Observatoire international des prisons - section française (OIP-SF)

Observatoire international des prisons - section française (OIP-SF) L'OIP est une association indépendante qui agit pour le respect des droits des personnes détenues

🚨 À Saint-Maur, jusqu’où peut aller la logique punitive en prison ?À la maison centrale de Saint-Maur, des personnes dét...
18/08/2026

🚨 À Saint-Maur, jusqu’où peut aller la logique punitive en prison ?

À la maison centrale de Saint-Maur, des personnes détenues placées au quartier disciplinaire ont été privées de leurs repas pendant plusieurs semaines, et réduites à du pain et du fromage. 👉 https://oip.org/communique/restrictions-alimentaires-a-la-maison-centrale-de-saint-maur-quand-une-sanction-illegale-sajoute-aux-sanctions-disciplinaires/

Priver une personne détenue d’un repas pour la punir est déjà une pratique qui n’est prévue par aucun texte. Mais le faire pour prévenir un comportement que l’on redoute qu’elle puisse adopter franchit un degré supplémentaire dans l’arbitraire.

La question n’est donc pas seulement celle d’un repas remplacé par deux tranches de pain et un bout de formage. C’est celle de l’arbitraire et de la place laissée à la souffrance dans la réponse disciplinaire jusqu’à chercher à faire souffrir dans leur chair des personnes déjà privées de liberté, en les privant de ce qui relève des besoins les plus élémentaires.

Et cette pratique ne vient pas remplacer une sanction : elle s'ajoute à un système disciplinaire dont l’Observatoire international des prisons (OIP) - section française conteste plus largement le recours et les principes. Le quartier disciplinaire, en particulier, constitue une mesure profondément attentatoire aux droits fondamentaux, dont l’OIP-SF demande la suppression.

La privation de liberté ne signifie pas la privation de droits. L’administration pénitentiaire reste soumise au droit et ne peut disposer des personnes détenues comme elle l’entend.

En janvier 2024, l’OIP-SF publiait Au cœur de la prison – la machine disciplinaire, une enquête sur le fonctionnement et les dérives de la discipline en détention. Parmi nos recommandations : supprimer le quartier disciplinaire 👉https://oip.org/wp-content/uploads/2024/02/au-coeur-de-la-prison-la-machine-disciplinaire-rapport-denquete-de-loip-bd.pdf

Trois décisions de justice en moins d’un mois. Trois condamnations de l’inaction de l’État.Après Condé-sur-Sarthe et Fre...
10/08/2026

Trois décisions de justice en moins d’un mois. Trois condamnations de l’inaction de l’État.

Après Condé-sur-Sarthe et Fresnes, c’est la maison d’arrêt de Bordeaux-Gradignan qui fait l’objet d’une ordonnance en référé-liberté. Saisi par l’OIP-SF et l’Ordre des avocats de Bordeaux, le tribunal administratif de Bordeaux ordonne à l’administration pénitentiaire de prendre 21 mesures d’urgence pour faire cesser des atteintes graves aux droits fondamentaux.

Surpopulation carcérale dépassant les 200 %, personnes contraintes de dormir sur des matelas au sol, violences, accès aux soins gravement entravé, conditions matérielles indignes… Ce que la justice sanctionne aujourd’hui, ce sont des violations des droits qui étaient connues depuis longtemps et qui continuent de perdurer.

Ce n’est pas un dysfonctionnement ponctuel. C’est la conséquence d’une politique qui laisse s’installer l’indignité dans les prisons françaises.
Pour la troisième fois en un mois, les juges rappellent une évidence : les droits fondamentaux ne s’arrêtent pas aux portes de la prison. Ils imposent à l’État d’agir. Immédiatement.

➡️ Dans ce carrousel, retour sur cette nouvelle décision et sur les 21 mesures que l’administration pénitentiaire est désormais tenue de mettre en œuvre.

o🔎 Prison des mineur·es : où est passée la promesse d’un accompagnement éducatif ?Sur le papier, l’enseignement est prés...
06/08/2026

o🔎 Prison des mineur·es : où est passée la promesse d’un accompagnement éducatif ?

Sur le papier, l’enseignement est présenté comme l’activité centrale de la détention. Les journées devraient être rythmées par les cours, les activités, le sport et le suivi éducatif.

Dans la réalité, les témoignages et les constats recueillis par l’OIP montrent tout autre chose : des adolescent·es qui passent parfois jusqu’à 20 heures par jour en cellule, seulement quelques heures de cours par semaine, des activités annulées faute de personnel et une logique sécuritaire qui prend le pas sur l’éducatif.

Près de vingt ans après l’ouverture des établissements pour mineurs, une question demeure : l’enfermement peut-il réellement tenir lieu de projet éducatif ?

📖 Notre analyse complète et les témoignages recueillis dans notre nouvel article 👉 https://oip.org/analyse/leducatif-en-prison-une-realite-eloignee-des-objectifs-annonces/

💬 Les décisions de justice existent. Les témoignages aussi. Et ils racontent une réalité qui ne change pas.En 2023, la j...
05/08/2026

💬 Les décisions de justice existent. Les témoignages aussi. Et ils racontent une réalité qui ne change pas.

En 2023, la justice condamnait les conditions de détention à la maison d’arrêt de Bois d’Arcy 👉 https://oip.org/communique/conditions-indignes-de-detention-a-prison-bois-darcy-etat-condamne-a-agir-en-urgence/

En 2022, l’OIP révélait les graves dysfonctionnements de l’unité sanitaire de la maison d’arrêt d’Osny-Pontoise et les obstacles à l’accès aux soins 👉 https://oip.org/breve/maison-darret-dosny-pontoise-a-lunite-sanitaire-rien-ne-va-plus/

Trois ans plus t**d, les courriers que nous recevons continuent de décrire des atteintes aux droits fondamentaux dans ces établissements.

Le témoignage que nous publions aujourd’hui en est une nouvelle illustration.
➡️ À lire dans le carrousel.

https://oip.org/temoignage/letablissement-est-une-porcherie-totale/

🔎 Cours supprimés, activités réduites, accès aux soins entravé, isolement renforcé : loin des ambitions éducatives affic...
03/08/2026

🔎 Cours supprimés, activités réduites, accès aux soins entravé, isolement renforcé : loin des ambitions éducatives affichées, la détention des mineur·es révèle les défaillances d’un système qui peine à protéger et accompagner des jeunes déjà fragilisé·es.

Dans son nouveau dossier « Adolescent·es incarcéré·es : une faillite collective », l’Observatoire international des prisons (OIP) - section française revient sur les réalités de l’enfermement des mineur·es en France : la promesse d’un « parcours éducatif global » se heurte à des dysfonctionnements structurels, à la pénurie de moyens et à la prédominance des impératifs sécuritaires. Dans de nombreux établissements, l’accompagnement éducatif, scolaire, social et sanitaire est relégué au second plan.

Alors même que la majorité des adolescent·es incarcéré·es ont connu des parcours marqués par la précarité, les ruptures et les violences, l’expérience carcérale apparaît souvent comme un facteur supplémentaire de fragilisation, avec des conséquences qui se prolongent bien au-delà de la détention.

📖 À lire dans le dernier numéro de Dedans Dehors : « Adolescent·es incarcéré·es : une faillite collective » 👉 https://oip.org/analyse/adolescent%c2%b7es-incarcere%c2%b7es-une-faillite-collective/

📅 Le rapport d’enquête complet de l’OIP sur l’incarcération des mineur·es sera publié à la mi-septembre 2026.

⛔ 89 446 personnes détenues. Record battu. Silence général.La France n’a jamais autant enfermé.Près de 90 000 personnes ...
03/08/2026

⛔ 89 446 personnes détenues. Record battu. Silence général.

La France n’a jamais autant enfermé.

Près de 90 000 personnes sont aujourd’hui détenues dans des prisons déjà saturées. Près de 8 000 d’entre elles dorment sur un matelas posé à même le sol. Dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérées les deux tiers des personnes détenues, le taux d’occupation atteint 174 %.

🔥 Et pendant ce temps, la canicule s’installe.

Pour les personnes détenues, impossible d’aller chercher un peu de fraîcheur. Impossible d’échapper à des cellules surpeuplées où deux ou trois personnes s’entassent parfois dans 9 m². Impossible, surtout, d’échapper à une politique carcérale qui continue de remplir les prisons sans jamais s’interroger sur ses conséquences.

La canicule est une crise sanitaire. En prison, elle révèle surtout l’impasse d’un système qui continue d’entasser toujours plus de personnes dans des établissements déjà au bord de l’asphyxie.

Pourtant, nous savons qu’une autre voie est possible.

En 2020, face à la crise du Covid, plus de 13 500 personnes avaient quitté les prisons en quelques semaines. Pour la première fois depuis près de vingt ans, il y avait moins de personnes détenues que de places disponibles.

Ce qui paraissait impossible est devenu réalité.

Cette expérience a démontré que réduire la population carcérale n’est ni déraisonnable ni dangereux. Au contraire. C’est garantir des conditions de détention dignes, protéger la santé et les droits fondamentaux des personnes enfermées, mais aussi investir davantage dans la prévention, l’accompagnement, l’éducation et la lutte contre la précarité. Des choix qui favorisent réellement la réinsertion et renforcent durablement la sécurité de toutes et tous.

Pourtant, six ans après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme pour les conditions de détention indignes, les records d’incarcération s’enchaînent à nouveau dans une forme d’indifférence générale.

En 2020, l’occasion d’engager une véritable déflation carcérale a été manquée.

En 2025, alors que les canicules s’intensifient et que les prisons débordent plus que jamais, ce qui était une occasion devient une nécessité.

Combien de records faudra-t-il encore battre avant que l’on cesse de considérer cette situation comme normale ?

✒️ Le 31 juillet 2025 entraient en vigueur les premiers quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), l’une...
31/07/2026

✒️ Le 31 juillet 2025 entraient en vigueur les premiers quartiers de lutte contre la criminalité organisée (QLCO), l’une des vitrines de la politique pénitentiaire portée par Gérald Darmanin. Présentés comme une réponse exceptionnelle à la criminalité organisée, ces quartiers hautement sécuritaires appliquent certaines des mesures les plus coercitives du système pénitentiaire français.

Un an plus t**d, les conséquences de ce régime d’exception se lisent dans les mots de celles et ceux qui en subissent les répercussions au quotidien : les proches.

Dans une lettre collective adressée à l’Observatoire international des prisons (OIP) - section française, des familles de personnes détenues au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil décrivent la privation prolongée de tout contact physique, les parloirs sous hygiaphone, les restrictions téléphoniques, les obstacles matériels du quotidien et les atteintes qu’elles estiment portées au droit au respect de la vie familiale. Lettre à lire sur le site de l'OIP 👉 https://oip.org/temoignage/prison-de-vendin-le-vieil-temoignage-de-familles-sur-les-conditions-de-detention-et-leurs-consequences-sur-les-liens-familiaux/

Cette parole collective rappelle une réalité trop souvent ignorée : la prison ne s’arrête pas à ses murs. Alors que des proches de personnes détenues ont récemment lancé un manifeste pour faire reconnaître leur rôle et leurs droits, cette lettre en constitue un écho saisissant. Les témoignages réunis aujourd’hui donnent à voir la réalité humaine de ces choix politiques.

➡️ Lettre à lire sur le site de l'OIP 👉 https://oip.org/temoignage/prison-de-vendin-le-vieil-temoignage-de-familles-sur-les-conditions-de-detention-et-leurs-consequences-sur-les-liens-familiaux/

📖 Notre analyse publiée lors de l’ouverture des QLCO 👉 https://oip.org/analyse/quartiers-de-lutte-contre-la-criminalite-organisee-quand-la-paranoia-securitaire-justifie-la-negation-des-droits/
📖 L’appel à signature du manifeste des proches de personnes détenues 👉 https://oip.org/communique/pour-la-reconnaissance-des-droits-des-proches-de-personnes-detenues/

💬 « Quand on fait des malaises, on nous dit d’attendre… »Le témoignage que nous publions aujourd’hui, recueilli à la mai...
30/07/2026

💬 « Quand on fait des malaises, on nous dit d’attendre… »

Le témoignage que nous publions aujourd’hui, recueilli à la maison d’arrêt de Poitiers-Vivonne le 27 juillet, rappelle que la canicule en prison ne se résume pas à une question de température.

Dans des cellules surpeuplées où les personnes détenues passent l’essentiel de leur temps enfermées, la chaleur s’ajoute à la promiscuité, au manque d’intimité et à l’absence d’aération. Les odeurs stagnent, les malaises se multiplient, les tensions s’exacerbent.

Certaines difficultés relèvent de choix de gestion ou d’organisation dénoncés depuis des années : impossibilité de régler soi-même la température de l’eau des douches, accès inégal aux équipements permettant de supporter la chaleur selon ses ressources financières… Quant aux mesures prévues en période de canicule, elles se heurtent souvent à la réalité de prisons surpeuplées et vétustes. D’autres sont aggravées par des politiques carcérales qui produisent toujours plus de surpopulation et de sécurisation des établissements, comme le déploiement du « triple barreaudage », qui entrave davantage encore la circulation de l’air.

Ces conditions ne relèvent pas de l’inconfort. Elles portent atteinte à la dignité, à la santé et parfois à l’intégrité physique des personnes détenues. La peine privative de liberté ne devrait jamais se transformer en exposition à des conditions de vie dangereuses.

🔎 « Ils n’aiment pas que l’on vous contacte, car ils ne veulent pas que vous voyiez ce qu’il y a à l’intérieur. »Depuis ...
27/07/2026

🔎 « Ils n’aiment pas que l’on vous contacte, car ils ne veulent pas que vous voyiez ce qu’il y a à l’intérieur. »

Depuis plus de 30 ans, l’ Observatoire international des prisons - section française (OIP-SF) accompagne les personnes détenues dans la défense de leurs droits. Mais pour certaines d’entre elles, contacter notre association peut les exposer à des pressions ou à des représailles.

Deux ans après notre première alerte, les témoignages que nous avons recueillis en 2024 et 2025 font état de menaces, d’intimidations et de représailles à l’encontre de personnes ayant pris contact avec l’OIP-SF. Fouilles de cellule répétées, pressions, menaces de sanctions disciplinaires, entraves aux appels ou aux correspondances, privations diverses : près de 60 signalements provenant d’une quarantaine d’établissements pénitentiaires nous sont parvenus.

Ces pratiques ne visent pas seulement les personnes qui contactent l’OIP-SF. Elles toucheraient également celles qui saisissent le Défenseur des droits ou le Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Leur effet est le même : décourager les recours, faire taire les réclamations et dissuader les personnes concernées de témoigner.

Cette réalité fait également écho à un constat déjà mis en lumière dans notre rapport d’enquête publié en 2019 sur les violences pénitentiaires, Omerta, opacité, impunité : la crainte des représailles constitue l’un des rouages du silence qui entoure les abus en détention. Quand exercer ses droits expose à des sanctions informelles, c’est l’ensemble des mécanismes de contrôle et de protection qui se trouve fragilisé. En savoir + 👉https://oip.org/publication/rapport-denquete-sur-les-violences-commises-par-des-agents-penitentiaires-sur-les-personnes-detenues/

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