Histoire et Mémoire de Paris Centre

Histoire et Mémoire de Paris Centre Page officielle de l'association Histoire et Mémoire de Paris Centre (Anciennement HM3)

Francine Christophe, décédée récemment et son inoubliable don d’un morceau de chocolat.
15/04/2026

Francine Christophe, décédée récemment et son inoubliable don d’un morceau de chocolat.

En 1933, à Paris, naquit une petite fille au sein d’une famille juive aimante.
Elle s’appelait Francine.
Rien, absolument rien, ne laissait présager que l’Histoire viendrait dévorer son enfance.
Sept ans plus t**d, le monde qu’elle connaissait cessa d’exister.
En 1940, son père, Robert, fut capturé par les Allemands et envoyé dans un camp de prisonniers de guerre en Autriche. Derrière les barbelés et les miradors, il réussit à faire parvenir un message à sa famille. Il n’était ni long, ni émouvant.
C’était un avertissement.
Courez. Partez immédiatement. N’attendez pas.
La mère de Francine, Marcelle, comprit. À l’été 1942, elle prit sa fille de neuf ans par la main et tenta de fuir vers la frontière, misant tout sur la vitesse.
Ce ne fut pas suffisant.
Elles furent arrêtées.
Parce que Robert était prisonnier de guerre français, la mère et la fille ne furent pas déportées immédiatement. À la place, on leur attribua une étiquette qui semblait moins cruelle, mais qui ne l’était pas : « otages ». Pendant deux ans, elles furent ballottées de camp en camp à travers les couloirs glacés de la France occupée : Poitiers. Drancy. Pithiviers. Beaune-la-Rolande. Chaque lieu signifiait plus de faim, plus de froid, plus de peur — et moins d’avenir.
Le 4 mai 1944, cette protection fragile prit fin.
Elles furent entassées dans un train à destination de Bergen-Belsen. Chaque prisonnier n’avait droit qu’à un petit sac. Marcelle choisit avec soin. Parmi les rares objets essentiels, elle cacha deux morceaux de chocolat — un trésor inimaginable, conservé pour le moment où la faim ou le désespoir deviendraient insupportables.
Bergen-Belsen n’était pas un lieu de mort rapide.
C’était pire.
C’était la lente décomposition de la vie.
La faim était permanente. Les maladies se propageaient sans contrôle. Les corps s’empilaient comme des choses jetables. L’espoir diminuait jour après jour.
Francine avait dix ans.
Un jour, elle remarqua une femme à l’écart des autres. Enceinte. Seule. En plein travail. Trop faible pour crier, trop faible pour survivre seule. Francine glissa la main dans sa poche. Elle sentit le chocolat.
C’était le dernier morceau.
La garantie de sa mère contre l’effondrement.
Peut-être la différence entre vivre un jour de plus… ou pas.
Elle hésita.
Puis elle le donna.
Ce geste minuscule — presque invisible — changea tout.
Le sucre donna des forces à la femme. Assez d’énergie pour supporter la douleur. Contre toute logique, un enfant naquit dans un lieu conçu pour effacer la vie. Et, contre toute attente, la mère et le bébé survécurent.
Quelques semaines plus t**d, le camp fut libéré par les troupes alliées.
Francine survécut.
Marcelle survécut.
Et, de manière presque incroyable, elles retrouvèrent Robert.
Une famille marquée à jamais — mais vivante.
Le temps passa.
Francine grandit. Elle devint enseignante. Puis quelque chose d’encore plus important : témoin. Elle consacra sa vie à transmettre la mémoire de la Shoah, voyageant, parlant, refusant que le souvenir devienne abstrait.
Des décennies plus t**d, lors d’une conférence, une femme demanda la parole et dit qu’elle devait faire quelque chose avant de parler.
— Je m’appelle Yvonne, dit-elle. Je suis psychiatre à Marseille.
Elle s’avança vers la salle.
— Je cherche Francine Christophe.
Francine leva la main. Yvonne s’approcha et déposa doucement quelque chose dans sa paume.
Un morceau de chocolat.
— Je suis le bébé, dit-elle à voix basse.
Personne ne parla.
Parce que tout le monde comprit.
Cinquante ans plus tôt, une enfant affamée avait choisi la compassion plutôt que la survie individuelle. Ce choix était devenu une vie — une médecin qui consacra son existence à soigner les autres. Une vie qui n’exista que parce que, dans l’endroit le plus sombre qui soit, quelqu’un avait choisi d’être humain.
Aujourd’hui, Francine Christophe a plus de 90 ans. Elle a des enfants, des petits-enfants, des arrière-petits-enfants. Elle continue de raconter son histoire. Elle continue d’insister sur la mémoire.
Ce morceau de chocolat n’a jamais été seulement de la nourriture.
Il fut la preuve que les n***s ont échoué.
Ils ont tenté de détruire l’empathie. Ils n’y sont pas parvenus.
Ils ont tenté d’effacer la valeur humaine. Ils n’ont pas pu.
Dans un camp conçu pour voler les âmes, une fillette de dix ans a prouvé que l’amour peut survivre même en enfer.
Certains gestes résonnent à travers les générations.
Celui-ci a résonné pendant cinquante ans — jusqu’à être rendu, non comme un paiement, mais comme un témoignage.
Témoignage que l’humanité persiste.
Que la mémoire compte.
Et que, même dans les pires endroits, les êtres humains peuvent encore choisir d’être humains.

Poèmes de Charlotte Delbo.
09/03/2026

Poèmes de Charlotte Delbo.

Briare. Merci au Théâtre de l’Escabeau d’avoir présenté la « Prière aux vivants », une oeuvre bouleversante, interprétée par Marie Torreton, qui raconte l’histoire de Charlotte Delbo à Auschwitz. Dans cette situation horrible et tragique, elle se récitait, pour tenir, 57 poèmes qu’elle connaissait par coeur, et aussi Molière….

Deux jeunes enfants si beaux
29/01/2026

Deux jeunes enfants si beaux

Je vous partage cette photo qui me glace le sang, qui me hante, qui me bouleverse…
Cette image, prise sur la rampe d’arrivée d’Auschwitz-Birkenau, montre deux frères parmi un convoi de Juifs hongrois.
Leur regard en dit long sur l’angoisse et la peur qui devaient les envahir.
Je suis horrifié quand j’imagine, ne serait-ce qu’un instant, ce qu’ils ont pu ressentir.
Ces deux enfants s’appelaient Zril et Zelig Jakob.
Ils sont arrivés à Auschwitz en 1944, et ont été assassinés peu après.
Cette photo fait partie de l’album d’Auschwitz, retrouvé par Lili Jacob, leur sœur, seule survivante de sa famille.
Lili avait découvert cet album par hasard dans une table de nuit, alors qu’elle était hospitalisée dans une ancienne caserne SS.
En le feuilletant, elle s’est même reconnue sur une photo, parmi les femmes alignées devant les baraques de Birkenau.
Le plus jeune, Zril, est aujourd’hui devenu un symbole du Musée et de la Fondation Auschwitz-Birkenau.
Le directeur actuel du musée, Piotr Cywiński, a choisi cette image comme emblème, et il raconte cette histoire dans son livre Épitaphium.
Cette photo, plus qu’une image, est un cri du passé.
Un témoignage insoutenable qui nous rappelle jusqu’où la barbarie humaine a pu aller.
Rémy

À jeudi à Paris Lili Keller Rosenberg. Nous sommes heureux de vous recevoir salle Jean Dame
09/01/2026

À jeudi à Paris Lili Keller Rosenberg. Nous sommes heureux de vous recevoir salle Jean Dame

23/12/2025
Anniversaire de la mort de Daniel Cordier. Nous avons travaillé à donner son nom à une école de Paris Centre. La cérémon...
23/11/2025

Anniversaire de la mort de Daniel Cordier. Nous avons travaillé à donner son nom à une école de Paris Centre. La cérémonie eut lieu à la date anniversaire de sa mort avec des élèves motivés. Un beau chemin parcouru depuis cette première dénomination ! Yohann Roszéwitch Karine Barbagli. Mairie de Paris Centre.

⚫️⚫️ C'était un 20 novembre... ⚫️⚫️

Le 20 novembre 2020, décès de Daniel Cordier....

Daniel Bouyjou-Cordier est né le 10 août 1920 à Bordeaux (Gironde) dans une famille de négociants. Il fait ses études dans plusieurs collèges catholiques ; militant de l'Action française, il fonde à 17 ans à Bordeaux le Cercle Charles Maurras.

Il n'a pas encore 20 ans et attend son incorporation prévue le 10 juillet, lorsque, près de Pau où réside sa famille, il entend l'annonce de demande d'armistice faite à la radio par le maréchal Pétain le 17 juin 1940. Révolté par ce discours, il décide de continuer la lutte, et rassemble 16 volontaires, parmi lesquels son ami Philippe Marmissolle-Daguerre, avec lesquels il embarque le 21 juin depuis Bayonne sur un navire belge, le Leopold II, pour l'Afrique du Nord. Dérouté vers l'Angleterre, il atteint Falmouth le 25 juin.

Daniel Cordier s'engage avec ses camarades dans la "Légion de Gaulle" le 28 juin 1940. En transit pendant quelques jours à l'Olympia Hall, il y est affecté au Bataillon de Chasseurs alors en formation. Il arrive début juillet à Delville Camp, où il suit un entraînement jusqu'à la fin du mois. Le Bataillon de Chasseurs est ensuite installé à Camberley puis au camp d'Old Dean où Daniel Cordier poursuit sa formation militaire.

Le Bataillon étant dissous, il est affecté à un peloton d'élève officier. Promu aspirant en août 1941, alors que le départ prévu pour le théâtre d'opérations africain ne se concrétise pas, il brûle de passer à l'action et obtient d'être affecté, à l'été 1941, au service "Action" du Bureau central de Renseignements et d'Action (BCRA), c'est-à-dire les services secrets de la France libre à Londres.

Pendant un an, il suit un entraînement spécial dans les écoles de l'Intelligence Service sur le sabotage, la radio, les atterrissages et parachutages. Daniel Cordier, sous le nom de code de Bip W, est parachuté en France près de Montluçon le 26 juillet 1942, comme radio et secrétaire de Georges Bidault, chef du Bureau d'Information et de Presse (BIP), agence de presse clandestine.

A Lyon, le 1er août, il rencontre pour la première fois Rex, alias Jean Moulin, représentant du général de Gaulle et délégué du Comité national français, qui l'engage pour organiser son secrétariat à Lyon. Il met sur pied un état-major clandestin, sans moyen ni personnel - surtout au début - avant d'être assisté par Laure Diebold, puis par Hugues Limonti notamment.

En mars 1943, Daniel Cordier organise et dirige à Paris, selon les directives de Jean Moulin, son secrétariat de zone nord. Après l'arrestation de ce dernier le 21 juin 1943 à Caluire, il poursuit sa mission en zone nord comme secrétaire de la Délégation générale en France auprès de Claude Bouchinet-Serreulles, successeur par intérim de Jean Moulin.

A son poste jusqu'au 21 mars 1944, pourchassé par la Gestapo, il s'évade par les Pyrénées. Interné en Espagne, à Pampelune puis à Miranda, il est de retour en Angleterre fin mai 1944 et est nommé chef de la section des parachutages d'agents du BCRA.

Intégré à la Direction générale des Etudes et Recherches (DGER) en octobre 1944, il dépouille, avec Vitia Hessel, les archives du BCRA pour permettre la rédaction, dont se charge Stéphane Hessel, du Livre blanc du BCRA.

Chef de cabinet du colonel Passy, directeur de la DGER, il démissionne après le départ du général de Gaulle en janvier 1946. Après la guerre, Daniel Cordier désire consacrer sa vie à la peinture et commence une collection d'art contemporain.

En 1956, il ouvre une galerie d'art à Paris et à New York jusqu'en 1964. En 1979, il est nommé membre de la commission d'achat du Centre Georges Pompidou auquel, en 1989, il fait don de sa collection dont une partie se trouve au Musée d'Art Moderne de Toulouse, "Les Abattoirs".

Depuis le début des années 80, Daniel Cordier s'est fait historien pour défendre la mémoire de Jean Moulin ; abandonnant ses activités artistiques, il se consacre à des recherches historiques sur Jean Moulin dont il publie depuis 1983 une colossale biographie en six tomes.

Daniel Cordier est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis septembre 2005. En octobre 2017, il est nommé chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération. Daniel Cordier est décédé le 20 novembre 2020 à Cannes dans les Alpes-Maritimes. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.

• Grand Croix de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45
• Membre de l'Ordre de l'Empire britannique

Publications :
• Jean Moulin et le Conseil national de la Résistance, éditions du CNRS, Paris 1983
• Jean moulin, l'inconnu du Panthéon, JC Lattès
• T. 1 Une ambition pour la République 1899-1936, Paris 1989.
• T. 2 Le choix d'un destin 1936-1940, Paris 1989
• T. 3 De Gaulle capitale de la Résistance 1940-1942, Paris 1993
• Jean Moulin, la République des catacombes, Gallimard, Paris 1999
• Alias Caracalla, Gallimard, Paris 2009
• De l'Histoire à l'histoire, Gallimard, Paris 2013
• Les Feux de Saint-Elme, Gallimard 2015
• La Victoire en pleurant. Alias Caracalla (1943-1946), Gallimard, Paris 2021

Germaine Bach
23/11/2025

Germaine Bach

Source :http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/?article207658
BACH Germaine ou Guerda
Née le 21 novembre 1925 à Paris (XIe arr.) ; très jeune résistante, membre de la MOI, puis agent de liaison de l’UJJ (Union de la Jeunesse Juive) à Lyon ; arrêtée le 7 juin 1944, déportée le 30 juin 1944 au camp d’Auschwitz-Birkenau ; rapatriée en mai 1945.
Le père de Germaine Bach, Tana (Tanchel Bach), était né en Russie , à Damaczevo, le 17 mai 1892. Avec sa mère, Léa née Bl**er, d’origine polonaise, ils étaient tricoteurs et habitaient au 141, avenue Ledru-Rollin, dans le XIe arrondissement.
Selon le témoignage d’Aline Kott (Germaine Bach était l’agent de liaison de son mari, Jacques Kott, à Lyon. Aline était elle-même résistante . Elle a bien connu Germaine Bach après la guerre). « Dans l’entre-deux-guerres, son père, attaché à la culture yiddish, incite Germaine à prendre contact avec le groupe de langues yiddish de la MOI ,Main d’œuvre immigrée, organisation créée par le Parti communiste dans les années 1920. Germaine fait alors partie de ce groupe de langues, ainsi que du club sportif correspondant, le Yask ( Yiddisher Arbeter Klub) qui organise des sections de natation, de basket et autres. Elle participe également à "une école de complément" qui donne les bases de cette culture yiddish. »
Germaine Bach connut dans cette organisation un groupe de jeunes de la rue des Immeubles industriels dans le XIe arrondissement où elle habitait. Dès 1941, ils lui demandaient de venir donner un coup de main pour coller des papillons ou distribuer des tracts. Ce furent les premiers actes de propagande. Au cours d’une de ces distributions, Germaine Bach fut arrêtée en décembre 1941. Elle déclara à son retour de déportation : « Je distribuais des tracts dans la rue lorsque j’ai été arrêtée. C’était fin décembre 1941. » Ou encore , en 1996 : « Je m’en souviens comme si c’était hier, c’étaient des flics à bicyclette- on les appelait des Hirondelles (donc des policiers français) et je collais des papillons sur lesquels était écrit : " Chassons l’envahisseur". J’avais 15 ans à l’époque et l’air parfaitement candide ; je me suis quand même retrouvée à la Petite Roquette, puis à Fresnes où je suis restée à peu près deux mois et ils ont fini par me relâcher. Mais je n’ai pas été reprise au lycée. »
Elle fut effectivement internée un mois à la prison de Fresnes au début de l’année 1942. À son entrée dans cette prison, elle était dite "vêtue d’un manteau rouille, d’une robe écossaise, et d’une paire de souliers marron". Elle figura dans le registre des femmes mineures arrêtées pour vagabondage et prostitution, dans ce qui était appelé École de Préservation, titre donné au quartier cellulaire d’éducation correctionnelle créé à la prison de Fresnes en 1927 et isolé du " Grand Quartier". Même si les gardiennes étaient appelées monitrices et si une ou deux institutrices étaient en poste, l’école de préservation ressemblait à une maison d’arrêt ordinaire. Elle y fut consignée du 3 au 23 février 1942 , date à laquelle il est dit qu’" elle est radiée et mise en liberté ". Son jeune âge, elle avait alors 16 ans, joua en faveur de sa libération.
En 1942, elle poursuivit ces actions de propagande dans le cadre de l’UJJ (Union de la Jeunesse juive) ; à Paris d’abord, puis à Lyon à partir du printemps 1943. À ce moment, de nombreux militants de l’UJJ furent envoyés en zone sud, suite aux nombreuses arrestations de militants à Paris. Elle devint alors l’agent de liaison entre le responsable de l’UJJ, Jacques Kott et un responsable adulte de l’UJRE ( Union des Juifs pour le résistance et l’entraide). Jacques Kott dit d’elle : « Une ravissante jeune fille, de trois ou quatre ans ma cadette, s’est présentée à moi sous le nom de Diane. Il s’agissait de Germaine Bach, qui a été une des plus jeunes résistantes de France. Elle était agent de liaison de Kowarski, un dirigeant de l’UJRE Durant 14 ou 15 mois, elle a déployé une intense activité au sein de l’UJJ lyonnaise, sans se départir de son sourire et de sa bonne humeur. A l’instar de Diane ( pseudo de Germaine) et Aline, (la femme de Jacques), des dizaines de jeunes femmes passaient des journées harassantes, afin de permettre la parution et la diffusion des journaux, procurer bons de rationnement et vêtements, faux papiers…. » Germaine Bach transmit le journal clandestin de l’UJJ, Jeune combat, accompagna des militants dans les grandes villes de la zone sud, Marseille et Toulouse notamment. Avec la création des groupes armés, elle transporta également des explosifs et des armes pour les opérations exécutées par des groupes de combat de Lyon.
Au printemps 1944, les responsables de l’UJRE et de l’UJJ, pensant que le débarquement interviendrait dans le sud du pays, on l’ envoya à Marseille, où, pendant plusieurs semaines, elle fut l’agent de liaison de Charles Lederman qui l’atteste le 22 janvier 1946.
Le 6 juin 1944, lorsque l’on apprit le débarquement des armées alliées sur les plages normandes, elle fut rappelée par son chef à Lyon pour être affectée au service de liaisons dans le département du Rhône. Arrivée à Lyon après le couvre-feu, elle se rendit au domicile de ses parents à Villeurbanne. Le lendemain matin, elle et son père furent arrêtés . Elle fait elle-même le récit de son arrestation dans un article de journal conservé dans son dossier de résistante au SHD, service historique de la défense : « J’ai été arrêté par Francis André, dit " Gu**le tordue", adjoint de Barbie. Il m’a rattrapée alors que j’avais tenté une évasion en m’échappant du véhicule. Je n’ai pas été blessée, malgré la fusillade qui m’a accompagnée durant ma fuite. On a arrêté mon père en même temps que moi. Et nous avons été emmenés au siège de la Gestapo, place Bellecour, à Lyon. Après avoir subi un interrogatoire musclé en règle, au terme duquel je ne tenais plus sur mes jambes, on m’a littéralement jetée dans une pièce sombre où se tenaient mon père, le crâne blessé par un coup de crosse, et d’autres prisonniers. Inutile de dire combien mon père était désespéré lorsque la sentinelle qui nous gardait lui a dit : « Si elle est de votre famille, vous pouvez lui dire au revoir, elle sera fusillée ce soir. Nous n’avons pu que nous soutenir quelques instants, puis nous avons été séparés, définitivement, l’un et l’autre emmenés à Montluc. »
Elle fut transférée 8 jours plus t**d au camp de Drancy. C’est en fait son père qui est fusillé le 12 juin avec 22 otages de la prison, dans une clairière près du village de Dagneux. Elle est déportée le 30 juin 1944 au centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. Elle est internée au camp de femmes de Birkenau. Elle porte le numéro matricule A- 8528. Elle y croise Paulette Shlivka qu’elle a connue dans le club sportif de la MOI. Evacuées le 18 juin 1945, elles font ensemble, avec cinq autres Françaises, la marche de la mort. Puis elles furent emmenées sur des plateformes découvertes au camp de Ravensbrück. Horreur indescriptible : toutes les femmes de l’Est étaient rassemblées sous une tente immense. Huit jours plus t**d, elles furent encore évacuées en train dans un camp annexe, à Neustadt- Glewe. Germaine Bach travailla dans le Sc***ss Kommando qui vidangeait les latrines.. Le 3 mai elles furent libérées par les Soviétiques, puis rapatriées en France par Lille le 22 mai 1945.
Germaine Bach se maria en 1949 avec le professeur Lucien Israêl. Elle a eu trois enfants.
Elle n’a pas demandé pendant des années à être reconnue comme résistante, se sentant responsable de la mort de son père. Probablement apaisée, elle a constitué son dossier de résistante en 1996 et a obtenu alors le titre de déportée résistante.

Sur la dernière photo, un couple semble presque ricaner. Abject.
09/11/2025

Sur la dernière photo, un couple semble presque ricaner. Abject.

Décès de Francine Christophe le 4 novembre. réécouter son témoignage sur le site du Mémorial de la Shoah
05/11/2025

Décès de Francine Christophe le 4 novembre. réécouter son témoignage sur le site du Mémorial de la Shoah

09/10/2025

De Sarah Gensburger. Lundi 6 octobre à 17h30. Nous reviendrons sur la question des droits locatifs des familles juives à Paris à travers les cas des appartements de Marc Bloch et de Robert Badinter, caractéristiques des deux procédures à l’œuvre et du sort différentiel que ces spoliations ont connu après la Libération, dans le cadre du cycle que l EHESS consacre cette année à Marc Bloch. La présentation ouverte à tous et toutes aura lieu dans le hall du 54 bd Raspail
, qui se trouve, hasard de l’histoire, en face de l’appartement de la famille Bloch.

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MVAC Paris Centre/5 Rue Perrée
Paris
75003

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