25/05/2026
Bonjour à toutes et à tous,
Que pense-t-on généralement des écureuils et comment les perçoit-on ? Ils sont fragiles, mignons, ou simplement des êtres qui vivent leur vie à leur manière. Mais alors, on porte sur les autres quel regard et réciproquement ?
L’album “un peu beaucoup” écrit et illustré par Olivier Tallec paru aux éditions Pastel en 2020 parle de la différence entre le regard que l’on porte sur soi et celui sur les autres à travers l’histoire d’un écureuil. L’auteur qui dessine celui-ci le représente comme un animal adorable et petit. C’est pour ça qu'il nous rappelle aussi que c’est un animal à protéger. On s’interroge sur le lien entre un jugement : petit, faible, mignon et une action : protéger. Alors est-ce que l’on demande à ce dernier s'il veut être protégé ? Sûrement pas.
Pour un écureuil, un arbre, c'est un peu tout : sa maison, son refuge, et bien sûr ce qui le nourrit. C'est une chose à laquelle il est très attaché. Il dit “mon arbre et moi, on s’occupe bien l’un de l’autre” ça a l’air vrai. C’est très agréable et chouette qu’il l’enlace et qu’il lui parle dans l’illustration.
Est-ce pour autant qu'il y est “trop” attaché et que ce dernier lui est précieux? Il tombe dans son propre piège sans s'en rendre compte. Il trouve une raison pour laquelle il faut prendre soin de l’arbre dans l'idée que ce dernier est fragile. En répétant son jugement, il profite de tout ce qu’il veut, de l'intégralité de l’arbre. Il mange toutes les pommes de pin, de petites aiguilles sur les branches grignote des racines, et il fait du feu avec les branches. Tout ça, il aime. Donc il ne se prive de rien.
Ce qui nous frappe, c’est que l'écureuil cherche toujours à justifier ce qu’il fait, ce dont il profite : il aime l’arbre qui est fragile. C’est pour cela qu’il doit en prendre soin. On ne sait pas qui décide des deux. L’arbre a plein de pommes de pin, de petites aiguilles, des racines que préfère le petit animal, c’est pour ça qu'il les mange, mais petit à petit. N’oublions pas que pour le petit animal, l'arbre est fragile. C’est aussi mieux qu’il les mange lui, plutôt que les autres. Pour faire du feu, les branches sont efficaces, car il y en a beaucoup. Ses arguments sont un peu étranges, mais pour lui c’est normal sans remarquer que l’arbre a disparu.
Et enfin, à force de s’occuper l'un de l’autre, en ce qui concerne l’arbre, il ne reste qu’une souche. Il n’est plus là pour protéger l'écureuil, car la foule afflue pour prendre bien soin de l'écureuil qui a l’air fragile. Bien sûr que personne ne demande d’en prendre soin, mais aussi celui-ci ne le veut pas.
L’auteur s’adresse à de jeunes lecteurs considérés comme fragiles qui considèrent l'écueil comme fragile pour éviter le retournement de situation.
Juger quelqu’un, ça peut être un moyen de vouloir le maîtriser. Et on trouve toujours un prétexte à la domination : l’indulgence comme le fait l'écureuil envers l’arbre.
Derrière une thématique apparente qui est l'écologie se cache une thématique aussi profonde: la reproduction du schéma de domination par le jugement.
En vous souhaitant une belle découverte et n'hésitez pas à nous faire un retour de lecture.