية:

اتحاد أصحاب الشهادات المعطلين عن العمل

المنتدى التونسي للحقوق الاقتصادية والاجتماعية

حراك أوقفوا التلوث Stop Pollution

مجموعة العمل من أجل ديمقراطية الطاقة

جمعية نوماد 08

مجموعة العمل من اجل السيادة الغذائية

الرابطة التونسية للدفاع عن حقوق الإنسان

الإتحاد العام لطلبة تونس

النقابة الوطنية للصحفيين التونسيين

الجمعية التونسية للنساء الديمقراطيات

اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس

TUNISIE : LE POUVOIR EXECUTIF POURSUIT METHODIQUEMENT LA MISE AU PAS DE LA JUSTICE Le Comité pour le respect des liberté...
02/09/2026

TUNISIE : LE POUVOIR EXECUTIF POURSUIT METHODIQUEMENT LA MISE AU PAS DE LA JUSTICE

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) s’associe pleinement à la dénonciation de l’Association des magistrats tunisiens (AMT) concernant la multiplication des décisions de suspension de magistrats prises par le pouvoir exécutif, assorties notamment de privations de salaire et, dans certains cas, sans notification écrite, motivation ni limitation dans le temps. https://www.facebook.com/AmtTunisie/posts/pfbid02VgDz7wvp4u9YrrHhN1Jt4SvrcVj65y4gHiNqusxXQnW3f5KApF94SevpzT5zm2iol
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Lien de la version arabe : https://crldht.com/ar/tunisie-le-pouvoir-executif-poursuit-methodiquement-la-mise-au-pas-de-la-justice/

Lien de la version française : https://crldht.com/tunisie-le-pouvoir-executif-poursuit-methodiquement-la-mise-au-pas-de-la-justice/

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) s’associe pleinement à la dénonciation […]

« COMPLOT N° 1 » : AU-DELA DE LA CASSATION, LE PROCES D’UNE JUSTICE SOUS PRESSIONL’emblématique et sinistre affaire dite...
01/09/2026

« COMPLOT N° 1 » : AU-DELA DE LA CASSATION, LE PROCES D’UNE JUSTICE SOUS PRESSION
L’emblématique et sinistre affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », ou « affaire du complot n° 1 », qui a donné le « la » à la répression et à la dérive autoritaire du régime tunisien après le 25 juillet 2021, concentre à elle seule une grande partie des atteintes portées à l’État de droit, à l’indépendance de la justice et à la vie politique tunisienne.
Il est difficile d’aborder aujourd’hui l’étape de la cassation sans rappeler, même brièvement, le processus judiciaire qui a conduit jusque-là.

UN PROCESSUS JUDICIAIRE ENGAGE EN FEVRIER 2023

L’affaire débute le 10 février 2023, lorsqu’une unité de la police signale à la ministre de la Justice l’existence supposée d’un complot contre la sûreté de l’État. Le même jour, la ministre saisit le parquet. Les premières arrestations commencent dès le 11 février, dans le cadre de la législation antiterroriste, avec des restrictions initiales à l’accès aux avocats.

Le 24 février 2023, le parquet du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme ouvre formellement une instruction pour complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État. Les jours suivants, plusieurs opposants sont placés en détention préventive.
L’instruction, qui dure plus d’un an, est dénoncée par la défense comme une instruction bâclée, lacunaire et profondément entachée d’irrégularités, tant dans la conduite des investigations que dans le recours illicitement prolongé à la détention préventive. Elle se déroule en outre dans un contexte marqué par les interventions répétées du pouvoir exécutif et du président de la République dans cette affaire. En avril 2024, le juge d’instruction clôt l’enquête, une décision elle-même vivement contestée par les avocats de la défense.

Le dossier passe ensuite devant la chambre d’accusation, puis par la Cour de cassation qui confirme le renvoi des accusés devant la chambre criminelle spécialisée du Tribunal de première instance de Tunis. Après le jugement de première instance, l’affaire est examinée en appel le 27 novembre 2025, puis fait l’objet d’un pourvoi en cassation, dont l’examen est fixé au 3 septembre 2026.

L’APPEL PUIS LA CASSATION
L’appel a apporté son propre lot d’atteintes dénoncées au droit à un procès équitable : maintien du procès à distance, refus de plusieurs demandes de la défense et absence, selon les avocats, de véritable débat contradictoire sur les éléments essentiels du dossier.
Le 27 novembre 2025, la Cour d’appel rend son arrêt. Malgré quelques modifications apportées aux peines, l’économie générale du jugement est maintenue.
Pour la défense, le résultat revient pratiquement à confirmer judiciairement ce que le président Kaïs Saïed avait déjà publiquement affirmé au début de l’affaire, lorsqu’il avait qualifié les personnes arrêtées de terroristes et adressé des avertissements particulièrement graves aux magistrats qui auraient envisagé de les libérer.
Les autorités ont rapidement exécuté l’arrêt d’appel, notamment par l’arrestation de Me Ayachi Hammami, Ahmed Néjib Chebbi et Chaima Issa, qui comparaissaient jusque-là en liberté.
Les condamnés ont alors formé des pourvois en cassation.
Et, fait relativement inattendu compte tenu du calendrier judiciaire, l’examen de l’affaire devant la Cour de cassation a été fixé au 3 septembre 2026.
Nous voici donc, plus de trois ans et demi après les premières arrestations de février 2023, devant une nouvelle étape décisive d’un parcours judiciaire exceptionnellement long.
La question posée aujourd’hui est donc simple : la cassation sera-t-elle un moyen de faire durer encore l’affaire, ou l’occasion d’en amorcer enfin la sortie ?

UNE AFFAIRE DEJA INTERNATIONALE
L’affaire a depuis longtemps dépassé les frontières tunisiennes.
Elle a fait l’objet non seulement de communiqués et d’interventions de rapporteurs spéciaux indépendants du Conseil des droits de l’homme des Nations unies et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, mais également d’une décision particulièrement importante du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Dans son avis adopté lors de sa centième session, du 26 au 30 août 2024, le Groupe de travail a qualifié d’arbitraire la détention de Mohamed Khayam Turki, Chaima Issa, Abdelhamid Jelassi, Issam Chebbi, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Jaouhar Ben Mbarek et Mohamed Lazhar Akremi et demandé aux autorités tunisiennes de prendre les mesures nécessaires pour remédier à leur situation, notamment leur libération et l’octroi d’un droit à réparation.
Il faut rappeler que le Groupe de travail sur la détention arbitraire peut être saisi alors même que les recours internes sont encore en cours.
Certaines familles de détenus sont même allées jusqu’à déposer un signalement auprès du Procureur de la Cour pénale internationale, même si les chances qu’une telle démarche paraissent limitées.
La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a également ordonné, le 28 octobre 2023, des mesures provisoires concernant notamment Me Ghazi Chaouachi et Me Noureddine Bhiri dans le cadre de l’affaire n° 004/2023, portant notamment sur leur état de santé, leurs droits et ceux de leurs familles ainsi que l’exercice de leur défense.
L’État tunisien, qui n’avait pas démontré l’exécution complète de ces mesures, a demandé leur retrait en invoquant notamment le retrait par la Tunisie de la déclaration déposée au titre de l’article 34 § 6 du Protocole instituant la Cour. Cette demande a été rejetée le 17 mars 2025.
L’affaire dite du complot a également été portée devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples dans l’affaire n° 008/2026, introduite notamment par Mohamed Khayam Turki, Noureddine Bhiri, Jaouhar Ben Mbarek, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Abdelhamid Jelassi, Sahbi Atig et Chaima Issa, qui mettent en cause l’État tunisien pour les nombreuses violations des droits humains qu’ils estiment avoir subies.
Dans sa réponse, le chargé du contentieux de l’État conteste l’ensemble de ces allégations.
Il faut également souligner que le pourvoi en cassation, en tant que recours extraordinaire, ne constitue pas nécessairement, au regard du contentieux devant la Cour africaine, un recours interne devant obligatoirement être épuisé avant qu’une requête puisse être déclarée recevable.

SCENARIOS JUDICIAIRES THEORIQUES
Il va sans dire qu’aujourd’hui, en Tunisie, l’indépendance réelle des magistrats est au cœur du problème. Un climat de peur pèse sur la magistrature, particulièrement dans cette affaire où le président Kaïs Saïed n’a cessé, depuis les premières arrestations, d’adresser des avertissements aux magistrats susceptibles de prendre des décisions à décharge.
Mais, juridiquement, plusieurs scénarios demeurent possibles.
La Cour de cassation peut rejeter les pourvois et laisser subsister l’arrêt d’appel attaqué. Ce serait alors, sous réserve des autres procédures éventuellement ouvertes, le dernier épisode de la procédure pénale ordinaire concernant ces condamnations.
Elle peut également casser tout ou partie de l’arrêt attaqué et renvoyer l’affaire devant une juridiction du fond autrement composée pour un nouvel examen dans les limites de la cassation prononcée.
L’arrêt de cassation replace alors, dans la limite des dispositions cassées, la procédure dans l’état où elle se trouvait avant la décision annulée. Se poserait dès lors immédiatement la question de la situation des personnes incarcérées en exécution de l’arrêt cassé, notamment Me Ayachi Hammami, Ahmed Néjib Chebbi et Chaima Issa.
Une cassation sans renvoi paraît beaucoup plus difficile à envisager dans le cas d’espèce, mais un ajournement de l’examen des pourvois demeure également possible lors de l’audience du 3 septembre.

LES ENJEUX POLITIQUES
Il est cependant difficile de s’att**der sur les seuls enjeux judiciaires de cette affaire sans examiner ses enjeux politiques. Deux questions se posent : pourquoi maintenant ? Et quelles peuvent être les issues recherchées ?
Concernant le calendrier, la date du 3 septembre peut paraître précoce, puisque beaucoup s’attendaient à ce que la première audience soit fixée après la rentrée judiciaire du 16 septembre.
Il est difficile d’imaginer que ce calendrier soit politiquement neutre.
Pourquoi le pouvoir aurait-il intérêt à accélérer l’examen de cette affaire ?
Plusieurs réponses sont possibles.
Compte tenu de la conjoncture extrêmement défavorable, voire catastrophique, pour le régime en place, une première hypothèse serait celle d’une diversion : réintroduire dans la sphère publique les débats sur la décennie qualifiée de « noire » par Kaïs Saïed et ses partisans et, par ce biais, ressusciter les anciens désaccords entre les différentes composantes de l’opposition sur la démocratie et la période de transition démocratique.
Quand on parle aujourd’hui de débat public, il faut d’ailleurs essentiellement parler des réseaux sociaux : il n’existe pratiquement plus de véritable débat contradictoire dans les médias audiovisuels classiques, largement mis au pas.
Les réseaux sociaux sont devenus l’arène, voire l’agora, du débat public, sous la menace permanente — il ne faut jamais l’oublier — du décret-loi n° 54 de 2022 et de tout le corpus de textes répressifs qui l’accompagne.
Quant aux issues possibles, il est difficile de séparer totalement la décision judiciaire du contexte politique.
Une cassation partielle avec renvoi permettrait de prolonger l’affaire tout en donnant l’impression d’un répit dans la répression. Une telle solution pourrait servir un régime davantage engagé dans la manœuvre que dans une véritable ouverture.
Le pouvoir sait que la libération de certains de ses principaux adversaires politiques ou l’effacement de leurs condamnations modifierait nécessairement le paysage politique. Le maintien de l’incertitude pourrait donc constituer une tactique : ne pas clore l’affaire, mais ne pas non plus assumer immédiatement la confirmation définitive de toutes les condamnations.
Il ne faut pas non plus oublier que, pour Kaïs Saïed et ses propagandistes, les lourdes peines prononcées contre les opposants sont présentées comme une victoire. Ils pourraient donc chercher, au contraire, à redorer le blason du président de la République en obtenant la confirmation des sentences, voire, après cassation et renvoi, leur aggravation par la juridiction de renvoi.
Le caractère particulièrement opaque du processus de prise de décision au sommet du pouvoir fait cependant que tous les scénarios doivent être envisagés.
Il n’est même plus totalement impossible d’imaginer que Kaïs Saïed ne dispose plus de la même maîtrise de la décision et que d’autres responsables du régime cherchent à calmer le jeu, à préparer une évolution ou, à tout le moins, à montrer qu’il existe encore « des adultes dans la pièce ».
On pourrait alors assister à quelques libérations, voire à quelques acquittements soigneusement choisis, susceptibles également de semer la discorde entre les différents mouvements d’opposition.
Les décisions prises par le Tribunal administratif lors de l’élection présidentielle constituent à cet égard un précédent intéressant, si tant est qu’une véritable guerre de couloirs existe aujourd’hui dans les méandres du pouvoir.
Cet « inside job » (Un tel dénouement venu de l’intérieur du système) espéré, ne serait-ce que pour des raisons humanitaires concernant les détenus et leurs familles, reste malheureusement difficile à prévoir.
Mais il pourrait aussi s’agir d’un « outside job »( une pression extérieure) c’est-à-dire d’une ouverture demandée ou encouragée par certains soutiens extérieurs du régime, notamment l’Union européenne, voire par le régime algérien, inquiet d’une éventuelle explosion de la « cocotte-minute » tunisienne et du retour, à ses frontières, du spectre d’une nouvelle transition démocratique.
La probabilité d’une confirmation de l’arrêt de la Cour d’appel reste cependant tout aussi réaliste et peut-être même la plus attendue.
Ce serait une manière, pour Kaïs Saïed, d’en finir judiciairement avec plusieurs de ses principaux détracteurs, de réaffirmer son omnipotence envers et contre tout et de montrer que les difficultés considérables traversées par le pays durant cet été catastrophique n’ont en rien altéré sa capacité à réprimer et à semer la peur.
Cette démonstration pourrait lui sembler d’autant plus nécessaire que des dynamiques de contestation touchent désormais des catégories de plus en plus diverses de la population, à l’approche d’une saison historiquement peu favorable aux régimes autoritaires.
La relation particulière de Kaïs Saïed à l’histoire et sa crainte de n’y entrer qu’accompagné d’une légende noire pourraient également expliquer une volonté d’accélérer la clôture de cette affaire et d’autres dossiers similaires — s’il n’en crée pas, entre-temps, de nouveaux.
Reste enfin un espoir. Que cette affaire, qui a marqué l’un des grands tournants de la répression démesurée engagée contre les opposants politiques, puisse aussi marquer le commencement de la fin de cette répression.
Paris, le 1er septembre 2026

L’emblématique et sinistre affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État », ou « affaire du complot n° […]

01/09/2026

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) dénonce avec la plus grande […]

TUNISIE : DES DETENU-E-S EN DANGER, UN ÉTAT COMPTABLE DE LEUR VIECanicule, surpopulation, coupures d’eau et d’électricit...
31/08/2026

TUNISIE : DES DETENU-E-S EN DANGER, UN ÉTAT COMPTABLE DE LEUR VIE
Canicule, surpopulation, coupures d’eau et d’électricité, décès suspects : l’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient

Le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme face à la situation extrêmement grave qui prévaut dans les prisons tunisiennes.
Depuis plusieurs mois, les décès de personnes détenues dans des circonstances suspectes ou insuffisamment élucidées se multiplient. À cette crise ancienne s’est ajoutée, durant l’été 2026, une succession de vagues de chaleur exceptionnelles, accompagnées dans plusieurs régions de coupures d’eau et d’électricité, alors que le système pénitentiaire connaît déjà une surpopulation massive, des infrastructures dégradées et des difficultés persistantes d’accès aux soins.

Dans son alerte du 24 juillet 2026, le CRLDHT avait averti que la combinaison de la canicule, du manque d’eau, des coupures d’électricité, du défaut d’aération et de la surpopulation faisait peser une menace directe sur la vie et l’intégrité physique des personnes détenues. https://crldht.com/alerte-urgente-du-crldht/ . Des familles ont depuis fait état de malaises, d’évanouissements, de ret**ds dans l’accès aux soins et de cellules transformées en véritables étuves.

La canicule n’a pas créé la crise carcérale. Elle en a révélé la dangerosité.
Selon les données publiées par l’association Intersection, les prisons tunisiennes accueilleraient aujourd’hui plus de 33 000 détenus pour une capacité officielle d’environ 17 000 places, soit un taux d’occupation proche de 194 %. La population carcérale serait passée de 23 000 personnes en 2022 à plus de 33 000 en 2025. Dans certains établissements, la situation est encore plus critique : 251 % d’occupation à Kairouan, 210 % à Mornaguia, 209 % à Gabès et 200 % à Sfax.
Dans huit prisons, l’espace disponible ne dépasserait pas deux mètres carrés par détenu, tandis que les sanitaires, les douches, l’accès aux produits d’hygiène et aux soins sont largement insuffisants.
Dans de telles conditions, lorsque les températures approchent ou dépassent 45 à 50 °C, la chaleur devient un risque vital.

DES MORTS QUI EXIGENT DES REPONSES
Le décès de Hamza Dridi, 33 ans, détenu à Borj El Amri, est particulièrement alarmant. Selon le témoignage de sa mère recueilli par Nawaat, il lui avait confié lors de sa dernière visite que l’eau avait été coupée pendant quatre jours consécutifs, l’empêchant, comme les autres détenus, de se laver ou de se rafraîchir malgré la chaleur extrême. Peu après cette conversation, il aurait été placé en cellule disciplinaire. Cinq jours plus t**d, le 22 juillet, il décédait. Il n’avait pas encore été jugé et, selon sa famille, ne souffrait d’aucune pathologie connue. Le rapport d’autopsie n’avait pas encore été rendu public.
À la prison civile de Gabès, deux détenus sont également morts : Ali Bejaoui et Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi. La LTDH a qualifié ces décès de « suspects ». La famille de ce dernier affirme avoir constaté des contusions et une fracture au niveau du cou après la restitution du corps.
Surtout, la section de Gabès de la LTDH dit avoir recueilli des témoignages concordants faisant état de coupures récurrentes d’eau et d’électricité, de surpopulation extrême et d’épisodes d’étouffement parmi les détenus.
À Messadine, Salem Karmous, Franco-Tunisien, est décédé le 19 juillet. Son père affirme avoir constaté des traces de violence et d’agression sur son corps. Ici encore, seule une enquête indépendante peut déterminer les causes du décès et établir les responsabilités.
Ces morts s’inscrivent dans une série plus large. L’OMCT avait déjà documenté treize morts suspectes entre mai 2025 et avril 2026, sans compter celles survenues pendant la canicule.
Fin août, un détenu est également décédé à la prison civile de Gafsa, tandis que deux détenus de Mahdia ont dû être transférés en réanimation dans un contexte de chaleur extrême et de conditions de détention dégradées.

Le 29 août, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins a lancé une nouvelle alerte : elle fait état d’une augmentation sans précédent des décès et des hospitalisations liés aux coups de chaleur, ainsi que de décès de détenus dans plusieurs services d’urgence. Elle souligne en outre que le ministère de la Santé recueille des données sur les décès, les coups de chaleur et les capacités des services de réanimation, mais qu’aucun bilan officiel détaillé n’a encore été rendu public.

Une autre information grave a circulé le 28 août concernant cinq décès dans les prisons du Grand Tunis. Bassem Trifi, président de la LTDH, a indiqué, en citant des sources judiciaires saisies des dossiers, que cinq décès avaient été enregistrés la veille, sans compter d’autres régions.
Le périmètre exact de ces décès et leurs causes doivent encore être établis. Mais c’est précisément pour cette raison que le silence des autorités n’est plus acceptable.

L’ÉTAT NE PEUT DETENIR QUELQU’UN SANS GARANTIR SA VIE
Une personne détenue dépend entièrement de l’administration pour l’eau, l’électricité, l’aération, l’alimentation, les médicaments, les soins et le transfert vers un hôpital. Elle ne peut pas quitter sa cellule parce qu’il fait trop chaud ni chercher elle-même de quoi se protéger.
L’État qui prive une personne de liberté assume donc envers elle une obligation particulière de protection.
La peine prononcée par un tribunal est la privation de liberté. Elle ne comprend ni la privation d’eau, ni la chaleur insupportable, ni les violences, ni la négligence médicale, ni l’exposition à un risque mortel évitable.
Le détenu conserve pleinement son droit à la vie, à l’intégrité physique, à l’eau, aux soins, à la dignité et à la protection contre les traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Ouvrir les prisons au contrôle indépendant
L’administration pénitentiaire affirme disposer de groupes électrogènes, de citernes de secours et de dispositifs permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement en eau et en électricité. Elle affirme également que les détenus sont pris en charge médicalement et transférés vers les hôpitaux lorsque leur état l’exige. Ces affirmations doivent pouvoir être vérifiées.
Or, au moment même où les décès et les alertes se multiplient, la LTDH rencontre des obstacles pour visiter les établissements pénitentiaires. Une délégation a notamment été empêchée d’accéder à la prison de Messadine le 21 juillet, alors qu’un mémorandum d’entente signé en 2015 avec le ministère de la Justice avait précisément institué un mécanisme de visites indépendantes.
Si les autorités affirment que les conditions sont conformes au droit, elles doivent ouvrir les prisons au contrôle indépendant.

Le CRLDHT demande
Le CRLDHT demande :
1. La publication immédiate d’un bilan national exhaustif des décès en détention depuis le 1er juillet 2026, établissement par établissement.
2. La clarification immédiate des cinq décès signalés fin août dans les prisons du Grand Tunis, avec identification des personnes concernées et des circonstances exactes.
3. L’ouverture d’enquêtes indépendantes sur tous les décès suspects, notamment ceux de Hamza Dridi, Ali Bejaoui, Ali Ben El Tijani Ben Mohamed El Mansi et Salem Karmous.
4. La communication aux familles des conclusions médico-légales et des rapports d’autopsie, ainsi que l’accès aux dossiers médicaux.
5. La publication par le ministère de la Santé des données relatives à la canicule : décès, hospitalisations, admissions en réanimation et transferts de détenus.
6. Des mesures d’urgence dans toutes les prisons : accès permanent à l’eau potable, électricité, ventilation, soins médicaux et protection particulière des personnes âgées, malades ou vulnérables.
7. Des inspections indépendantes et inopinées des établissements pénitentiaires.
8. La levée immédiate des entraves aux visites de la LTDH et le respect du mémorandum de 2015.
9. L’identification des responsabilités administratives, politiques ou pénales chaque fois qu’une faute, une négligence ou une violence ayant contribué à un décès est établie.
10. Des mesures urgentes contre la surpopulation carcérale, notamment par un réexamen de la détention provisoire et le développement des alternatives à l’incarcération.
Les familles ont droit à la vérité.
Les détenus ont droit à la dignité.
Et, avant toute chose, ils ont droit à la vie.
Paris, le 30 août 2026

lien du communiqué en version française : https://crldht.com/tunisie-des-detenu-e-s-en-danger-un-etat-comptable-de-leur-vie/

Canicule, surpopulation, coupures d’eau et d’électricité, décès suspects : l’État doit garantir la vie des personnes qu’il détient Le Comité […]

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