15/06/2026
🔶MÉMOIRE : Nous rendons hommage à Jean-Baptiste SALVAING et Jessica SCHNEIDER, victimes de l’attentat de Magnanville 🔶
Le 13 juin 2016, le commandant de police Jean-Baptiste Salvaing, commandant adjoint du commissariat des Mureaux, rentre chez lui au 10 allée des Perdrix à Magnanville dans les Yvelines. À peine après avoir franchi son portail, il est attaqué à l'arme blanche par Larossi Abballa. Il essaye de s’enfuir et d’alerter son voisinage mais l’assaillant le rattrape et le frappe à dix reprises. Le commandant succombe à ses blessures. L'assaillant s'introduit ensuite dans le pavillon, séquestre Jessica Schneider, adjointe administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie et compagne de la victime, ainsi que leur fils Mathieu, âgé de trois ans et demi.
Depuis l'intérieur du domicile, Larossi Abballa revendique son appartenance à Daesh, poste un tweet faisant allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi et diffuse une vidéo en direct sur Facebook Live montrant le jeune Mathieu. Les forces de l’ordre arrivés sur les lieux entament une procédure de négociation. Le RAID donne finalement l'assaut et découvre au rez-de-chaussée le corps inerte de Jessica Schneider, égorgée selon un mode opératoire caractéristique des adeptes de l'État islamique. L'assaillant est neutralisé. Le petit Mathieu est retrouvé sain et sauf, en état de sidération.
Dès le 14 juin 2016, la section antiterroriste du parquet de Paris se saisit des faits des chefs d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique, tentative d'assassinat sur mineur de moins de 15 ans, séquestration sans libération volontaire avant le septième jour, en relation avec une entreprise terroriste, et association de malfaiteurs terroriste. L'enquête est confiée conjointement à la sous-direction antiterroriste, à la direction de la police judiciaire de Versailles, à la sous-direction de lutte contre la cybercriminalité et à la direction générale de la sécurité intérieure.
Les investigations ont permis d'établir que Larossi Abballa avait effectué des repérages au domicile des victimes plusieurs semaines avant les faits. Son véhicule avait été repéré à plusieurs reprises à proximité du pavillon. Larossi Abballa était connu des services de renseignement. Condamné en 2013 à trois ans d'emprisonnement pour son rôle dans une filière afghano-pakistanaise liée à Al-Qaïda, il n'avait pas renoncé à son idéologie jihadiste après sa libération. Les investigations s’orientent rapidement vers l’implication de potentiels complices. L'ADN de Mohamed Lamine Aberouz est ainsi retrouvée sur le repose-poignet de l'ordinateur des victimes au sein de leur domicile, ainsi que dans le véhicule de l'assaillant. Les investigations téléphoniques ont établi de nombreux contacts entre les deux hommes entre mars et juin 2016, portant notamment sur des sujets religieux. Le 18 mai 2016, les deux hommes avaient activé le même relais téléphonique situé à 650 mètres du domicile des victimes. Toute communication entre eux avait ensuite cessé à compter du 5 juin 2016. Enfin, des messages audios particulièrement explicites, retrouvés sur le téléphone de l'assaillant via la messagerie cryptée Telegram, semblaient témoigner d'un encouragement au passage à l'acte de la part de Mohamed Lamine Aberouz. Deux autres personnes, Saad Rajraji et Charaf Din Aberouz, avaient été mises en examen dès le 18 juin 2016. À l'issue de l'information judiciaire, les charges se sont révélées insuffisantes à leur encontre et aucune poursuite n'a été retenue contre eux.
Le 11 octobre 2023, au terme d'un procès devant la cour d'assises spécialement composée de Paris, Mohamed Lamine Aberouz, unique accusé, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans pour complicité d'assassinat sur personnes dépositaires de l'autorité publique, complicité de séquestration de mineur et association de malfaiteurs terroriste. La Cour s'est alignée sur les réquisitions du parquet, estimant qu'il n'existait aucun doute sur sa culpabilité. Mohamed Lamine Aberouz avait interjetté appel de la décision. La Cour d'appel de Paris a confirmé sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité le 21 juin 2025.
La FENVAC, dans son objectif de défense des droits des victimes, de justice et de prévention des actes terroristes, s’est constitué partie civile et était représentée par Me Laura BEN KEMOUN.
En ce jour, nous rendons hommage à la mémoire de Jean-Baptiste SALVAING et Jessica SCHNEIDER et exprimons notre soutien à leur famille et leurs proches.